09/06/2015

9 juin 2015 Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du nord

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Front irakien

Amriyat al-Falloujah (province sunnite d’al-Anbar)
Amriyat al-Fallouja est une localité de la province sunnite d’al-Anbar, contrôlée en grande partie par l’Etat Islamique. Elle est située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Bagdad.
Deux jihadistes, portant des uniformes de la police et des ceintures d’explosifs et armés de fusils d’assaut, ont lancé, mardi 9 juin, une attaque durant une réunion du conseil municipal de cette localité. Les Jihadistes ont aussitôt ouvert le feu sur les personnes présentes mais ont été tués avant de pouvoir déclencher l'explosion de leurs ceintures explosives. L’attaque aurait fait trois morts, deux policiers et un civil.  L'EI a aussitôt revendiqué l'attaque, en affirmant qu'elle avait été menée par trois de ses membres.

Qu’est ce que Barack Obama reproche exactement à Haidar Abadi ?
Apparemment, les relations ne sont pas au beau fixe entre le président américain et le premier ministre irakien, un Chiite, comme en témoigne cette vidéo prise au moment du dernier sommet du G-7  – Il s’agit quand même d’un sérieux incident diplomatique. On voit le premier ministre irakien tenter d’attirer l’attention d’Obama mais celui-ci lui tourne ostensiblement le dos comme s’il ne l’avait pas vu, prétextant être en grande conversation avec le premier ministre italien, Mario Renzi et la patronne du FMI, Christine Lagarde. Finalement, Haidar Abadi quitte la scène, visiblement dépité – Cela pourrait confirmer les rumeurs que Haidar Abadi n’était pas le choix de Barack Obama pour devenir le premier ministre irakien :
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=69cc211eab8e

Liban

Bekaa
Les combattants du Hezbollah ont rapidement progressé depuis le week-end dernier à la périphérie d’Ersal, une localité sunnite de la Bekaa. Ils ont pris le contrôle d’une grotte qui abritait autrefois un poste de commandement du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). 26 Jihadistes du Front auraient perdu la vie au cours de ces combats. Des armes et des documents ont été retrouvés dans la grotte. L’offensive du Hezbollah a débuté il y a plus d’un mois à l’extrémité sud de la chaîne montagneuse du Qalamoun, à la frontière entre la Syrie et le Liban. Les miliciens chiites ont alors progressé vers le nord en direction de la ville d’Ersal. De nombreux Jihadistes et rebelles syriens auraient été tués au cours de ces affrontements. Le Hezbollah affirme avoir mis hors de combat plusieurs centaines de combattants rebelles syriens. 
C’est peut être pour contrer la propagande du Hezbollah, diffusant largement des images de victoire, que le Front al-Nosra a mis en ligne des vidéos montrant des militaires libanais, capturés en 2014, et qui, si on en croit le Front , auraient rejoint l’organisation jihadiste pour combattre la milice chiite.  Il s’agirait de quatre policiers : Georges Khazaka, Maher Khayyat, Maymoun Khayyat et Pierre Geagea. Les quatre hommes revêtaient des treillis militaires, plusieurs d'entre eux étaient armés. Le fait que deux Chrétiens se trouvent parmi eux laissent planer de sérieux doutes sur leur adhésion aux objectifs jihadistes.
Une autre vidéo mise en ligne par le Hezbollah montre la progression des combattants chiites vers un ensemble de pics situés au sud est d’Ersal et occupés par les Jihadistes du Front al-Nosra. Ces positions donnaient sur les régions de Wadi Atnin et Wadi al-Khayl, deux secteurs utilisés comme bases par les Jihadistes. Ceux-ci se seraient enfuis vers un camp de réfugiés syriens à Wadi al-Hosn, au Liban. Ce camp est très proche d’Ersal.
Plus à l'est, le Hezbollah et l'armée syrienne ont occupé le passage d'Al-Hamra Qousseir, qui relie la ville syrienne de Flita à la ville libanaise d’Ersal. Le samedi 6 juin, il avait capturé la colline Sadr al-Bustan, qui contrôle la périphérie de Flita. 
Dans le même temps, l’armée libanaise a pilonné au lance-roquettes des positions occupées par les rebelles syriens à la périphérie d’Ersal.  L'armée a également effectué des patrouilles à l'intérieur de la ville d’Ersal.
Les Jihadistes du Front al-Nosra ont du battre en retraite vers la zone de Jarjir, contrôlée par l’Etat Islamique, à la périphérie d’Ersal. Ce qui n’est pas une très bonne nouvelle pour eux. Les Jihadistes de l’Etat Islamique, qui s’affrontent sporadiquement avec ceux du Front al-Nosra, contrôlent l’ensemble des régions au nord d’Ersal ainsi qu’une large zone limitrophe des villes libanaises d’al-Qaa et de Ras Baalbeck.

Combats entre Hezbollah et Etat Islamique
Des combats opposaient mardi 9 juin dans la matinée le Hezbollah aux Jihadistes de l’État islamique (EI) entre le jurd d’al-Qaa et celui de Ras Baalbeck, près de la frontière avec la Syrie. Les affrontements auraient fait 4 morts et 8 blessés parmi les membres du Hezbollah.
La milice chiite libanaise aurait détruit cinq véhicules appartenant aux jihadistes de l'EI à Zoueitiné et Jeb al-Jarad, ainsi qu'un emplacement de lance-roquettes à Kornet al-Kaf.
Qaa est une localité agricole à majorité catholique. Des sunnites mais aussi des Syriens naturalisés Libanais s’y sont installés au fil des ans, vivant principalement de la contrebande. Ils sont en général hostiles au pouvoir de Bachar al-Assad, le président syrien.
Ras-Baalbeck est une localité de la Bekaa habitée en majorité par des sunnites. Elle se situe à proximité de celle d’Ersal, également à majorité sunnite.
Vidéo – La vidéo montre la progression des combattants du Hezbollah vers Jarod, à l’est d’Ersal :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ea91b6fe33e6
Et Vidéo montrant les combats entre le Hezb et l’EI (video du Hezbollah)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b94257a78405

Fermes de Chebaa
Une unité d'infanterie israélienne, soutenue par des véhicules blindés, s'est déployée mardi 9 juin dans le secteur des hameaux de Chebaa. Les soldats israéliens ont pris position au niveau de la Ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël, entre Roueissat al-Aalam et Jabal Sadana. Les soldats israéliens ont par la suite effectué des travaux afin d'ouvrir une nouvelle route, installant également des grillages et des fils barbelés. Cela a poussé les propriétaires de terrains dans les hameaux de Chebaa, emmenés par le député Kassem Hachem, à se rendre près de la Ligne bleue afin protester contre les agissements de l'armée israélienne.

Les fermes de Chebaa
Les fermes de Chebaa sont au nombre de 18.  Elles sont situées dans la région de l’Arkoub, sur les pentes Sud-ouest du Mont Hermon (Jabal el-Cheikh en arabe), qui culmine à plus de 2600 mètres d’altitude. Elles occupent un territoire de 25 km2 aux confins de la Syrie et du Liban, à la frontière avec le Nord d’Israël, la région dite « doigt de Galilée ». Israël occupe le secteur des fermes de Chebaa depuis la guerre de 1967 durant laquelle l'Etat hébreu a conquis puis annexé le plateau syrien du Golan. Le territoire des fermes de Chebaa constitue un site montagneux stratégique de première importance, doublé d’un énorme château d’eau naturel, ce qui explique la reluctance d’Israël à en abandonner le contrôle. Sur le plan stratégique, les fermes « dominent sur leur flanc oriental le plateau du Golan, sur leur flanc nord-est, la plaine de la Bekaa et sur leur flanc nord, le Liban-Sud. Elles offrent enfin sur leur flanc sud une vue sur la dépression de Houlé et la Galilée. Une station d’observation israélienne est installée sur le Mont Zalqa, en territoire libanais, à 2669 mètres d’altitude. Elle permet de surveiller l’ensemble des communications civiles et militaires et offre même un aperçu sur la capitale syrienne. De là, les Israéliens dominent la steppe jusqu’à la frontière syro-turque au nord et jusqu’à la partie occidentale du Golfe à l’est et la Méditerranée jusqu’à la côte chypriote à l’ouest. »
Les richesses en eau de cette région frontalière sont un aspect majeur de son intérêt stratégique : elle renferme en effet dans son sous-sol des sources abondantes – dont les sources al-Maghra et Jaoz qui alimentent la rivière du Hasbani – et elle est située sur le cours principal des eaux souterraines du Mont Hermon. Cette région constitue donc le second plus important réservoir naturel en eau du Proche-Orient après celui du Sannine dans le Mont-Liban. Là prennent leur source plusieurs cours d’eau et notamment le Banyas (dans le Golan syrien), le Dan et le Wazzani – les trois rivières qui forment ensemble le Jourdain. 
Le Liban affirme que ces fermes font partie de son territoire avec l'assentiment de la Syrie. Il est un fait que leurs habitants sont dotés de titres de propriété libanais, et le Liban dans ses frontières définies par le partage franco-britannique de 1920 incluait les hameaux de Chebaa. Mais « la Syrie n’a eu de cesse depuis les années du mandat français d’appliquer une politique de grignotage méthodique du terrain par ses bergers, ses douaniers, ses militaires. Même les habitants du Hauran et du Golan vinrent s’installer à Chebaa. Au point qu’en 1948, à la faveur des combats contre les occupants sionistes de la Palestine, les Syriens s’installèrent militairement dans le micro territoire au triple carrefour frontalier. Une fois indépendante, la Syrie a proposé une carte officielle de son territoire sur laquelle la ligne de délimitation de la frontière a été déplacée des lignes de crêtes du Mont Hermon vers son flanc sud-ouest sur les crêtes de deux autres montagnes plus basses et situées à l’intérieur du territoire libanais, le Jabal ar-Roueiss et le Jabal as-Sammak, incluant désormais les fermes de Chebaa en territoire syrien. »
« L’Etat libanais ne s’est jamais intéressé à Chebaa et s’il le fait depuis le retrait israélien du Liban-Sud en mai 2000, c’est d’abord et avant tout sous la pression  syrienne ! Il s’agit essentiellement de légitimer l’action de résistance du Hezbollah dans cette partie du pays qu’Israël ne quittera pas facilement. Les hameaux de Chebaa sont ainsi de fait sous souveraineté syrienne depuis 1948, mais de nationalité libanaise. Leurs habitants votent pour élire des députés et des chefs de municipalité libanais et non pas syriens. »
Le nouveau Président syrien Bachar al-Assad, fils cadet d’Hafez el-Assad,  affirmait d’ailleurs, le 1er octobre 2000, au cours d’une réunion de la Ligue arabe au Caire, que les fermes de Chebaa étaient libanaises, légitimant ainsi la résistance du Hezbollah à l’occupation israélienne.

Front libyen

Nouvelle progression de l’Etat Islamique à l’ouest de Syrte
Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) se sont emparés d'une centrale électrique à l'ouest de Syrte, en Libye, a-t-on appris mardi 9 juin.
"La centrale (...) a été prise", a déclaré l'EI dans un message diffusé sur les réseaux sociaux. Cette prise, a ajouté l'organisation sunnite fondamentaliste, signifie que les "ennemis" ont été chassés de toute la ville. Les jihadistes sont à présent maîtres de l'essentiel de Syrte, la ville d'où était originaire Mouammar Kadhafi. Ils se sont emparés de l'aéroport et ont chassé les miliciens de Fajr Libya qui soutient le gouvernement de Tripoli.
Les combats auraient coûté la vie à cinq membres de la brigade 166 de Misrata, qui fait partie de Fajr Libya,  et en auraient blessé huit autres.

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Conférence au Maroc
Le nouveau succès militaire de l’Etat Islamique à l’ouest de Syrte a sans doute convaincu les membres de Fajr Libya, qui participent à la conférence de paix organisée au Maroc par l’ONU, de se montrer conciliants. Ce n’est pas pour l’instant le cas du gouvernement de Tobrouk, reconnu internationalement. Celui-ci aurait rejeté les propositions onusiennes. Il reprocherait à Bernardino Leon, le délégué de l’ONU chargé de l’organisation de la conférence, d’avoir trop cédé aux demandes des « Islamistes » (sous-entendu de Fajr Libya). Mais il faut attendre car les puissances internationales pourraient très bien mettre un peu de pression sur Tobrouk où est réfugié ce gouvernement.
C’est sans doute la raison pour laquelle Bernardino Leon est resté optimiste. Il a affirmé, mardi 9 juin, que les parties rivales libyennes avaient réagi de manière "positive" au dernier projet d'accord.
"On a distribué, comme vous avez pu l'observer, une nouvelle proposition d'accord. Tout ce que je peux vous dire pour le moment c'est que la réaction est positive", a déclaré à la presse M. Leon, à propos de cette quatrième version, qui vise notamment à mettre en place un gouvernement d'union nationale en Libye. Le projet est ardemment soutenu par la communauté internationale qui aimerait bien voir rapidement la formation d’un gouvernement capable de réduire la menace croissante de l’Etat Islamique dans le pays, ainsi que la lutte contre le fléau de l’immigration sauvage qui déferle sur l’Europe à partir des côtes libyennes.

Front syrien

La grande bataille du Sud semble avoir commencé – nouveau revers de l’AAS
On l’avait maintes et maintes fois annoncé cette grande offensive rebelle dans le sud. Mais elle se faisait attendre. La raison est que le pouvoir disposait sur place de l’une des plus puissantes brigades de l’Armée Arabe Syrienne (AAS), la base 52, la seconde plus grande base militaire de Syrie. Elle comprenait un important corps d’infanterie et était dotée d’un puissant armement. Elle était chargée de la protection de l’autostrade Deraa-Damas, ainsi que des positions stratégiques représentées par les localités d’Izraa et de Kharbet-Ghazaleh.
Et bien la base de cette puissante brigade vient de tomber entre les rebelles de la coalition du Front du Sud après seulement 24 heures de combat. La bataille avait commencé lundi 8 juin et s’est arrêtée par la victoire des rebelles le mardi 9 juin en fin de matinée. L’offensive avait donné lieu à un violent bombardement à l’aide de missiles GRAD et de mortiers sur les tranchées du périmètre de défense de la base, obligeant les soldats à battre en retraite. C’est un immense revers pour l’armée syrienne qui ouvre désormais la route vers Damas et donne accès à la province druze de Soueida. Les combats auraient provoqué la mort de 14 rebelles et 20 soldats de l’AAS.
Vidéo mise en ligne par le Front du Sud montrant le bombardement par les missiles GRAD de la base 52 – Remarquez l’impressionnante cadence des explosions - Impressionnant :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=42d961ae1f51
Près de 2000 rebelles ont participé à l’assaut, des combattants appartenant à diverses brigades de l’Armée Syrienne Libre, ainsi que des Islamistes comme ceux de la brigade Ahrar ech-Cham, présente au sein de la coalition du Front du Sud.
La base à peine occupée par le Front du sud, l’armée de l’air syrienne est intervenue pour bombarder ses positions.
La victoire est le résultat direct de mois de préparation en Jordanie où des milliers d’insurgés syriens considérés comme « fréquentables » ont été entraînés et lourdement armés par les Américains, les Saoudiens, les Turcs et les Qataris. Les rebelles du Front du Sud semblent avoir mis de côté (pour un temps ?) leurs querelles de côté pour se concentrer uniquement sur les objectifs de la bataille qui a pour objectif final la capitale syrienne et la chute du pouvoir de Bachar el-Assad.
Vidéo mise en ligne par le Front du Sud – deux soldats loyalistes gisent mort près de la tour écroulée de la base 52 :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=46f48db04863
Vidéo mise en ligne par le Front du Sud montrant l’héroïsme de deux combattants rebelles accourant au secours d’un camarade blessé sous les tirs de l’adversaire – La scène se déroule à l’intérieur des premières lignes de défense de la base 52, un dédale complexe de tranchées et de casemates - Impressionnant :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=996c4911a936

Les Druzes de Soueida veulent empêcher l’Armée de quitter la région
J’ai déjà signalé la crainte des Druzes de la région de Soueida d’être abandonnés sans défense face aux Jihadistes de l’Etat Islamique qui sont à leurs portes.
Témoin de cette inquiétude, des groupes de druzes ont empêché l'armée syrienne de déplacer ses chars et ses armes hors de la province de Soueida, au sud de la Syrie.
Des hommes armés appartenant au mouvement des « cheikhs de la dignité » ont arrêté une colonne de chars de la 15e Division alors que celle-ci prenait la route de Damas, sans doute dans le but de renforcer les défenses de la capitale syrienne après l'annonce de la perte de la base 52.
Un certain nombre de soldats ont réussi à fuit tandis que d’autres ont été capturés par les Druzes qui ont forcé la colonne à retourner à leurs bases dans la province de Soueida.
Après cet incident, le cheikh Wahid al-Balaus, le leader du mouvement des cheikhs de la Dignité, a déclaré : «Nous n’accepterons, sous aucun prétexte, que l'équipement de l'armée soit déplacé hors de ses sites [actuels]."
Rappelons que les Druzes forment un groupe religieux vivant principalement en Syrie, au Liban et en Israël.
Les Druzes syriens s’opposent au retrait de l’armée syrienne de leur région : "Quand l'argent et des devises fortes ont été retirés de la Banque centrale [de Soueida] nous n’avons pas bougé ... nous avons mis en garde et à nouveau lorsque la  province a été vidée de ses céréales ... mais que la province soit vidée des armes ... .Non, mille fois non! "
Les Druzes étaient restés relativement neutres dans le conflit qui ravage la Syrie et ils craignent autant les Jihadistes de l’Etat Islamique qui menacent la région que les fortes concentrations de rebelles qui contrôlent la frontière jordano-syrienne. Ils pensent que ces derniers pourraient vouloir leur faire payer le prix de leur neutralité. Ils ne portent pas pour autant le pouvoir de Bachar al-Assad dans leur cœur, notamment après que l’armée ait tenté d’enrôler de force les jeunes de la région. Il y a eu des manifestations de protestation mais elles n’avaient pas dépassé le stade des jets de pierres et de pneus enflammés.
Les Druzes pensent que c’est pour cette raison que le pouvoir abandonne la région à son sort. Ils citent pour preuve la prise, en avril 2015, de la ville historique de Busra ech-Cham par les rebelles de l’Armée Syrienne Libre. Ils affirment que la prise de la ville a suivi les avertissements lancés par un conseiller de Bachar al-Assad affirmant que l’Etat allait laisser l’Etat Islamique envahir la région si la province poursuivait dans son refus d’envoyer les jeunes Druzes faire leur service militaire. Peu après la réunion, les Jihadistes de l’EI ont effectivement débuté leurs attaques près de l’aéroport de Khalkhala Soueida, situé au nord de la province.

Bataille au sud de Deraa (Sud syrien)
Vidéo russe avec l’armée syrienne (langue russe) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=pG0czsTYQFQ

Bataille au nord d’Alep
Vidéo montrant l’intensité des combats entre les rebelles syriens et l’Etat Islamique au nord d’Alep :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=aCvQ2Bsepxs

Bataille de Hassaké
La chaîne New China a mis en ligne une courte vidéo (texte en anglais) montrant la contre-offensive de l’Armée Arabe Syrienne dans le secteur de Hassaké :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ZiZd1DbvXz8

Lattaquié
Les rebelles parviennent à porter des coups à l’armée syrienne dans la province de Lattaquié, la place-forte des Alaouites et du pouvoir.
Vidéo montrant la destruction d’un Transport de troupe blindé (BMP) par un missile antichar 9K115-2 ATGM. La vidéo a été mise en ligne par le Front islamique (Jabhat al-Islamiyya), Kataëb Ançar ech-Cham (Groupe Les partisans du Levant) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=43ec736fa56c
Vidéo d’Ançar ech-Cham montrant un tir au quadri-tube antiaérien sur une position de l’armée dans l’arrière pays montagneux de Lattaquié :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=996c4911a936
et Vidéo du premier régiment (ASL) montrant des tirs à la mitrailleuse sur les positions de l’AAS :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=996c4911a936

La Brigade  islamiste Ahrar ech-Cham justifie l’appui des Occidentaux
La brigade islamiste Ahrar ech-Cham,qui fait partie avec le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) de Jeich al-Fateh (L’armée de la conquête), justifie l’appui fourni par les Occidentaux dans la bataille contre l’Etat Islamique qui se déroule actuellement au nord d’Alep.

Jihad international

France
Selon la commission d’enquête sur le terrorisme islamique, 4091 cas de radicalisation ont été signalés en France depuis un an, dont 40% de convertis, 35% de femmes et 25% de mineurs. Or, selon Marc Trevidic, la police manque cruellement de moyens et de nombreux Jihadistes retournés du Moyen Orient n’ont pu être interpellés. Une situation très inquiétante !
Rappelons que Marc Trevidic est le juge d'instruction au Tribunal de grande instance de Paris au pôle de l’antiterrorisme.

Coalition internationale

Etats-Unis
Les commandos Delta, une unité des forces spéciales de l’armée américaine, avaient mené, le 16 mai 2015, un raid contre Abou Sayyaf, décrit comme le responsable financier de l'EI par le renseignement américain. Abou Sayyaf a été tué dans l’opération et sa femme a été capturée et se trouve actuellement en détention. C’est la première opération terrestre contre un leader de l’Etat Islamique.
Le raid a permis au renseignement américain de récupérer de précieuses informations sur la structure de l’Etat Islamique. Les commandos américains ont ramené avec eux des ordinateurs, des téléphones portables et des documents et 4 à 7 téraoctets de données. Ces informations ont permis de mener, deux semaines plus tard, une attaque aérienne contre un responsable de l’EI à Hassaké. Il s'agit d'Abou Hamid, émir en charge de la charia et des affaires tribales. Les Américains pensent qu’il a été tué au cours de ce raid même si l’Etat islamique n’a pas confirmé sa mort.
L’étude des documents récupérés par les commandos américains a permis, par exemple, de savoir que l’émir autoproclamé du califat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, réunissait régulièrement ses "émirs" (chefs régionaux) dans son quartier général de Raqqa en Syrie. Des chauffeurs viennent les chercher, leur demandant de remettre leur téléphone ou autres appareils électroniques, pour éviter tout pistage par les services américains. Les épouses jouent un rôle important, y compris dans l'entourage d'al-Baghdadi, pour transmettre les informations dans le groupe.
Les documents montrent aussi que l'EI utilise la moitié de ses revenus pétroliers pour financer son budget. L'autre moitié sert à financer l'exploitation pétrolière, se répartissant à peu près équitablement entre salaires des employés et dépenses liées au matériel.
Les documents donnent également d’utiles informations sur un homme nomé Fadel al-Hiyali. Il est  considéré comme le chef du conseil militaire de l'EI. Fadel al-Hiyali est un ancien lieutenant colonel des renseignements militaires de Saddam Hussein.

Opinion des lecteurs

Monsieur P.L.
Je suis un lecteur régulier de votre blog et je souhaiterai recevoir par newsletter vos informations et analyses de la situation au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
Je vous félicite pour la qualité de votre travail très utile dans cette période troublée.
En vous remerciant par avance.

Monsieur C.T.
Je serais intéressé pour continuer à recevoir vos lettres d'informations, très enrichissantes, sur l'évolution des conflits dans la région.

Monsieur M.P.
Bonsoir étant un lecteur assidu de votre blog j’aimerais continuer à recevoir vos écrits et analyses bien évidement dans la mesure du possible prière de bien vouloir m’en dire plus et encore une fois merci et très bonne continuation.

Monsieur M.B.
J'aimerais continuer à lire vos comptes-rendus et analyses des conflits moyen-orientaux... Comment faire ?
Merci d'avance !

Monsieur J.L.D.
Je lis avec attention les informations et les analyses que vous faites sur les évènements du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord et j’aimerais continuer à les recevoir.
Je trouve que votre avis est toujours très impartial et que vous donnez une juste vision de la situation qui prévaut dans ces régions.
Merci.

Madame A.L.
Je veux bien m'inscrire pour recevoir vos newsletters svp. C'est toujours très intéressant !
Merci beaucoup

Madame C.D’A
Merci pour votre site d'information. Je souhaite continuer à pouvoir m'y informer.
Voici mon adresse mail :XXX

Monsieur et madame A et K. B.
Nous vous remercions de bien vouloir nous inscrire sur votre liste de diffusion, nous apprécions particulièrement vos informations et analyses.

Monsieur D.M.
Bonjour, Je souhaite m’inscrire pour recevoir les bulletins d’information sur le Moyen-Orient.
Ce travail est une excellente synthèse de l’actualité et je l’attends tous les jours avec impatience.

Monsieur B.R.
Votre blog est passionnant.
Il éclaire quotidiennement une situation d'une immense complexité.

Du Guatemala
Un immense bonjour, Jean-René ! Je me mets en contact avec vous afin de manifester mon plus vif désir de recevoir votre Bulletin d'informations via courriel, à cette même adresse.
Voilà quelques mois que je dévore votre compte-rendu quasi-quotidien des événements du Moyen Orient et d'Afrique du Nord, et ne me le perdrait pour rien au monde :-)
Mille mercis pour ce labeur d'une valeur incommensurable, autant pour comprendre l'histoire récente que comme qu'archive destinée aux siècles à venir (si Internet leur survit ;-).
Un salut fraternel depuis le Guatemala !

Monsieur S.R.
"je lis quotidiennement votre blog depuis un peu plus d'un an et c'est un véritable tour de force ce que vous accomplissez là ! Beaucoup de (bonnes) informations que l'on ne trouve nulle part ailleurs, un énorme travail de bénédictin, un suivi en temps réel de bouleversements majeurs et quasi-inédits (je ne rappelle pas qu'une guérilla ait fondé un état viable (?) à cheval sur 2 pays) Bref, une somme. Mon adresse est XXX et j'aurai GRAND plaisir à vous lire encore.

Jean René Belliard

 

 

 

 

 

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