08/06/2015

8 juin 2015 : Guerres du Moyen Orient et en Afrique du nord

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Front irakien

Sinjar
La coalition internationale bombarde des positions de l’Etat Islamique dans le Sinjar pour appuyer les forces kurdes. La vidéo ci-dessous montre clairement que forces kurdes et coalition internationale sont parfaitement coordonnées compte tenu de la proximité des combattants kurdes par rapport aux points d’impact des bombes.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Aeb4Qi3cbo4

L’Etat islamique a utilisé du gaz chloré contre les Peshmergas en janvier 2015
Les Jihadistes de l'État islamique ont utilisé le chlore comme arme contre les Peshmergas kurdes en janvier 2015. Par ailleurs, on sait qu’ils ont recruté des techniciens hautement qualifiés pour mettre au point des armes chimiques. C’est ce qu’a affirmé la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, à l’occasion d’un forum international pour lutter contre la propagation de telles armes. Pour elle, l’Etat Islamique est la plus grave menace à la sécurité aujourd’hui. 
"L'utilisation du chlore par Daesh, et son recrutement de techniciens très professionnels, y compris d'occidentaux, ont révélé des efforts sérieux dans le développement d'armes chimiques », a-t- elle dit.
"Daesh est susceptible de compter parmi ses dizaines de milliers de recrues l’expertise technique nécessaire pour développer d’autres matériels d'avenir et construire des armes chimiques ", a déclaré Bishop.
Les commentaires de la ministre australienne faisaient suite aux déclarations des autorités kurdes irakiennes affirmant qu’elles avaient la preuve que l’Etat Islamique avait utilisé du chlore gazeux contre leurs combattants peshmergas dans le nord de l'Irak en Janvier 2015.
Le chlore est un agent d'étouffement dont l'utilisation comme arme chimique remonte à la Première Guerre mondiale. Il est interdit en vertu de la Convention de 1997 sur les armes chimiques, qui interdit toute utilisation d'agents toxiques sur le champ de bataille. La BBC a également signalé, il y a quelques jours, que les Peshmergas kurdes avaient trouvé de nombreuses bombes contenant du chlore sur la route de Mossoul en Irak.

Liban

Ersal (Bekaa)
Le Hezbollah a poursuivi sa progression à l’ouest du jurd d’Ersal, dans la Bekaa, ce lundi 8 juin.
Les combattants du Hezb ont opéré la jonction entre le jurd de Flita (Syrie) et le jurd d’Ersal (Liban). Le Hezbollah occupe à présent près de 115 kilomètres carrés du jurd d’Ersal après en avoir chassé les Jihadistes et autres rebelles syriens.

Front libyen

Tous unis contre l’Etat Islamique
En Libye comme en Syrie, l’union pourrait bien se faire pour faire face à l’expansion de l’Etat Islamique.
Une nouvelle réunion sous l’égide des Nations Unies a lieu, ce lundi 8 janvier au Maroc, entre les différentes factions en conflit en Libye. Rappelons que la Libye a actuellement deux gouvernements et deux parlements rivaux. Celui du premier ministre, Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, et réfugié à l'est du pays et celui de Fajr Libya, une coalition de milices d’obédience plus ou moins islamiste installée à Tripoli depuis le mois d’août 2014.
De précédentes discussions n'avaient pas permis de progresser vers une résolution du conflit. Mais l’apparition de plus en plus menaçante de l’Etat Islamique pourrait convaincre les deux camps de trouver rapidement un accord pour se tourner ensemble contre les Jihadistes de l’EI. C’est du moins ce que demande ardemment Fajr Libya qui lutte actuellement dans le secteur de Syrte.

Front syrien

Province d’Alep (Souran)
L’élément nouveau sur le théâtre syrien est l’intervention de l’aviation de la coalition internationale menée par les Etats-Unis au profit de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête), une coalition de milices d’obédience islamiste, parmi lesquelles on trouve le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
Le bombardement de positions de l’Etat Islamique par les avions de la coalition montre à l’évidence que Washington a finalement donné la priorité à la lutte contre Daech et décidé qu’al-Qaïda était pour l’instant une menace secondaire.
Les Jihadistes de l’EI avaient réussi à capturer la ville de Souran après de violents affrontements avec les miliciens de Jeich al-Fateh et le Front du Levant (Jabhat ach-Chamiya). L’objectif de l’EI est la petite ville d’Azaz qui contrôle une importante voie d’approvisionnement des rebelles à partir de la Turquie.
C’est pour empêcher la prise d’Azaz que les Etats-Unis auraient finalement choisi d’intervenir. Les frappes auraient fait huit morts dans les rangs de l’EI, dont un de ses chefs. 
Les Américains n’ont pas pour autant choisi de pardonner à al-Qaïda les sanglants attentats perpétrés contre eux, mais ils font preuve de « pragmatisme ». La priorité des priorités est d’empêcher l’Etat Islamique de progresser. Pour al-Qaïda, on verra plus tard, semble avoir décidé Washington.
Il s’agit d’une évolution notable de la stratégie américaine dans la région. Pour les stratèges de l’administration Obama, aucun des belligérants en conflit sur le théâtre syrien n’est plus sympathiques à leurs yeux que les autres. Mais ils ont finalement donné des priorités. Il faut dire que Barack Obama subissait une forte pression de la part de ses alliés régionaux qui lui demandaient de venir en aide aux rebelles jugés « plus fréquentables » que d’autres. Obama a longtemps hésité car intervenir en Syrie, à l’exception des raids menés pour soutenir les combattants kurdes, le mettait dans une position forcément embarrassante : Soit il aidait les rebelles contre Bachar al-Assad, mais cela revenait à soutenir al-Qaïda, soit il ne les aidait pas et favorisait indirectement l’expansion de l’Etat Islamique ou du pouvoir syrien. C’est le genre de casse-tête qu’on soupçonnait d’ailleurs Bachar al-Assad d’avoir recherché en libérant, par exemple, un grand nombre de jihadistes détenus dans les prisons syriennes en juin 2011. Pour Washington, les trois forces en lutte sur le territoire syrien pouvaient être considérées comme des forces « hostiles ».
Mais on avait constaté depuis plusieurs mois une évolution d’al-Qaïda au Moyen Orient. Selon l’adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » et al-Qaïda avait finalement fini par être considéré comme un allié potentiel contre les Jihadistes de l’EI ou encore contre les miliciens chiites. On avait observé au Yémen que les bombardements saoudiens ne prenaient pas pour cibles, par exemple, les positions d’al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA). On assistait, de la part de l’Arabie saoudite, de la Turquie ou encore du Qatar et des Emirats Arabes Unis à un début de dialogue par l’intermédiaire d’autres milices islamiques luttant de concert avec les Jihadistes d’al-Qaïda en Syrie, par exemple. On sait que l’ordre a été donné par Ayman Zawahiri, le successeur de Ben Laden à la tête d’al-Qaïda, de ne pas attaquer les Occidentaux pour l’instant et de se concentrer à lutte contre l’Etat Islamique et les Chiites.

Bachar al-Assad : Diviser pour régner
Le pouvoir syrien a également mené des raids aériens au nord d’Alep sans préciser s'il s'agissait de l'EI ou des rebelles. Mais le comportement de Bachar al-Assad vis-à-vis de l’Etat Islamique laisse planer beaucoup de suspicions. Pour Joshua Landis, Professeur agrégé à l'École d'études régionales et internationales à l'Université d’Oklahoma, « Il est logique qu'Assad veuille aider l'EI dans cette perspective d'affaiblissement des groupes rebelles. Assad a toujours vécu et survécu parce qu'il pouvait diviser ses ennemis.»

Alep
Les trois grandes forces, Soldats loyalistes, rebelles de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête) et Etat Islamique, se préparent à une bataille décisive pour la ville d'Alep. Jeich el-Fateh et l'EI veulent absolument conquérir Alep parce que c'est la capitale du nord de la Syrie. Pour l'un comme pour l'autre, c'est une pièce maitresse pour la crédibilité du Califat islamique que l’Etat Islamique et le Front al-Nosra veulent créer, chacun de leur côté.
Assad veut également défendre la ville coûte que coûte, malgré le désaccord stratégique des Iraniens qui considèrent impossible de conserver la ville sans affaiblir dangereusement Damas. Pour Bachar al-Assad la défense d’Alep et de ses 2 millions de personnes qui vivent dans la partie d'Alep contrôlée par le pouvoir, dont 150 000 chrétiens, engage sa crédibilité . A noter que dans la partie contrôlée par les rebelles, il y avait 3 millions de personnes, mais à cause des bombardements du régime, il ne reste que 200 000 habitants.
Si Bachar el-Assad laisse tomber Alep, la population qui lui était restée fidèle sera « à la merci des rebelles ou de l'EI ». « Or c'est le même type de personnes qui habitent à Damas. Si M. Assad abandonne Alep, toutes les personnes qui ont mis leur destin entre ses mains douteront de sa capacité à les protéger. Ce sera perçu comme une trahison, et ce sera un coup très dur pour le régime », analyse Joshua Landis.

Sur le terrain dans la région d’Alep
Les Jihadistes de l’Etat Islamique n’ont pas de chasseurs bombardiers, mais ils ont recours aux attaques kamikazes pour détruire les positions de leurs ennemis. La Vidéo ci-dessous montre un Kamikaze devant ce qui semble être un tractopelle renforcé de blindage. L’homme lance son message et on voit un peu plus tard l’énorme explosion qui a complètement ravagé une position de Jeich al-Fateh (Armée de la conquête) ou Jabhat al-Chamiya (Front du Levant), deux coalitions rebelles luttant contre l’Etat Islamique au nord d’Alep.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bb83b29e7838

Région de Jisr al-Shoughour
Au moins 49 civils ont été tués, lundi 8 juin, au cours de raids aériens de l’armée de l’air syrienne sur le village d’al-Janoudiya, dans la région de Jisr al-Shoughour.  Des dizaines de personnes ont été également blessées par ces raids, certains grièvement.
Al-Janoudiya se trouve sous le contrôle des rebelles de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête), un regroupement de diverses milices islamistes parmi lesquelles le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).  La localité est située au nord de la ville de Jisr al-Shoughour, tombée aux mains de cette coalition le 25 avril, un mois après que cette coalition se soit emparée d'Edleb, chef-lieu de la province éponyme. Le régime ne dispose plus que d'une poignée de positions dans cette région frontalière de la Turquie, notamment l'aéroport militaire d'Abou Douhour.

Province de Deraa (Sud syrien)
Cette vidéo montre une embuscade tendue par les Jihadistes de l’Etat Islamique à une colonne motorisée des rebelles de l’Armée Syrienne Libre sur une route dans le secteur d’al-Lajat (sud syrien), provoquant de violents combats - Impressionnant :
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=7oeJAOP26mc&feature=player_embedded

Hassaké
Les Jihadistes de l’EI ont tenté de s’emparer de la ville de Hassaké, mais en ont été repoussés lorsque les miliciens kurdes de l’YPG sont entrés dans la bataille, après être restés l’arme au pied pendant deux jours.
Cette vidéo montre une action militaire des miliciens de l’YPG, hommes et femmes, contre des positions de l’EI :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=dec6ace630ca
et une Vidéo montrant l’action des miliciens kurdes de l’YPG contre les positions de l’EI – On peut voir la fuite des Jihadists sous les tirs kurdes - Impressionnant :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1ff1c39a5960

Front yéménite

Les pourparlers de Genève, à partir du dimanche 14 juin, ont peu de chance d’aboutir
Le gouvernement en exil de M. Hadi et les rebelles chiites houthis avaient pourtant confirmé leur participation, en principe sans conditions, aux pourparlers de Genève pour tenter de mettre fin au conflit dans leur pays. Mais il y a peu de chance que cette conférence permette de ramener la paix dans le pays. En effet, le président Hadi, réfugié en Arabie Saoudite, a déclaré, lundi 8 juin, au cours d’une interview diffusée par la chaîne satellitaire al-Arabiya, qu'il excluait toute réconciliation avec les Houthis.
"Il n'y aura pas de négociations. Ce sera juste une discussion sur la mise en œuvre de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU". A la question de savoir si les pourparlers de Genève porteraient sur une réconciliation avec les Houthis, M. Hadi a répondu: "absolument pas".
Rappelons que la résolution 2216, adoptée en avril 2015, impose un embargo sur les armes aux rebelles, exige le retrait de ces miliciens de toutes les villes et régions conquises et la remise de l'armement lourd dont ils se sont emparés.
Le président Hadi a également accusé Téhéran d'ingérence dans les affaires du Yémen. Pour lui, l'influence de l'Iran dans son pays "est plus dangereuse qu'al-Qaïda", pourtant fortement implanté notamment dans le sud et le sud-est du Yémen. Le réseau extrémiste sunnite "al-Qaïda peut être éradiqué, mais (dans le cas de l'Iran) cela est une action politisée et systématique", a-t-il ajouté.

Sur le terrain
Deux soldats saoudiens ont encore été tués lundi 8 juin dans le secteur d’Assir, à la frontière avec le Yémen. Les victimes sont un soldat de la garde nationale et un garde-frontière. Ils sont décédés suite au tir d’un missile depuis le territoire yéménite.
Au moins 37 personnes, la plupart des membres des forces armées mais aussi des civils, ont été tuées à la frontière entre les deux pays depuis le début, le 26 mars, de la campagne aérienne menée par une coalition dirigée par le royaume saoudien contre les rebelles chiites houthis au Yémen, où ils se sont emparés de vastes territoires.
Samedi 6 juin, l’Arabie saoudite avait annoncé avoir intercepté un missile Scud tiré contre son territoire par ces rebelles depuis le nord du Yémen. Le tir du missile Scud est intervenu quelques heures après l'annonce par Riyad que ses troupes avaient repoussé une attaque sur plusieurs fronts contre le sud du royaume qui auraient fait quatre morts parmi les militaires saoudiens, dont deux officiers, et des dizaines de morts côté yéménite.

Jihadisme international

Belgique
Seize personnes ont été placées en garde à vue lundi 8 juin 2015 en Belgique, dans le cadre de deux enquêtes contre des filières jihadistes tchétchènes. L’action policière, coordonnée à travers tout le pays, a donné lieu à  21 perquisitions. Les personnes interpellées appartiennent toutes à la communauté tchétchène et certaines avaient combattu en Syrie. Il serait intéressant de savoir par quel moyen elles sont arrivées en Belgique le plus tranquillement du monde ? Une information qui ne concerne pas seulement la Belgique mais la sécurité en France également.

France
Gilles N. raconte sur Twitter le parcours d’un jihadiste français, Abou Salman. Il s’est converti à l’islam il y a cinq ans après un accident. Avant, il n’était pas croyant. Il se convertira à l’islam grâce à des vidéos. Puis il complètera sa formation religieuse en fréquentant sa mosquée. Les fameuses mosquées de l’Islam de France. Quatre à six mois après sa conversion, il se rend dans la Péninsule Arabique (vraisemblablement le Yémen) où il acquiert des livres sur les concepts du « tawhid », du « taghout » et de « l’hijra ». Ensuite, il rejoint l’Etat Islamique où il suit une formation religieuse (Muaskar Shari – Deux semaines - ce qui, entre nous soit dit, est une formation assez courte) et une formation militaire (deux semaines). Après cette formation, il rejoint le « ribat » (forteresse) contre les Kurdes du PKK. Il reçoit un salaire et décide de faire venir sa femme. L’Etat Islamique lui donne une maison. Il explique à sa femme le concept de la Hijra : « On ne peut pas vivre sur une terre qui insulte les pieux prédécesseurs ».  Et pour finir, il s’adresse aux ennemis de l’EI : « Les lions sont partout dans vos villes et n’attendent qu’un ordre ! » Ces informations se basent sur une vidéo fournie par Abou Salman. Elle n’est peut être pas authentifiée à 100% mais le message général est plausible et clair.

Abou Salman al-Fransi.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Pakistan
Une organisation jihadiste qui revendique son appartenance à l’Etat Islamique a mené une première attaque sanglante à Karachi, au mois de mai 2015. L’organisation s’appelle Lashkar-e-Jhangvi (LeJ).
Le 13 mai 2015, des Jihadistes du LeJ ont pris d'assaut à Karachi un bus transportant des Ismaéliens. Les Ismaéliens appartiennent à la minorité chiite. Les miliciens ont exécuté 45 d'entre eux. Le fait que l'opération ait été revendiquée par l'EI signifie que l’organisation Jihadiste est désormais présente au Pakistan et compte bien s’y développer en jouant sur l’opposition entre Chiites et Sunnites. La minorité chiite pakistanaise représente 20% de la population du pays en majorité sunnite.
Jusqu’à la revendication de cette première attaque, le gouvernement pakistanais avait toujours nié toute présence de l'EI sur son territoire.
Selon les enquêteurs, le LeJ a perpétré cette attaque très médiatisée « pour attirer l'attention de l'EI et bénéficier de son soutien financier.

Jihadistes de retour au Pakistan
Selon un cadre des services de renseignement qui suit depuis plusieurs années le LeJ, celui-ci, né dans le sud du Pendjab, la province la plus riche et la plus peuplée du pays. Il aurait envoyé ces dernières années plusieurs centaines de combattants en Syrie et en Irak. Il s’agit pour la plupart de personnes issues de la classe moyenne et éduquées. Plusieurs sont ensuite revenus  au Pakistan imprégnés de l’idéologie salafiste prônée par l'EI. Ils ont alors commencé à recruter avec l’objectif final de faire flotter le drapeau noir du califat au Pakistan.
Désormais, au Pakistan, c'est l'EI et le Moyen-Orient, et non plus les talibans et al-Qaïda, qui jouissent aujourd’hui de la sympathie des milieux salafistes pakistanais.

Kirghizstan
La Télévision chinoise (CCTV) a interviewé, dimanche 7 juin,  un Jihadiste kirghize arrêté il y a six mois en Syrie. Le Kirghize avait rejoint l’EI comme un interprète.
Abou Bukr a été interviewé dans une pièce des services de renseignement syriens à Damas. Le Kirghize, âgé de 21 ans, parle couramment l'arabe qu’il a appris au cours de ses études en Egypte. C’est alors qu’il se trouvait en Egypte qu’il a décidé de rejoindre le groupe jihadiste.
"Quand j’étais en Egypte, j’ai rencontré plusieurs Syriens, qui m'ont invité à venir dans leur pays, en disant que les soldats syriens avaient tué des civils et qu’ils avaient besoin de notre aide», a déclaré Abou Bukr.
Il y a environ un an, Abou Bukr est arrivé à Raqqah, la place-forte de l’Etat Islamique, où il a appris à manier des armes et s’est radicalisé.
Maîtrisant plusieurs langues, Abou Bukr a travaillé comme interprète pour communiquer les ordres aux Jihadistes étrangers. Il a également été envoyé au combat en première ligne pour tuer des prisonniers ou même des civils, ce qu’il considérait comme légitime et ne trouvait rien de mal à cela.
 «Nous avons des juges »spéciaux dans notre organisation. C’est eux qui jugent si un homme doit être tué ou condamné à la prison. Par exemple, nous tuons les hérétiques qui ne respectent pas notre doctrine religieuse", a déclaré Abou Bukr.
Quand on demande à Abou Bukr s’il regrette d’avoir rejoint l’Etat Islamique, il garde le silence un moment et avoue se sentir désolé de ne pas avoir écouté les reproches de sa famille.
"Ils m’ont demandé une fois de quitter l'Egypte pour revenir à la maison, fonder une famille, et vivre une vie normale. Ils m’ont même dit que si j’étais déterminé à rejoindre le groupe jihadiste, je devrais changer mon numéro de téléphone cellulaire, mais je n’ai pas suivi leurs conseils", a déclaré Abou Bukr, qui a perdu tout contact avec sa famille depuis lors.
Abou Bukr a ajouté qu’il n’avait pas vu les membres de sa famille depuis trois ans, mais en réalité il se peut qu’il ne les voit plus jamais car ce qui l’attend, à présent, c’est une incarcération de longue durée en Syrie.
Vidéo de l’interview (langue arabe – correspondant au texte ci-dessus) :
https://www.youtube.com/watch?v=_zil9cX7-hE&feature=player_embedded

Jean René Belliard

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