03/06/2015

3 juin 2015 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du nord

Le phénomène nouveau, ces dernières semaines, est que Turcs, Qataris et Saoudiens d’un côté, Iraniens et Libanais chiites de l’autre sont de plus en plus ouvertement impliqués dans le conflit syrien. Le phénomène s'explique par le brutal affaiblissement de l'armée loyaliste syrienne. Les uns sentent que la victoire militaire est possible. Les autres veulent défendre à tout prix le pouvoir de Bachar el-Assad et "l'axe chiite" (Iran-Irak-Syrie et Sud Liban). Il s’agit d’une évolution extrêmement inquiétante qui menace de déboucher sur un grand conflit régional.


Egypte

Secteur touristique des Pyramides
Des assaillants armés sur une moto ont ouvert le feu sur deux policiers chargés de la sécurité du site touristique de Guizeh, non loin du Sphinx et des célèbres pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos situé à la périphérie du Caire. Les deux policiers sont décédés.

Front irakien

Une usine de véhicules piégés détruite par un raid aérien
L'un des plus importants sites de fabrication de voitures piégées de l’Etat islamique (EI) a été complètement détruit par un raid aérien mercredi 3 juin.
Ce site, à l'entrée de la ville de Hawija (nord-est de Bagdad), servait aux Jihadistes de l’EI à piéger des véhicules, dont des Humvees blindés, selon ces responsables, qui n'ont pas précisé si le raid avait été mené par la coalition internationale.

Liban

Le Liban se prépare-t-il à la guerre ?
La chute désormais considérée comme possible du pouvoir de Bachar el-Assad relance l’inquiétude et la tension au Liban. Partisans libanais de Bachar el-Assad et adversaires s’accusent mutuellement de jouer avec des allumettes.
Le secrétariat général du Camp du 14 Mars (souverainiste anti syrien) a mis en garde mercredi 3 juin, à l'issue de sa réunion hebdomadaire, contre la création de "groupes civils armés" au Liban.
Le communiqué du "14 Mars" met l'accent sur '"la dangerosité de créer des groupes civils armés parallèlement à l'institution militaire, tel le Hached Chaabi en Irak (milice chiite qui soutient les forces gouvernementales irakiennes contre les jihadistes de l'Etat islamique)". Le "14 Mars" estime que de telles initiatives mettent en péril la crédibilité et l'unité de l'armée libanaise.
Depuis plusieurs jours, on entend des appels à créer des groupes armés à Baalbeck-Hermel (Békaa), sous l'impulsion du Hezbollah chiite, afin de faire face aux jihadistes sunnites venus majoritairement de Syrie.
"Le seul moyen pour protéger le Liban consiste dans le retrait de la milice du Hezbollah de Syrie ainsi que le déploiement de l'armée libanaise le long de la frontière nord et est, avec le soutien des forces multinationales en vertu de la résolution 1701 (du Conseil de sécurité de l'Onu)", ajoute le communiqué du "camp du 14 mars".

Le Hezbollah progresse dans le jurd d’Ersal
Comme pour faire écho à la mise en garde du « camp du 14 mars », on apprenait, ce mercredi 3 juin, que le Hezbollah avait réalisé des avancées dans le jurd d’Ersal. Les miliciens chiites auraient pris le contrôle des hauteurs de Majar el-Hamra et Chmayss el-Hamra, au nord du jurd de Nahlé et de Mrad Ghazi et Harf Wadi el-Hawa, dans le jurd de Ersal, tout en avançant en direction de Jabal el-Zaroub, au sud de Wadi el-Khayl.
Le Hezbollah affronte les rebelles sunnites retranchés dans le Qalamoun syrien depuis plusieurs semaines. Il s'était abstenu jusqu’à une date récente d'actions militaires dans le jurd d’Ersal, une ville sunnite de la Békaa proche de la frontière syrienne et surpeuplée de réfugiés syriens. Il demandait régulièrement à l’armée libanaise de combattre les rebelles, notamment ceux du Front al- Nosra (al-Qaïda en Syrie), ce qui n’avait pas manqué de provoquer une levée de boucliers de la part de ses adversaires libanais. Ceux-ci accusaient en effet le Hezbollah de vouloir entraîner l’armée libanaise dans la guerre civile syrienne. C’est sans doute pour forcer la main de l’armée que le Hezbollah a revendiqué, il y a quelques jours, avoir éliminé un groupe de combattants du Front al-Nosra. Il semble que le parti chiite libanais ait l’intention de prendre les choses en main dans la Bekaa, au risque de provoquer une tension avec l’armée et, tout au moins, un conflit politique.
Vidéo (côté Hezbollah) des combats dans le jurd d’Ersal et le Qalamoun :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8be85bbb57a8

Libye

La Libye – point de passage des migrants
Une carte qui explique d’un coup d’oeil la position stratégique de la Libye sur le continent africain et pourquoi elle sert de point de passage pour les migrants vers l’Europe :

CF3j6erW0AAeUjV.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Front syrien

La chute du pouvoir de Damas n’est plus impossible
Les prises d'Edleb, de Jisr el-Choughour et de Palmyre par les groupes armés ont entraîné un affaiblissement significatif du régime de Damas. La perte de contrôle de plus des 2/3 du territoire par les forces loyalistes a relancé les rumeurs sur la chute irrémédiable du régime de Bachar el-Assad.

Le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie veulent une victoire militaire
L’affaiblissement du pouvoir de Damas n’a pas échappé aux leaders sunnites de la région. Du coup, le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie pensent qu’une victoire militaire est désormais possible. C’est pourquoi, ils ont accru, ces derniers temps, leur assistance financière et en armements aux groupes rebelles syriens, à l’exception de l’Etat Islamique. Cette assistance a eu un effet immédiat sur le terrain et on a pu constater un renforcement des capacités offensives des groupes rebelles face à l’Armée Arabe Syrienne. Or, le pouvoir ne tombera que si Damas tombe. Une offensive contre la capitale syrienne revient donc à l’ordre du jour.

L’Armée Arabe Syrienne est très affaiblie
L’armée est exsangue. Elle manque cruellement d’effectifs. Sur les 20.000 recrues qui étaient attendues en juillet 2014, moins de 6.000 ont rejoint les rangs de l’armée.
Les revers militaires récents ont porté un coup au moral de la troupe et du pouvoir. Celui-ci a compris qu’il devait réagir pour résister.
Car face à elle, l’armée doit désormais lutter contre des rebelles de mieux en mieux organisés, bénéficiant d’une aide logistique importante à travers la Turquie ou la Jordanie , et dotés d’armes de plus en plus sophistiquées.

Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !
Le pouvoir résiste encore et la partie est loin d’être perdue pour lui. Le pays alaouite est solidement protégé. Et toutes les tentatives des rebelles menées depuis août 2013 contre  les zones tenues par les alaouites ont été mises en échec. Il est peu probable que Lattaquié soit le prochain objectif de la rébellion.
Le Qalamoun est un autre bastion des forces qui soutiennent le pouvoir de Damas. C’est le Hezbollah chiite libanais qui a pris sur lui d’assurer la défense de cette région. Il a mené une contre-offensive, fort bien préparée, qui lui a permis de reprendre les positions clés. Face à lui, la rébellion a mené une lutte en ordre dispersé. L’Armée Syrienne Libre disposait de 1200 combattants et l’Etat Islamique de 800 Jihadistes. Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) est également présent dans la région mais ne représente pas une menace militaire à l’exception de sa capacité à organiser des attentats. Le contrôle des points clés par le Hezbollah lui permet de mener des embuscades contre les rebelles, ce qui est une menace sur leurs approvisionnements et l’acheminement de renforts. Il ne faut pas s’attendre à une progression de la rébellion dans cette région, ce qui est d’ailleurs attesté par la faible intensité des combats.
Un succès militaire de la rébellion à Alep est également difficilement imaginable. Le pouvoir y dispose de 50.000 défenseurs. Les effectifs appartiennent à l’armée, les brigades de défense nationale, les comités populaires, la sécurité de l'armée de l'air, et des unités d'élites comme la garde républicaine. En outre, une route de plus de 200 km permet de relier Alep à Deir ez-Zhor. Elle sert de voie d'approvisionnement et reste encore solidement contrôlée par les forces fidèles au pouvoir. Enfin, contrairement à Edleb ou Jisr el-Choughour, la classe commerçante bourgeoise sunnite d'Alep est encore fidèle au pouvoir de Damas.
Pour toutes ces raisons, la ville demeure un bastion du régime et si les groupes armés choisissaient de l’attaquer, cela pourrait se révéler très couteux pour eux. Ils risqueraient d’épuiser leurs forces et de se retrouver encerclés par les nombreuses forces loyalistes.

Tout va se jouer à Damas
Une offensive militaire de la rébellion contre Damas poserait un gros problème au pouvoir. Il lui faudrait défendre la capitale coûte que coûte, ce qui l’obligerait à puiser des renforts à Alep.
La stratégie à suivre en cas d’offensive contre Damas est un des points de discorde entre Damas et Téhéran. Pour l'Iran, la priorité absolue est la survie coûte que coûte du pouvoir à Damas et la survie du Hezbollah. C’est pourquoi Téhéran, très inquiet du récent affaiblissement de l’Armée Arabe Syrienne, conseille à Bachar el-Assad de désengager ses troupes d'Alep pour les redéployer aux portes de Damas et ainsi renforcer les défenses de la capitale.
Pour l’instant, le président n’a pas encore pris de décision. Il espère toujours reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire et il compte sur les divisions de la rébellion et les luttes entre groupes rivaux.

Où se déroulera la prochaine offensive rebelle ?
La question est de savoir qui, de l’Etat Islamique à l’est, de l’armée de la conquête (Jeich al-Fateh) au nord  ou de la coalition du  Front du Sud va se lancer le premier à l’attaque du pouvoir.

La logique serait que la prochaine grande offensive soit menée au Sud
On a maintes et maintes fois annoncé le début d’une grande offensive dans le sud. Chacune des tentatives a fait long feu. La raison est que le pouvoir dispose sur place de l’une des plus puissantes brigades de l’Armée Arabe Syrienne. Il s’agit de la brigade 52. Elle est dotée d’un armement très puissant et se trouve à la charnière entre les provinces de Deraa et Souweida.
Sa défaite menacerait d’autres régions stratégiques, la ville d'Izraa, et la localité  de Kharbet-Ghazaleh et surtout l’autoroute reliant Deraa à Damas. Jusqu’ici, les offensives de la rébellion, même entraînée et fortement armée par les pays sunnites et les Etats-Unis à travers la Jordanie, se sont cassées les dents sur cette puissante ligne de défense du pouvoir.

Mais Turcs, Saoudiens, Qataris et Américains veulent en finir avec le conflit syrien
La période est favorable. L’armée syrienne est démoralisée et désorganisée. Et surtout le temps presse car chaque mois qui passe voit le renforcement de l’Etat Islamique et son extension géographique.
C’est pourquoi une grande bataille va avoir lieu dans le sud syrien. Elle aura pour objectif de déloger l’armée syrienne de la ville de Deraa et d’isoler la ville de Quneitra. Dans une première phase, elle pourrait consister à lancer une attaque contre le siège de la brigade-52 de l’armée arabe syrienne situé dans la ville d’al-Harak à l’est de l’autoroute reliant Deraa à Damas.  Elle se poursuivrait par une attaque contre Deraa pour occuper les quartiers al-Mahatta, al-Manchiyyeh, et al-Mourabbaa.
Au cours d’une deuxième phase, les rebelles chercheraient à infiltrer les positions de l’armée syrienne qui contrôlent l’autoroute as-Salam, reliant Quneitra à Damas en prenant pour cible la brigade-68 des forces gouvernementales stationnée à Khan al-Cheikh, puis la localité de Saasaa.

Les préparatifs sont déjà en cours

Durant ces deux dernières semaines un  millier de miliciens ont été acheminés en provenance des camps d’entrainement jordaniens et saoudiens vers le sud syrien. Le dernier renfort de 500 hommes est arrivé depuis trois jours au camp des miliciens à l’est de Deraa. Les tribus se prépareraient également à participer à l’attaque.
Des préparatifs de la rébellion ont été observés par l’armée dans les villages voisins des positions de l’armée syrienne à l’aéroport de Thaala et de la brigade-52, où des travaux de creusement de tranchés et des barrages ne connaissent pas de répit. Un grand nombre de civils ont été évacués des villages de cette région.
Enfin, une cellule de coordination aurait été mise en place entre Jordaniens et Turcs pour superviser les attaques des milices aussi bien au sud de la Syrie qu’au nord.

L’Iran semble se préparer à un engagement conséquent sur le terrain
Il y a quelques jours, le général iranien Qassem Soleimani avait déclaré : "Dans quelques jours le monde sera surpris par ce que nous préparons en coopération avec le commandement militaire syrien". Aujourd'hui, on sait ce que l'Iran prépare : 7.000 membres des forces spéciales des Gardiens de la Révolution Islamique, la célèbre force al-Qods, auraient débarqué ou seraient en train de le faire, au port de Lattaquié. Ils seraient arrivés à la fin du mois de mai et au tout début de juin. Les Iraniens justifient leur implication par le fait que la Syrie est confrontée à une agression ouverte de la Turquie. C’est ce qui aurait convaincu l'ayatollah Khamenei d'approuver la mesure. La Syrie et l'Iran sont liés par un pacte de défense mutuelle qui entre en jeu si un des deux Etats est menacé d’invasion. La brutale augmentation de l’aide turque aux rebelles, et parmi eux le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Il est prévu que le nombre des membres des Gardiens de la Révolution envoyés en Syrie augmente au fur et à mesure de l’intégration de la première vague en termes de stratégie, de tactique et de communication avec le commandement syrien. Il pourrait atteindre le chiffre de 10.000 combattants.
L'arrivée des combattants iraniens permettrait à l'Etat-major syrien de reprendre l'offensive. Le premier objectif serait, selon plusieurs sources, la localité de Jisr al-Shoughour, tombée entre les mains des rebelles de Jeich al-Fateh (Armée de la Conquête) le 25 avril 2015. La localité de Jisr al-Shoughour ouvre la voie vers Lattaquié.
L’implication de plus en plus directe de puissances sunnites ou chiites dans le conflit syrien menace de déboucher sur un grand conflit régional. 

legendeSyrie.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poursuite des sanglants bombardements au baril d’explosifs
Pour l’instant, la seule action offensive du pouvoir est la poursuite des bombardements au baril d’explosifs. Les lancements de barils d’explosifs font toujours énormément de victimes civiles car ils manquent totalement de précision. Ils n’ont aussi aucune efficacité sur le plan militaire. On peut ajouter que ces bombardements radicalisent au moins un nombre équivalent de gens, notamment les proches des victimes, que celui qu’ils intimident. Mercredi 3 juin, au moins 37 personnes, dont dix enfants, ont encore été tuées par le larguage de barils explosifs par des hélicoptères de l'armée dans le nord de la Syrie.
16 personnes ont été tuées, dont huit enfants, à Tal Rifaat, dans la province d’Alep et huit membres d'une même famille ont succombé dans la localité de Kafr Sijna, dans la province d’Edleb. A Joub al-Qoubbeh, un quartier contrôlé par les rebelles à l'est d'Alep, onze personnes, dont deux enfants, ont été tuées par la chute d'un baril d'explosifs sur un quartier résidentiel. En outre, un grand nombre de civils ont été grièvement blessés.

Et poursuite des combats entre rebelles et Front Islamique au nord d’Alep pour le contrôle de la ville de Souran
Ces vidéos montrent l’arrivée des renforts fournis par différentes brigades qui se dirigent vers la ligne de front pour affronter l’Etat Islamique lors de la bataille de Souran :
- Vidéo de la brigade de l’ASL Sultan Mourad :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=df08a96e7255
- Vidéo du Régiment N°13 :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d9feb3de848b
Un membre du Régiment N°13 tire au canon B-10 contre une position de Daesh :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=02c67b18aae0
- Vidéo du Front du levant (Jabhat ash-Shamiya) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d9feb3de848b
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c8d60df40747
et scènes de bombardements (toujours vidéo mise en ligne par le Front du Levant) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=852111fe80f6
et
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1f554827a192
et vidéo de snipers du Front du levant :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b8fd8e76e600
- Vidéo de la brigade islamistes Ahrar ech-Cham qui fait partie de Jeich al-Fateh (l’armée de la victoire) qui affronte l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ea391dc2b21e
- Vidéo de la brigade Noureddine Zanki :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=708985135916

Cette dernière vidéo des combats a été mise en ligne par l’Etat Islamique. Un combattant affirme que la ville de Souran a été conquise par les jihadistes :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=3444c3fad25f

Plaine d’al-Ghab
Vidéo d’un groupe de rebelles prenant position plaine d’al-Ghab :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8af533648299

Front yéménite

Sanaa
Les raids de la coalition arabe se sont poursuivis mercredi 3 juin, tant à Sanaa qu’à Hamdane, au nord de Sanaa, ainsi que dans les provinces de Hajja et Saada (nord), Ibb (centre), Taëz et Dhaleh (sud).
Sanaa, la capitale yéménite a été secouée par des dizaines d'explosions, provoquées par d'intenses raids de la coalition dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin et tôt le matin du mercredi. Les avions de la coalition arabe ont pris pour cible le complexe du 22-Mai et l'ancien QG de la 1ère brigade blindée, ainsi qu’un camp de la police militaire et diverses positions des Chiites houthis et des militaires fidèles à l’ex-président Sahlé. Rappelons que ces militaires ont rejoint les miliciens chiites.
Au moins trois personnes ont été tuées et 11 blessées quand des chasseurs-bombardiers ont mené des frappes contre le complexe du 22-Mai, un site industriel relevant de l'armée et conquis par les rebelles chiites qui l'ont transformé ces derniers jours en dépôt d'armes et de munitions.

Jihadisme international

Etats-Unis
Usaama Rahim, un islamiste présumé de 26 ans, sous surveillance du FBI, a été abattu mardi 2 juin à Boston, dans le nord-est des Etats-Unis, après avoir menacé des agents fédéraux avec un couteau de type poignard militaire.
Rahim était originaire du Moyen-Orient, sans plus de précision.
Le suspect était sous surveillance permanente des polices de Boston, du Massachusetts et de la force de coalition antiterroriste.

France
Une filière jihadiste a été démantelée sur l’île de la Réunion. Cinq personnes ont été arrêtées à Saint-Denis. Les personnes interpellées sont quatre hommes et une femme. Il s’agit d’une filière chargée de transférer des candidats au Jihad vers la Syrie et l’Irak. Il ne s’agit pas de cas isolés. Selon les autorités, 48 cas de radicalisation islamique auraient été répertoriés sur l’île. Six personnes seraient déjà partis au Moyen Orient et l’une d’entre elles, un jeune de 23 ans originaire de Saint-André, aurait été tué dans la région de Tikrit en Irak, le 7 avril 2015.

Maroc
L’Etat Islamique cherche à s’implanter au Maroc. L’organisation jihadiste serait actuellement en train de créer des « cellules dormantes ». Sa tache est d’autant facilitée qu’un millier de Marocains combattent dans les rangs des groupes jihadistes.
Le Maroc ne cache pas son inquiétude face à ce phénomène. Il a renforcé, en 2014, son dispositif de lutte antiterroriste. C’est ainsi qu’a été créé Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ). Et les autorités annoncent régulièrement le démantèlement d'un nouveau réseau jihadiste.
Mercredi 3 juin, le ministère marocain de l'Intérieur a annoncé l'arrestation de neuf membres présumés d'une "cellule terroriste" liée à l’Etat islamique. Plusieurs membres du groupe étaient basés dans le quartier d'origine des 12 kamikazes responsables des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, l’attentat le plus sanglant de l’histoire du royaume.
Les neuf personnes arrêtées, dont l'identité n'a pas été révélée, sont accusées d'être entrées en contact avec des "chefs de l'EI" et de projeter l'"envoi de combattants marocains volontaires" en Irak et en Syrie. Un ancien détenu qui appartenait à "un réseau terroriste en relation avec al-Qaïda en Irak" figure parmi ces suspects.

Coalition internationale

Plus de 10.000 jihadistes de Daech tués depuis le début des raids de la coalition
Plus de 10.000 jihadistes de l’Etat islamique ont été tués au cours des 4000 raids menés depuis le début des frappes aériennes de la coalition internationale en Irak et en Syrie il y a neuf mois. Les chiffres ont été donnés, mercredi 3 juin, par le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken.
"Nous avons vu des pertes énormes au niveau de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique), plus de 10.000 depuis le commencement de cette campagne, et ça va finir par avoir un effet", a assuré M. Blinken sur la radio France Inter, sans préciser s'il parlait de l'Irak, de la Syrie, ou des deux pays.
Le secrétaire d'Etat adjoint américain était présent à Paris pour une réunion de la coalition internationale anti-jihadiste qui s'est tenue mardi 2 juin 2015. La vingtaine de pays et organisations internationales représentés ont apporté leur soutien au plan militaire du Premier ministre irakien Haider al-Abadi pour reconquérir la province occidentale d'Al-Anbar, sous contrôle des jihadistes. Ils l'ont aussi exhorté à mener à bien les réformes politiques pour mieux intégrer la minorité sunnite marginalisée.
L'EI contrôle "25% de moins de l'Irak depuis neuf mois, beaucoup de matériel a été détruit par la coalition, et beaucoup d'adhérents de Daech ont été éliminés", a-t-il dit, tout en reconnaissant "la résilience" de l'organisation jihadiste.
De son côté, l'ambassadeur irakien à Paris, Fareed Yassin, s'est félicité sur la radio Europe 1 de prochaines livraisons d'armes de la coalition à l'Irak. "Les Américains nous ont promis et vont délivrer incessamment des missiles qui vont faire la différence contre ces gros blindés bourrés d'explosifs (..) qui ont fait qu'on a perdu la ville de Ramadi", la capitale d'Al-Anbar, tombée le 17 mai aux mains des jihadistes, qui utilisent des "camions bombes". "Les Français nous font parvenir des armes comparables, des munitions et nous sommes en train de discuter pour développer des projets de coopération", a-t-il assuré.

Soldats occidentaux sur le terrain en Irak
Quelque 2.000 militaires américains et 100 à 200 français sont actuellement en Irak pour des opérations de formation et planification.

Jean René Belliard

 

Les commentaires sont fermés.