02/06/2015

2 juin 2015 - Guerres au Moyen Orient et en Afrique du Nord

Les combats se poursuivent sur les différents théâtres de guerre, que ce soit en Irak, en Libye, en Syrie ou au Yémen. Dans ce dernier pays, l'organisation Human Rights Watch a critiqué l'utilisation par l'Arabie saoudite de bombes à sous-munitions, normalement interdites par la communauté internationale.


Front irakien

Mossoul – Obligation de porter la barbe
L'État islamique a distribué des tracts dans son bastion irakien de Mossoul ordonnant à tous les hommes de porter la barbe sous peine de punition. Selon la Charia, il serait haram (pêché) Selon l’édit émis par l’EI, la barbe est devenue obligatoire depuis  le 1er Juin.
La police islamique a reçu l’ordre de faire respecter l’interdiction de rasage et de jeter les contrevenants en détention. La peine de prison a été fixée à trois mois. Et en cas de récidive, la punition est la décapitation. Il y a évidemment une dimension tactique à cette interdiction de rasage. En obligeant tous les hommes à porter la barbe à la mode islamiste, les Jihadistes de l'EI passeront plus facilement inaperçus au sein de la population.
Une interdiction semblable avait déjà été instaurée dans la ville d’al-Mayadin, dans l’est syrien, en décembre 2014.
Les Talibans afghans avaient émis une interdiction de rasage identique de 1996 à 2001. La barbe des hommes devait être suffisamment longue pour passer un poing au niveau du menton.
A noter qu’en Egypte, on assiste à une évolution inverse. Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires et le renversement du président Morsi issu des Frères Musulmans, les femmes sont de plus en plus nombreuses à ôter le voile.

Ramadi
La bataille se poursuit autour de Ramadi. Il semble, à la vue de cette vidéo, que tous les Jihadistes de l’EI n’aient pas reçu la même formation militaire. Rater le tir d’un RPG (Rocket Propelled Gun) de l’armée irakienne à si peu de distance, c’est rare :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf39a5cb729f

Matériel militaire américain perdu en Irak
Au moment de son départ d’Irak, l’armée américaine a laissé derrière elle une quantité de 4,2 millions de pièces d'équipement militaire, allant de véhicules blindés aux matériaux de construction ou encore des générateurs. La valeur totale de ces équipements était estimé à  580 Million $, selon le Washington Times.
Or, une grande quantité de ce matériel militaire est passé depuis entre les mains de l’Etat Islamique suite à sa fulgurante offensive de juin 2014 et l’effondrement de l’armée irakienne.
Les forces de sécurité irakiennes ont perdu 2300 véhicules blindés Humvee.
"Dans l'effondrement de Mossoul, nous avons perdu beaucoup d'armes," a déclaré Haidar
Abadi au cours d’une interview à la télévision d'Etat Iraqiya. "Nous avons perdu 2300
 Humvees seulement à Mossoul. « Alors que le prix réel des véhicules varie
 en fonction de leur blindage et de leur équipement, il est clairement que c’est une énorme perte qui a stimulé les capacités de l’EI. » Et les pertes d’équipements militaires se poursuivent en raison de la continuation des combats.
Haidar Abadi a ajouté que ses forces avaient aussi perdu des chars sans préciser si ces chars 
Le premier ministre a expliqué qu’il avait demandé une assistance au commandement de la coalition. Mais, a-t-il regretté, «ils ne répondent pas rapidement," ajoutant : «C’est ce que nous leur reprochons. »

Front syrien

Région d’Alep
De violents combats opposent depuis plusieurs jours les Jihadistes de l’Etat Islamique aux rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL) dans la région nord d’Alep. Les Jihadistes de l’EI ont bien l’intention de ne pas laisser Alep aux seuls combattants de l’ASL ou des Jihadistes du Fraont al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). Cette vidéo a été mise en ligne par le régiment 13 (al-Farqat 13) de l’ASL :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d20867146dce
C’est évidemment une aubaine pour l’Armée Arabe Syrienne car elle oblige les rebelles et les Jihadistes à se protéger des offensives à la fois de leurs adversaires et des soldats syriens comme l’explique cet homme sur cette vidéo (langue arabe) de la brigade rebelle Noureddine Zanki :
https://www.youtube.com/watch?v=p1vu7zDem8E&feature=player_detailpage

Banlieue de Damas – Quartier de Jobar
Les combats de rue et dans les tunnels souterrains se déroulent depuis des mois dans le quartier de Jobar qui n’est plus qu’un amoncellement de ruines. Je mets régulièrement en ligne des vidéos tournées par une équipe russe  au sein de l’Armée Arabe Syrienne. La vidéo d’aujourd’hui est tournée par le camp adverse. Il s’agit de l’activité d’un sniper sur la ligne de front :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4b607087ab3e

Yémen

Déjà 2000 morts
Le conflit au Yémen a déjà fait plus de 2.000 morts et poussé plus de 545.000 personnes à quitter leurs foyers, selon les estimations des Nations unies.

Actions militaires d’Ansarullah contre des positions saoudiennes
La milice chiite Ansarullah (Houthis) a lancé plusieurs missiles contre des bases et des positions militaires saoudiennes à la frontière avec le Yémen. Plusieurs salves de missiles Grad ont été tirées contre un centre douanier saoudien proche de la province yéménite de Hajjah (nord ouest). Un blindé a également été touché par un tir de missile en provenance du Yémen dans la région frontalière d’Assir. Il y aurait eu des victimes parmi les occupants du véhicule.

Les raids saoudiens se sont poursuivis mardi 2 juin
Les  raids saoudiens se sont poursuivis au cours du mardi 2 juin, provoquant la mort de civils. Ils ont pris pour cible Saada, la place-forte des Houthis, provoquant la mort de plusieurs civils.
Les raids de la veille, avaient déjà fait des morts au sein de la population de Sanaa, la capitale yéménite.

HRW condamne l’utilisation de bombes à sous-munitions
Human Rights Watch (HRW) a accusé les Saoudiens d'utiliser des armes à sous-munitions, prohibées par une convention internationale. Il s’agit de bombes à capteurs CBU-105. L’ONG
affirme disposer de multiples preuves, photos et vidéos, attestant l'usage de ces bombes par les Saoudiens.
Ces armes sont interdites par la Convention internationale sur les armes à sous-munitions (CCM), adoptée en 2008 par 116 pays. Il faut signaler que ni l’Arabie saoudite, ni le Yémen et ni les Etats-Unis n’ont signé cette convention. 
Ces bombes sont dangereuses car elles n'explosent pas immédiatement et les dizaines de munitions qu'elles contiennent explosent ultérieurement au moindre contact.

Demandes des Chiites yéménites aux Américains lors des entretiens d’Oman
Les Houthis (chiites yéménites  ont exigé des Américains, lors de leurs discussions « informelles » à Oman, un arrêt des bombardements saoudiens et un acheminement sans entrave de l'aide humanitaire. Les entretiens entre des représentants américains et chiites yéménites ont duré trois jours.
Oman est la seule des six monarchies du Golfe à ne pas participer aux raids aériens contre les positions des Houthis au Yémen.

Du côté américain
La partie américaine était représentée par Anne Patterson, la haute diplomate américaine pour le Proche-Orient. Son objectif était de convaincre toutes les parties de venir à la conférence pour la paix prévue à Genève, a précisé Marie Harf, la porte-parole du département d'Etat américain. La rencontre avec les Houthis avait pour but de "renforcer notre idée que seule une solution politique au conflit au Yémen est possible et que toutes les parties, dont les Houthis", devrait y participer, a-t-elle précisé. Anne Patterson s'est également rendue en Arabie saoudite pour tenir des discussions sur la résolution du conflit avec des responsables saoudiens et le président yéménite en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi.
 Pendant que ces contacts se poursuivaient, un Américain parmi plusieurs détenus américains au Yémen a été libéré et accueilli lundi 1er juin au sultanat d'Oman

Jihadisme international

France
On estime que sur les 860 Jihadistes détenteurs de passeports français partis faire la guerre en Syrie ou en Irak, 110 auraient perdu la vie. Neuf d’entre eux auraient exécutés des attaques suicides, dont deux au cours de la semaine passée.
Les services de renseignement évaluent le nombre des détenteurs de passeports français actuellement en Syrie ou en Irak à  471.
Le nombre de détenteurs de passeports français ou de "personnes résidant en France" impliquées "dans le jihad en Syrie ou en Irak" est actuellement de 1.730, selon les services de renseignement français.
Les Français ne semblent pas avoir pris conscience du danger qui les guette et continue de considérer ce phénomène comme marginal. A la limite, pour beaucoup, en parler n’est pas « politiquement correct » !

Jean René Belliard

 

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