29/05/2015

29 mai 2015 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du nord

En Syrie, les soldats de l'Armée Arabe Syrienne ont pris la fuite, abandonnant Ariha aux miliciens de Jeich al-Fateh (parmi lesquels les Jihadistes d'al-Qaïda en Syrie). Ils sont tombés dans de nombreuses embuscades sur la route Ariha-Jisr al-Shoughour ou dans les oliveraies.

En Arabie saoudite, un nouvel attentat a frappé une mosquée chiite à l'est du pays.

Deux autres attentats ont ensanglanté deux prestigieux hôtels au centre de Bagdad, la capitale irakienne.


Arabie saoudite

Attentat anti-chiite à Dammam
Une voiture a explosé devant une mosquée chiite en Arabie saoudite pendant la prière hebdomadaire du vendredi, faisant des victimes selon des témoins. Cette action terroriste à eu lieu une semaine après un attentat meurtrier contre une autre mosquée chiite. C'était alors le premier attentat revendiqué par l'Etat islamique (EI) sur le territoire saoudien.
Un Kamikaze aurait fait sauter sa voiture bourrée d’explosifs au moment où il se faisait fouiller à l’entrée du parking devant la mosquée chiite de Dammam. La ville, située sur la côte orientale, possède une population en majorité chiite. Le Kamikaze a actionné sa bombe au moment du prêche de l'imam.  
Vidéos :
A l’intérieur de la mosquée au moment de l’explosion ***** :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=066740be216d
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=HEkSWVZJCaw
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=a0SiDB0Y7HA
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=_r-88IJtaQ4

Front irakien

Bagdad
Bagdad est régulièrement frappé par des attentats-suicides meurtriers imputés à l’Etat Islamique qui s’affronte à l’armée irakienne à moins de 30 kilomètres de la capitale. La situation avait connu une certaine accalmie depuis que les forces irakiennes avaient démantelé un important réseau de fabrication de bombes et procédé à de nombreuses arrestations. L’amélioration avait conduit les autorités de Bagdad à lever en février 2015 le couvre-feu qui était en vigueur à partir de minuit depuis plusieurs années. Les attaques s’étaient poursuivies, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2014.
Jeudi 28 mai, peu avant minuit (21h00 GMT) Bagdad était à nouveau ensanglanté par l’explosion de deux voitures piégées. Les attentats ont eu lieu près de deux des hôtels les plus connus de Bagdad, faisant au moins dix morts et des dizaines de blessés.
Les explosions, qui se sont produites juste avant minuit heure locale, ont été entendues dans tout le centre-ville.
La première voiture piégée a explosé sur le parking du Babylon, un hôtel de luxe récemment rénové donnant sur le Tigre.
La deuxième a détonné quelques minutes plus tard non loin de l'Ishtar - anciennement Sheraton - très fréquenté le jeudi soir, veille de week-end.
Les deux hôtels visés avaient déjà été frappés, en même temps qu'un autre établissement, par des attentats-suicides coordonnés en janvier 2010, qui avaient tué au moins 36 personnes. Ils avaient été revendiqués par al-Qaïda en Irak.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5e5a4f905ce3
L'hôtel Palestine, qui a été la cible de nombreuses attaques mortelles au cours des ans, se trouve à proximité du lieu de la seconde explosion.
La police a indiqué que les forces de sécurité avaient trouvé une autre voiture piégée sur le parking du Babylon et avaient procédé à son déminage.

Nord de Bagdad
Offensive en cours des Jihadistes de l’Etat Islamique à al-Layn, au nord de Bagdad.

Liban

Ersal (Bekaa)
Les renseignements de l'armée libanaise ont repéré plus d'une dizaine de jeunes d'Ersal qui se dirigeaient vers le jurd pour rejoindre les rangs du Front al-Nosra et du groupe Etat Islamique au cours des deux derniers jours, a rapporté vendredi le quotidien As-Safir.
Ces individus sont prêts à prendre part à une éventuelle confrontation avec le Hezbollah, ajoute le quotidien.
Mercredi, la chaîne du parti chiite, al-Manar, indiquait que tous les membres d'un groupe de jihadistes du Front al-Nosra avaient été tués par le Hezbollah dans le jurd d'Ersal.
En août 2014, Ersal, bourgade sunnite de la Békaa, a été le théâtre de violents combats entre l'armée libanaise et des jihadistes venus majoritairement de Syrie. Depuis, des accrochages réguliers ont lieu à chaque fois que les combattants islamistes tentent de s'infiltrer dans la ville. Ils ont jusqu'à présent été repoussés par les militaires libanais. Le Hezbollah n'était pas jusqu'ici intervenu dans ces combats.

Front libyen

Etat islamique
L’Etat Islamique gagne du terrain en Libye, tirant avantage du chaos qui règne dans le pays où deux gouvernements se disputent le pouvoir. Les Jihadistes de l’EI ont pris la base aérienne d’al-Gardabiyya, jeudi 28 mai, après le retrait de l’unité 166, une brigade de la coalition Fajr Libya. Le "bataillon 166" était chargé de défendre et sécuriser Syrte, ville côtière située à 450 km à l'est de la capitale libyenne.
L’aéroport civil se trouve également à al-Gardabiyya. C’est le premier aéroport pris par l'EI depuis que le groupe ultra-radical, est actif en Libye. Les Jihadistes auraient profité d'une opération de redéploiement des miliciens de Fajr Libya qui étaient chargés de protéger le secteur pour s'y infiltrer et occuper les lieux. La base a été entièrement évacuée par les miliciens de Fajr Libya.
L'EI a indiqué pour sa part sur Twitter que "des violents combats l'avaient opposé à des troupes liées à Fajr Libya dans tous les secteurs de Syrte", et confirmé la prise de la base aérienne d'Al-Qardabiya.
Ce succès militaire permet à l’EI d’étendre sa domination au sud de la ville de Syrte, la ville natale de Kadhafi.
Des avions militaires sont aussitôt intervenus pour attaquer les positions de l'Etat islamique dans et autour du centre-ville de Syrte.
L'État islamique a revendiqué dans un communiqué sur Twitter qu'il contrôlait les installations aéroportuaires, en ajoutant que des affrontements se poursuivaient autour de plusieurs points clés de la ville de Syrte.

Menace sur la méditerranée
La présence de l’Etat Islamique en Libye est relativement récente. L'EI contrôle depuis février 2015 de larges zones dans la région de Syrte, et notamment la localité de Noufliyeh devenue son fief local.
L’organisation jihadiste se trouve désormais maître d’une portion du littoral méditerranéen et semble être en mesure d’accroître ce territoire dans les semaines à venir.  Cet état de fait lui donne la possibilité, de facto, de rejoindre clandestinement Malte, l’Italie ou la Grèce.
Les marines européennes qui surveillent la mer pour intercepter le flot de migrants pourraient bientôt avoir également à assurer une mission sécuritaire et de protection, un peu semblable à celle exercée par les marines internationales au large de la Somalie.
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Front syrien

Alep
Vidéo : La Katiba rebelle Thouar ech-Cham (Rebelles du Levant) a filmé les bombardements au mortier à l’intérieur de la ville d’Alep :
http://www.liveleak.com/view?i=63d_1432909486
Vidéo  de la brigade rebelle Noureddine al-Zanki sur les bombardements d’Alep à la bombonne de gaz :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=am1v3VvsfDw

Trêve entre Jeich al-Fateh et les Kurdes de l’YPG à Alep
L’armée de la conquête (Jeich al-Fateh), visiblement soutenue et armée par la Turquie, avait annoncé, le 26 mai, vouloir attaquer Cheikh Maksoud, le secteur kurde d’Alep. Mais les Kurdes ont opposé une féroce résistance. Aussi, après de violents affrontements entre Jeich al-Fateh et les miliciens kurdes, il était devenu évident que les combattants de Jeich al-Fateh   ne viendraient pas facilement à bout des Kurdes de l’YPG. Ce sont les miliciens kurdes qui, au contraire, ont progressé vers Tell Nabbo, un bastion du Front al-Nosra qui fait parti de Jeich al-Fateh. Le quartier de Tell Nabbo domine le rond-point Jandoul.
C’est pour éviter de se trouver engagé dans une lutte qui n’est pas stratégique pour lui que Jeich al-Fateh a annoncé vouloir proposer une trêve aux Kurdes d’Alep. En attendant la réponse des Kurdes, les premiers affrontements entre les deux belligérants ont coûté la vie à 11 miliciens de Jeich al-Fateh et à un combattant YPG.
Vidéo de la Brigade 16 (Jeich al-Fateh) offrant une trêve aux Kurdes :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=fe04985ba15d
Vidéo montrant des miliciens kurdes défilant sur leurs véhicules à l’intérieur du quartier de Cheikh Maksoud et célébrant leur victoire :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1c699dfe1a8c

Ariha
Les jihadistes d'Al-Qaïda et leurs alliés contrôlaient quasi-totalement jeudi la province syrienne d'Edleb après la prise de la ville d'Ariha, infligeant un nouveau revers au pouvoir syrien dans la guerre qui l'oppose aux rebelles depuis plus de quatre ans.
La ville a été prise après une vaste offensive éclair lancée par "l'Armée de la Conquête (Jaich al-Fatah)", une coalition formée du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et de groupes rebelles islamistes. Damas ne contrôle plus dans cette province (nord-ouest) que deux villages chiites, quelques postes militaires et l'aéroport militaire d'Aboul Douhour.
"Le Front Al-Nosra et ses alliés ont pris le contrôle d'Ariha, la dernière ville dans la province d'Edleb, après une offensive éclair", a confirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
La ville à majorité sunnite est tombée après le retrait d'importantes forces du pouvoir et des combattants du Hezbollah (libanais). Des dizaines de véhicules de l'armée ont été vues

se retirant de la ville.
L'offensive n'a duré que quelques heures. La rapidité de la chute de la ville a de quoi surprendre car un grand nombre de troupes fidèles au pouvoir se trouvait sur place.
Plusieurs milliers de soldats étaient positionnés à Ariha, qui comptait 40.000 habitants avant le début de la guerre civile. Des militaires iraniens s'y trouvaient également pour épauler l'armée. Le mouvement Ahrar ech-Cham a mis en ligne une vidéo montrant de nombreux cadavres de soldats. Un des combattants d’Ahrar ech-Cham, qui semble être un chef, montre une carte d’appartenance au mouvement chiite libanais Hezbollah.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=3dac321b7cb8
Vidéo – la vidéo a été tournée à l’aide d’une Gopro portée par l’un des combattants du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) lors de la prise d’Ariha :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=3d12e346ab7d  ******
Vidéo publiée par la milice islamiste Ahrar ech-Cham (qui fait partie de Jeich al-Fateh) sur la prise d’Ariha :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a7bfb26be5e4  ******
Vidéo montrant la fuite de l’Armée Arabe Syrienne sur l’autostrade Ariha-Jisr al-Shoughour. L’image n’est pas excellente. De nombreux soldats, des membres du Hezbollah et miliciens partisans du pouvoir sont tombés dans des embuscades sur la route ou dans les oliveraies alors qu’ils prenaient la fuite :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=50609819be22
Vidéo – Un tank de l’AAS quittant Ariha par l’autostrade Ariha-Jisr al-Shoughour détruit par un missile antitank TOW – L’image n’est pas excellente en raison de fumées ou de brouillards :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=db3b34ab21d0
Vidéo – Un véhicule léger de l’AAS fuyant Ariha sur l’autostrade Ariha-Jisra al-Shoughour frappé

 

 

par un missile TOW. On s'imagine l'angoisse des soldats empruntant une route menacée par leurs ennemis :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5c5ff2c37a4c

Série de défaites
Dans un tweet sur son compte, "l'Armée de la Conquête" a écrit: "Ariha a été libérée".
Cette coalition a remporté ces dernières semaines une série de victoires dans la province en prenant sa capitale provinciale, la ville de Jisr al-Choughour et le camp militaire d'al-Mastouma.
Le régime Assad avait déjà subi il y a une semaine une défaite face aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui ont conquis la cité antique de Palmyre.
Depuis le début en mars 2011 du conflit en Syrie, déclenché par la répression d'une contestation populaire avant d'être complexifié par l'intervention d'Al-Qaïda puis de l'EI, le territoire aux mains du régime s'est réduit comme peau de chagrin.
Ce dernier ne contrôlerait plus que 22% du territoire, selon l'OSDH, mais c'est là que vit la majorité de la population.
Selon le géographe français Fabrice Balanche cité par un quotidien libanais, 10 à 15% de la population vit sur les territoires contrôlés par l'EI, 20 à 25% sur ceux aux mains du Front Al-Nosra et ses alliés, 5 à 10% sous l'autorité des kurdes et 50 à 60% dans des régions gérées par le régime.
Le nord, l'est et le sud du pays sont aux mains des rebelles et des jihadistes. L'armée est partout sur la défensive, à l'exception du Qalamoun, à la frontière avec le Liban, mais ce sont les combattants du Hezbollah qui sont à l'avant-garde.

Jean René Belliard

 

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