28/05/2015

28 mai 2015 : Nouvelles des conflits du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

Les combats en Syrie se sont déplacés vers la province de Homs. La plus grande ligne de défense du pouvoir est à présent la cible d'attaques. Dans la province septentrionale d'Edleb, les miliciens de Jeich al-Fateh (armée de la conquête) qui comptent dans leurs rangs les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda) se sont lancés à l'assaut du dernier bastion du pouvoir dans la région.


Front irakien

Tikrit
Quelque 470 corps ont été exhumés des fosses communes découvertes autour de la ville de Tikrit par les autorités irakiennes.  L’armée irakienne, aidée par les milices chiites soutenues par l’Iran, avait finalement réussi à conquérir Tikrit après de nombreuses tentatives, le 31 mars 2015.
"Nous avons exhumé les corps de 470 martyrs de Speicher", a déclaré Adila Hammoud, le ministre irakien de la santé, au cours d'une conférence de presse à Bagdad. Speicher est la base militaire située près de Tikrit où avaient été enlevées puis exécutées des recrues essentiellement chiites aux premiers jours de l'offensive de l'EI sur le nord de l'Irak en juin 2014.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=991e0ed2d771

Province de Kirkouk
De violents combats sont en cours entre les forces spéciales kurdes et les Jihadistes de l’EI :
https://www.youtube.com/watch?v=vsbRixH-j-4&feature=player_embedded

Iran

Négociations sur le nucléaire iranien : L’Iran rejette les exigences françaises
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a implicitement rejeté jeudi à Athènes l'exigence française d'une visite des sites militaires iraniens préalablement à un accord sur le nucléaire, évoquant "des demandes excessives".
"J'attends de mes partenaires dans la négociation qu'ils s'abstiennent de formuler des demandes excessives", a indiqué le ministre, en visite en Grèce, ajoutant: "Il faut être dans la réalité, et non dans l'illusion".

Front syrien

Intéressante déclaration d’Abou Mohammad Joulani (leader du Front al-Nosra)
Le leader du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) a fait une intéressante déclaration, mercredi 27 mai, à la chaîne qatarie al-Jazeera. C’est la seconde fois que Joulani donnait une interview à la chaîne qatarie. Sa précédente apparition sur la chaîne qatarie avait eu lieu en 2013. Il est rare que Joulani apparaisse en public. Cette fois-ci, d’ailleurs, il s’est fait filmer de dos et recouvert d’un châle.
J’ai déjà signalé à plusieurs reprises la récente évolution d’al-Qaïda, plus encline à gagner une certaine respectabilité sur la scène régionale. Le mouvement n’est pas anodin. Al-Qaïda cherche à nouer des alliances et à retrouver la bonne volonté de bailleurs de fonds régionaux pour se retrouver en position de force face à l’Etat Islamique. Une guerre des « califats islamiques » se pointe, en effet, à l’horizon dès que le régime syrien ne constituera plus une menace sérieuse pour la rébellion.
C’est en application de cette politique que le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) a accepté de s’allier avec d’autres formations rebelles au sein de Jeich al-Fateh (l’armée de la victoire) qui remporte des victoires et gagne du terrain. Or, Jeich al-Fateh bénéficie du soutien de grands pays sunnites et ces aides profitent évidemment au Front al-Nosra. C’est aussi la raison pour laquelle, au Yémen, les positions occupées par al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) ne sont pas ciblées par l’aviation saoudienne. Pour Riyad, comme pour Doha (Qatar) ou Ankara, les réseaux al-Qaïda constituent désormais une solution pour vaincre à la fois l’EI et confronter les forces chiites régionales fidèles à Téhéran.

Priorité à la chute du régime
«Notre mission en Syrie est la chute du régime, ses symboles et ses alliés, comme le Hezbollah", a déclaré Jolani.

Rassurer l’Occident
Abou Mohammed Joulani affirme qu’al-Qaïda en Syrie n’utilisera pas la Syrie comme une rampe de lancement pour attaquer l'Occident.
« Les instructions que nous avons reçues (de Zawahiri, le grand chef d’al-Qaïda) sont de ne pas utiliser al-Sham (Syrie) comme une base pour lancer des attaques contre l'Occident ou l'Europe, afin de ne pas brouiller la guerre actuelle», a-t-il déclaré.
Mais il ajoute : « Si les États-Unis maintiennent leurs attaques, alors toutes les options sont ouvertes. Toute personne a le droit à l'auto-défense. » Joulani a fustigé les raids aériens américains contre les positions du Front al-Nosra en Syrie, accusant Washington de collusion avec le pouvoir de Bachar el-Assad, notamment en ce qui concerne l’utilisation de l’espace aérien syren.
A ce propos, Joulani a également nié l'existence du «groupe Khorasan » dénoncé par les Etats-Unis comme une émanation d'Al-Qaïda. Selon Washington, le groupe Khorasan aurait planifié des attentats contre les Etats-Unis.
Rappelons que le Front al-Nosra et son rival de l’Etat islamique sont considérés comme des organisations terroristes par les Etats-Unis depuis la fin de 2012.

Le Front al-Nosra s’engage à protéger les minorités syriennes
Le chef du Front Al-Nosra a déclaré vouloir protéger les minorités syriennes qui ont renoncé au régime, affirmant que son groupe « ne se bat que contre ceux qui nous combattent. »
 « S'ils (les Alaouites) désavouent Assad, s'ils ne nous combattent pas et reviennent dans le giron de l'islam, alors on les considérera comme nos frères (...) même s'ils ont tué 1 000 de nos hommes », promet-il, avant d'ajouter que les alaouites « ont pris conscience que le régime ne peut plus les défendre ».
Il a également affirmé que les chrétiens qui se trouvent sous la domination du Front al-Nosra vivent en paix, et que dans un futur Etat gouverné par la loi islamique, il leur suffira de payer la «jizya», ou l'impôt imposé aux non-musulmans.

La prise de Damas est en vue
Ces derniers mois, le Front al-Nosra a mené une coalition rebelle dans une série de victoires clés au nord-ouest de la Syrie. Ils se sont emparés d’Edleb, la capitale provinciale, et une grande base militaire.
Ces victoires ont ouvert la route pour une possible progression vers Lattaquié et Tartous, les provinces côtières qui abritent des minorités syriennes, des chrétiens et des alaouites.
« Aujourd'hui, la bataille se déplace vers les régions alaouites, en sécurité relative jusque-là », a-t-il déclaré.
Mais il ajoute : « La bataille ne se terminera pas à Qardaha (ville du littoral syrien, près de Lattaquié) mais à Damas. »
 « Le Qalamun sera une passerelle importante vers Damas quand la bataille pour la capitale va commencer," a-t-il ajouté.

La prise de Damas signifiera la fin du Hezbollah
« Dès que Bachar sera vaincu, cela signifiera la fin du Hezbollah. »
Il ne fait aucun doute pour Joulani, que le mouvement libanais Hezbollah sera défait. Le Hezbollah soutient le pouvoir de Bachar al-Assad dans les régions montagneuses à cheval sur la frontière entre la Syrie et le Liban.
« Le Hezbollah connaissait la laideur du régime syrien. Il sait que son sort est directement lié au sort de Bachar », a menacé Joulani.

Pas de solutions politiques
Il a ajouté : «Je vous assure, la chute de Bachar n’est pas loin ». "Je ne veux faire preuve d’excès d'optimisme, mais il y a des signes très positifs. »
Joulani a rejeté une fin politique au conflit, en disant que tout accord politique « obtenu dans les couloirs de Washington ... coûterait le sang du peuple syrien. »

La ville d’Ariha (nord syrien) est tombée jeudi 28 mars aux mains de Jeich al-Fateh
Ariha était la dernière possession du pouvoir syrien dans la province d’Edleb. Plusieurs milliers de soldats du régime défendaient cette localité qui comptait 40.000 habitants avant le début de la guerre civile. Des miliciens du Hezbollah et des militaires iraniens participaient à la défense de la ville.
Les rebelles de Jeich al-Fateh (l’armée de la conquête) étaient bien décidés à faire tomber ce dernier bastion de l’Armée Arabe Syrienne dans la province. Depuis plusieurs jours l’activité militaire s’était intensifiée autour de la ville. La ville est finalement tombée, jeudi 28 mai, entre les miliciens de Jeich al-Fateh, parmi lesquels les Jihadistes du Front al-Nosra. Les combats ont duré moins de trois heures. L’assaut avait été précédé par de violents bombardements des positions de l’AAS. La ville, dont la population est en majorité sunnite, est tombée après le retrait des forces du régime et des combattants du Hezbollah libanais. Des dizaines de véhicules de l'armée ont été vues évacuant la ville. Le retrait confirme ce qu'on pensait, à savoir que le pouvoir de Damas ne cherche plus à défendre l'ensemble du territoire syrien mais se concentre sur la défense du "pays utile" et notamment Damas et les régions à majorité alaouite, tandis que le Hezbollah se concentre sur la protection des régions limitrophes du Liban.
"Marche massive des Lions sur un nouveau bastion des mécréants. Mon Dieu, libérez Ariha", avait affirmé dans un tweet l'Armée de la Conquête (Jeich al-Fateh).
Il ne reste plus au pouvoir de Damas dans cette province proche de la Turquie que deux villages chiites, quelques postes militaires et l'aéroport militaire d'Aboul Douhour. Autrement dit, tout le nord syrien, adossé à la frontière turque est désormais aux mains de la rébellion.

Vidéo des combats de Ariha mise en ligne par la milice islamiste Ahrar ech-Cham qui fait partie de Jeich al-Fateh (Armée de la conquête) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=7560e123b6b3

Province de Homs
Les combats se sont maintenant déplacés sur la principale ligne de défense de l’Armée Arabe Syrienne dans la province de Homs.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=916783fd0fef

Guerre au Yémen

Frontière saoudo-yéménite
Ansarullah, la milice chiite des Houthis a bombardé, mercredi 27 mai, le secteur sud de Zahran, dans la région d’Asir, à la frontière entre l’Arabie saoudite et le Yémen, tuant dux gardes-frontières saoudiens et en blessant cinq autres. 
Au moins 30 personnes --des civils et des militaires-- ont été tuées à la frontière saoudienne depuis que Riyad a débuté sa campagne de raids aériens au Yémen contre les rebelles chiites soutenus par l'Iran.

L’Arabie saoudite aurait livré des missiles TOW selon un journal libanais
Le quotidien libanais al-Akhbar, proche du Hezbollah, affirme que l’Arabie saoudite livrerait des armes, et notamment des missiles antichars de fabrication américaine TOW aux forces sunnites qui luttent sur le terrain contre les miliciens chiites. Des livraisons auraient eu lieu dans la province du Hadramout (Sud), un fief d’al-Qaïda.
Des images satellitaires ont détecté le 4 mai 2015 plusieurs avions sans plaque d’immatriculation en train de larguer des coffres d’armes dans le Hadramout. Pour le quotidien al-Akhbar, les armes, vraisemblablement des missiles TOW,  étaient destinées aux Jihadistes d’al-Qaïda.

Jihadisme international

Maroc
Décidément, les Marocains veulent saboter l’économie de la Tunisie basée sur le tourisme.
Un deuxième Marocain recherché pour son implication présumée dans l'attentat sanglant du 18 mars contre le musée du Bardo à Tunis a été arrêté à la frontière tuniso-libyenne, a annoncé, jeudi 28 mai, Mohamed Ali Aroui, le porte-parole du ministère de l'Intérieur.
Identifié comme Noureddine al-Naïbi, il a été arrêté (au poste-frontière de) Ras Jedir dimanche 24 mai alors qu'il revenait en Tunisie depuis la Libye.
L'homme, qui voyageait avec un faux passeport, était recherché pour son implication "de manière indirecte" dans l'attentat du musée Bardo à Tunis.  Un autre Marocain avait été récemment arrêté en Italie pour la même raison. Il était arrivé en Italie sur un bateau de migrants. Abdelmajid Touil, 22 ans, connu sous le pseudonyme d'Abdallah, avait été arrêté à Gaggiano, près de Milan, dans l'appartement où résident sa mère et ses deux frères. La Tunisie demande son extradition mais Abdelmajid Touil refuse.
Vingt-deux personnes - 21 touristes étrangers et un policier tunisien - avaint été tuées dans l'attaque contre le musée, revendiquée par l'organisation Etat islamique (EI) mais attribuée par Tunis à Lokmane Abou Sakhr, un chef jihadiste algérien lié à al-Qaïda. Lokmane Abou Sakhr a été abattu fin mars 2015 par les forces de l'ordre tunisiennes.
Une cinquantaine de personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur cet attentat commis par deux jeunes Tunisiens. Les autorités tunisiennes ont également émis des mandats d'arrêt internationaux contre deux Marocains et un Algérien.

Tadjikistan
L'ancien responsable des forces spéciales de la police tadjike avait disparu mystérieusement du Tadjikistan en avril 2015 et cette disparition avait jeté un vent de panique dans les sphères gouvernementales et politiques du pays. Car on savait que cet homme, très bien entraîné et très au fait des problèmes sécuritaires du Tadjikistan avait l’intention de rejoindre l’Etat Islamique en Syrie, mais on pensait qu’il avait été intercepté en Turquie. C’est ce que les autorités turques avaient annoncé.
Aussi, quel n’a pas été notre surprise en visionnant un homme ressemblant à l'ex-commandant des forces spéciales de la police du Tadjikistan, le colonel Goulmourod Khalimov (40 ans) apparaître sur une vidéo diffusée mercredi 27 mai pour expliquer qu’il avait pris sa décision de rejoindre l’EI en raison de la politique anti-islamique des autorités tadjikes.
"Nous viendrons vous chercher, Inch Allah", dit cet homme, vêtu de noir et tenant un fusil de précision dans la main, s'adressant au gouvernement de l'ex-république soviétique. Dans cette vidéo d'environ 10 minutes, celui qui se présente comme Goulmourod Khalimov qualifie de "chiens" le président et le ministre de l'Intérieur tadjiks et demande aux forces armées du pays si elles sont "prêtes à mourir" pour un gouvernement qui interdit les hijabs et la prière dans la rue. Il appelle également plus d'un million de Tadjiks qui travaillent en Russie à cesser d'être des "esclaves" et à rejoindre l'EI.
Selon des médias tadjiks qui citent des sources au sein des services de sécurité, le colonel, qui a suivi une formation militaire en Russie et aux États-Unis, serait parti à Moscou le 1er mai avec une "dizaine" de personnes dans l’intention de rejoindre l’EI.
Le président tadjik Emomali Rakhmon, qui a fait une priorité de la lutte contre l'intégrisme religieux dans ce pays laïc dont la population est en majorité musulmane, a affirmé que l'"enfer" attendait les combattants islamistes qui tuent des fidèles en Irak et en Syrie. Les autorités tadjikes ont par ailleurs ordonné le rasage forcé des barbes et introduit des restrictions pour le pèlerinage à la Mecque pour contrer l'influence grandissante des extrémistes religieux appelant à combattre au Moyen Orient.
Les forces de sécurité du Tadjikistan estiment à plus de 300 le nombre de Tadjiks partis combattre en Syrie et à 50 le nombre de ceux qui y sont morts.

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Khalimov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

 

 

 

 

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