25/05/2015

25 mai 2015 - Nouvelles des conflits du Moyen Orient

En Irak, l'armée annonce se préparer à lancer bientôt une contre-offensive contre les Jihadistes de l'Etat Islamique dans le secteur de Ramadi, mais aucun renfort n'est encore arrivé, ni de l'armée ni des milices chiites et le seul mouvement constaté est un redéploiement des unités déjà présentes dans la région. Pendant ce temps, un flot ininterrompu de civils fuient vers la capitale Bagdad.


Front irakien

Raffinerie de Baiji
Les Jihadistes de l’EI se sont retirés de la raffinerie de Baiji, la plus grande raffinerie d’Irak, après avoir incendié une partie des installations. Les combats auraient fait 31 morts et 26 blessés parmi les soldats irakiens et les miliciens chiites. On ignore le nombre des victimes dans les rangs de l’EI.
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1443a2f31099

Front syrien

Homs en Syrie et la frontière libanaise sont susceptibles d'être les prochains grands objectifs de l’EI.
La prise de contrôle de Ramadi et la conquête dans la foulée de Palmyre confirme la stratégie régionale de l’Etat Islamique de tenter de connecter les fronts irakiens et syriens en une seule entité.
L’EI a notamment pris possession d’un bastion logistique des forces syriennes. La prise de contrôle des principales routes et des carrefours a été la stratégie de l'État islamique depuis le début de son offensive en Irak en Juin 2014.
La capture de la ville de Ramadi en Irak et de Palmyre en Syrie a en outre permis à l’Etat Islamique de mettre la main sur d'énormes quantités de munitions et d'armes stockées dans les dépôts des armées irakienne et syrienne.
L’Etat Islamique a mis à profit le fait que la coalition occidentale conduite par les Etats-Unis avait deux stratégies distinctes en ce qui concerne l’Irak et la Syrie alors qu’il aurait fallu traiter ces deux pays comme un seul et même front. Mais l’administration Obama est paralysée en Syrie par son souci de ne pas apparaître comme donnant un coup de main à Bachar el-Assad. Et en Irak, elle montre de sérieuses réserves quant au comportement des milices chiites dans les régions sunnites et demande régulièrement à Bagdad de ne pas les engager dans la bataille pour la reconquête des provinces sunnites.
On est aujourd’hui dans l’attente de savoir quel sera le prochain objectif de l’Etat islamique ; Va-t-il s’appuyer sur ses places fortes de Ramadi et Falloujah pour poursuivre vers Bagdad ? Ou bien va-t-il plutôt porter son offensive en Syrie, en direction de Homs et de la frontière libanaise ?
Il semble que dans l’état de d’épuisement et de décomposition dans lequel se trouvent les forces gouvernementales syriennes, Homs semble être un objectif plus probable. Et c’est sans doute la raison pour laquelle Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah chiite libanais, a parlé de mobilisation générale et appelé le Liban à s’unir contre les Jihadistes de l’Etat Islamique.

Alep
Il semble qu’une nouvelle offensive rebelle soit imminente dans la région d’Alep.
Les rebelles ont pris le contrôle des villages de Rachadiyah et Cheikh Mohamed, près de Khanasir, au sud-est d'Alep.
Khanasir se trouve le long de la rocade que l’Armée Arabe Syrienne (AAS) utilise pour acheminer à partir de Hama renforts et ravitaillements à destination des secteurs ouest de la ville d'Alep qu'elle contrôle.

Dimanche 24 mai les insurgés se sont emparés du la jonction Cheikh Saïd et du pont, plus à l'ouest sur le périphérique entre la base aérienne de Nayrab et Ramouseh.
Si cette voie d’accès reste coupée, l'armée syrienne devra alors emprunter des chemins de terre alternatifs qu'elle a déjà construite au cas où.
Vidéo (langue arabe) :
https://www.youtube.com/watch?v=-9hqX0cwy7A&feature=player_embedded

L’Etat Islamique essaye également d’occuper du terrain dans la région d’Alep. Les combats ont lieu à Telte Makbale, un secteur rural d’Alep.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9329b539431d

Ghouta orientale (Damas)
Riyad al-Kharqi (alias Abou Thabat), le chef religieux des rebelles modérés du régiment ar-Rahman, dans la Ghouta orientale, a été assassiné par l’Etat Islamique. Un kamikaze se serait fait exploser à proximité d’Abou Thabat.

Abou Thabat.jpgAbou Thabat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lattaquié
Une explosion d’origine encore inconnue a détruit un immeuble du quartier de Mar Takla, au centre de Lattaquié, tuant au moins quatre personnes. Un missile de fabrication russe, qui pourrait avoir été tiré par l’Armée Arabe Syrienne, serait à l’origine de l’explosion. Le missile aurait connu un disfonctionnement peu après son lancement.
LiveLeak-dot-com-559_1432556566-zzzzzzzz_1432556750_jpg_resized.jpgMorceau du missile russe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les alaouites, confession du chef de l'Etat Bachar el-Assad, sont majoritaires dans la ville et la province de Lattaquié, qui est un fief du régime. La ville a été épargnée jusqu'à présent par la guerre qui fait rage dans le pays depuis 2011.
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f25b72f41f62
 
Palmyre
Une vidéo intéressante sur la bataille de Palmyre. Un officier explique que l’Etat Islamique avait engagé 1800 combattants, dont 300 locaux dans la bataille. Il montre des documents en russe appartenant selon toute vraisemblance à des Tchétchènes. Un intervenant se plaint de l’inaction de la coalition internationale et demande pourquoi les avions U.S. n’ont pas bombardé les colonnes de Jihadistes. C’est une accusation semblable que nous avons entendue à Ramadi. Il apparaît bien que la méfiance et la colère montent en Irak comme en Syrie quant aux véritables intentions des Etats-Unis.
Vidéo (langue anglaise) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b98abb945365

L’aviation syrienne bombarde Palmyre
En attendant, le pouvoir syrien a recourt, comme il en a l’habitude à chaque fois qu’une localité tombe entre les mains de ses ennemis, à de violents bombardements aériens.
25/05/2015
L'armée de l'air syrienne a effectué 15 frappes aériennes aux premières heures du lundi 25 mai contre Palmyre et ses environs.
Les raids ont pris pour cibles des bâtiments occupés par les Jihadistes de l'EI, dont celui des services de renseignement militaires et l'hôpital.

Le raid a été précédé d’un raid de la coalition internationale
Ce qui est nouveau et pourrait signifier un changement de stratégie des Etats-Unis, les bombardements de l’aviation syrienne avaient été précédés de raids de la coalition internationale contre les défenses anti-aériennes de l’Etat Islamique autour de la ville.

Les Jihadistes fouillent la ville de Palmyre à la recherche d’ennemis
Des partisans de l'EI ont posté en ligne des vidéos montrant, selon eux, des combattants fouillant les bureaux des bâtiments publics de Palmyre, en quête de soldats, et décrochant les portraits officiels du président Bachar el-Assad et de son père Hafez. Ils ont mis en ligne aussi des photos où l'on voit le drapeau noir de l'EI flottant sur la vieille citadelle de Palmyre.

Bataille du Qalamoun (proche de la frontière libanaise)
Le Hezbollah a pris le contrôle lundi 25 mai des hauteurs de Kobaa, Nakkar, et du nord-est de du jurd de Nahlé, dans l'Anti-Liban.
La formation chiite a par ailleurs détruit des engins du Front al-Nosra (branche syrienne d'al-Qaïda), tuant et blessant plusieurs de ses membres.
Le Hezbollah affronte depuis le début du mois les jihadistes d'al-Nosra et du groupe État islamique sur les hauteurs du Qalamoun syrien, à la frontière avec le Liban. Appuyé par l'armée du régime syrien, il affirme avoir réalisé des avancées considérables sur le terrain depuis le début des combats.

Le pouvoir syrien prêt à se retrancher dans ses places fortes
L’Armée Arabe Syrienne est affaiblie par des années de guerre.  L’armée, qui comptait autrefois 300 000 hommes, est devenue exsangue. Les unités encore en état de combattre sont affectées aujourd’hui à la seule protection du pouvoir. Celui-ci semble de plus en plus se diriger vers l’organisation d’une partition de facto du pays sur des lignes confessionnelles, se bornant à défendre le pays alaouite et, si possible, ce qu’on appelle le « pays utile », laissant aux rebelles le reste du pays. C’est ce qui explique sans doute les ordres donnés aux militaires de se retirer de Palmyre. Il paraît que cette ligne stratégique aurait le soutien de l’Iran.
"L'Iran a exhorté les autorités syriennes à faire face à des faits et à changer de stratégie en ne protégeant que les zones stratégiques", a déclaré Haytham Manna, une personnalité de l'opposition considérée comme proche de l’Iran et du Hezbollah.
"Il est tout à fait compréhensible que l'armée syrienne se retire pour protéger les grandes villes où une grande partie de la population se trouve», a déclaré Waddah Abded Rabbo, directeur du journal syrien Al-Watan, proche du pouvoir.
"Le monde doit réfléchir pour savoir si la création de deux Etats terroristes est dans son intérêt ou non", a-t-il ajouté, en référence au califat autoproclamé de l’Etat Islamique en Syrie et en Irak, et les plans du Front al-Nosra (affilié à al-Qaïda) de créer son propre califat dans le nord syrien.
10 à15 % de la population syrienne vit déjà dans les zones contrôlées par l’Etat Islamique. 20-25 % se trouvent dans les territoires contrôlés par des groupes rebelles alliés au Front al-Nosra et 5 à 10 % sont dans les zones contrôlées par les forces kurdes.
Pour l'instant la seule action offensive du régime a lieu dans le Qalamoun, le long de la frontière libanaise, mais c’est le Hezbollah chiite libanais qui mène le gros des combats.
Les Syriens qui vivent dans les régions encore contrôlées par le pouvoir sont inquiets, bien sûr. Mais ils sont persuadés que ni la Russie ni l’Iran ne permettront l’effondrement du pouvoir de Damas.

Front yéménite

Les pourparlers de paix de Genève morts-nés
Les pourparlers de paix qui devaient s'ouvrir jeudi 28 mai à Genève, sous l'égide de l'ONU, ont été reportés sine die, lundi 25 mai, selon un responsable des Nations unies. L’ONU avait annoncé l’organisation de cette conférence la veille, le dimanche 24 mai, suite à l’échec des négociations qui avaient eu lieu à Riyad.

Violents combats dans le sud, des dizaines de victimes
De violents combats opposaient lundi 25 mai 2015 des rebelles chiites à des combattants pro-gouvernementaux dans le sud du Yémen, notamment à Taëz. Il y aurait des dizaines de morts et de blessés.
Ces affrontements, qui ont éclaté dimanche 24 mai et qui se sont poursuivis dans la nuit, ont fait au moins trente tués parmi les rebelles chiites Houthis et leurs alliés et cinq dans les rangs des combattants pro-gouvernementaux, selon un bilan provisoire.
Les rebelles et leurs alliés ont soumis plusieurs quartiers de Taëz à d'intenses bombardements pour la deuxième journée consécutive. Les tirs au lance-roquettes et au canon de char ont provoqué des destructions et des victimes. Un premier bilan obtenu dimanche soir par l'AFP de sources médicales et locales fait état de 10 morts et de 80 blessés parmi les civils.
La ville avait été à l'avant-garde de la révolte qui a conduit au départ du pouvoir, en février 2012, de l'ex-président Ali Abdallah Saleh. Aujourd’hui, les partisans de Saleh se sont alliés aux Houthis pour prendre une revanche, expliquent les habitants de Taëz.
Dans la province voisine de Dhaleh, les combattants pro-gouvernementaux ont réussi à reprendre le contrôle de plusieurs positions et sites, dont un camp militaire, que tenaient les rebelles, après d'âpres combats déclenchés avant l'aube.
Des combats se poursuivaient en milieu de journée notamment autour d'une base militaire relevant de la 33e Brigade blindée, toujours tenue par les rebelles. Les combattants pro-gouvernementaux ont capturé six chars d'assaut durant les affrontements.
Des combats sporadiques se déroulaient aussi dans d'autres provinces du sud, dont celles d'Aden, de Chabwa et d'Abyane, au lendemain d'intenses raids aériens menés par la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite contre des dépôts d'armes et des positions militaires des rebelles dans plusieurs régions du Yémen.

Province du Hadramout
L’Etat Islamique (et non al-Qaïda dans la Péninsule Arabique – AQPA) revendique une embuscade contre l’armée yéménite

Jihadisme international

Afghanistan
Des éléments de l’Etat islamique (EI) recrutent en Afghanistan, notamment parmi certains talibans, mais n'ont pas encore de capacités opérationnelles, a estimé ce week-end le général américain John Campbell, commandant de la mission de l'Otan en Afghanistan.
"Avec l'EI, il y a une dynamique différente de celle que nous avions l'année dernière", a dit l'officier américain lors d'une rencontre avec la presse internationale samedi à son quartier général à Kaboul.
"Il y a du recrutement en Afghanistan, il y a du recrutement au Pakistan. Il y a de l'argent qui passe ici et là. Mais nous n'avons pas vu de grosses sommes. Et nous n'avons pas vu l'EI opérer (en Afghanistan)", a ajouté le général Campbell.
"Avec le temps cet été, si on ne met pas la pression, (sur les affiliés de l'EI), cela va continuer à prendre de l'ampleur", a-t-il prévenu.
"Nous n'avons pas vu d'opérations à ce stade comme en Syrie. Mais … il faut se débarrasser de cela maintenant", a-t-il encore estimé.
Le général a également souligné que la menace était commune à l’Afghanistan et au Pakistan qui, selon lui, devraient joindre leurs forces pour la combattre, notamment en "partageant des informations".
Par ailleurs, sur la nature de la présence de l'EI en Afghanistan, le général a estimé qu'il existe "une part d'influence étrangère". "Mais nous n'avons pas vu beaucoup de combattants étrangers de Syrie, d'Irak ou d'ailleurs", a-t-il assuré.
"Ce que nous voyons ce sont des talibans qui changent de marque. Ils y voient un moyen d'obtenir davantage de ressources et d'attention. Nous avons vu des informations selon lesquelles dans le recrutement, l'EI paierait le double de ce que paient les talibans", a-t-il dit.
Selon le général, certains talibans "mettent un jour le drapeau blanc (celui des talibans afghans) et le lendemain le drapeau noir (de l'EI)".

Jean René Belliard

 

 

Les commentaires sont fermés.