22/05/2015

22 mai 2015 - Les conflits du Moyen Orient et de l'Afrique du nord

L'Etat islamique progresse partout et cela ne semble pas inquiéter l'administration Obama.


Arabie saoudite

Qatif
Vendredi 22 mai, un terroriste appartenant à l’Etat Islamique a fait détoner une bombe qu'il portait sous ses vêtements pendant la prière du vendredi, dans la mosquée chiite Ali Ibn Abi Taleb. L’attentat a eu lieu à Koudeih une localité de la province du Qatif, à l'est de l'Arabie saoudite.
L’attentat a été aussitôt revendiqué par le groupe islamiste. Il s'agit alors de la première action de l'Etat Islamique en Arabie saoudite. Elle a été accomplie par « les soldats du califat dans la province de Najd», selon le communiqué de l'EI. C'est la première fois que l'Etat Islamique rebaptise l'Arabie saoudite et lui donne le nom de Wilayat de Najd. Le communiqué donne également le nom et la photo du Kamikaze : Abou Amer Al-Najdi

CFn0_7BWAAAOduE.jpgAbou Amer al-Najdi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bilan est pour l'instant de 21 morts et 81 blessés.
La majorité des quelque deux millions de chiites saoudiens vivent à l’est du pays, dans la province du Qatif  riche en pétrole. Les Chiites saoudiens s’estiment discriminés et réclament l’égalité de traitement en matière d’emploi et de prestations sociales avec les sunnites, majoritaires dans le royaume.
De leur côté, les autorités considèrent ces troubles comme le fait de « terroristes chiites » qu’elles sont bien décidées à réprimer. Elles affirment qu’elles ne feront preuve d’« aucune tolérance à l’égard de ceux qui incitent à la sédition et qui sont devenus des instruments aux mains des ennemis de la nation ». C’est une allusion à l’Iran. Riyad soupçonne l'Iran d’encourager en sous-main la contestation des chiites. Il est vrai que les Chiites saoudiens ont toujours affiché leur solidarité avec la révolution des Chiites bahreïnis lancée en mars 2011 dans le sillage du printemps arabe. Ils protestaient contre l’aide militaire apportée par leur pays, l’Arabie saoudite, à la dynastie sunnite au pouvoir à Bahreïn et à la répression par les troupes saoudiennes des manifestations organisées par les chiites de Bahreïn.
Le contrôle de la province orientale du Qatif est stratégique pour le royaume. La province orientale est immense et couvre la frontière du royaume avec l'Irak et la Jordanie au Nord, et avec les émirats du Golfe au Sud. Elle est également proche de l'Iran. Cette province est en quelque sorte « le ventre mou » du royaume.
Les autorités saoudiennes surveillent de près les développements dans cette province et craignent qu'en raison de sa fragilité, elle ne soit utilisée pour déstabiliser le royaume et y lancer une sorte de mouvement de protestation dans le genre de ceux qui ont secoué certains pays arabes.
Et c’est sans doute pour mettre un terme à une éventuelle expansion des chiites dans cette région riche en pétrole que les autorités auraient laissé la bride aux extrémistes. L’attentat du 22 mai est sans doute une conséquence directe de cette politique de collusion avec des mouvements jihadistes, comme cela est le cas dans d’autres pays comme le Yémen, l’Irak ou la Syrie.

Front irakien

Raffinerie de Baiji – La bataille se poursuit
Cela fait des mois que les belligérants prennent et reprennent la raffinerie de Baiji située à 200km au nord de Bagdad. L'Etat Islamique a lancé, début mai 2015, une nouvelle offensive contre la raffinerie, qui avait été assiégée pendant quatre mois avant que le siège ne soit brisé en novembre 2014 par l'armée irakienne.
Elle est à nouveau partiellement occupée par les Jihadistes de l’Etat Islamique et les forces irakiennes encore dans la raffinerie sont en piteuses positions. Elles doivent être ravitaillées par voie aérienne.
Au cours des 72 dernières heures, les forces de sécurité irakiennes affirment avoir fait des progrès constants et modérés pour regagner une partie des zones menant à la raffinerie de pétrole de Baïji malgré une forte résistance de Daech. C’est ce qu’a confirmé dans un communiqué, vendredi 22 mai, le général américain Thomas Weidley, chef d'état-major du CJTF, le commandement qui dirige les frappes aériennes de la coalition contre l'EI.
"Malgré la région isolée dans laquelle les forces de sécurité irakiennes opèrent et la menace constante de Daech, créer une route sûre vers la raffinerie va permettre aux approvisionnements et aux renforts d'arriver", a-t-il poursuivi, ajoutant que cela les aiderait ensuite à "dégager et à sécuriser les zones disputées dans et autour de la raffinerie".
Du renfort et des approvisionnements seraient en cours d'acheminement au sol tandis que la coalition internationale menée par les Etats-Unis assure un soutien au moyen notamment de frappes aériennes, de vols de reconnaissance et de conseils et assistance.
Vidéo : Cette vidéo – mise en ligne le 19 mai – montre les soldats de l’Armée irakienne au combat pour la reprise de la raffinerie de Baiji :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0cedff5379cf

Ramadi
Les Jihadistes de l’Etat Islamique poursuivent leur progression à l’est de la ville de Ramadi dont ils ont chassé, dimanche 17 mai, les dernières troupes irakiennes. Ils ont mené une nouvelle offensive le long de l'Euphrate pour attaquer les positions tenues par les forces gouvernementales dans la localité de Houssayba, à 7 km à l'est de Ramadi.
« Daech (un acronyme en arabe de l'EI) a pris le contrôle des lignes défensives à Houssayba al-Charqiya, d'où les forces de sécurité devaient lancer leur contre-offensive pour reprendre Ramadi aux jihadistes », a indiqué un colonel de police.
Insensible aux récents revers de l’armée irakienne, le président Obama estime toujours que les États-Unis ne pourront pas perdre le combat contre ce groupe, rappelant avoir toujours dit que la campagne antijihadistes prendrait « plusieurs années ».
Les récents succès militaires de l’Etat Islamique en Irak, comme en Syrie, ont permis aux Jihadistes de mettre la main sur un impressionnant matériel militaire. L’une des missions les plus urgentes de la coalition internationale sera de détruire ce matériel avant qu’il ne disparaisse dans les immensités du désert ou les ruelles étroites de Ramadi.

Iran

Négociations sur le nucléaire iranien
L'Iran est soupçonné de chercher à développer l'arme atomique sous couvert d'un programme civil, ce que Téhéran dément. Les puissances mondiales négocient actuellement avec la République islamique pour obtenir des garanties que le pays ne cherchera pas à développer l’arme nucléaire. La question des inspections est un des points délicats des négociations en cours avec les grandes puissances, surtout en ce qui concerne les sites militaires.
Jeudi 21 mai, le président Hassan Rohani a affirmé que l'Iran "ne signerait aucun accord qui permettrait aux étrangers d'accéder aux secrets militaires ou technologiques" du pays. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait déjà affirmé mercredi 20 mai que l'inspection de sites militaires et les entretiens avec des scientifiques iraniens par des experts étrangers étaient exclus d'un éventuel accord sur le nucléaire iranien.

Un général iranien renchérit
Le général Amir Ali Hadjizadeh, le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, a renchéri sur les déclarations du Guide suprême, vendredi 22 mai. Pour lui, les demandes occidentales d'accéder aux sites militaires iraniens dans le cadre d'un accord nucléaire s'apparentent à de l'espionnage. Il a réitéré le refus de Téhéran d'accepter ces exigences.
"Nous ne permettrons aucune visite, sous aucun prétexte, des sites militaires ou de défense, ou leurs environs. Nous considérons la demande des Occidentaux comme une demande officielle d'espionnage", a –t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie iranienne aussi
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a également refusé toute inspection de ces sites, les qualifiant de "demandes excessives".

De nouvelles discussions ont eu lieu à Vienne le 20 mai
Les experts politiques et techniques des deux parties, l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont eu de nouvelles discussions depuis mercredi 20 mai à Vienne. Dans l'accord-cadre signé le 2 avril 2015, l'Iran avait accepté la mise en place d'un régime d'inspections renforcées de ses sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, qui permet des inspections inopinées.
Mais selon Téhéran, le protocole additionnel permet "certains accès" à des sites militaires et non des inspections, afin de protéger "les secrets militaires ou économiques" du pays.

L’Iran refuse l’accès à la base militaire de Parchin
L'Iran refuse notamment depuis 2011 l'accès à sa base militaire de Parchin, près de Téhéran, soupçonnée par l'AIEA d'avoir abrité des essais tests susceptibles d'être appliqués au nucléaire.

Liban

Bekaa (Liban oriental)
La progression du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) se poursuit à l’est du Liban. On s’attend à ce que les Jihadistes d’al-Qaïda entrent très prochainement dans la région d’Ersal.

L’intervention de l’armée libanaise à Ersal divise la classe politique libanaise
On sait que l’armée libanaise se prépare à cette éventualité. Mais le rôle de l’intervention de l’armée libanaise divise du même coup la classe politique libanaise. Le « Camp du huit mars » (pro-syrien regroupant entre autres le Hezbollah et le parti du général Aoun – le CPL) est soupçonné par le "Camp du 14 mars" (regroupant les Chrétiens du Front Libanais et les Sunnites du Courant du Futur de Saad Hariri) de vouloir entraîner l’armée dans les combats que mènent dans le Qalamoun syrien l’Armée Arabe Syrienne et le Hezbollah. Pour ces derniers, le Hezbollah chercherait à repousser les Jihadistes du Front al-Nosra dans la région d’Ersal pour provoquer un affrontement avec l’armée. Pourquoi Ersal ? Tout simplement parce que le nombre de réfugiés syriens présents dans cette région est supérieure à la population libanaise et que la majorité des Syriens présents dans les camps de réfugiés soutient la révolution islamique syrienne.

L’armée garde son sang froid
Le commandement de l’armée libanaise, conscient des risques politiques, reste très discret sur son comportement, se bornant à des communiqués laconiques par lesquels on apprend qu’elle effectue des perquisitions dans les camps à la recherche de Jihadistes et d’armes. Des perquisitions ont notamment eu lieu dans les localités de Qoucha, Qouaykhat et Tleïl. Le communiqué sur ces perquisitions a sans doute pour objectif de signifier à la classe politique, de quelque bord qu’elle soit, que l’armée surveille les mouvements des Jihadistes dans la région et tient la situation sous contrôle.
Pour Samir Mokbel, le ministre de la Défense, il n’y a pas lieu de s’alarmer : « L'armée est stationnée à Ersal. La frontière entre Esral et Ras Baalbeck est verrouillée de manière à empêcher toutes les infiltrations. Si quelque chose de plus est exigé, c'est au Conseil des ministres de le décider. Aujourd'hui, l'armée a la mission défensive de surveiller la frontière et d'empêcher toute infiltration. Une mission offensive est du ressort exclusif du commandement militaire ; c'est à lui d'en examiner les possibilités, puis de recourir au Conseil des ministres pour prendre la décision qui s'impose. »

Front libyen

Onze tués le 20 mai
Chaque jour le pays s’enfonce un peu plus dans la guerre civile. Dix soldats ont encore été tués, mercredi 20 mai, dans des accrochages à Benghazi et 36 autres ont été blessées. Par ailleurs, un combattant de la coalition de milices de Fajr Libya a été tué hier près de Misrata (200 km à l'est de Tripoli), dans une attaque revendiquée par les Jihadistes de l’Etat Islamique. 

Benghazi
Benghazi est une zone de guerre. Les combats y ont tué plus de 1700 personnes en un an et entraîné la fuite de milliers d'autres, selon l'ONG Libya Body Count, et la ville est toujours divisée entre Islamistes et partisans du général Khalifa Haftar.

Front syrien

Damas
Les ambassades d’Iran et de Russie ont subi des attaques massives de la part des insurgés islamistes.

Ambassade d’Iran
Une attaque contre l’ambassade d’Iran a eu lieu mercredi 20 mai. Les autorités syriennes et iraniennes ont d’abord tenté de cacher l’information mais le tonnerre de l’explosion et la ruée des forces spéciales et des équipes de secours vers le site a forcément attiré l’attention. Les pertes auraient été importantes et l’ambassade aurait été parteillement détruite. On sait que, la veille de l’explosion, Ali Akbar Velayati, le conseiller principal du chef suprême de la République islamique d’Iran se trouvait dans cette ambassade. On ne sait pas s’il s’y trouvait encore au moment de l’attentat.
L'explosion a été initialement attribuée au Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.
L'ambassade d'Iran est un endroit stratégique pour le pouvoir syrien. C’est le Q.G. conjoint irano-syrien des décisions militaires et logistiques pour la conduite de la guerre. Elle servait également de centre de commandement iranien pour ses opérations au Liban, y compris la liaison militaire avec le Hezbollah libanais, dont les forces se battent avec l'armée de Bachar al-Assad en Syrie. C’est à partir de l’ambassade d'Iran  que le chef de la brigade al-Qods, le général Qassem Soleimani donnait ses ordres quand il était présent dans la capitale syrienne.
Le bâtiment de l'ambassade était pourtant l'un des lieux les plus fortifiés et les mieux gardés dans la capitale syrienne.

Ambassade de Russie
Quant à l’ambassade de Russie, celle-ci a été la cible d’une attaque au mortier, le mardi 19 mai. Deux obus de mortier sont tombés sur les locaux de l'ambassade dans l'après-midi, "l'un d'eux est tombé près de l'entrée principale, l'autre a frappé un bâtiment administratif." L’attaque n’a pas fait de victimes.
Le ministère russe des Affaires étrangères affirme que les obus ont été tirés à partir du quartier de Jobar qui est contrôlé par des «groupes armés illégaux».
 «Nous traitons l'incident comme un acte terroriste dirigé contre l'ambassade de Russie. Nous condamnons fermement ses auteurs, les organisateurs et les instigateurs. Nous réaffirmons notre solidarité avec les autorités syriennes dans leurs efforts pour lutter contre la menace terroriste sur le territoire de la Syrie, " a déclaré Aleksandr Loukachevitch, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Russie.
C’est la deuxième fois que l’ambassade de Russie est la cible d’un bombardement au cours de l’année 2015. Un précédent bombardement avait eu lieu en janvier dernier. Un obus avait explosé contre le toit de l’immeuble du consulat.

Province de Hassakah
Les forces kurdes de l’YPG ont a nouveau remporté un succès militaire contre les Jihadistes de l’EI en s’emparant de la montagne d’Abdulaziz.
Vidéo (langue kurde sous-titrée en anglais et en arabe) :
https://www.youtube.com/watch?v=OGe1Xo4oDVA&feature=player_embedded
Les miliciens kurdes sur le mont Abdulaziz :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=IVA5OHEWYcI

Jisr al-Shoughour
Les combattants de Jeich al-Fateh (l’armée de la victoire) ont pris vendredi 22 mai un hôpital de la ville de Jisr al-Choughour (nord-ouest) où étaient assiégés 150 soldats et leurs familles depuis près d'un mois. Jeich al-Fateh regroupe plusieurs organisations islamistes et le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
Des dizaines de soldats ont réussi à prendre la fuite. D'autres ont été tués sur place et à l'extérieur de l'établissement, ou ont été capturés.
Vidéo : Entrée des combattants islamistes dans l’hôpital de Jisr al-Shoughour :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=dbe9b9257e65

Palmyre (Tadmur en arabe) à travers la guerre civile syrienne
Située à 210 km au nord-est de Damas, Palmyre, la « perle du désert », est inscrite par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité. Il s’agit d’une antique étape sur la route caravanière de la soie et la capitale de la reine Zénobie qui avait défié Rome au 3ème siècle après J.C.

L’armée occupe la ville en février 2012 et se livre à de nombreuses exactions
La ville, peuplée alors de 85 000 habitants, est restée à l’abri des évènements pendant près d’un an après le début de la révolution syrienne qui a débouché sur la guerre civile. Il y avait une sorte d’accord entre un général sunnite, dirigeant les forces de sécurité et les résidents selon lequel l’armée resterait en dehors de la ville si la population s’abstenait de poser des problèmes. Mais la situation a changé lorsque ce général a été remplacé par un commandant alaouite.  Celui-ci a donné ordre à l’armée de faire le siège de la ville, ce qui a été fait le 4 février 2012. Les forces de sécurité établissaient alors leur camp dans la citadelle qui domine la ville et les ruines romaines. De là, les militaires tiraient à la mitrailleuse et au canon de chars sur tout ce qui bougeait dans la ville et les ruines car, disaient-ils, il s’agissait de mouvements rebelles. Ces tirs indiscriminés et les arrestations arbitraires par les forces de sécurité, provoquaient la fuite de centaines de résidents, et particulièrement des jeunes hommes craignant pour leur vie. L’armée avait établi des check-points à l’intérieur de la ville même et détenait tous les hommes entre 20 et 40 ans.
Les femmes étaient également mises à l’abri car une rumeur affirmait que les soldats les enlevaient pour les violer
Les forces gouvernementales avaient également incendié des oliveraies et des palmeraies qui constituaient l’une des principales sources de revenus de la population. La destruction des oliveraies par le feu était un coup dur pour les exploitants car il faut attendre dix ans pour que de nouveaux plants soient exploitables. L’autre source de revenus de la ville était le tourisme. 250 000 touristes visitaient la ville antique chaque année, ce qui faisait vivre 5000 habitants. Depuis, les 16 établissements de la ville ont fermé. Quant au Zénobia, l'hôtel de légende construit dans les années 1920 par une aventurière française et situé dans le site archéologique, il a été pillé et à moitié brûlé.

Combats entre rebelles et l’armée de février à septembre 2013
En février 2013, les rebelles se sont installés à l’intérieur de l’immense palmeraie, au sud de la ville, occupant le site antique. L’offensive rebelle a débuté par une double attaque-suicide à la voiture piégée contre deux Q.G. des services de renseignement, qui a coûté la vie à  19 membres de ces services.  De leurs positions dans les palmeraies, les rebelles tiraient sur les positions de l’armée à l’intérieur de la ville tandis que l’armée répliquait au canon et que l’aviation syrienne visait les positions des insurgés. Les combats ont ainsi duré jusqu’à septembre 2013, date à laquelle l’armée a réussi à chasser les rebelles.
Les combats de 2013 ont naturellement occasionné des dégâts à l’antique ville de Palmyre.  Le mur oriental du temple hellénistique de Baal, l'édifice le plus imposant de la cité, a été endommagé par plusieurs impacts. Un tir de mortier a endommagé l'une des ouvertures, ainsi que le linteau reposant sur huit colonnes à fûts cannelés. Le mur d'enceinte a souffert en plusieurs endroits. Trois piliers de la colonnade au sud du temple ont été démembrés, leurs chapiteaux corinthiens gisant à terre. Heureusement, les autres monuments n'ont pas été touchés par les combats de 2013.
Par contre les magnifiques tombes ont été la proie des pilleurs. La Vallée des tombes, à  l'ouest de la cité, s'étend sur un kilomètre. C'est là que les riches Palmyréniens avaient construit une série de monuments funéraires somptueusement décorés. Outre les sarcophages, il y a des bustes de défunts en costume gréco-romain et des décorations murales de style palmyrénien.
Trois stèles calcaires et des parties de sarcophages sculptées en haut-relief de personnages et d'enfants ont été découpées à la tronçonneuse. Sur les 500 tombes, 200 avaient été fouillées par les archéologues. C'est dans celles qui ne l'étaient pas que les pilleurs ont fait leur besogne.

L’Etat Islamique s’empare de Palmyre le 21 février 2015
Hélas, la tourmente guerrière qui ravage le pays n’en avait pas fini avec la ville. De nouveaux combats éclataient le 13 mai 2015 et se soldaient par la capture de la localité par les Jihadistes de l’Etat Islamique le 21 mai. Les combats ont provoqué la mort de près de 500 personnes et la fuite de la majeure partie de la population.
Depuis, on craint pour la population restée sur place et pour les ruines antiques. On sait que les Jihadistes fouillent les maisons à la recherche de personnes loyales au pouvoir. 17 personnes, des civils et des soldats prisonniers, auraient été sommairement exécutées quelques heures après la conquête de la ville.

Un coup dur pour l’Iran
Pour l'Iran, la prise de Palmyre est un revers majeur dans la mesure où elle signifie la perte de la principale base militaire syrienne où atterrissaient chaque jour les avions iraniens livrant du matériel de guerre pour l'armée syrienne et le Hezbollah.

L’Etat islamique contrôle désormais 50% du territoire syrien
Avec la prise de Palmyre, l'EI contrôle « désormais plus de 95 000 km2 en Syrie, soit 50 % du territoire », d'après l'OSDH.
Le groupe contrôle en effet la majeure partie des provinces de Deir ez-Zor et Raqqa (Nord), et a une forte présence dans celles de Hassaké (Nord-Est), d’Alep (Nord), de Homs et Hama (centre). Il est aussi maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie.
« Palmyre peut être utilisé pour lancer des attaques en direction de Homs et Damas », estime de son côté Matthew Henman, chef de l'IHS Jane's Terrorism and Insurgency Center.

Le dernier poste de la frontière syro-irakienne tombe entre les mains de l’EI
L'EI aurait également pris le contrôle du dernier poste-frontière syro-irakien encore occupé par l’Armée Arabe Syrienne. Les soldats auraient tout simplement abandonné le poste avant l’arrivée des Jihadistes. Ce poste est également situé à proximité de la frontière jordanienne.

Jihadisme international

Etats-Unis
Le FBI a arrêté deux hommes soupçonnés de vouloir rejoindre l'organisation de l'Etat islamique.
L’un des deux hommes a été arrêté à l'aéroport international de Los Angeles et l'autre a été interpellé dans l’Orange County.
Les deux hommes ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête anti-terroriste.

France

Nombre de « Français » impliqués dans le jihad
Le 3 mai 2015, une source proche des services antiterroristes français avait fait état à l'AFP de plus de 100 morts parmi les islamistes partis de France pour mener le jihad en Syrie et en Irak.
Selon cette source, plus de 800 personnes sont allées en Syrie et en Irak, dont quelque 450 y sont encore et environ 260 ont quitté la zone.
En ajoutant ceux qui ont émis le souhait de se rendre sur place ou ceux qui sont en route, 1.600 personnes environ sont impliquées en France dans les filières jihadistes.
Le retour de ces combattants est considéré par les autorités françaises comme le principal facteur de risques d'attentats sur le sol national.

Un Jihadiste « français » a mis en ligne sur son compte en ligne une série de photos qui donne une idée de la dangerosité de ces personnage
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Le Jihadiste est à droite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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Deux Kamikazes « français » exécutent un attentat suicide en même temps
C’est la première fois que deux kamikazes « français exécutent à bord de camions bourrés d'explosifs des attaques suicides en même temps. Les attaques ont eu lieu à Khasska, à proximité d'Haditha, dans la wilayat de l’Euphrate, une région à cheval sur la frontière entre la Syrie et l’Irak. Les cibles étaient des casernes des milices sunnites et chiites. Les kamikazes ont été identifiés sous les noms d'Abou Maryam al-Fransi (de son vrai nom Kevin Chassin) et Abou Abdelaziz al-Fransi. Il s'agit du 9ème et du 10ème kamikaze français à commettre un attentat suicide en Syrie ou en Irak pour le compte de l'Etat Islamique. On ne sait pas avec certitude la date à laquelle ces attaques ont eu lieu.

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Abou Maryam (Kevin Chassin)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un candidat au Jihad français expulsé de Turquie
Vendredi 22 mai, la Turquie a arrêté et expulsé un « Français » arrivé dans le pays afin de rejoindre les jihadistes en Syrie.
L'homme était arrivé jeudi soir 21 mai  à l'aéroport Sabiha Gokcen d'Istanbul sur un vol en provenance de Milan. Ayant paru suspect aux membres de la police des frontières il a avoué lors d'un interrogatoire vouloir se rendre à Adana (sud de la Turquie) pour rejoindre un groupe terroriste en Syrie.

Israël
Un jihadiste israélien, Yunis Madani Azam, 27 ans, est mort au cours de la bataille de Palmyre.
Selon un message de l’Etat Islamique, Azam  a été blessé au cours d’un échange de tirs, et aurait succombé à ses blessures. Le Jihadiste s’était rendu en Turquie il y a cinq mois, d'où il a gagné la Syrie pour rejoindre les rangs de l’EI.

Maroc
La Grande Bretagne avait refoulé, mercredi 20 mai, un ressortissant marocain condamné pour terrorisme. Ce dernier, arrivé à Rabat, s’est retranché au domicile de ses parents qu’il a incendié. Réfugié sur une terrasse du logement et muni d'une arme blanche, l'homme, âgé d'une trentaine d'années, tenait à distance les forces de l'ordre présentes sur place.
Le Maroc a aussitôt exprimé son "mécontentement" à la Grande-Bretagne. Le ministre de l'Intérieur, Mohamed Hassad, a pris contact avec son homologue britannique (Theresa May). Il lui a fait part du mécontentement" du Maroc sur le fait que les autorités marocaines n’avaient pas été prévenues de "l'extrême dangerosité" de cet homme par les britanniques. La mise en liberté de ce terroriste a, selon lui, mis en danger la vie de personnes.

Tadjikistan
Les autorités turques ont arrêté un colonel membre des forces de sécurité du ministère de l'Intérieur du Tadjikistan (OMON). L’homme, qui s’appelle Gulmurod Halimov, avait  disparu le 23 avril dernier. Il avait expliqué à sa famille qu’il partait pour un court voyage d’affaires. Halimov voyageait avec un faux passeport et avait l'intention de gagner la Syrie. Il aurait été repéré, le 2 mai, à l’aéroport moscovite de Shermetyevo avec une dizaine d’autres personnes. 
Halimov commandait les forces OMON depuis 2012 et avait la spécialité de tireur d'élite. Ses compétences auraient été particulièrement utiles pour l’Etat Islamique s’il avait réussi à gagner la Syrie ou l’Irak.
Selon plusieurs de ses collègues, Halimov aurait développé un intérêt malsain pour l’Etat islamique. Halimov était «devenu un adepte fanatique de l'État islamique et a commencé à répandre sa propagande parmi ses parents, a expliqué un de ses amis.
Des centaines de Tadjiks ont gagné la Syrie et l’Irak pour faire le Jihad dans les rangs de l'État islamique. Ils seraient 386 à ce jour, selon des chiffres divulgués par le  ministre de l'Intérieur, Ramazon Rahimzoda. En Avril 2015, une dizaine d’étudiants de la ville méridionale de Kulyab, parmi lesquels se trouveraient des enfants de hauts fonctionnaires, ont rejoint les rangs de l’EI, selon le chef de la sécurité, Saymumin. Le a donné un nombre précis: 386.
Les autorités tadjikes sont inquiètes. C’est pourquoi le président Emomali Rahmon a demandé à son gouvernement de promouvoir la laïcité. Et pour promouvoir la laïcité, la police a forcé les hommes à se raser la barbe et s’est mise à harceler les femmes qui portaient le voile islamique. Le Parlement envisage d’interdire l’utilisation de «noms arabes."

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Gulmurod Halimov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

 

 

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