19/04/2015

Du 13 au 19 avril 2015 – Evènements du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

De retour dans la cyber-civilisation, je vous propose un résumé des principaux évènements qui ont eu lieu au Moyen Orient et en Afrique du Nord entre le lundi 13 et le dimanche 19 avril 2015 avec de nombreuses vidéos pour illustrer les informations.


Egypte

Guerre au nord Sinaï
Un soldat égyptien a encore été tué par  l'explosion d'une bombe au passage de son véhicule blindé. L'attaque s'est produite dans la localité de Cheikh Zouweïd, au nord Sinaï.
Le Nord Sinaï est le centre d'une insurrection qui a fait des centaines de morts dans les rangs des services de sécurité depuis juillet 2013, date du renversement par l'armée du président Mohamed Morsi.

Menaces de la Wilayat Sina (anciennement Ansar Beit al-Maqdess)
Wilayat Sina, qui a fait allégeance à l’Etat Islamique, a averti, le vendredi 17 avril, tous ceux qui aident "l’armée apostate » et les délateurs qu’ils sont des cibles potentielles."

Coopération militaire entre l’Egypte et l’Arabie saoudite
L’Egypte a été l’un des premiers pays à répondre « présent » à la demande de l’Arabie saoudite de rejoindre la coalition arabe pour contrer l’offensive chiite au Yémen. Ceci est une excellente nouvelle pour Riyad. En effet, le royaume manque clairement d’effectifs militaires pour mener une éventuelle opération au sol contre les miliciens d’Ansarullah. Or, l’Egypte a une force armée pléthorique. Ce qui lui manque, ce sont les finances. Or, justement, l’Arabie saoudite n’en manque pas.
Preuve d’un rapprochement militaire entre l’'Egypte et l'Arabie saoudite, des manœuvres militaires conjointes devraient prochainement avoir lieu sur  le territoire saoudien. La question a été évoquée au Caire lors d'une rencontre entre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le ministre saoudien de la Défense, le prince Mohammed Ben Salman.
D’autres pays du Golfe pourraient y participer. Le mardi 14 avril, la présidence égyptienne a annoncé qu’une commission militaire conjointe avait été créée pour l’organisation de ces manœuvres.
Les industriels de l’armement français se prennent à rêver. La France a déjà signé un contrat de 3 milliards de $US d’armes diverses au profit de l’armée libanaise. Ce contrat était financé par l’Arabie saoudite. La vente d’avions Rafale à l’Egypte pourrait bientôt être suivie d’autres contrats d’armement toujours avec le soutien financier du royaume saoudien.

Guerre en Irak

Bataille de Baiji
De violents combats entre l’armée irakienne, les milices chiites d’un côté et les Jihadistes de l’Etat islamique de l’autre se poursuivent dans les rues de Baiji comme le montre cette impressionnante vidéo mise en ligne par l’armée irakienne pour une partie et par l’EI pour l’autre partie ****** :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...
Les responsables des services de sécurité irakiens affirment avoir repris le contrôle de la majeure partie du complexe de la raffinerie de Baïji, la plus grande d’Irak. Mais l’Etat islamique a mis en ligne, samedi 18 avril, une vidéo qui semble prouver qu’il n’en est encore rien :
Vidéo de l’Etat islamique montrant que les Jihadistes occupent toujours la raffinerie :
https://www.youtube.com/watch?v=wdP_Tp-6E2g&feature=p... **

Erbil
N’oublions pas que les Kurdes sont majoritairement de confession musulmane sunnite. Il n’est donc pas étrange que les idées islamistes soient également répandues au sein de cette population. Plusieurs vidéos ont mis en ligne l’activité de Jihadistes kurdes et des attentats ont lieu de temps en temps au Kurdistan.
La dernière en date a eu lieu le vendredi 17 avril 2015. Une voiture piégée a explosé devant le consulat des Etats-Unis à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. L’attentat aurait fait trois tués et neuf blessés. Aucun membre américain du personnel du consulat ne se trouve parmi les victimes.

Opération Tula (vengeance en kurde)
A titre de représailles à l’attaque contre le consulat des Etats-Unis à Erbil, le groupe anti-terroriste des forces spéciales kurdes a lancé l’opération Tula contre des positions de l’Etat islamique au sud de la province de Kirkouk, le samedi 18 avril. Des dizaines de Jihadistes auraient été mis hors de combat. Les Peshmergas ont eu cinq tués, parmi lesquels le commandant de la 6ème brigade.
Vidéo ***** :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b05720159f98

Province de Kirkouk
Vidéo (langue arabe) de l’Etat islamique montrant les Jihadistes (discours et scènes de combats). Il s’agit de la Ribaat (forteresse) 4 de la Wilaya Kirkouk :
https://archive.org/details/Messages4
Toujours dans la province de Kirkouk, vidéo du kamikaze Abou Baker al-Shami (un Syrien) avant de lancer son véhicule piégé contre une position de l’adversaire :
https://archive.org/details/3amalia ***
Une vidéo intéressante : Des soldats américains pris dans un échange de tirs dans la province de Kirkouk ******:
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4a38ed4e2176

Bataille de Ramadi
Le 8 avril 2015, le Premier ministre irakien, Haidar al-Abadi, avait annoncé qu’après la libération de Tikrit, capitale de la province de Salaheddine, le 31 mars dernier, "la prochaine bataille serait celle de la libération totale" de la province d’Al-Anbar. Cette province sunnite traversée par l'Euphrate s'étend du gouvernorat de Bagdad à l'est jusqu'aux frontières syrienne, saoudienne et jordanienne.
Les combats pour la libération de la province d’al-Anbar ont débuté dans le secteur de Ramadi, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, et dans celui de Garma, plus à l'est. La ville de Ramadi, la capitale de la province d’al-Anbar, est en grande partie aux mains de l'Etat Islamique qui contrôle aussi la totalité de la ville de Fallouja sur la route vers la capitale.
Les forces gouvernementales ne contrôlent pour l’instant que de petites poches dans le centre de la ville de Ramadi et quelques secteurs voisins.
La première attaque lancée par les forces gouvernementales s’est soldée par un revers. Les Jihadistes, non seulement ont réussi à repousser l’offensive des soldats, mais ont lancé une contre-attaque qui leur a permis de gagner du terrain, notamment à l’est de la ville, dans la zone de Soufiya. Des équipements militaires auraient été saisis par les Islamistes, parmi lesquels un char M1-Abrams de fabrication américaine :
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2b97429f72b9
Ce premier échec semble confirmer les craintes de nombreux experts qui estiment irréaliste la tentative des forces gouvernementales irakiennes, en cours de restructuration, de reprendre Al-Anbar, où les jihadistes sont bien implantés.
Près de 9000 membres de la tribu Albou Faraj, hostile à l’Etat islamique, ont encore du prendre la fuite devant la récente avancée des Islamistes.

Ailleurs dans la province sunnite d’al-Anbar
Vidéo de l’armée irakienne montrant la défense d’un poste avancé de l’armée contre une attaque des Jihadistes de l’EI ****** :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Wilayat al-Fura
La Wilayat al-Fura est une des nouvelles divisions administratives de l’Etat islamique comprenant la région d’al-Qaïm, à la frontière irako-syrienne et la région de Deir ez-Zhor, dans l’Est syrien.
l’Etat islamique a mis en ligne cette vidéo de propagande montrant les Jihadistes récitant leur profession d’allégeance à Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat islamique :
https://archive.org/details/3amalia

Le chef de l’armée des Naqshbandis tué en Irak
Izzat Ibrahim al-Douri, ancien proche collaborateur du président Saddam Hussein, a été tué lors d'une opération militaire d'envergure mené par la milice chiite Asab Ahel al-Haq à Tikrit, a révélé, vendredi 17 avril, le gouverneur de la province irakienne de Salaheddine à la chaîne Al-Arabia. Al-Douri est certainement le personnage qui a le plus fait pour rapprocher les Baasistes irakiens des Islamistes d’al-Qaïda et de l’Etat islamique.
Izzat Ibrahim el-Douri avait pris la tête de l'Armée des Naqshbandis, une secte soufie très puissante sur les bords de l'Euphrate. Entré en clandestinité après l’exécution de Saddam Hussein, il était représenté par le roi de trèfle sur le jeu de cartes du Pentagone symbolisant le cercle rapproché de Saddam Hussein et diffusé après l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis en 2003. Al-Douri.était devenu l’un des personnages clés de la guerre contre le pouvoir chiite en général et contre le régime de Nouri al-Maliki en particulier. Al-Douri avait réussi à gagner la sympathie de la population sunnite et à créer un réseau de cellules dormantes à travers tout l'Irak. Au temps de l’occupation américaine du pays, al-Douri s’était rendu célèbre par d'audacieuses opérations contre les troupes américaines. L’armée des Naqshbandis avait rejoint l’Etat islamique lors de l’offensive de l’été 2014 contre l'armée irakienne.
Al-Douri avait une santé fragile. Il souffrait de leucémie et devait recevoir des transfusions sanguines tous les six mois. Une de ces transfusions aurait même eu lieu en Autriche.
al-Douri.jpgAl-Douri (à gauche) avec Saddam Hussein

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déplacés intérieurs
L'Organisation internationale des migrations (OIM) estime à 2,7 millions le nombre de personnes déplacées en Irak. Une grande partie de ces déplacés proviennent de la province d'Al-Anbar.

Iran

Négociations sur le nucléaire
L'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'ont toujours pas résolu les questions en suspens concernant une possible application militaire du programme nucléaire de Téhéran dans le passé, a indiqué mercredi 15 avril un responsable de l'AIEA à l'issue d'une visite à Téhéran d'inspecteurs de l'agence onusienne.
L'AIEA demande depuis 2011 à Téhéran de répondre aux soupçons selon lesquels l'Iran aurait réalisé des recherches et des travaux, avant 2003, pour se doter de la bombe atomique. Le directeur général de l'Agence, Yukiya Amano, a régulièrement déploré un manque de coopération de Téhéran répondre à ces soupçons.
L'Iran, qui a toujours nié chercher à fabriquer des armes nucléaires et conteste la véracité des documents sur lesquels s'appuie l'AIEA, avait accepté en novembre 2013 de répondre à plusieurs questions posées par l'agence onusienne.
Deux questions sont restées sans réponse à ce jour. Elles concernent le développement de "détonateurs à fil à exploser" et des études de "calcul et de modélisation" faites sur le transport de neutrons. "Nous avons discuté de certaines solutions pour résoudre les deux questions en suspens et il a été conclu de terminer les discussions lors de la prochaine réunion", a déclaré l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Reza Najafi, cité par l'agence Isna.
"Nous espérons passer cette étape lors de la prochaine session", a-t-il ajouté, à l'issue d'une visite d'une journée du chef des inspecteurs de l'Agence, Tero Varjoranta, et de ses experts.
Pour les diplomates occidentaux, l'apurement de ce volet est indispensable pour parvenir à un accord nucléaire définitif avec les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Cet accord, qui doit être finalisé d'ici à la date butoir du 30 juin, porte sur une réduction draconienne des capacités nucléaires iraniennes en échange d'une levée des sanctions internationales.

Israël et Cisjordanie

Les relations entre Palestiniens et Israéliens n'ont cessé de se dégrader depuis la rupture des négociations directes en 2014, en raison notamment de la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et de la demande d'adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale (CPI).

Jérusalem est
Un Israélien avait été grièvement blessé à Jérusalem-est, mercredi 15 avril, par la voiture d'un Palestinien de 37 ans qui, semble-t-il, l'a renversé volontairement. La victime est décédée jeudi 16 avril des suites de ses blessures. Il s’agit de Shalom Yohai Cherki (26 ans), le fils du rabbin Ouri Cherki, très connu dans la communauté francophone de Jérusalem.
Ses funérailles ont eu lieu jeudi 16 avril à Jérusalem, en présence de plusieurs milliers de personnes.
Cet incident s'inscrit dans le contexte d’une recrudescence d'attaques similaires de la part de Palestiniens isolés contre des Israéliens à Jérusalem ces derniers mois. En mars 2015, un Palestinien avait blessé cinq Israéliens avec son véhicule avant de tenter d'attaquer des passants au couteau. Il avait été neutralisé et grièvement blessé par la police.
En novembre 2014, un garde-frontière avait été tué et plusieurs personnes blessées quand un Palestinien avait fauché un groupe de piétons à un arrêt de tramway avec son véhicule.
En octobre 2014, un autre Palestinien avait fait de même à un autre arrêt, tuant un bébé de 3 mois et une Equatorienne de 22 ans.

Naplouse
L'armée israélienne a arrêté 29 activistes du Hamas, dont des cadres du mouvement  dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 avril à Naplouse, au nord de la Cisjordanie.
"Ces arrestations ont eu lieu dans un contexte d'activités accrues du Hamas, dans ce secteur avec comme objectif de mener des attaques terroristes contre Israël", explique un communiqué de l'armée. 49 membres du Hamas ont été arrêtés par l'armée israélienne depuis le 1er avril 2015.
Les derniers coups de filets israéliens contre le Hamas remontaient à l'été 2014. Après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en Cisjordanie, des centaines de membres du Hamas, dont plusieurs anciens prisonniers, avaient été arrêtés par les forces de sécurité israéliennes.
Le mouvement islamiste palestinien, qui contrôle la bande de Gaza, est également dans le viseur des services de sécurité de l'Autorité palestinienne (AP) que dirige le président Mahmoud Abbas. En mars 2015, entre 40 et 60 activistes du Hamas avaient été arrêtés en Cisjordanie par les forces de sécurité palestiniennes.

Liban

La guerre au Yémen provoque des tensions politiques au Liban
La guerre au Yémen menée par l’Arabie saoudite contre les miliciens chiites d’Ansarullah soutenus par l’Iran a enflammé les tensions politiques au Liban.
Le Hezbollah et ses alliés sont dans le camp iranien, tandis que le Arabie saoudite est soutenue par le camp souverainiste libanais appelé « camp du 14 Mars ». 

Violentes critiques de Hassan Nasrallah contre l’Arabie saoudite
Au cours d’un rassemblement organisé pour protester contre la campagne aérienne de l'Arabie-saoudite contre les Chiites yéménites, le leader du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, a accusé Riyad d'être responsable de l'émergence des groupes jihadistes tels que l’Etat islamique et al-Qaïda.
« A mon avis, il est temps que les musulmans et le monde islamique disent à l’Arabie :« Assez !»  a déclaré Hassan Nasrallah.
Il poursuit : « Aujourd’hui,  c’est une question qui concerne tous les peuples arabes : en effet cette pensée des groupuscules qui détruisent les sociétés en Irak, en Syrie, en Libye, en Afrique (...) , contre les chrétiens, les Yazidis, les chiites, les sunnites, contre les armées, les Etats et la nation,  cette pensée là sort  des écoles saoudiennes, de leurs références religieuses, de leurs livres, et de leurs auteurs qui la disséminent  en fondant des écoles partout dans le monde entier. »

C’est la première fois que le Hezbollah critique aussi ouvertement l’Arabie saoudite
C’est la première fois que le Hezbollah parle ainsi de l’Arabie saoudite en public. Il avait toujours fait attention, auparavant, à ne pas attaquer la famille royale saoudienne, même si des propos critiques pouvaient être proférés en privé. Mais jamais Hassan Nasrallah n’était allé aussi loin dans ses critiques dans un discours.
Cela pourrait indiquer que pour le Hezbollah, l’engagement saoudien au Yémen signifiera à terme la fin de la famille royale saoudienne. Il n’est donc plus nécessaire de ménager ses propos à son propos. Cela démontre également que le Hezbollah est conscient de son pouvoir ascendant dans la région tandis que ses adversaires ne cessent de perdre du terrain.

Le camp du 14 mars soutient l’Arabie saoudite
De l’autre côté, du côté du camp du 14 mars, plutôt favorable à l’Arabie saoudite, on soutient les frappes de la coalition arabe contre les Chiites yéménites.
Les déclarations hostiles à l’Iran et au Hezbollah ont fusé presque chaque jour de la part des politiciens souverainistes du camp du 14 mars. Pour le Courant du Futur, le mouvement sunnite de Saad Hariri, le Hezbollah a lancé une "tempête de haine» contre l’Arabie saoudite qui va contribuer à «ternir l'image du Liban". Ou encore : le Hezbollah «ferme les yeux par fidélité à l'Iran en lieu et place de la nation arabe". Les journaux proches du Camp du 14 mars  accusent le Hezbollah d'attaquer les Arabes et de servir les intérêts iraniens, au risque de provoquer l'instabilité au Liban et de menacer les moyens de subsistance des expatriés libanais vivant dans le Golfe.
Du côté chrétien, c’est Samir Geagea qui a donné de la voix. Réagissant au discours du secrétaire général du Hezbollah, le chef des Forces libanaises (FL) a affirmé que le Liban n'a "aucun intérêt" à critiquer l'Arabie Saoudite. "Nous sommes en désaccord (avec Hassan Nasrallah) sur plusieurs dossiers, mais personne ne peut nier l'aide qu'a fourni Riyad aux Libanais", a affirmé M. Geagea. "Nasrallah est musulman et dit qu'il agit pour le bien des musulmans, a poursuivi le chef des FL. Mais quel intérêt ont les musulmans à s'attaquer à l'Arabie?" "Si le chef du Hezbollah condamne l'action de la coalition arabe au Yémen d'un point de vue moral, il devrait alors condamner aussi les actions du régime syrien qui tue son peuple avec des armes chimiques", a ajouté M. Geagea.

L’ambassadeur saoudien au Liban entre dans la mêlée
Ali Awadh Asiri, l'ambassadeur d’Arabie au Liban, est également entré dans la mêlée, conseillant au Hezbollah de rester en dehors du Yémen. "Je ne crois pas que le Yémen soit l'une des préoccupations du Hezbollah ... Le Hezbollah est situé dans son propre pays, pas au Yémen", a déclaré Asiri, notant que "l'intervention" du Hezbollah, à la fois dans les médias et à travers son soutien aux rebelles Houthis du Yémen, était inacceptable » .
En outre, l'ambassade de l'Arabie saoudite au Liban a annoncé son intention d’entreprendre une action en justice contre le quotidien Al-Akhbar pour ses articles anti-saoudiens. Il a également critiqué Télé Liban, la chaîne d'Etat du Liban, pour la diffusion d'une interview de Nasrallah donnée à la chaîne de télévision syrienne, où il critiquait l'action de l’Arabie saoudite au Yémen. Les politiciens du camp du 14 mars étaient aussitôt montés au créneau pour critiquer la chaîne libanaise et exiger des excuses officielles.

Pas de risque pour la stabilité du Liban
Ces échanges de propos peu amènes pour ou contre l’Arabie saoudite ou l’Iran devraient rester au niveau de la rhétorique. Aucun des deux camps libanais ne veut prendre le risque de porter atteinte à la stabilité du Liban. La confrontation n’est pas à l’ordre du jour dans le pays du Cèdre.

Un chef chiite yéménite enterré dans la banlieue chiite de Beyrouth
Un chef de la rébellion chiite yéménite, le cheikh Mohammad Abdel Malek al-Chami, tué dans un attentat à Sanaa en mars 2015, a été enterré le 14 avril dans le « carré des martyrs », dans la banlieue sud de Beyrouth, aux côtés d'Imad Moghniyé, le chef des opérations extérieures du Hezbollah, tué en 2008. 
Ce responsable houthi avait été blessé le 20 mars à Sanaa lors d'un triple attentat-suicide commis par le groupe jihadiste État islamique contre trois mosquées et qui avait fait 140 morts et des centaines de blessés. Al-Chami avait été transporté à Téhéran pour y être soigné, mais il a succombé à ses blessures.
Le cheikh Chami enseignait dans une école religieuse à Beyrouth où il vivait depuis 17 ans. Il était le représentant spécial du chef des houthis au Liban et en Syrie.

Guerre en Libye

Deux gouvernements et deux parlements se disputent le pays depuis qu’en août 2014 un rassemblement de milices islamistes s’est emparé de Tripoli, la capitale, forçant le gouvernement internationalement reconnu à trouver refuge à Tobrouk, à l’est du pays.
Le 24 mars 2015, la mission des Nations Unies en Libye (MANUL) a dévoilé un plan en six points pour mettre fin à la crise. Le plan prévoit la formation d'un gouvernement d'union transitoire en attendant qu'une nouvelle constitution soit adoptée et de nouvelles élections organisées.

Benghazi
La ville de Benghazi n’en finit pas d’être le théâtre de violents combats entre l’armée libyenne du général Khalifa Haftar et les milices jihadistes. L’aviation militaire, fidèle au général Haftar, a effectué plusieurs raids sur les positions des Jihadistes.

Tanjoura (30km à l’est de Tripoli)
Malgré la reprise des pourparlers de paix au Maroc sous l’égide des Nations Unies, dimanche 19 avril, les combats se sont intensifiés entre Fajr Libya, un rassemblement de milices islamistes soutenant le gouvernement de Tripoli et l’armée libyenne dirigée par le général Khalifa Haftar fidèle au gouvernement internationalement reconnu.
L’armée libyenne du général Haftar tente de progresser vers Tripoli à partir de sa place forte de Tanjoura. Une offensive des miliciens de Fajr Libya contre la localité de Tanjoura a bousculé les soldats de Haftar. Les miliciens islamistes ont repris le contrôle du  camp Kimiya (Chimique) après avoir occupé, quelques heures avant, le centre de détention juvénile. Les combats se poursuivent autour du camp 101 toujours aux mains des soldats de Haftar.
Les combats ont coûté la vie à 14 soldats, quatre miliciens de Fajr Libya et trois femmes, samedi 18 avril.

Tripoli
Les combats entre Fajr Libya et l’armée libyenne ont également repris dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 avril dans le quartier de Fashloum, à Tripoli même. Le quartier de Fashloum est un des rares quartiers contrôlés par les partisans de Haftar. 

CC4TeXpUIAAHVeN.jpgQuartier de Fashloum

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nouveau massacre de Chrétiens
Il y a quelques jours, on a appris que des Chrétiens qui tentaient de gagner l’Italie à bord d’une embarcation avaient été jetés par-dessus bord par leurs compagnons, de prétendus « réfugiés » qui avaient visiblement tout compris aux valeurs de l’Europe. Dimanche 19 avril, l’Etat islamique en Libye a mis en ligne une vidéo montrant l'exécution d'une trentaine d'hommes, présentés comme des chrétiens éthiopiens.
Cette vidéo de 29 minutes, publiée sur des sites islamistes, montre un groupe d'au moins 16 hommes égorgés sur une plage et un autre groupe de 12 autres tués par balles dans une zone désertique.

Des légionnaires français du 2ème REP sautent sur la passe Salvador
La passe Salvador se trouve au Niger, à la frontière avec la Libye. le larguage a eu lieu dans le cadre de l'opération Barkhane :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c4f16200d013

Maroc

Menaces jihadistes
Le Maroc prend très au sérieux les menaces jihadistes. De multiples cellules jihadistes ont été démantelées au cours des derniers mois. Il faut dire que le Maroc, comme la Tunisie ou la France est l’un des principaux pourvoyeurs de volontaires pour le Jihad en Syrie ou en Irak. On estime que 1500 Marocains combattent actuellement dans les rangs des organisations islamistes.
C’est pour cette raison que le royaume a créé en mars 2015 le "Bureau central d'investigations judiciaires" (BCIJ), qualifié de "FBI marocain" par la presse. Il est destiné à compléter le dispositif de sécurité, nommé "vigilance", créé en 2014.
Ces nouveaux dispositifs ont permis de procéder à de nombreuses arrestations. Les dernières interpellations ont été révélées le 16 avril 2015. Il s’agit de deux Islamistes, dont une ressortissante française. Ces personnes ont été arrêtées jeudi 16 avril à Safi (centre-ouest) alors qu'elles planifiaient un "acte terroriste" au nom de l’Etat islamique (EI).
Cette "ressortissante française d'origine marocaine" a été identifiée par ses initiales (S.H.). L’homme qui a été arrêté avec elle est un Marocain qui "résidait auparavant dans un pays européen".  Ces deux Islamistes s'apprêtaient à rejoindre les rangs de l'EI en Syrie et en Irak".
Ils se préparaient par ailleurs "à commettre un acte terroriste que ce soit au Maroc ou à l'étranger" au nom du groupe jihadiste, ajoute un communiqué du ministère marocain de l’intérieur.

Guerre en Syrie

Alep
Les combats se poursuivent sans répit dans la ville d’Alep.
Quartier rebelle d’al-Khalidiya
Des vidéos viennent d’être mises en ligne sur les affrontements dans le quartier d’al-Khalidiya :
Vidéos des combats urbains mises en ligne par la Brigade 16 (rebelle) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8419a6828316 **
et :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=932cec55b71b **
et chute d’un obus sur un immeuble (scène souvent montrée mais toujours impressionnante :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b91e72c19a99 ***
Quartiers rebelles de Bab al-Hadid et d'al-Sakhour
Un bombardement au baril d’explosifs par l’armée de l’air syrienne sur le quartier rebelle de Bab al-Hadid, dans la vieille ville, a provoqué la mort de six personnes.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=a8YiyP2MZUw&feature=p...
Le dimanche 19 avril, le quartier rebelle d’al-Sakhour a lui aussi été bombardé au baril d’explosifs par l’aviation militaire syrienne.
Vidéo (langue arabe) :
https://www.youtube.com/watch?v=R3ty-0vUWrM&feature=p...

Damas et sa banlieue
Les soldats de l’Armée Arabe Syrienne engagent les rebelles de Jeich al-Islam dans le secteur de Jobar comme le montre cette vidéo. Cela fait près de deux ans et demi que d’intenses combats ont lieu dans cette région comme en témoigne l’ampleur des destructions. 
Vidéo (langue russe sous-titrée en anglais) ******
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a68a395dac30
Autre vidéo du côté des rebelles (faction non identifiée). Les combats ont lieu dans la banlieue de Damas et semblent opposer dans le quartier de Tishrin des rebelles à des Jihadistes de l’Etat islamique :
https://www.youtube.com/watch?v=09nsvFgXjgA&feature=p...

Camp palestinien de Yarmouk (Damas)
Les combattants de l’Etat islamique avaient affirmé s’être retirés du camp palestinien de Yarmouk. Il n’en est rien comme le montre cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=yG2DkmpOTVc&feature=p...

Zahran Alloush (banlieue de Damas)
Zahran Alloush, le chef de Jeich al-Islam (pro-saoudien) pour le secteur de la banlieue de  Damas et la Ghouta orientale répond aux questions. Voir la vidéo (langue arabe sous-titrée en anglais) :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Province de Deraa (Sud syrien)
Les rebelles du Front du Sud, qui se battent contre le régime dans le sud de la Syrie avec le soutien de la Jordanie, de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis, refusent toute coopération militaire avec le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie). 
"Nous rejetons toute forme de coopération avec le Front Al-Nosra car garder le silence sur leurs excès, leurs déclarations et leurs infractions leur permettra de continuer", a déclaré un membre du Front du Sud.
On avait déjà remarqué des tensions entre des rebelles locaux appartenant au Front du Sud et les jihadistes du Front al-Nosra après la prise début avril du dernier poste-frontière entre la Syrie et la Jordanie. Les combattants du Front al-Nosra n'avaient pris part qu'aux dernières étapes de l'attaque mais avaient quand même pris des secteurs du poste-frontière, ce qui leur avait attiré l’hostilité des groupes rebelles qui avaient planifié et exécuté l'assaut. Le Front al-Nosra a depuis préféré se retirer de la frontière.
"Nous ne voulons pas que la Syrie devienne une base pour le jihad ou une extension du groupe Etat islamique", a déclaré Essam al-Rayes, porte-parole du Front du Sud, précisant toutefois que la rébellion dans le sud n'avait pas l'intention d'affronter les jihadistes liés à al-Qaïda. "Il ne s'agit pas d'une déclaration de guerre, notre combat n'est pas contre Al-Nosra", a indiqué M. Rayes
Contrairement au nord de la Syrie, où les groupes jihadistes comme le Front al-Nosra et l'EI occupent de larges territoires, les groupes rebelles restent importants dans le sud du pays, berceau de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad.

Golan syrien
Dans le Golan voisin de la province de Deraa, l’hostilité envers le Front al-Nosra a débouché sur un conflit armé ouvert entre les Jihadistes du Front et les membres de la Brigade des Aigles du Golan comme en témoigne cette vidéo mise en ligne dimanche 19 avril :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d192f8ba8c5d

Hama
Les Jihadistes de l’Etat islamique se seraient emparés, le 17 avril,  du principal check-point de l’AAS sur la route reliant la province de Hama à celle de Raqqa.

Kobane (Aïn el-Arab en langue arabe)
Les combats se poursuivent toujours entre les miliciens kurdes de l’YPG et les combattants de l’Etat islamique au sud de la ville de Kobane. Cela fera 214 jours de combats, le 17 avril 2015.
Les miliciens kurdes, assistés par les miliciens de la brigade Burkhan al-Furat (Armée Syrienne Libre) ont lancé un nouvel assaut contre les positions islamistes situées au sud de la ville le 16 avril. Les Kurdes ont réussi a s’emparer des villages de Birhemli, Gewande, Dafiya et Gire Sehid Heci. 6 Jihadistes de l’EI et 2 miliciens kurdes ont été tués au cours des combats.
Le 17 Avril, les miliciens kurdes de l’YPG ont poursuivi leur offensive, prenant le contrôle d’un nouveau village au sud de Kobane. Il s’agit du village d’Erne. Deux Jihadistes auraient été mis hors de combat au cours des affrontements. Un Islamiste connu, Moustafa al-Fatih Ubayd (23 ans), originaire de Raqqa, la place-forte de l’EI, a été capturé par les miliciens kurdes. 
L’Etat islamique a lancé des contre-attaques dans la nuit du 17 au 18 avril contre les localités de Goktepe, au sud de Kobane.  Les affrontements ont été très violents entre les Jihadistes et les miliciens kurdes. Les Islamistes ont tenté de détruire le système de défense kurde en envoyant un véhicule kamikaze piégé mais celui-ci a été détruit par les tirs des miliciens de l’YPG avant d’atteindre sa cible. LEtat islamique a perdu 11 de ses combattants et un véhicule blindé au cours des combats. Le blindé a été récupéré par les Kurdes, ainsi que sept fusils d’assaut AK, deux lance-roquettes RPG, deux PKM et six mines sans fil.
Toujours au cours de la nuit du 17 au 18 avril, les Jihadistes de l’EI ont également attaqué les forces kurdes autour du village de Xîzêla, situé à 23 km au sud de Til Hemis. Les Kurdes ont du riposter pendant plus de deux heures pour forcer les Islamistes à cesser leur offensive. Quatre Jihadistes auraient été tués au cours de cet affrontement.
De leur côté, les Kurdes ont lancé au cours de la nuit une nouvelle attaque contre le village de Xane, détruisant un véhicule surmonté d'une mitrailleuse Douchka. Deux Jihadistes ont perdu la vie au cours de cette offensive.
Vidéo (langue anglaise) des combats au sud de Kobane ***:
https://www.youtube.com/watch?v=lMYwuP3jsCQ&feature=p...
Autre vidéo montrant la bataille au sud de Kobane avec l’appui de la coalition internationale ***** :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a68a395dac30
Et maintenant une video des combats de Kobane vus du côté de l’Etat Islamique ***:
https://www.youtube.com/watch?v=_CfjXM4hgw8&feature=p...

Agiri Yilmaz, membre du bureau des médias, tuée le 13 avril
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Agiri Yilmaz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Agiri Yilmaz, un membre actif du bureau des médias des unités de défense des femmes (YPJ) a été tuée le 13 Avril au cours de combats contre les Islamistes dans la région de Kobanê.
Cette jeune femme kurde a beaucoup contribué, avec sa caméra, à faire connaître au monde entier la réalité des combats pour Kobane. Plusieurs vidéos tournées par Agiri Yilmaz ont été publiées sur ce blog.

Que se passe-t-il au sein du clan Assad
Un des cousins de Bachar al-Assad a été arrêté sur ordre direct du président syrien au milieu des rapports qu'il avait conspiré contre le régime.
Monzer Jamil al-Assad, cousin du président Bachar al-Assad, aurait été arrêté dans la ville côtière de Lattaqié. Il aurait été appréhendé sur ordre direct du président pour s’être «impliqué dans des activités illégales."
De quelles activités illégales s’agit-il ?
Il semble que la communauté alaouite de Syrie est de plus en plus inquiète de son avenir. Les combats s’éternisent et les forces gouvernementales s’épuisent. Le nombre des morts au sein des combattants alaouites ne cesse de croître. Il semblerait que Rifaat al-Assad, l’oncle du président Bachar al-Assad,  réfugié à Paris, soit entré en communication avec Monzer Jamil al-Assad, pour « préparer quelque chose dans la région côtière de la Syrie. »
Ce ne serait pas la première fois que Rifaat al-Assad fomenterait un coup d’Etat. En 1984, il avait tenté de renverser son frère aîné, Hafez al-Assad, père de Bachar. Mais le coup d'Etat avait été déjoué et il avait du prendre la fuite.
Le Bureau de la Sécurité Nationale aurait découvert l’existence de contacts entre Rifaat et Monzer et c’est pour cette raison que ce dernier aurait été interpellé.
Il semble que le pouvoir ait craint que l’arrestation de Monzer ne provoque des incidents dans la région de Lattaqié. Plus de 150 membres des forces spéciales de la Garde présidentielle sont arrivés de Damas pour investir les rues de la ville avant l’arrestation de Monzer. Les forces de sécurité se sont alors lancées à la recherche de Monzer qui résidait dans le quartier al-Ziraa, proche de l’université située dans la banlieue sud de la ville. Le quartier al-Ziraa a été entièrement bouclé pendant plusieurs jours par les membres des forces spéciales de la garde présidentielle et le personnel des services de sécurité.
Monzer a finalement été interpellé et conduit à Damas sous bonne escorte. Plusieurs dizaines de personnes auraient également été interpellées au cours de la même opération sécuritaire.
Ce n’est pas la première fois que Monzer al-Assad apparaît dans les médias. Le 4 avril 2011, L’oncle de l’ancien ministre de l’Intérieur, Ghazi Kanaan, dont la mort en 2005 avait été présentée comme un suicide, a voulu venger son neveu et avait tiré sur Monzer el-Assad pour le venger.

Le clan Assad se déchire
Un autre cousin de Bachar al-Assad avait été assassiné. Il s’agit de Mohammad Tawfiq al-Assad connu sous le surnom de « chef de la montagne ». Il aurait été abattu en mars 2015 de plusieurs balles dans la tête au cours d’une dispute avec un « personnage puissant » à Qurdaha, la ville natale de la famille Assad. Kurdaha est située à 25km au sud-est de Lattaqié. Les médias officiels syriens, eux, ont expliqué que Mohammad Al-Assad avait été tué au cours de combats avec des Islamistes en dehors de Lattaqié.
Le « personnage puissant » était-il Monzer al-Assad ?
Un autre cousin de Bachar al-Assad avait également été tué dans des circonstances non élucidées. Il s’agit de Hilal al-Assad. La télévision syrienne avait annoncé que Hilal al- Assad était mort en mars 2014 dans les combats de Kassab, à la frontière avec la Turquie en précisant qu’il occupait le poste de  commandant de l'armée de la Défense nationale pour Lattaqié. 
En fait, il s’agissait d’une information erronée destinée à montrer que la famille Assad avait le courage d’être en première ligne au péril de sa vie.
En vérité, Hilal al-Assad avait été assassiné dans la ville de Lattaqié. La revendication du groupe rebelle Jeich al-Islam, selon laquelle le groupe aurait tué Hilal al-Assad par un tir de roquette alors qu'il était en réunion avec un groupe d'officiers, était  de la propagande.

Lattaqié
La situation sécuritaire se dégrade à Lattaqié et Tartous depuis plusieurs mois. On y signale une recrudescence de la criminalité : enlèvements en vue d’extorsion de fonds et vols de voitures.

Tunisie

Groupe jihadiste Okba Ibn Nafaa
Une photo des combattants du groupe jihadiste tunisien Okba Ibn Nafaa a été mis en ligne :

CC5rvyQUkAEqXLI.jpgJihadistes du groupe Okba Ibn Nafaa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Guerre au Yémen

La province du Hadramout, située au sud-est du Yémen se trouve pratiquement entre les mains d’al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA). Les tribus et les Jihadistes de l’AQPA semblent travailler main dans la main et l’armée yéménite s’est retirée de ses positions sans combattre – un scénario qu’on a déjà vu à l’œuvre en Irak au moment de l’offensive de l'Etat Islamique et des tribus sunnites contre l’armée nationale irakienne.

Aden
Les combats n'ont pas cessé à Aden. Ils ont encore duré toute la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril. Ils ont opposé les Houthis chiites aux paramilitaires partisans du président Hadi dans les quartiers de Dar Saad, Crater et Khor Maksar. On ignore encore le nombre des victimes.

Ataq
Ataq est la capitale de la province de Chabwa (sud). Sept Houthis ont été tués dans une attaque nocturne contre leur position, lancée par des membres armés des tribus sunnites de la région.

Moukalla
Moukalla est le  chef-lieu de la province du Hadramout. Les Jihadistes de l’AQPA s’étaient emparés de la ville le 2 avril dernier et avaient libéré par la même occasion plus de 300 détenus, dont un de leurs chefs. Mais l’aéroport était resté sous le contrôle des forces de sécurité.
L’aéroport a été délaissé par l’unité militaire chargée de sa sécurité sans résistance, laissant les installations aux mains des Jihadistes d’AQPA.
Le même jour, soit le 16 avril, les tribus sunnites alliées aux Jihadistes de l’AQPA prenaient le contrôle de l’important terminal pétrolier d’al-Shehr situé dans la province du Hadramout. Là encore, l’armée s’est retirée sans résister.
Enfin, le vendredi 17 avril, les Islamistes d’AQPA investissaient le camp de la 17e brigade mécanisée situé à l’est de Moukalla. Les militaires ont abandonné le camp sans résister. Les Jihadistes purent ainsi s’emparer d’une grande quantité d’armes lourdes, dont des chars d'assaut et des canons". 
Le camp de la 17e brigade mécanisée était resté fidèle au président Abd Rabbo Mansour Hadi, ce qui pourrait signifier que le président, réfugié en Arabie saoudite, pourrait avoir donné l’ordre de ne pas affronter AQPA et les tribus.
La prise de Moukalla permet à l’AQPA de renforcer ses positions dans le sud et le sud-est du pays. AQPA a profité pour cela de l’alliance des tribus sunnites et du chaos qui règne dans le pays depuis le déclenchement le 26 mars de frappes aériennes menées par l'Arabie saoudite contre les rebelles chiites Houthis. 
Maître de la ville, AQPA a organisé, samedi 18 avril, un rassemblement populaire qui a réuni un millier de partisans avec la participation du célèbre chanteur jihadiste Abou Hajar al-Hadrami.
Vidéo * :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&... 

Taëz
Relativement épargnée ces dernières semaines par les combats, Taëz est le théâtre depuis quelques jours de violents affrontements entre Houthis et loyalistes.
Les affrontements nocturnes entre rebelles chiites Houthis et combattants favorables au président du Yémen font rage à Taëz depuis le vendredi 17 avril. Ils se poursuivaient ce dimanche 19 avril.
Dix Houthis et quatre membres des "comités populaires" (paramilitaires favorables au chef de l'Etat Abd Rabbo Mansour Hadi) ont trouvé la mort au cours de violents combats dans cette grande ville du sud-ouest du Yémen.
Les paramilitaires combattent aux côtés des soldats de la Brigade 35, loyale au président Hadi. Ils ont reçu l'appui de l'aviation de la coalition conduite par l'Arabie saoudite qui a bombardé plusieurs positions rebelles à l'aube du dimanche 19 avril. Dans le même temps, des renforts Houthis sont arrivés par voie terrestre des villes de Hodeïda (ouest) et Ibb (centre).

Les Chiites houthis ont-ils des missiles de longue portée ?
C’est ce qu’affirme le vice-président des Gardiens de la Révolution islamique, le général  Hossein Salami.
Dans une interview exclusive avec la chaine satellitaire arabe al-Mayadeen, le général  Hossein Salami, a révélé que "les Yéménites étaient capables de parvenir rapidement aux villes saoudiennes" ajoutant que "l'armée saoudienne est une armée conventionnelle qui n'a pas d'expérience et qui essuiera un échec cuisant face aux petites unités de l’armée yéménite et aux forces de la défense populaire. Il a tenu à ajouter que la stratégie d'Ansarullah n'était pas de déstabiliser la sécurité du détroit de Bab al-Mandeb  ».
Pour le général Salami il est peu probable que l’Arabie saoudite ait recours à une guerre terrestre au Yémen.
« L’Arabie saoudite est déjà entrée dans un bourbier en attaquant le Yémen mais elle s’y noiera sans aucun doute si elle procède à une offensive terrestre.  Les frappes aériennes contre le Yémen n'ont pas enregistré de résultats politiques. Pis encore,  l'attaque contre le Yémen a révélé le vrai visage de l'Arabie Saoudite. L'Alliance contre le Yémen est fragile et faible au niveau politique. En fait, l'Arabie attaque  le Yémen pour couvrir les crises internes", a martelé Salami.
Avant l'attaque saoudienne contre le Yémen, les Houthis contrôlaient  cinquante pour cent du  territoire yéménite. Aujourd'hui ils en contrôlent quatre-vingt dix pour cent", a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : " la guerre contre  le Yémen risque de perturber profondément la sécurité régionale. Cette guerre aura d'importantes conséquences sur l'avenir de la région et l'Arabie saoudite plongera sans aucun doute dans un sale bourbier".
"Ce qui se produit aujourd’hui au Yémen est le résultat de la défaite des stratégies américaines dans la région", a-t-il ajouté.
Le général Salami a fait savoir que "la marine iranienne  était prête à intervenir en cas d'une erreur dans les calculs stratégiques concernant l'Iran", ajoutant que "nous ne permettrons pas  à ce que nos navires dans la mer Rouge soient menacés et nous riposterons  avec force".
Le général Salami a également abordé le dossier nucléaire. Il a réitéré que " l’embargo contre l'Iran devrait être annulé  immédiatement après la signature de l'accord final", ajoutant que "l'Iran ne  permettra pas aux inspecteurs internationaux de visiter les sites de défense militaire".
En ce qui concerne la Palestine, le général Salami a demandé à ce que "le Jihad se dirige essentiellement vers la libération de la Palestine. Il a précisé que "l'Iran ne faiait pas de distinction entre sunnites et chiites dans son soutien à la résistance en Palestine".

salami1.jpgGénéral Salami

 

 

 

 

 

 

 

 

Attaque américaine contre des membres de l’AQPA (Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique)
Pendant ce temps, l’armée américaine continue ses attaques contre des cibles d’al-Qaïda.
A Al-Saïd, dans la province méridionale de Chabwa, un fief d’al-Qaïda,, trois membres Jihadistes de l’AQPA ont été tués par le tir d’un drone américain au cours de la nuit du samedi 17 au dimanche 18 avril.. Le drone a visé les occupants d'une voiture transportant des armes.

Jihadisme international

Australie
L'Australie a relevé en septembre 2014 le niveau de son alerte contre le terrorisme, à la suite en particulier du départ d'au moins 110 de ses ressortissants vers l'Irak et la Syrie pour combattre au sein du groupe jihadiste Etat Islamique. Plus de 30 d'entre eux sont rentrés depuis en Australie.
Samedi 18 avril 2015, la police australienne a annoncé avoir arrêté cinq hommes dont deux sont soupçonnés d'avoir projeté de commettre "des actes terroristes" à Melbourne, notamment lors d'une cérémonie commémorative nationale le 25 avril.
Deux hommes âgés de 18 ans ont été arrêtés. "On estime que tous deux effectuaient des préparatifs en vue d'actes terroristes à Melbourne, qui comprenaient des attaques contre des policiers", ont déclaré dans un communiqué commun la police fédérale australienne et la police de l'Etat de Victoria, dont Melbourne est la capitale.
Outre les deux hommes déjà mentionnés, un troisième, également âgé de 18 ans, a été arrêté pour infractions à la législation sur les armes, et deux autres, âgés de 18 et 19 ans, ont été placés en garde à vue.
Les deux hommes arrêtés préparaient un attentat contre une cérémonie de la Journée de l'ANZAC". L’ANZAC est l’initiale de l'Australia and New Zealand Army Corps. L’ANZAC day est célébré le 25 avril de chaque année en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans d'autres pays du Pacifique. Elle commémore la sanglante bataille de Gallipoli entre les Australiens et Néo-Zélandais de l'ANZAC et l'armée ottomane en 1915, pendant la Première guerre mondiale, et l'engagement des troupes australiennes et néo-zélandaises en France et en Belgique.
Le fait qu’un jour commémoratif d’une guerre mondiale soit la cible d’un projet d’attentat islamiste doit faire réfléchir les autorités sur les mesures à prendre pour assurer la sécurité, par exemple, du 14 juillet en France. Il ne faut pas oublier que les Jihadistes considèrent les membres des armées engagées dans la coalition internationale en Irak et en Syrie comme des cibles potentielles.

France

Tchétchènes condamnés à Paris
Un Tchétchène de 22 ans, en fuite, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à six ans ferme et un autre de 20 ans, en détention préventive, à cinq ans. Tous deux étaient partis en août 2013 en Syrie pour rejoindre une unité commandée par un Tchétchène, "Djamboulat". Le premier avait été récupéré par son père sur place deux mois plus tard et envoyé en Tchétchénie, où il se trouverait depuis. Le second s'était rentré de sa propre initiative au bout de cinq semaines, affirmant n'avoir participé à aucun combat.
L’oncle d'un des deux jeunes partis en Syrie, âgé de 47 ans, a lui aussi été condamné à quatre ans de prison. Il l avait organisé des collectes d'argent au profit du groupe de "Djamboulat", son "frère d'armes" depuis qu'ils avaient combattu ensemble lors des deux guerres contre les Russes en Tchétchénie. Deux autres hommes, ayant participé à ces collectes et apporté un soutien logistique, ont été condamnés à deux ans de prison.

Radicalisation au collège de Maisonneuve
L’attention a été attirée sur un phénomène de radicalisation au collège de Maisonneuve en février 2015 après que les médias aient rapporté la disparition de cinq de ses élèves. La police a perdu leur trace après leur arrivée en Turquie, zone de passage utilisée par les recrues du groupe armé État islamique pour se rendre en Syrie.
Il semble que le nombre des cas présumés de radicalisation se soit accru depuis un mois et demi. C’est la raison pour laquelle une policière spécialisée dans la lutte contre la radicalisation vient d’être détachée au collège de Maisonneuve afin de surveiller le phénomène.
Son envoi fait suite à un appel à l'aide lancé par le collège au nouveau Centre de prévention de la radicalisation du maire Denis Coderre. Il y avait urgence car deux élèves, Mahdi el-Jamali et Sabrine Djaermane, venaient d’être soupçonnés de fomenter un acte illégal lié au terrorisme.

Grande Bretagne
La police britannique a annoncé mercredi 15 avril avoir arrêté six personnes dans l'enquête sur neuf Britanniques arrêtés début avril en Turquie alors qu'ils tentaient de se rendre en Syrie.
"Tôt mercredi (15 avril), quatre personnes âgées de 22 à 47 ans ont été arrêtées pour suspicion de terrorisme à l'aéroport de Manchester", a indiqué la police dans un communiqué.
Pour le même motif, un homme de 21 ans a été arrêté la veille à l'aéroport de Birmingham, ainsi qu'un autre de 31 ans dans la zone de Rochdale (au nord de Manchester).
Ces arrestations interviennent dans le cadre de l'enquête ouverte après l'interpellation le 1er avril en Turquie de neuf Britanniques, soupçonnés de vouloir se rendre en Syrie pour rejoindre le groupe État islamique (EI). Ils ont été expulsés de Turquie le mardi 14 avril.
Il s'agissait de deux femmes âgées de 22 et 47 ans, de trois hommes âgés de 21, 22 et 24 ans et de quatre enfants âgés de un, trois, huit et onze ans, tous faisant partie de la même famille.
Les quatre enfants ont été placés sous la protection de la justice. L'un des trois hommes est le fils d'un élu local travailliste.

Indonésie
Il existe un réseau jihadiste dans l'Est de Java, à Poso et Sulawesi.  Ce réseau est lié à l'Etat Islamique. Jusqu’ici, ce réseau concentre surtout ses activités à l’envoi de volontaires du Jihad en Syrie et en Irak. Mais il pourrait également se montrer actif à l’intérieur du pays dans un proche avenir. Les Australiens, très présents dans le pays, pourraient constituer des cibles comme cela à déjà été le cas à Bali.

Tunisie
Selon le ministre de l’intérieur tunisien, Najem Gharsalli, les autorités sécuritaires auraient empêché 12.490 Tunisiens de rejoindre les rangs des Jihadistes en Irak, Libye et Syrie depuis mars 2013. Le ministre a ajouté qu’au cours des trois premiers mois de 2015, un millier de Tunisiens avaient comparu devant des tribunaux pour liens supposés avec des organisations terroristes. Sur les 124 cas déjà jugés, 83 peines de prison auraient été prononcées, selon le bureau du procureur, Sofiene Sliti.
 
On estime qu’entre 2000 et 3000 Tunisiens se battent dans les rangs des organisations jihadistes à l’étranger.

Coalition internationale

Déclaration du général américain John Allen
Le général américain à la retraite John Allen est l'ancien commandant américain des forces de l'OTAN en Afghanistan. Il est aujourd’hui l’envoyé spécial en charge de la guerre aérienne de la coalition contre l’Etat Islamique.
Il a déclaré : « Nous devons deglamourizé Daesh (Etat Islamiqe). Nous devons exploser le mythe de l'invincibilité du califat .... Quand nous aurons vaincu l'idée de Daesh, alors nous aurons vraiment défait Daesh. Nous allons vaincre militairement Daesh ... l'attrait de Daesh et l'attraction de leur message. C’est en remportant la victoire que nous sonnerons le glas de ce mouvement ».
La stratégie est d'affamer l’Etat Islamique en portant atteinte à ses ressources financières, en détruisant sa machine de propagande qui a attiré des milliers de combattants du monde entier et en aidant les dizaines de milliers de personnes déplacées et terrorisés par le groupe.
Plus de 60 pays sont impliqués dans la coalition internationale.
Mais le combat contre l’EI, a averti le général Allen, pourrait prendre des années.

Jean René Belliard

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