13/04/2015

2015-04-11 – Nouvelles du Moyen orient et d’Afrique du nord

Le blog sera interrompu jusqu'au 17 ou 18 avril en raison d'un déplacement sans accès à internet.


Guerre en Egypte

Nord Sinaï
Le nord-Sinaï est un fief du groupe Ansar Beït al-Maqdess (les "Partisans de Jérusalem" en arabe), considéré comme la branche égyptienne de l'EI après avoir fait allégeance à l'organisation jihadiste et s'être rebaptisé "Wilayat Sinaï » (Province du Sinaï). Cette organisation jihadiste affirme vouloir établir dans le Sinaï une "province" du "califat" autoproclamé par l'EI.
Ce groupe a revendiqué de nombreuses attaques contre les forces de l'ordre dans le nord-Sinaï, frontalier d'Israël et du territoire palestinien de la bande de Gaza. Le 2 avril 2015, une attaque a coûté la vie à 15 soldats et deux civils, l'une des plus meurtrières de ces derniers mois contre l'armée.

Exécutions sommaires
Le groupe islamiste Wilayat Sinaï (Province du Sinaï - anciennement Ansar Beit al-Maqdess) a diffusé dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril l'exécution d'un soldat égyptien enlevé lors d'une attaque dans la péninsule du Sinaï ainsi que la décapitation d’un autre homme, sans doute accusé d’espionnage. Ce mode d’exécution est généralement réservé par les Jihadistes aux "espions" qu'ils accusent de collaborer avec les armées égyptienne et israélienne.
Dans la vidéo, le soldat égyptien décline son identité et affirme avoir été capturé lors d'une attaque ayant visé un poste de contrôle routier de l'armée le 2 avril 2015, dans le nord du Sinaï. Ce jour-là, au moins deux civils et 15 soldats avaient péri suite à plusieurs attaques visant cinq postes de contrôle routiers de l'armée au sud de Cheikh Zuwaïd, près d’Al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï.
Dans la vidéo, le soldat explique que lors de l'assaut, les jihadistes se sont emparés des armes, et également de deux chars. Il a été ensuite fusillé par un homme masqué, qui venait tout juste de décapiter l'autre homme à ses côtés.
Le corps du soldat fusillé a été retrouvé au lendemain des attaques du 2 avril, selon un responsable de la sécurité.

Six soldats tués dans une nouvelle attaque de la Wilayat Sinaï au Sinaï
Un officier et cinq militaires ont été tués et deux blessés dimanche 12 avril par l'explosion d'une bombe dans la péninsule du Sinaï. L’attaque a été revendiquée par le groupe Wilayat Sinaï , la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).
La bombe était placée en bord de route et a explosé au passage de leur véhicule blindé dans le secteur d'Al-Kouzat, près de la localité de Cheikh Zouwaid, dans le nord-Sinaï.

Voiture piégée contre un poste de police dans le Sinaï
Enfin un civil est mort et 20 personnes ont été blessées dimanche 12 avril  en Egypte dans un attentat à la voiture piégée contre un poste de police dans la péninsule du Sinaï (est).

Menaces également à la frontière libyenne
L'Egypte est également menacée par l'EI à sa frontière ouest avec la progression de la branche locale du groupe jihadiste dans une Libye en proie au chaos.

Guerre en Irak

Au cours de la journée du dimanche 12 avril, les Jihadistes de l’Etat Islamique ont marqué des points, détruisant un pont stratégique, le pont Albou Faraj, dans la province sunnite d’al-Anbar et pénétrant à nouveau à l’intérieur de la raffinerie de Baiji.
A noter que l’Etat Islamique utilise des écrans transmettant à ses combattants les images "live" des zones de combat. Les images proviennent d’un camion équipé de caméras.

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Albou Faraj
Les Jihadistes de l’Etat islamique ont fait sauter le pont stratégique Albou Faraj dans la province d'al-Anbar, vendredi 10 avril, provoquant la destruction d’une partie du pont. Le pont est très important car il relie Ramadi, la capitale provinciale d’al-Anbar, à l'autoroute internationale menant à la Jordanie et la Syrie.
Dans le même temps, des centaines de membres de la tribu Albou Faraj, hostiles à l’Etat islamique, ont fui  après l’entrée des Islamistes dans la zone tribale. Les Jihadistes ont également exécuté 33 civils et tiré sur des ambulances dans le quartier Sijariyah.
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2d8874f29ad9

Raffinerie de Baiji
Les Jihadistes de l’Etat islamique sont repartis à l’offensive pour entrer dans la raffinerie de Baiji :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8923a20b7e45
La coalition internationale a du intervenir pour forcer les Jihadistes à abandonner leur position.

Kirkouk
Un camion suicide de l’Etat Islamique explose en l’air après avoir été atteint par les tirs des Peshmergas, bien heureux de l’avoir détruit avant qu’il n’explose parmi eux. La scène a eu lieu le dimanche 12 avril au sud de Kirkouk :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=78c2b15c4193

Mossoul
Des résistants à l’Etat islamique ont mené une attaque à la bombe, dimanche 12 avril 2015, contre un rassemblement de Jihadistes de l’EI.  Quatre dirigeants de l’EI auraient été tués. 
"Une explosion s’est produite lors d'une réunion de miliciens de Daesh (acronyme arabe pour Etat Islamique) tôt le matin du dimanche 12 avril. Quatre dirigeants de Daesh ont perdu la vie. C’est ce qu’a révélé Said Mamozini, le chef de la branche 14 du Parti démocratique du Kurdistan à Mossoul. "Le nombre total de victimes est inconnu", a-t-il ajouté.
S’exprimant sur la situation sécuritaire à l'intérieur de Mossoul, Mamozini a expliqué que "la situation sécuritaire dans la ville était critique, avec un grand nombre de points de contrôle de Daesh à l’intérieur de Mossoul. Le groupe a pris des dizaines de gens en otages ".

Ville antique de Nemrod
l’Etat islamique a publié une nouvelle vidéo montrant des miliciens fracassant des objets à l’intérieur de la ville assyrienne de Nemrod dans le nord de l'Irak avant de dynamiter le site.
L’antique ville assyrienne de Nemrod est située à 30 km au sud de la ville de Mossoul, et 5 km au sud du village de Selamiyah dans les plaines de Ninive au nord de la Mésopotamie. Cette ville assyrienne a connu son apogée entre environ 1250 avant JC et 610 avant JC. La ville occupe une position stratégique à 10 kilomètres au nord du point où le Tigre rencontre son affluent le Grand Zab.
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6fca2b012517

Tikrit
Le nettoyage de la ville se poursuit.

Iran

Pas d’observateurs sur les sites militaires iraniens
L'Iran exclut toute possibilité d'accès des inspecteurs étrangers sur ses sites militaires, a déclaré samedi 11 avril 2015 le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi dans une interview à l'agence iranienne Tasnim.
"Nos missiles, tant balistiques qu'autres, ne se trouveront jamais sous contrôle d'autrui", a affirmé le diplomate.
Et de préciser qu'aucune visite de ces sites ne serait autorisée.
M. Araghchi reprend ainsi les propos tenus mercredi 8 avrilpar le ministre de la Défense de la République islamique, le général Hossein Dehgan.
Selon ce dernier, en fonction des termes de l’accord-cadre conclu avec les puissances mondiales sur le programme nucléaire du pays, il n’est pas question que les inspecteurs internationaux soient autorisés à inspecter les sites militaires iraniens.
"Les informations de médias étrangers laissant entendre que l’accord permettrait aux experts de l’Agence international de l’Energie atomique (AIEA) d’inspecter les centres militaires à travers l’Iran sont des mensonges et des tromperies", a martelé le général iranien.

Position de la France
Fabius a tenu un ton rassurant, en répétant selon l’AFP, qu'il faut parvenir à un "accord solide" sur le nucléaire, faute de quoi "cela peut déboucher sur une prolifération de l'arme nucléaire dans la région".
Il y a des points sur lesquels les négociateurs doivent se montrer "vigilants", a-t-il déclaré, notamment "la PMD, la possible dimension militaire", et la levée des sanctions internationales qui frappent l'Iran.
"Il faut que l'AIEA (Agence Internationale de l'énergie atomique) ait la possibilité de vérifier les sites iraniens", selon lui.
De même, les sanctions doivent être levées "progressivement" et doivent être réversibles, c'est-à-dire qu'elles seraient réimposées à l'Iran si ce pays viole ses engagements. "Tout cela a été discuté, mais on ne s'est pas mis d'accord".
Il faut rappeler que l’Iran exige la levée immédiate des sanctions, dès la signature de l’accord.
Paris a montré à plusieurs reprises une fermeté particulière, reprochant implicitement aux Etats-Unis, principal négociateur, de faire preuve de trop d'empressement pour parvenir un compromis avec Téhéran.

Guerre en Libye

Benghazi
Dix personnes ont péri et 55 autres ont été blessées au cours des combats qui se sont déroulés vendredi 10 avril à Benghazi, entre les forces armées libyennes et des groupes islamistes.
Un bataillon de chars de l'armée du gouvernement reconnu par la communauté internationale, épaulé par des jeunes en armes, a affronté des combattants du Majlis al Choura, alliance de groupes armés dont des islamistes, dans un quartier du sud de Benghazi, une bonne partie de la journée du vendredi 10 avril.
Les Islamistes ont été chassés dernièrement de la zone de l'aéroport de Benghazi par l’armée commandée par le général Khalifa Haftar. Les militaires ont également repris aux Islamistes plusieurs camps militaires perdus au cours de l'été 2014.

Tripoli
La branche libyenne de l'EI a revendiqué une attaque dimanche 12 avril 2015 devant l'ambassade de Corée du Sud qui a tué deux gardes libyens de l’ambassade tandis qu’un troisième était blessé.
L'ambassade de Corée du Sud est située dans un quartier connu pour ses magasins, restaurants et cafés. Plusieurs représentations diplomatiques y sont également installées, dont celles de l'Algérie et du Maroc.
Les assaillants ont ouvert le feu au fusil d’assaut depuis un véhicule. Trois Sud-Coréens, dont deux diplomates, travaillaient au moment de l'attaque mais n'ont pas été touchés.
Comme nombre d'autre chancelleries, la représentation sud-coréenne avait cessé ses activités en Libye après qu'une coalition de milices islamistes appelée Fajr Libya s'était emparée en août 2014 de la capitale Tripoli.
"Nous ne savons pas si cette attaque visait l'ambassade ou les libyens" chargés de la sécurité, a dit le porte-parole sud-coréen, ajoutant que les autorités étaient en train d'étudier l'opportunité d'évacuer tous leurs ressortissants présents en Libye.
Dans un bref communiqué diffusé par le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE), le groupe jihadiste EI a revendiqué l'attaque. "Des soldats du califat ont tué deux membres de la garde de l'ambassade de Corée du Sud à Tripoli", a affirmé la branche libyenne de l'EI.

Guerre en Syrie

Alep
Alep est divisée entre un secteur ouest contrôlé par le régime et un secteur est contrôlé par les rebelles.
Les bombardements au canon et les raids aériens frappent régulièrement les différents quartiers de la ville. Samedi 11 avril, au moins 35 personnes ont été tuées dans des bombardements de l'armée de l'air et par des tirs d'obus rebelles à Alep. 17 personnes auraient été tuées sur un marché du quartier de Maadi par la chute de barils d’explosifs lancés par l’armée de l’air syrienne.  Et dimanche 12 avril, neuf personnes, dont cinq enfants, ont encore été tuées par la chute de barils d’explosifs sur une école du quartier rebelle de Cheikh Khodr, à l’est de la ville.
Vidéo du bombardement de l’école (Attention graphique !) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=7f41002614c8
18 autres personnes ont péri, samedi 11 avril, lors de la chute d’obus et de roquettes sur le quartier contrôlé par le régime de Souleimanyé.
Vidéo du bombardement par les rebelles d’une position adverse :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...*****
Vidéo : Après le bombardement par les rebelles
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=be86a9ee23f2 **

Damas
Les Islamistes de l’Etat islamique poursuivent leur progression dans la banlieue de Damas. Ils ont pris possession du quartier de Zayn, dans la localité de Yalda, dans la banlieue de Damas.

Guerre au Yémen

1200 raids aériens depuis le 26 mars
Le porte-parole saoudien de la coalition a affirmé, samedi 11 avril, que celle-ci avait mené au total 1.200 frappes aériennes au Yémen depuis le début de l'intervention le 26 mars. Le nombre des raids est passé de 35, à 50 puis à 80 par jour, a-t-il signalé, assurant que leur nombre s’est élevé à 120 samedi.

Ces raids ont neutralisé les capacités aériennes et balistiques des rebelles et de leurs alliés, et ils "vont se poursuivre", a-t-il ajouté.
15 des 22 provinces sont à présent affectées par les combats entre miliciens chiites d’Ansarullah, auxquels se sont joints des militaires fidèles à l’ancien président Saleh et les fidèles de l'actuel président. Il s’agit des provinces d’Aden, Daleh, Lahj, Abyane, Chabwa, Taëz, Ibb, Baida, Hodeida, Raymah, Amrane, Hajja, Saada, Jawf et Marib.
Le fait marquant, depuis samedi 11 avril, est la participation massive des tribus sunnites dans les combats contre les miliciens chiites d’Ansarullah.

Le réseau al-Qaïda, implanté dans le sud-est du pays, a pris le contrôle de Moukalla, la capitale de la province de Hadramout (sud-est).

Aden
Les combats se poursuivent à Aden ou quatre civils ont été tués par des tireurs Houthis embusqués sur des toits dans les quartiers de Moualla et de Dar Saad.
A l'ouest d'Aden, cinq combattants Houthis et trois partisans du président Hadi ont été tués dans des affrontements qui ont éclaté lorsque les rebelles ont essayé de progresser en direction de la raffinerie.

Province d’Ibb
Dans la province d’Ibb, à l’est du Yémen, les Chiites d’Ansarullah poursuivent leur progression.
Ce dimanche matin 12 avril, ils se sont emparés de la totalité de la municipalité de Saraouh, après des combats avec des miliciens du parti du Rassemblement yéménite al-Islah (proche des Frères musulmans du Yémen), et qui voulaient la prendre.

Province de Taëz (sud Yémen)
Des avions de la coalition arabe ont bombardé avant l'aube le Camp 22 dans la région d'al-Dhahra, dans la province de Taëz, faisant 15 morts parmi les rebelles chiites Houthis et leurs alliés. Huit autres insurgés ont été blessés.
La base est occupée par la Garde républicaine, une unité d'élite restée loyale à l'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh

Frontière saoudo-yéménite
Des tribus yéménites occupent toujours une position militaire saoudienne à l’intérieur du territoire saoudien. Il s’agit de la colline d’al-Manarat située du côté saoudien de la frontière avec la province de Saada, au nord du Yémen.

position_saoudienne.jpgColline d'al-Manarat

 

 

 

 

 

 

 

 


 
Les forces saoudiennes ne sont pas parvenues à reprendre cette position située au sommet d’une montagne.
Celle-ci a été conquise  samedi 11 avril par la tribu Takhyat, avec le soutien des combattants d’une autre tribu, les Hamadane. Ces deux tribus qui ne font pas partie de l’organisation houthie des Ansarullah ont réagi à une offensive menée par les garde-frontières saoudiens contre eux et qui a causé la mort de 4  de leurs membres. Les tribus sont entrées en territoire saoudien et se sont emparés des positions saoudiennes à Akefat, Der Assaker, et Manarwat
Les autorités saoudiennes ont  reconnu la mort de 3 officiers saoudiens, sans révéler les circonstances.
 
Soutien de la France à l’Arabie soudite
Le ministre des AE français, Fabius, devrait assurer à ses hôtes saoudiens que "la France se tient naturellement aux côtés de ses partenaires de la région pour restaurer la stabilité du Yémen".
Se ralliant à la position de Riyad, Paris considère que le président yéménite Abd Rabo Mansour Hadi est l'"autorité légitime" au Yémen et qu'il faut aller "vers une solution politique" dans ce pays.
"Il faudra qu'à un moment ou à un autre, on arrive à une négociation", a dit M. Fabius.
Selon l’AFP, du côté français, on voit dans l'intervention militaire menée par l'aviation saoudienne et ses alliés -dont les Emirats arabes unis- une "opération signal", à l'adresse tant des rebelles yéménites que de l'Iran, pour forcer une solution politique au Yémen.
La coalition militaire arabe engagée contre le Yémen est aidée par les Etats-Unis, notamment pour le renseignement, la coordination et le ravitaillement des avions, mais la France n'a pas, jusqu'à présent, annoncé un soutien autre que politique à l'Arabie saoudite.
Outre un entretien avec le roi Salmane, M. Fabius devait s'entretenir à Riyad avec le ministre de la Défense Mohammed ben Salmane, fils du roi et un des dirigeants des opérations au Yémen.

Jihadisme international

Deux vidéos de jihadistes « européens » mis en ligne dimanche 12 avril 2015.

Allemagne
Vidéo d’un jihadiste « allemand » :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=16be83de793f

France
Vidéo d’un jihadiste « français » :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=be22daa372f5
 

Jean René Belliard

Commentaires

Les deux dernières vidéos (de jihadistes) sont anciennes : on les trouvait déjà sur YouTube il y a plusieurs mois...

Écrit par : Griffe | 13/04/2015

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