10/04/2015

2015-04-10 – Les conflits au Moyen Orient

Yémen - L'aviation égyptienne a participé pour la première fois aux raids aériens contre des cibles chiites au Yémen. Par contre, le Parlement pakistanais vient d'opposer une fin de non recevoir à la demande saoudienne faite au Pakistan de rejoindre la coalition arabe.


Front irakien

Bagdad
Les attaques à la voiture piégée étaient quasi-quotidiennes en 2014 à Bagdad, mais elles avaient eu tendance à diminuer depuis le début de 2015. La raison est sans doute du au fait qu’une cellule de l’Etat Islamique avait été démantelée au début de 2015. 31 membres présumés de l'EI avaient été arrêtés. Ils sont soupçonnés d'avoir perpétré 52 attaques à Bagdad en 2014 et au début de 2015.
Pourtant, vendredi 10 avril 2015, un nouvel attentat a eu lieu à Bagdad. C’est une voiture piégée qui a explosé près de l'hôtel Babylon qui surplombe le Tigre, dans le quartier de Kerrada, au centre de la capitale irakienne. L’explosion a fait huit morts et douze blessés.
Par ailleurs à Mashahdah, à 40 kilomètres au nord de Bagdad, un kamikaze a activé sa veste explosive dans un restaurant, tuant au moins cinq personnes et en blessant 15. Les victimes appartiendraient à des Unités de mobilisation populaire, qui regroupent des miliciens chiites combattant les jihadistes, au côté des forces gouvernementales.

Qaïm
Les Jihadistes de l’Etat Islamique auraient exécuté près de 300 personnes dans la province de Qaïm, à l’ouest de la province sunnite d’al-Anbar, voisine de la Syrie. Les personnes exécutées sont des membres des forces de sécurité et des civils. Elles appartiendraient pour la plupart aux clans et tribus Karabilah, Salman et Albu Mahal. Elles étaient accusées d’avoir collaboré avec les forces de sécurité irakiennes.
 
Mossoul
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont abattu  l'imam de la mosquée centrale de Mossoul, Cheikh Ibrahim Abdul Aziz Al-Rahman , pour avoir refusé d'obéir à leurs ordres.

Liban

Les forces de sécurité libanaises ont marqué des points dans leur lutte contre les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) ou l’Etat Islamique. Le Liban, pour lequel on nourrissait beaucoup d’inquiétude il y a encore un an, s’est finalement révélé beaucoup plus résistant que prévu. Comme dans beaucoup de pays d’Europe, le phénomène jihadiste est finalement resté marginal. La population sunnite, échaudée par des décennies de guerre, n’a pas voulu suivre les jusqu’au-boutistes de l’Islam. Il faut également noter que les forces de sécurité libanaises ont réussi à juguler la menace sans porter atteinte aux principes démocratiques. Une exception dans la région qui force l’admiration.

Tripoli
Le jihadiste Oussama Mansour a été tué jeudi soir à Tripoli, rue Mitein, au Liban-nord, lors d'un accrochage avec une patrouille des services de renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI).
Les évènements se sont passés de la façon suivante : Une patrouille du bureau de renseignements des FSI procédait à l’arrestation de cheikh Hoblos. 
Voici les détails de l'arrestation de cheikh Khaled Hoblos qui a conduit à l'élimination du jihadiste Oussama Mansour au même moment : A 22h25, le 9 avril 2015, dans la localité de Bab el-Ramel à Tripoli, une patrouille du bureau de renseignements des FSI procédait à l'arrestation de cheikh Khaled Hoblos, le cheikh islamiste de la mosquée Haroun à Minyé. Le cheikh était en fuite depuis octobre 2014 après des  affrontements entre l’armée libanaise et les Islamistes à Bhannine au Liban-nord. 
C’est alors qu’un véhicule de type Opel s’est arrêté à hauteur des agents des FSI. L’un des occupants du véhicule a ouvert le feu, blessant légèrement un des membres des forces de l’ordre. Les membres des FSI ont aussitôt riposté, tuant les deux passagers de l’Opel. Après vérification, il s'est avéré que l'individu qui avait ouvert le feu était Oussama Mansour. Celui-ci était également armé d'une ceinture d'explosifs. L'autre occupant se dénommait Ahmad el-Nazer.
Oussama Mansour était, lui aussi, en fuite depuis octobre 2014, après de violents affrontements avec l’armée libanaise à Tripoli et au Akkar. 

Bar Elias
Le Jihadiste Nabil Saleh el-Siddik, originaire de Qousseir (Syrie), vivait depuis deux mois environ dans un appartement de location à Bar Élias, avec son épouse et ses deux enfants. Il a été arrêté en même temps qu'un homme qui se trouvait chez lui.
L'homme pourrait s'avérer une mine de renseignements, se félicite le commandement de l'armée, qui escompte, grâce à ses aveux, localiser d'autres cellules jihadistes dormantes. La chaîne de télévision LBCI a cru savoir, de son côté, qu'il exerçait également une fonction militaire et était responsable d'un groupe de combattants.
De source proche de l'institution militaire, l'arrestation de ce « gros gibier », ainsi que les incursions préventives lancées avec succès par l'armée pour mieux défendre les villages frontaliers de la Békaa, sont d'excellents exemples d'une nouvelle stratégie consistant à « agir, puis laisser les faits parler d'eux-mêmes».

Guerre en Syrie

Une nouvelle formation rebelle : Jeich Tahrir-Sham (L’armée de libération du levant)
Un nouveau groupe rebelle a annoncé sa formation par un message sur YouTube, le 25 mars 2015. Il s’agit du groupe Jeich Tahrir-Sham. Le leader de ce nouveau groupe est le capitaine Fares Bitar. Cet officier est l’un des tous premiers déserteurs de l’armée syrienne à rejoindre la révolution. Il a depuis servi comme officier dans différents groupes de l’Armée Syrienne Libre qui ont combattu dans la région orientale du Qalamoun.
A peine formé, le groupe a annoncé qu’il allait lancer des opérations militaires contre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et le Hezbollah le long de la route Damas-Bagdad.
"[Nous] avons libéré plusieurs points qui étaient sous le contrôle du Hezbollah,"  a affirmé un communiqué du groupe. Il s’agirait de positions du Hezbollah qui étaient situées dans les montagnes orientales du Qalamoun.
D’après le groupe rebelle, "des dizaines de membres du Hezbollah et des forces gouvernementales" auraient été tués, ajoutant que l’armée syrienne a répliqué par des raids aériens et des tirs d'artillerie lourde provenant de la ville voisine de Ruhaybah.

Homs
Le quartier alaouite de Zahra, à Homs, a été frappé par une attaque à la voiture piégée.

Guerre au Yémen

Aden
Les positions des rebelles dans le sud du Yémen ont subi dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 avril les raids "les plus violents" de la coalition arabe emmenée par Riyad depuis le début des bombardements le 26 mars.
"A Aden, les raids ont commencé jeudi vers 22H00 (19H00 GMT) et ont été les plus violents depuis le début de l'opération « Tempête décisive ». Ils ont duré une bonne partie de la nuit, visant notamment le siège de la municipalité de Dar Saad à l'entrée nord d'Aden. Les raids se sont produits quelques heures après l'arrivée dans le bâtiment de renforts des miliciens chiites Houthis et des militaires fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh.
D'autres positions ont été également visées par les avions de la coalition, notamment les alentours du stade dans le centre-ville et des points de contrôle tenus par les rebelles.
Aucun bilan de ces raids n'était disponible dans l'immédiat.

Ataq
Les miliciens chiites d’Ansarullah, assistés par des militaires fidèles de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, ont pris le contrôle de la ville d’Ataq, la capitale de la province orientale de Chabwa où les Jihadistes d’al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) sont pourtant fortement implantés. Les assaillants auraient été aidés par quelques chefs de tribus exaspérés par les Jihadistes. Les miliciens chiites contrôlent désormais les bâtiments gouvernementaux et sécuritaires de la ville.
Peu après cette victoire des Chiites et des militaires rebelles, la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite a multiplié les raids aériens dans la province et ils ont été extrêmement violents. Une base de missiles, proche de la ville, a été visée, ainsi qu'un dépôt d'armes de la base de Morra, à l'ouest d'Ataq.
Il faut savoir qu’en prenant Ataq, les Chiites se sont rapprochés d’une importante installation d’exploitation et d’exportation de gaz dans la région de Belhaf, sur la mer arabique, d’où les efforts de la coalition arabe pour déloger les miliciens chiites de la région.

Lahj
Des positions rebelles ont également été prises pour cible aux environs de la ville de Lahj, située au nord d'Aden.

L’aviation égyptienne participe pour la première fois à des raids aériens
Les avions de chasse égyptiens ont pour la 1ère fois participé aux bombardements du Yémen, devenant ainsi le 3ème pays à mener des raids contre les Chiites yéménites.

Le Pakistan ne participera pas à la coalition arabe contre les Chiites yéménites
Le Parlement du Pakistan a rejeté à l’unanimité, vendredi 10 avril 2015, la demande de Riyad d'envoi de troupes, de navires et d’avions de guerre pakistanais pour participer à l’offensive contre les Chiites yéménites. Le Parlement a appelé Islamabad à rester neutre et à favoriser une solution pacifique dans ce conflit, en dépit de ses liens avec l’Arabie saoudite.
La décision du Parlement place le Pakistan dans une position difficile vis-à-vis de l’Arabie saoudite, un pays allié et un bailleur de fonds avec qui il coopère régulièrement en matière militaire. Mais il lui permet de ménager ses relations avec son puissant voisin iranien, farouchement hostile à l’Arabie saoudite.

Jihadisme international

France
TV5 Monde a encore fait une énorme erreur sécuritaire !
TV5 Monde a concédé vendredi 10 avril avoir commis une "bourde" après la diffusion à la télévision d'images montrant des mots de passe internet affichés sur les vitres d'un de ses bureaux, mais la chaîne a souligné que ces derniers avaient été scotchés après la cyberattaque dont elle a été victime et non pas avant.
Dans un reportage diffusé jeudi au journal de 13 heures sur France 2 et consacré à cette cyber attaque, un journaliste de TV5 Monde est interrogé devant une vitre où sont accrochées plusieurs feuilles de papier. Sur l'une d'elles est notamment inscrit le mot de passe du compte YouTube de TV5 Monde.
"Comme nous n'avions plus d'antenne, plus aucune messagerie en interne, plus aucun e-mail" du fait de la cyberattaque, "nous avons dû afficher de façon temporaire et transitoire des codes d'accès sur les murs afin que les journalistes qui auraient eu besoin de diffuser via le web puissent le faire de façon rapide", a expliqué Hélène Zemmour, directrice du numérique de TV5 Monde.

Pakistan
Le Pakistan a libéré le cerveau présumé des attentats de Bombay, qui avaient fait 166 morts en 2008, a-t-on appris vendredi 10 avril de sources pénitentiaire et politique. Cette libération risque bien d'attiser les tensions entre le Pakistan et son voisin indien.
Zakiur Rehman Lakhvi, environ 55 ans était considéré par l'Inde comme le cerveau du raid sanglant contre plusieurs sites de Bombay, dont un hôtel de luxe. Il a été libéré sous caution et se trouve depuis dans un lieu tenu secret pour raisons de sécurité.

USA
Un homme (converti à l'Islam) soupçonné de préparer un attentat-suicide "soi-disant au nom de l'Etat islamique" contre une base militaire au Kansas (centre des Etats-Unis) a été arrêté vendredi 10 avril, a indiqué le ministère américain de la Justice.
L'homme, John Booker, 20 ans, est soupçonné d'avoir voulu faire exploser un véhicule piégé contre la base militaire de Fort Riley près de Manhattan, au Kansas. Il a été arrêté alors qu'il mettait la dernière main à son projet d'attaquer des soldats américains sur le sol américain, selon le ministère.

Vidéo (langue anglaise) du ministère américain de la Justice :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6d3208bfc78b **

Jean René Belliard

 

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