09/04/2015

2015-04-09 – Guerres au Moyen orient et en Afrique du nord

Yémen - La moindre étincelle pourrait internationaliser le conflit. Les flottes iraniennes et égyptiennes vont bientôt se côtoyer dangereusement. Les Américains ravitaillent les avions de la coalition arabe en vol et la tension sunnite-chiite croit encore d'un cran au Liban - conséquence de la guerre au Yémen.


Algérie

Violences islamistes en Algérie
Les islamistes ont mené une guerre sanglante contre les forces de sécurité algériennes au cours des années 1990. Les affrontements ont considérablement baissé d’intensité mais des groupes jihadistes sont toujours actifs notamment dans le centre-est du pays. Plus de 100 islamistes ont été tués durant l'année 2014, selon des chiffres fournis par l'armée.
Jeudi 9 avril 2015, quatre islamistes ont encore été tués par l'armée à une quarantaine de km à l'est d'Alger.
"Un détachement de l'ANP (Armée nationale populaire) a abattu quatre terroristes, aujourd'hui jeudi 9 avril 2015 à 07h30, lors d'une opération de poursuite et de ratissage menée près de la localité d'Oued Ouakser", a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué.
L'opération a permis à l’armée de saisir deux fusils d'assaut Kalachnikov, un fusil semi-automatique Simonov, un pistolet automatique Beretta, deux appareils radio sans fil, une paire de jumelles, une importante quantité de munitions, des explosifs, trois téléphones portables, vingt et une puces téléphoniques et d'autres objets.

Egypte

Sinaï
Onze civils égyptiens, dont six femmes et quatre enfants, ont été tués mercredi 8 avril dans la soirée par des obus de mortier tombés sur leurs maisons dans un quartier du sud de Cheikh Zuweïd, non loin d'Al-Arich, chef-lieu de la province du Nord-Sinaï. L’armée combattait dans cette région les Islamistes d’Ansar Beït al-Maqdess, une branche locale du groupe Etat islamique (EI). Ce groupe s’est rebaptisé Province du Sinaï (Wilayat Sinaï) en novembre 2014 quand il a fait allégeance à l'EI. Pour les Jihadistes, la péninsule du Sinaï fait partie intégrante  du "califat" auto-proclamé par Abou Baker al-Baghdadi sur une partie de l'Irak et la Syrie.
Le groupe Ansar Beït al-Maqdess revendique régulièrement des attaques et attentats meurtriers visant les forces de l'ordre dans le Nord-Sinaï, mais aussi, plus rarement, au Caire.
Dans un autre quartier du sud de Cheikh Zuweïd, deux policiers ont également été tués mercredi soir par une bombe qui a explosé au passage de leur véhicule blindé. Trois autres ont été blessés.
Le 2 avril, le groupe jihadiste Province du Sinaï (anciennement Ansar Beit al-Maqdess) avait revendiqué cinq attaques coordonnées dans le sud de Cheikh Zuweïd qui avaient coûté la vie à 15 soldats et deux civils.
Outre leur volonté d'étendre le "califat" de l'EI au Sinaï, ces jihadistes assurent agir en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les partisans du président islamiste, Mohamed Morsi, depuis qu'il a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet 2013. Des centaines de policiers et soldats ont été tués dans des attentats et attaques depuis 2013, pour la plupart dans le Nord-Sinaï.
Dans le même temps, les forces de l'ordre ont tué plus de 1.400 manifestants pro-Morsi et emprisonné plus de 15.000 partisans du président déchu. Des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expédiés en quelques minutes et qualifiés par l'ONU de "sans précédent dans l'Histoire récente" du monde.

Groupe islamiste Ajnad Misr
Hammam Mohamed Attiyah, alias Magd al-Din al-Masri, leader d’Ajnad Misr (les soldats de l'Egypte), avait péri dans un échange de tirs avec les policiers dans un appartement de la banlieue-sud du Caire où il se réfugiait. L’échange de coups de feu a eu lieu quelques heures après qu'Ajnad Misr ait revendiqué un attentat à la bombe qui avait tué un policier chargé de la circulation dans le centre du Caire. La nouvelle de la mort du chef jihadiste a été annoncée, dimanche 5 avril par le ministère de l'Intérieur égyptien.
Ajnad Misr est un petit groupe jihadiste égyptien qui revendique régulièrement des attentats contre la police, principalement au Caire. Le groupe a reconnu dans un communiqué la mort de son chef et a nommé son successeur. 
"Nous sommes heureux d'annoncer à la Nation musulmane et aux combattants la nouvelle du martyre du chef Hammam Attiyah", lit-on dans le communiqué posté sur son compte Twitter. "Nous avons choisi Ezz al-Din al-Masri", pour le remplacer, poursuit le groupe sans autre précision.
La capitale égyptienne est secouée quasi-quotidiennement depuis plusieurs mois par l'explosion de petits engins de fabrication sommaire, souvent des bombes assourdissantes, mais certaines ont déjà tué des policiers et aussi quelques civils.

Iran

Y aura-t-il un accord sur le nucléaire iranien le 30 juin 2015 ?
L'Iran et les pays du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu la semaine dernière à Lausanne un accord-cadre, prélude à un accord final qui doit être signé d'ici fin juin et comprendre tous les détails techniques et juridiques.
Ce document d'étape de 4 feuillets fixe des paramètres sur les points clés de la négociation: enrichissement d'uranium, contrôle et inspections, sanctions et durée de l'accord.
Mais le calendrier de la levée des sanctions est l'un des sujets de désaccords entre les deux parties. Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, veulent une levée progressive, à mesure que les engagements de l'Iran seront vérifiés par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
L'Iran, de son côté, exige la levée de toutes les sanctions économiques au premier jour de l'application d'un accord avec les grandes puissances sur son programme nucléaire. C’est ce qu’a répété jeudi 9 avril 2015 Hassan Rohani, le Président iranien.
"Nous ne signerons aucun accord si les sanctions économiques imposées d'une façon injuste contre l'Iran ne sont pas totalement annulées le jour même de son application", a déclaré M. Rohani lors d'un discours à l'occasion de la Journée nationale de la technologie nucléaire, retransmis par la télévision d'Etat.
"L'accord ou l'opposition des puissances mondiales n'a affecté en rien la volonté du peuple iranien. Le peuple iranien ce cèdera pas aux pressions, aux sanctions et au langage de la force. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu la réalité de la République Islamique d’Iran, qui est un pays insoumis ", a précisé Hassan Rohani.
Et Rohani de poursuivre : «le peuple iranien préservera de toutes ses forces sa fierté nationale, et ne cédera pas aux pressions ».

Liban

Il fallait s’attendre à ce que la guerre au Yémen, entre l’Arabie saoudite et les Chiites yéménites soutenus par l’Iran relance la tension au Liban. Tout a commencé par une émission de la télévision nationale, Télé-Liban L'émission a été considéré comme franchement hostile à l’Arabie saoudite par beaucoup de Libanais sunnites. L’émission a aussitôt déclenché les passions…et les insultes…entre Libanais sunnites et chiites.
Mercredi 8 avril, Saad Hariri, ancien premier ministre et fils de Rafiq Hariri, le premier ministre assassiné en 2005, a fait une déclaration incendiaire contre la république iranienne et le Hezbollah.
« Comme si les problèmes que le Hezbollah cause aux Libanais n'étaient pas suffisants, il ne manquait plus au parti que d'impliquer Télé-Liban dans la lutte politico-médiatique et l'entraîner dans le piège de la participation au "show d'insultes" contre l'Arabie saoudite et son leadership, diffusé par la télévision officielle syrienne al-Ikhbariya il y a deux jours, via l'interview du secrétaire général du Hezbollah », a déclaré M. Hariri.
« Ce qui nous concerne à cet égard, a-t-il souligné, c'est l'utilisation de postes et de tribunes de l'État libanais pour attaquer un pays arabe et insulter l'Arabie saoudite, ses symboles et son rôle, tout comme le font certains journaux et personnes qui veulent que le Liban tombe dans le piège de l'hostilité envers ses frères arabes, pour satisfaire l'Iran et sa politique dans la région. Le silence à cet égard est inacceptable et injustifié, que ce soit sous le prétexte de respecter les exigences du dialogue – que nous voulions et voulons toujours en toute honnêteté et sincérité – ni sous le prétexte de faire prévaloir l'intérêt national sur les intérêts étrangers, surtout quand nous constatons que d'autres exposent cet intérêt à des risques quotidiens, et œuvrent jour et nuit afin de relier le Liban à tous les conflits régionaux : des batailles de Tikrit et Mossoul en Irak, aux batailles de Qalamoun, Soueida, Alep et Yarmouk en Syrie, en passant par les attaques menées par les houthis à Sanaa, Aden et Taez. »
« Il est déplorable et douloureux de voir le Liban exploité à ce point et de voir certaines de nos tribunes partenaires des tribunes de l'assassin Bachar el-Assad pour attaquer un État qui a toujours été bienveillant envers les Libanais et dont les dirigeants ont toujours soutenu le Liban. Depuis la création de l'État indépendant, les Libanais ont pu voir la contribution de l'Arabie saoudite pour mettre fin à la guerre civile, son refus de toutes les formes de combats entre les Libanais, et son appui pour contrer les effets dévastateurs des guerres israéliennes, dont la dernière remonte à 2006. »
Et M. Hariri d'ajouter : « L'histoire a écrit et écrira en lettres d'or ce que l'Arabie saoudite a offert au Liban. Les langues venimeuses ne seront pas en mesure de changer cette réalité ou de le déformer. Ce que l'Arabie saoudite a fait et continue de faire aujourd'hui exprime sa foi en son rôle visant à protéger l'identité arabe, et défendre les droits des peuples arabes à la sécurité, la stabilité et le progrès, contrairement à l'Iran et à d'autres pays qui s'efforcent de détruire cette stabilité et de transformer les capitales arabes en des arènes ouvertes de chaos confessionnel et armé. »
« Depuis que l'Iran a décidé d'exporter sa révolution au Liban, a poursuivi M. Hariri, elle a continuellement fourni aux Libanais de quoi alimenter la division et les conflits civils. Cela a commencé au sein de la communauté chiite par ce qui a été connu dans les années 80 par la guerre des frères entre le mouvement Amal et le Hezbollah. Puis le conflit s'est déplacé aux autres composantes libanaises, et l'Iran a fait du Hezbollah une milice armée et une force militaire organisée qui œuvre sous la direction des gardiens de la révolution iranienne et accomplit ses missions hors du cadre de l'État libanais, ses lois et ses institutions légitimes. »
« Tout le monde sait que l'Iran ne respecte pas les pays arabes et leurs institutions officielles et cherche à infiltrer les sociétés, à alimenter le tribalisme sectaire et à parrainer les partis et forces qui tombent sous le commandement des gardiens de la révolution ou du projet stratégique de la République islamique d'Iran, a encore souligné M. Hariri. Cela a été démontré au Liban il y a 35 ans avec la naissance du Hezbollah des entrailles iraniennes et cela se répète au Yémen avec la montée de l'organisation armée houthi, connue sous le nom d'Ansarullah, appuyée par les gardiens de la révolution depuis 2002. »
« L'Iran veut cloner le modèle libanais au Yémen, et a travaillé pendant des années pour transformer les Ansarullah houthis en une copie du Hezbollah libanais, pour devenir un outil entre ses mains et atteindre les portes de La Mecque et du golfe Persique, a ajouté M. Hariri. L'Arabie saoudite a essayé, jusqu'à la dernière minute, de résoudre ce problème par des moyens politiques et a appelé au dialogue, mais en vain. C'est ainsi qu'a été lancée la Tempête de la fermeté et l'alliance arabe pour empêcher le Yémen de faire l'erreur que le Liban a commise. »
Et le leader du courant du Futur de conclure : « Si nous, au Liban, traitons cette erreur conformément aux obligations imposées par l'intérêt national, pour éviter la discorde et la poursuite de l'ingérence iranienne dans notre vie commune, la responsabilité nous oblige à ne pas garder le silence et de réitérer l'appel à garder le Liban neutre vis-à-vis les guerres environnantes et refuser d'y participer. Mais en même temps, nous devons protéger les intérêts du Liban en nous opposant aux voix indécentes qui offensent l'Arabie saoudite et ses dirigeants ».

Guerre en Libye

Sud libyen
De violents combats auraient lieu depuis plusieurs jours pour le contrôle de l’aéroport civil et militaire d’al-Shatti Brak entre la Troisième Force du Bouclier libyen, une milice islamique et l’armée nationale libyenne commandée par le général Khalifa Haftar.
La base est située à environ 500km au sud de Tripoli et juste au nord de Sebha.

Guerre en Syrie

Province de Homs
Les jihadistes de l’État islamique (EI) ont tué jeudi 9 avril 17 soldats et supplétifs de l'armée syrienne dans une attaque contre deux barrages dans la province centrale de Homs. Il s’agit des barrages d’Oum Tababir et Hannoura situés dans l'est désertique de la province de Homs".
Les Islamistes se sont emparés des armes et des munitions des soldats de l’AAS.  a indiqué l'OSDH, en précisant qu'ils avaient aussi subi des pertes dans leurs rangs, sans en préciser le nombre.
"L'EI multiplie les attaques contre les forces pro-gouvernementales dans l'est de la province pour tenter d'avancer vers les zones contrôlées par le régime et accroître sa popularité dans cette région" à majorité sunnite, a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.
Le régime contrôle la majorité de cette province alors que l'EI se concentre dans l'est désertique. Le 29 mars, l'EI avait déjà mené une attaque dans la même région, tuant 20 soldats et miliciens.

Guerre au Yémen

L’Iran envoie une flotte navale dans le golfe d’Aden
L'Iran a envoyé sa 34ème flotte navale dans le Golfe d'Aden pour assurer la protection des routes maritimes, a rapporté mercredi Press TV.
"La flottille qui comprend le navire de logistique Bushehr et le destroyer Alborz, a quitté la ville portuaire iranienne de Bandar Abbas mercredi", a annoncé le commandant-amiral de la marine iranienne, Habibollah Sayyari, cité par le site chinois Xinhua.
La flotte "assurera la protection des navires commerciaux iraniens et protègera les intérêts de la République islamique d'Iran en haute mer", a-t-il souligné, ajoutant que la flottille entend également assurer la protection des navires contre les pirates. Les navires devraient patrouiller dans le secteur pendant trois mois, selon les médias iraniens.
L'Iran avait déjà envoyé, dans le passé, des flottes pour ce genre de mission dans le Golfe d'Aden. Mais cette nouvelle initiative prend une toute autre tournure alors que les frappes aériennes lancées par la coalition arabe conduite par l’Arabie saoudite visent les miliciens chiites, notamment dans la région du détroit de Bab al-Mandeb. 
La présence de bateaux iraniens dans le golfe d'Aden risque de faire monter la tension car des navires égyptiens se trouvent également dans le détroit de Bab al-Mandeb pour participer à l’offensive contre les miliciens chiites d’Ansarullah.
L’accès aux ports de la mer rouge pour les bateaux iraniens est un impératif stratégique pour Téhéran. En effet, les miliciens chiites ont besoin d’armements et de munitions. Or, à présent qu’ils contrôlent des ports sur la mer rouge, l’Iran pense être en mesure de leur acheminer le matériel militaire dont ils ont besoin.

Les Etats-Unis menacent l’Iran
"L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays", a déclaré M. Kerry, le secrétaire d’Etat américain, dans une interview à la chaîne PBS. "Il y a eu - il y a, de toute évidence - des vols en provenance d'Iran. Chaque semaine, il y a des vols d'Iran, nous les avons localisés et nous le savons", a ajouté le secrétaire d'Etat.
Tout en précisant que les Etats-Unis ne cherchaient pas la confrontation, John Kerry a tenu à avertir l’Iran : "Nous n'abandonnerons pas nos alliances et nos amitiés", ajoutant que les Etats-Unis étaient convaincus de "la nécessité de se tenir aux côtés de ceux qui se sentent menacés en raison des choix que l'Iran pourrait faire".
Il s'agit de la première mise au point à destination de Téhéran de John Kerry depuis son retour à Washington, après la conclusion d'un accord-cadre entre les grandes puissances et Téhéran sur le nucléaire iranien.
Sur le plan militaire, l'armée de l'Air américaine a commencé à ravitailler en vol les avions de chasse de la coalition arabe qui bombardent le Yémen.
Le premier ravitaillement a eu lieu mardi soir 7 avril. Un KC-135 Stratotanker de l'US Air Force a fourni du carburant à un F-15 saoudien et à un F-16 des Emirats arabes unis, a indiqué le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone.
"Les avions ravitailleurs vont sortir tous les jours", a ajouté le colonel Warren.
A noter qu’une douzaine de soldats américains travaillent avec leurs collègues saoudiens sur une base de Riyad. L’information a été communiquée par des responsables militaires américains.
Le président Barack Obama avait promis d'apporter un soutien logistique et de renseignement à la coalition arabe qui affronte les miliciens chiites d’Ansarullah.

L’Iran menace l’Arabie saoudite
Le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé jeudi 9 avril les frappes menées par l'Arabie saoudite contre les Chiites yéménites. Il demande l'arrêt immédiat de ces "actes criminels".
"Cette action dans la région est inacceptable", a déclaré le chef spirituel iranien à l'adresse du gouvernement saoudien. Les propos de l’ayatollah Khamenei ont été diffusés sur le site officiel de son bureau (www.leader.ir).
De son côté, le Président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique extérieure du parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a affirmé que « l’Arabie s'imaginait qu’avec quelques jours de bombardement, elle pourrait faire main basse sur le Yémen et d’en prendre le contrôle. Mais, elle ne se rend pas compte qu’elle s'enlise dans un bourbier qui affecterait ses propres intérêts».

L’Iran tente de détourner des pays sunnites de l’Arabie saoudite
L'Iran a tenté cette semaine de rallier le Pakistan, la Turquie, Oman et le Pakistan, des pays ayant des liens avec l'Arabie saoudite, pour les dissuader de supporter la coalition arabe contre les Chiites yéménites.

Un acte hostile de l’Arabie saoudite à l'encontre de pèlerins iraniens
Témoin de la tension entre Riyad et Téhéran, les autorités saoudiennes ont annoncé avoir empêché mercredi 9 avril un avion transportant des pèlerins iraniens d'atterrir en Arabie saoudite. Les autorités ont justifié leur décision en affirmant que l'appareil n'avait pas les autorisations préalables pour atterrir.
L'appareil transportait 260 pèlerins iraniens.

Une opération française d’évacuation d’étrangers  qui a failli  mal tourner à Aden
Les militaires français ont tenté d’évacuer les ressortissants de différentes nationalités d’Aden pour les conduire à Djibouti. L’opération a failli tourner au drame lorsque les militaires français ont été pris sous les tirs d’hommes armés.
"Au départ, l'idée était de récupérer les civils sur des structures portuaires" à hauteur d'Aden, la grande ville du sud du Yemen, a expliqué le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Gilles Jaron, lors du point de presse hebdomadaire du ministère de la Défense. La Les marins de la frégate Aconit avaient été chargés de la mission de récupération.
Lorsque les tirs ont commencé, "il a fallu reconsidérer la manœuvre et diriger (les civils) vers des plages où nous avons pu les récupérer quelques heures plus tard", a ajouté le colonel Jaron.
Une "véritable course contre la montre" s'est alors engagée car les ressortissants (français et étrangers) s'étaient "dévoilés" et couraient le risque d'être "suivis" par des groupes armés qui peuvent toujours être tentés de les utiliser comme "monnaie d'échange" ou moyen de "pression", a-t-il expliqué.
"Il a fallu vite déterminer un autre point de récupération" qu'ils ont pu rejoindre par leurs propres moyens et où des militaires français les attendaient avec des embarcations.
"C'est une opération qui s'est faite sous tension du feu et du temps", a souligné le porte-parole. La Marine française a évacué au total 109 personnes, dont 39 Français, samedi 4  et dimanche 5 avril. Trois bâtiments avaient été mobilisés pour la circonstance.

Jihadisme international

France
La chaîne francophone TV5 Monde a été piratée vers  22H00 (20H00 GMT) mercredi 8 avril 2015 par des individus se réclamant de l’Etat islamique (EI).
"Nous ne sommes plus en état d'émettre aucune de nos chaînes. Nos sites et nos réseaux sociaux ne sont plus sous notre contrôle et ils affichent tous des revendications de l'Etat islamique", a dit M. Bigot, directeur général de la chaîne.
Par ailleurs, des documents présentés comme des pièces d'identité et des Curriculum Vitae de proches de militaires français impliqués dans les opérations contre l'Etat islamique ont été postés sur le compte Facebook de TV5 Monde par les pirates.
TV5 Monde a réussi à reprendre le contrôle de ses pages Facebook vers minuit, mais la chaîne restait dans l’incapacité d’émettre ses programmes au cours de la nuit du 8 au 9 avril.
On pouvait lire sur Facebook le message suivant, posté sur la page de TV5 Monde :
"Soldats de France, tenez-vous à l'écart de l'Etat islamique! Vous avez la chance de sauver vos familles, profitez-en". "Au nom d'Allah le tout Clément, le très Miséricordieux, le CyberCaliphate continue à mener son cyberjihad contre les ennemis de l'Etat islamique", ajoute le texte.
Le message accusait le président français François Hollande d'avoir commis "une faute impardonnable" en menant "une guerre qui ne sert à rien", et affirmait que le CyberCaliphate était "en train de rechercher les familles de militaires qui se sont vendus aux Américains".
CyberCaliphate n’est pas connu comme un groupe officiel de l'Etat islamique. Il s’est fait connaître en janvier 2015 en attaquant le compte Twitter et YouTube du Pentagone, diffusant sur ces sites le film  «Flames of War ».

Identité probable de l’auteur de l’attaque contre TV5 Monde
Le CyberCaliphate serait le fait d’Ahmad Abousamra. Il serait le spécialiste de la guerre cybernétique pour le compte de l’Etat Islamique. Il est originaire de Stoughton, Massachusetts (USA). Il est le fils d'un endocrinologue important et était sur la liste des doyens de l’Université du nord. 

Coalition internationale

Canada
Le Canada a mené ses premières frappes aériennes contre les positions de l'Etat islamique (EI) en Syrie, a annoncé mercredi 8 avril 2015 le ministère canadien de la Défense.
"Deux F-18 canadiens, à l'aide de munitions à guidage de précision, ont participé à une frappe aérienne contre une garnison de l'EI" à proximité de la ville de Raqqa, bastion du groupe jihadiste, a indiqué le ministère dans un communiqué.
Le raid aérien a réuni dix avions de la coalition internationale parmi lesquels six chasseurs américains, selon le ministère, qui n'a pas précisé le ou les pays des deux autres appareils.
"La première frappe aérienne des Forces armées canadiennes a été exécutée avec succès", a déclaré le chef d'état-major de la Défense canadienne, le Général Tom Lawson. Les appareils sont rentrés à leur base en toute sécurité.
Les avions canadiens avaient précédemment effectué trois sorties au-dessus de la Syrie, mais sans procéder à des frappes.
La Chambre des communes avait autorisé, le 30 mars 2015, Stephen Harper, le Premier ministre, à élargir à la Syrie la participation du Canada à la coalition internationale contre l'Etat islamique
Initialement la participation canadienne à la coalition internationale était limitée à l'Irak et pour six mois seulement. Elle a été prolongée d’un an par la Chambre des communes.
"Nous ne pouvons pas rester en marge pendant que l'EI continue à lancer des appels au terrorisme contre le Canada (...) et nous ne pouvons pas non plus leur permettre de se réfugier en Syrie", avait estimé M. Harper pour justifier les frappes des avions canadiens en Syrie.
Le Canada a dépêché auprès de la coalition internationale six chasseurs F-18, deux avions de surveillance Aurora, un avion de ravitaillement en vol et deux autres de transport. Environ 600 militaires sont basés au Koweït en soutien logistique.
Quelque 70 membres des forces spéciales sont depuis septembre 2014 chargés de conseiller et d'assister les forces kurdes dans le nord de l'Irak. L'un de ces soldats a été tué le 6 mars, pris par erreur pour cible par les milices kurdes.

Jean René Belliard

 

 

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