19/03/2015

19 mars 2015 - Nouvelles du monde arabo-musulman

Les nouvelles de la journée concernent surtout les suites de l'attaque contre le musée Bardo à Tunis et ses réactions.

J'avais failli signaler une menace jihadiste contre la Tunisie parue mardi 17 mars sur un compte Twitter. Je ne l'avais pas transmise car il me manquait une identification. Aujourd'hui, vous trouverez copie d'une menace contre l'Arabie saoudite.


Arabie saoudite

L’Etat islamique menace l’Arabie saoudite
Je n‘avais pas porté assez d’attention aux menaces proférées par le franco-tunisien Aboubaker al-Hakim annonçant, mardi 17 mars, des évènements en Tunisie. Le lendemain, des Jihadistes attaquaient le musée Bardo, au cœur de Tunis, tuant 21 personnes.
C’est pourquoi nous allons prendre aujourd'hui très au sérieux les menaces proférées par vidéo par un responsable de l’Etat Islamique de nationalité saoudienne appelant les partisans de son pays à tuer leurs proches et à quitter le pays pour rejoindre les rangs de l'EI. La vidéo a été reprise par le site appelé « Bureau médiatique de la Wilaya Baraqat ». La Wilaya Barakat est le nom donné par l’Etat Islamique à la région de Hassaké, au nord de la Syrie.
« Nos partisans de l’intérieur et tous ceux qui sont abusés doivent se mobiliser et rejoindre les rangs de l’organisation », explique l’orateur. C’est à travers cela que la religion s’installe, poursuit-il.
«  Aux frères de la péninsule des Arabes, ceux qui ont les bras liés par une quelconque excuse, répudiez les gens, a commencer par vos proches. Ceci est la bonne action et les plus proches sont ceux qui le méritent avant les autres. Répudiez vos pères, vos frères et vos oncles. La meilleure de toutes les actions est l’acte de loyauté et de répudiation. Si l’un d’entre eux travaille dans le corps militaire, vous devez le répudier d’abord puis le tuer. Incitez ceux que vous connaissez à observer le principe de " loyauté et de répudiation" », explique le chef jihadiste.
Et de conclure sur le même ton : «  Si vous rencontrez  quelqu’un qui veuille se mobiliser, dites lui de tuer un soldat ou deux en premier, puis de rejoindre les rangs de l’organisation ». 
 
En attendant, les Etats-Unis ont maintenu, ce jeudi 19 mars, la fermeture de leurs services consulaires, ce qui représente une interruption de leur activité de cinq jours.

Front irakien

L’Etat islamique poursuit sa politique de la terre brûlée
Les Jihadistes de l’État islamique ont encore détruit à l’explosif des parties de l'ancien monastère de Mar Behnam près de la ville à majorité chrétienne de Qaraqosh, au sud-est de Mossoul.
Les photos, publiées par les Jihadistes montrent le complexe funéraire du monastère, datant du 4ème siècle de Mar Behnam et Mar Sarah (Mar veut dire « saint » en arabe). Le bâtiment n’est plus que des décombres. Mar Behnam et Mar Sarah avaient été convertis au christianisme par Saint Mathieu.
Le site religieux appartenait à l'église assyrienne d'Orient. Le monastère avait été occupé en Juillet 2014 par les Islamistes, forçant les moines à prendre la fuite.
Rappelons que, le 26 février, les Jihadistes avaient détruit des objets datant de 4000 ans à l’intérieur du musée de Mossoul, ainsi que la porte Nergal de l’ancienne Ninive. Au début du mois de mars, ils nivelaient au bulldozer la ville de Hatra, vieille de 200O ans et le site archéologique de Nemrod, près de Mossoul.
C’est la mémoire de l’humanité qui disparaît ainsi de la surface de la terre sans espoir de pouvoir un jour la reconstituer.

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Le monastère avant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LiveLeak-dot-com-738_1426780534-behnam-monastery-isis-blown_1426780571_jpg_resized.jpgLa destruction du monastère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ramadi
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont réussi à faire sauter une position de l’armée irakienne dans la ville de Ramadi. Ils ont utilisé un modus operandi qui a fait ses preuves en Syrie voisine. Il consiste à creuser un tunnel, le bourrer d’explosifs et le faire sauter sous les pieds de l’adversaire. Le bâtiment occupé par l’armée irakienne a été entièrement détruit, provoquant le mort d’au moins treize soldats.
Au début, l’Etat-major irakien a cru qu’il s’agissait d’un erreur de la coalition internationale, compte tenu de l’ampleur des destructions mais il s’est vite rendu à l’évidence que les dégâts avaient été provoqués par des explosifs amassés en-dessous de la position militaire. 
Les forces anti-gouvernementales irakiennes combattent depuis plus d’un an contre les insurgés sunnites pour le contrôle de la ville de Ramadi située à 100 km à l'ouest de Bagdad. Elles tentent de les en déloger mais n'y sont pas complètement parvenues et elles sont régulièrement cibles d'attaques.

Front syrien

Alep
Les Jihadistes n’ont, semble-t-il, pas réussi à conserver leurs gains territoriaux sur l’aéroport de Kwaires, situé à l’est d’Alep. Les combattants jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et ceux d’Ahrar ash-Sham n’ont pas réussi à dépasser la première ligne de défense de la base. Les rebelles auraient perdu 29 combattants au cours des affrontements.
A Handarat, au nord d’Alep, plusieurs assauts menés par le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), Jeich al-Moujahidin et Ahrar ash-Sham contre les villages de Bashkoy et Handarat ont échoué. L'Armée Arabe Syrienne (AAS) et les Forces de défense nationale (FDN) ont réussi à les repousser avec l’appui de l’aviation militaire syrienne.
Selon une source militaire, le nombre de membres des FDN et de l’AAS tués au cours des deux dernières semaines à Handarat et Bashkoy se monte à 76 (18 soldats de l’AAS et 58 miliciens des FDN).
De l’autre côté, le Front al-Nosra, Jeich al-Moujahidin et Ahrar ash-Sham auraient eu 304 tués. Parmi les morts figure un commandant Tchétchène. Il s’agit de Rusha al-Shishani.

carte d'Alep - 2015-03-19.jpgLa situation militaire autour d'Alep

 

 

 

 

 

 

 

 


Province de Hassaké
Les forces kurdes de l’YPG poursuivent leur avance au détriment de l’Etat Islamique dans la région de Hassaké. Elles ont pris le contrôle de deux collines stratégiques  surplombant la localité de Aliyat, à l’ouest.

Ras el-Aïn (province de Hassaké)
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont, eux, progressé à proximité de la frontière entre la Syrie et la Turquie. Ils se sont emparés de cinq villages proches de Ras al-Aïn.
Pour contrer l’offensive, le Hezbollah libanais a dépêché à partir du Liban une centaine de miliciens aux côtés des combattants de l’YPG.  Les combattants libanais, acclamés par les Kurdes à Ras el-Aïn, auraient aussitôt rejoint les lignes de front 

Tunisie

Attentat du musée Bardo à Tunis
L’Etat islamique (EI) a finalement revendiqué l'attentat contre le musée Bardo de Tunis qui a coûté la vie à 21 personnes, mercredi 18 mars 2015. Le message audio a été diffusé jeudi 19 sur les sites jihadistes.
Il n’est pas certain pour autant que l’Etat Islamique ait exécuté l’attentat. Le fait qu’un des auteurs de la fusillade soit originaire de Kasserine laisserait plutôt penser à une responsabilité d’al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). Mais il faut savoir que, d’une part, les deux organisations se livrent une guerre de propagande et de communiqués et que, d’autre part, au sein de la base salafiste, les frontières sont très floues entre les deux organisations.

Les Jihadistes avaient également des explosifs
On a évité de justesse un massacre encore plus grand à l'intérieur du musée Bardo. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a révélé, jeudi 19 mars, que les auteurs de l'attaque sanglante contre le musée du Bardo de Tunis portaient sur eux des "explosifs" et qu'ils avaient l'intention de les mettre à feu au milieu de la foule des touristes. 

La chasse à l’homme se poursuit
La présidence tunisienne a annoncé jeudi l'interpellation de neuf personnes suspectées d'avoir été en relation avec les deux assaillants responsables de l'attaque du musée du Bardo la veille qui a fait 21 morts.
"Le chef du gouvernement (...) a indiqué que les forces de sécurité avaient pu arrêter quatre éléments en relation directe avec l'opération (terroriste) et cinq autres soupçonnés d'être en relation avec cette cellule".

Kasserine
Kasserine, située à proximité de la frontière algérienne et à quelque 70 kilomètres à l’ouest de Sidi Bouzid, avait été la deuxième ville à entrer dans la révolution dite du « jasmin ».
La ville est très vite devenue un haut lieu salafiste dans le pays. Fin décembre 2012, les autorités tunisiennes avaient annoncé l’arrestation dans cette zone de seize hommes liés à el-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), tandis que 18 autres personnes étaient recherchées. A partir de la mi-janvier 2013, l’armée tunisienne menait des opérations de ratissage dans la région qui s’étend entre Kasserine et la frontière algérienne.
Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2013, une opération de police destinée à appréhender trois Salafistes provoquait de violentes manifestations dans la ville au cours desquelles plusieurs membres des forces de l’ordre étaient blessés.
Le 27 mai 2014, les Jihadistes attaquaient la maison de famille du ministre de l’intérieur, Lotfi Ben Jeddou, située à Kasserine. Les assaillants tiraient sur les policiers en faction en criant « Allah Akbar », tuant quatre d’entre eux. Pour M. Ben Jeddou, l'assaut était une « vengeance » après « une série de succès » des forces de l'ordre tunisiennes dans la lutte antiterroriste. Il ajoutait que les auteurs de l'attaque étaient « aguerris » et « entraînés à tuer », assurant que l'un d'eux avait combattu au Mali.

Front yéménite

Aden
Encore un peu plus de confusion ! La situation s’est brutalement détériorée ce jeudi 19 mars 2015. De violents affrontements ont opposé dans la nuit du 18 au 19 mars les partisans et les adversaires du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Les combats se poursuivaient dans la matinée du 19 à proximité de l’aéroport international d'Aden, obligeant les autorités aéroportuaires à interrompre le trafic aérien, tous les accès à l'aéroport étant tenus par des hommes en armes.
Les combats ont éclaté après le déploiement sur plusieurs axes routiers, y compris près de l'aéroport, d'unités des forces spéciales, dirigées par le général Abdel Hafedh al-Sakkaf. Celui-ci entendait s’opposer à son limogeage  par le président Hadi, arrivé à Aden le 21 février après avoir fui la capitale Sanaa occupée par les milices chiites d’Ansarullah.
Des membres des "comités populaires", des supplétifs de l'armée, partisans de M. Hadi, ont réagi au déploiement des fidèles du général al-Sakkaf, provoquant des affrontements dans divers secteurs de la ville.
Un avion rebelle a mené dans la journée un raid contre le palais présidentiel à Aden, entraînant une riposte de la DCA et une mise à l’abri du président Hadi. L’attaque a échoué, ne provoquant ni dégâts ni victimes.
En fin de journée, on apprenait que les partisans fidèles au général al-Sakkaf avaient été mis en déroute par leurs adversaires qui ont repris le secteur de l’aéroport et occupé le campement des forces spéciales situé au nord de l’aéroport. Le général rebelle n’avait pas d’autres alternatives que de fuir Aden en toute hâte pour échapper à une arrestation. Aux dernières nouvelles al-Sakkaf se serait rendu au gouverneur de la province de Lahj, Ahmed al-Majidi, qui avait offert sa médiation" entre le général rebelle et le président.
Selon un bilan provisoire, les combats auraient fait sept morts au sein des forces spéciales et  23 rebelles auraient été blessés alors que les "comités populaires" ont déploré la mort de quatre des leurs tandis que 31 étaient blessés.

D’autres violences
Aden et le Yémen sont depuis la révolution dite du « printemps arabe » en proie à toutes sortes de violences.
En marge des combats entre les « comités populaires » et les fidèles du général al-Sakkaf, on apprenait, ce jeudi 19 mars, qu’un membre des forces spéciales avait été tué et quatre autres blessés dans un affrontement avec les partisans du président Hadi qui ont eu trois blessés. Les affrontements ont eu lieu près d'un complexe de l'administration locale dans le centre-ville d’Aden.
En outre, les "comités populaires" ont fait prisonniers 15 membres des forces spéciales, qui étaient en faction devant l'antenne locale de la Banque centrale du Yémen.
Plus au nord, cinq agents des forces de sécurité ont été tués et 7 autres blessés dans une attaque par des inconnus contre leur caserne à Houta, chef-lieu de la province de Lahj.
Enfin, le groupe Ansar Al-Charia, émanation locale d'Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA), a revendiqué jeudi l'assassinat la veille du journaliste Abdel Karim al-Khiwani.

Un responsable chiite tué à Sanaa par al-Qaïda
Abdel Karim al-Khiwani, un journaliste réputé, occupait également des fonctions de responsabilité au sein d’Ansarullah, la milice chiite qui a pris le contrôle de Sanaa.
Dans un bref communiqué mis en ligne sur Twitte, Ansar Al-Charia a expliqué que "deux de (ses) combattants circulant à moto ont tiré sur le dirigeant houthi Abdel Karim al-Khiwani à Sanaa (...), avant de se retirer".
Abdel Karim al-Khiwani, membre du "Comité révolutionnaire" etait connu pour être proche du chef de la milice chiite, Abdel Malek al-Houthi. Il s'était vu attribuer en 2008 le prix spécial d'Amnesty International pour les journalistes en danger. Il avait été alors harcelé, intimidé et emprisonné pour ses écrits dans un journal en ligne qu'il éditait, du temps de l'ex-président Ali Abdallah Saleh qu'il critiquait régulièrement.
Abdel Karim al-Khiwani avait représenté la milice chiite à la conférence du dialogue national qui, en janvier 2014, avait jeté les bases d'une nouvelle Constitution et retenu le principe de transformer le Yémen en un Etat fédéral avec six régions, un projet sur lequel les Houthis (chiites) se sont finalement opposés.

Jihadisme international

Australie
Sur le site Twitter de la Jihadiste australienne Zahra Domane, originaire de Melbourne, on peut lire «  Aux Etats-Unis et à l’Australie, nous sommes 5 femmes nées sur votre sol. Aujourd’hui nous sommes impatientes de nous abreuver de votre sang».
Le texte est accompagné des photographies de 5 femmes en tenue noire avec niqab, arborant des mitrailleuses à proximité d’une voiture BMW. BMW_Daesh.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon le Daily Mail, la BMW affichée sur les photographies  appartiendrait à un salafiste australien ; Mohammad Allomar.

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Domane est une australienne de 21 ans. Domane.jpg

 

 

 

 

 

Elle s’est rendue célèbre depuis qu’elle a quitté son pays, pour rejoindre à Raqqa son petit ami, Mahmoud Abdel Latif, l’y épouser et s’enrôler dans l’organisation de l’Etat Islamique. Latif a depuis été tué en janvier 2015.
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Le mari de Domane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard
 

 
 
 

 

 

 

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