17/03/2015

17 mars 2015 - Nouvelles du monde arabo-musulman

L'information la plus importante est l'arrêt de l'offensive de l'armée irakienne et des milices chiites contre la ville de Tikrit, aux mains des Jihadistes de l'Etat Islamique depuis juin 2014, en raison des pertes élevées.


Arabie saoudite

Que se passe-t-il réellement en Arabie saoudite ?
Alors que L'Iran et les Etats-Unis affirment être proches d’un accord sur le programme nucléaire iranien, les autorités américaines annoncent avoir décidé de prolonger d’une journée, le mardi 17 mars, la suspension des services consulaires dans le royaume en raison des risques d’attentats.
"Nous avons jugé préférable de ne pas ouvrir au public en raison de nos inquiétudes sécuritaires", a déclaré à l'AFP l'attaché de presse américain Johann Schmonsees.
S’attend-on, à Washington, à une réaction de mauvaise humeur dans le cas d’un accord sur le nucléaire avec Téhéran ? Affaire à suivre ! 

Front irakien

Kirkouk (province)
Des progrès ont été réalisés par les Peshmergas kurdes dans les villages de Wahda, Saada et Khalid, dans la province de Kirkouk, avec l’aide des frappes de la coalition internationale.

Mossoul
Les Peshmergas kurdes ont bombardé des positions de l’EI dans une région forestière au centre de la province de Mossoul. Les Kurdes occupent déjà plusieurs secteurs dans la région tandis que les Jihadistes en contrôlent d’autres.

Samarra
Une video impressionnante de l’attaque d’un poste de police dans le secteur de Samarra. Les trois premières minutes sont une harangue des troupes par un commandant. Mais la suite est instructive :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1e691b3a627b

Tikrit : l’armée irakienne interrompt son offensive
Les troupes irakiennes et les milices chiites auraient subi d’énormes pertes lors de la bataille de Tikrit. C’est sans doute la raison pour laquelle le ministre de l’intérieur irakien, Mohammed al-Ghabban, a annoncé que l’offensive avait été interrompue, lundi 16 mars, en attendant des frappes aériennes plus conséquentes. L’explication donnée par le ministre est la volonté du gouvernement d’éviter les pertes au sein de la population civile.
Vidéo (langue anglaise)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c7392410f359
Vidéo (de l’armée irakienne) des combats en terrain découvert aux abords de Tikrit. La vidéo est prise par une gopro fixée sur un casque :
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Vidéo des violents combats de rue (armée irakienne) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=234f6566ddd7
Vidéo de propagande mise en ligne par le Hezbollah irakien (une milice chiite) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f7b2db791cb1

De nouvelles exécutions par l’Etat Islamique
L’Etat Islamique prend très au sérieux la résistance qui apparaît contre lui, ici ou là, dans les zones qu’il contrôle. C’est ainsi que quatre hommes ont été décapités si on en croit les photos mises en ligne sur internet, mardi 17 mars. Les quatre hommes étaient accusés de vouloir recruter des volontaires pour combattre au côté des forces gouvernementales irakiennes dans la province de Salaheddine.
Les photos montrent les quatre hommes vêtus de noir, à genoux dans une rue déserte avec derrière eux des bourreaux debout brandissant un couteau. D'autres photos montrent leur décapitation.

Les Kurdes accusent l’EI d’avoir utilisé du gaz chloré
Un haut gradé kurde a affirmé lundi 16 mars 2015 avoir la preuve que les jihadistes de l’Etat islamique (EI) ont utilisé du gaz chloré contre les peshmergas kurdes à trois reprises dans le nord de l'Irak.
Le général Aziz Wassi a déclaré que les jihadistes avaient eu recours au gaz chloré en décembre 2014 dans le secteur de Sinjar, puis à deux autres reprises, en janvier 2015, à l'ouest de Mossoul.
Les autorités kurdes avaient déjà fait mention samedi 14 mars d'une attaque au gaz chloré remontant au 23 janvier 2015. Le général Wassi s'est refusé à dire si des échantillons des deux autres attaques présumées avaient été analysés par un laboratoire international, en plus de ceux du 23 janvier.
Vidéo du bombardement au gaz chloré. La vidéo montre des Peshmergas couchés après avoir inhalé le gaz. Le gaz réagit avec l’eau dans les muqueuses des poumons pour former de l’acide hydrochlorique qui peut être fatal :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=90a8e1fd65c0

Politique de la terre brûlée :
Les Jihadistes de l’Etat islamique détruisent tout ce qui ne correspond pas à leur idéologie rigoriste.
En février 2015, des vidéos ont été mises en ligne où l’on voit les Jihadistes détruisant des objets assyriens datant de 3000 ans au musée de Mossoul. Le musée était tombé entre les mains de l’Etat islamique en juin 2014.
Au début du mois de mars, les Jihadistes ont détruit le site antique de Nemrod, l’ancienne capitale assyrienne, située à une trentaine de kilomètres au sud de Mossoul. Des statues datant de plusieurs milliers d’années ont été fracassées. La Bibliothèque centrale de Mossoul, qui contenait des dizaines de milliers de livres et manuscrits retraçant l’histoire du Moyen Orient aurait été bombardée par les Jihadistes.
Les lieux saints des autres confessions ont systématiquement été détruits. Les croix sur les églises ont été remplacées par la bannière noire de l’Etat Islamique, comme en témoigne des photos mises en ligne où on voit des Jihadistes détruisant au marteau des croix vieilles de plusieurs siècles, renversant des statues, enlevant les cloches des églises et les reliques chrétiennes.
Il s’agit d’une campagne systématique pour débarrasser la région de l'iconographie chrétienne.
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Destruction d'une croix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liban

Hezbollah
On le savait depuis des années, mais lorsqu’on abordait ce sujet, on était accusé de faire du « Hezbollah bashing » et d’être à la solde des adversaires de l’organisation chiite.
Pourtant, lundi 16 mars, le ministre libanais de la Justice, Achraf Rifi, a porté des accusations très graves contre le Hezbollah, affirmant que plusieurs membres de l’organisation étaient impliqués dans des affaires de corruption et de blanchiment d'argent au niveau mondial.
Interrogé par le quotidien saoudien al-Watan, M. Rifi a fait état de l'arrestation au Liban de personnes liées au Hezbollah dans le cadre de ces affaires. M. Rifi a signalé, de plus, des opérations de fraude fiscale effectuées par des proches du Hezbollah au port et à l'aéroport de Beyrouth.

Les accusations d’Ashraf Rifi sont elles fondées ?
Le parti de Dieu a été accusé au moins une fois, en 2011, par la justice américaine de malversations et trafics à grande échelle, ce qui lui a valu la confiscation d’avoirs d’un montant de 150 millions $.

L’Affaire Joumaa
L’affaire a été révélée par la mise en accusation d’un entrepreneur libanais lié au Hezbollah, Ayman Joumaa (51 ans). Un grand jury fédéral l'inculpait, le 23 novembre 2011, de trafic de cocaïne et blanchiment d’argent.
Selon la justice américaine, Ayman Joumaa, également appelé « Junior », aurait été pendant au moins huit mois à la tête d’un important réseau international de trafic de drogue, impliquant des fournisseurs colombiens et le cartel mexicain des Zetas.
Joumaa aurait organisé l’envoi de tonnes de cocaïne de la Colombie vers le cartel des Zetas avec pour destination finale les États-Unis. Il aurait aussi blanchi 850 millions de dollars issus du trafic de drogue.
Les accusations américaines étaient basées sur une enquête effectuée sur les comptes de la Lebanese Canadian Bank (LCB), hâtivement rachetée par la Société générale de banque au Liban (SGBL) après que l’affaire ait éclaté. En février 2011, le Trésor américain avait accusé la LCB d’avoir blanchi des centaines de millions de dollars issus du réseau de trafic de drogue de Joumaa.
Selon le New York Times, il existerait des liens étroits entre la LCB, dont le siège était à Beyrouth, et le Hezbollah.
Le New York Times avait énuméré à cette occasion les diverses accusations lancées contre l’organisation chiite selon lesquelles elle se servait de réseaux criminels internationaux pour « financer ses opérations. Et, naturellement, les cartels de trafiquants de drogue sud-américains figuraient en bonne place.

Le hezbollah devait faire face à d’importants besoins financiers
Selon le quotidien américain, qui cite de nombreux responsables américains et libanais, les dons de la diaspora chiite ne suffisaient plus au Hezbollah pour se financer.
Selon les agents de renseignement américains le Hezbollah recevait, depuis plusieurs années, plus de 200 millions de dollars par an de son principal allié, l’Iran. Mais ces aides avaient considérablement diminué depuis que la communauté internationale avait renforcé les sanctions contre l’Iran, tandis que, dans le même temps, les besoins financiers du Hezbollah ne cessaient de croître pour financer ses achats d’armes sophistiquées et aussi son implication dans la guerre en Syrie et son réarmement .
Ceci explique pourquoi le Hezbollah a eu recours à des membres de la diaspora libanaise en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis pour organiser de lucratifs trafics. Et c’est ainsi que le Hezbollah s’est retrouvé activement impliqué dans les trafics les plus divers, comme le marché international des voitures d’occasion, le trafic de drogue et d’armes.

Lebanese Canadian Bank
Des responsables du Trésor américain ont expliqué comment des cadres supérieurs de la Lebanese Canadian Bank aidaient plusieurs clients à blanchir de l’argent issu du trafic de drogue en l’intégrant aux recettes du commerce de voitures usagées achetées aux États-Unis et revendues en Afrique. Une partie des profits revenait au Hezbollah, selon leurs explications.
Des sources sur la LCBI proches de l’enquête ont  révélé que plus de 200 comptes étaient soupçonnés d’être utilisés par le Hezbollah pour mener ses opérations de blanchiment d’argent. En tout, des centaines de millions de dollars par an auraient été versés sur des comptes tenus principalement par des hommes d’affaires chiites basés dans des pays ouest-africains où le trafic de drogue prospère. La plupart d’entre eux sont des partisans du Hezbollah qui font du commerce dans différents domaines, allant du diamant brut aux produits cosmétiques, en passant par les poulets congelés. « Ces entreprises semblent servir de façade pour le Hezbollah, lui permettant de déplacer toutes sortes de fonds suspects ».

Des fonds pour des projets immobiliers stratégiques au Liban
Ce système aurait ainsi permis au Hezbollah de cacher non seulement les sources de sa fortune, mais également son implication dans une série de projets commerciaux au Liban, révèle l’enquête du New York Times, citant l’exemple de « l’une des transactions immobilières les plus importantes de l’histoire du Liban». Il s’agirait de l’achat d’un terrain vide de plus de 740 hectares « surplombant la Méditerranée, dans la région du Chouf », pour la somme de 240 millions de dollars. Le terrain en question, qui appartenait au joaillier Robert Mouawad –selon le New York Times –, aurait été vendu au diamantaire Nazem Saïd Ahmad, fin 2010. Des sources libanaises expertes dans le secteur immobilier ont toutefois indiqué au journal américain que la plus grande part de l’investissement avait été versée par Ali Tajeddine, très proche du Hezbollah. Cette transaction, toujours selon le quotidien, s’inscrirait dans un plan établi par le parti de Dieu et visant à « renforcer son hégémonie géopolitique au Liban en achetant des terrains militairement stratégiques dans des régions à prédominance chrétienne ».

Démenti du Hezbollah

Naturellement, le Hezbollah a qualifié les accusations américaines sur l’implication du parti chiite dans des réseaux de trafic de drogue de « propagande politique ».

La justice américaine saisit 150 millions de dollars du Hezbollah
En août 2012, les autorités américaines saisissaient 150 millions de dollars soupçonnés d’appartenir au Hezbollah.
La saisie de 150 millions de dollars appartenant au Hezbollah, selon Washington, fait suite à une longue procédure qui a visé la Banque Libano-Canadienne, surveillée depuis plusieurs années au même titre que les réseaux de trafics de drogues liés au Hezbollah, en Amérique du Sud, en Amérique Centrale et en Afrique de l’Ouest.

Et pourtant, le Hezbollah et l’Iran viennent d’être enlevé de la liste des organisations et Etats terroristes par les Etats-Unis
Les États-Unis ont retiré l'Iran et le Hezbollah de la liste des menaces terroristes, selon une évaluation annuelle de la sécurité. C’est ce que révèle le Times d'Israël lundi 16 mars.
Le rapport non classé est intitulé «Évaluation de la menace mondiale de l'US Intelligence Community». Il a été présenté au Sénat américain par James Clapper, le directeur du renseignement national le 26 février 2015.
Le précédent rapport, en 2014, avait déclaré que l'Iran et le Hezbollah continuaient de menacer directement les intérêts des alliés américains. Le rapport affirmait alors que le Hezbollah avait augmenté son «activité terroriste mondiale." Mais le dernier rapport, s’intéresse exclusivement à la montée en puissance de groupes militants comme l’EI et le Front al-Nosra.
« Les extrémistes sunnites violents prennent de l'ampleur et le nombre de groupes sunnites extrémistes violents, est supérieur à tout autre dans l'histoire, » dit le rapport. « Ces groupes s’affrontent aux alliés locaux des Etats-Unis et menacent ses partenaires et leurs intérêts ».
Le Hezbollah, étiqueté comme une organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne, n’a été mentionné qu’une seule fois.
« Les extrémistes sunnites tentent d'établir des réseaux au Liban et ont multiplié les attaques contre l'armée libanaise et les positions du Hezbollah le long de la frontière libano-syrienne ", dit le rapport.
Le Hezbollah et les États-Unis sont devenus alliés de facto en Syrie, avec l'objectif commun de lutter contre l’EI et de prévenir sa propagation au Liban.
Dans une rare interview avec le New York Times, en septembre 2014, le chef des relations du Hezbollah, Mohammed Afif, avait implicitement reconnu l'émergence d'une coordination indirecte dans la lutte contre le terrorisme entre le parti de Dieu et Washington, bien que leurs objectifs divergent.
Mais Hezbollah et Etats-Unis partagent le même objectif de maintenir la paix au Liban, affirme Afif cité par le New York Times. Il a ajouté que chacun luttait avec ses propres moyens contre l’ennemi commun.
Il est un fait que les services de renseignement américains ont indirectement partagé des informations avec le Hezbollah pour aider le parti de Dieu a mettre un terme aux attentats suicides qui ont ensanglanté le Dahiyé, sa place forte  dans la banlieue sud de Beyrouth.
De même, on assiste à un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran en vue d’un accord politique qui permettrait de résoudre la crise du nucléaire iranien. Un accord intérimaire avait déjà été signé en novembre 2013, au grand dam de l’Arabie saoudite, ce qui avait entraîné un allègement des sanctions économiques et financières contre Téhéran.

Front libyen

Benghazi
Les forces armées libyennes commandées par le général Khalifa Haftar poursuivent leur progression à Benghazi, la deuxième ville du pays. Le général s’attend à ce que l’armée reprenne le contrôle de la ville d’ici le milieu du mois d’avril.
"Les opérations dans la ville de Benghazi prendront fin avant la mi-avril", a assuré le général Haftar.
Il avait lancé en mai 2014 une opération baptisée "Dignité" contre les groupes armés islamistes qui contrôlaient la ville, ce qui lui avait valu d’être accusé, dans un premier temps, de tenter un coup d’Etat. Par la suite, le gouvernement internationalement reconnu réfugié à Tobrouk prenait parti pour lui et le nommait, le 9 ars 2015, chef de l’Armée Nationale Libyenne.
Haftar appelait aussitôt la communauté internationale à soutenir davantage l'armée libyenne dans sa lutte contre les milices, notamment les plus radicales.

Syrte
En attendant, les combats continuent entre les Jihadistes de l’Etat Islamique et les miliciens islamistes des brigades de Misrata qui font partie de Fajr Libya (Aube de la Libye). Les jihadistes seraient repoussés à l’Ouest et au sud par les miliciens misratis, notamment la brigade 166.
Des rumeurs ont circulé sur l’enlèvement de personnels médicaux étrangers de l’hôpital de Syrte, notamment de 4 infirmières originaires des Philippines, tandis que deux infirmières serbes et une bulgare réussissaient à échapper aux Jihadistes et  à quitter la ville. De nombreux civils fuyaient également la zone des combats. 

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Front syrien

Etat Islamique
Une vidéo de propagande intéressante montrant les entraînements des Forces spéciales de l’organisation jihadiste :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=827bda3f47ac

Alep
La brigade islamique Ahrar esh-Sham montre dans une video le tir d’un canon multiple « jahanam » (enfer) tirant sur des positions de l’AAS :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1e691b3a627b

Base aériene de Kuweires (Alep)
Les Jihadistes de l’EI n’ont pas réussi à progresser dans leur attaque contre le côté oriental du  périmètre de défense de la base aérienne de Kuweires, à l’est d’Alep. Mais l’Armée Arabe Syrienne avait fortifié la défense de la base et aurait repoussé l’assaut, pour la deuxième fois en 48 heures, tuant une cinquantaine d’Islamistes. Les militaires ont relevé les corps de 27 combattants rebelles.
L’AAS a contre-attaqué, détruisant un dépôt de munitions de l’EI.

Handarat (nord d’Alep)
Une autre base aérienne a été investie par les brigades rebelles, le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et la brigade islamiste Ahrar esh-Sham.
Selon l’AAS, le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) aurait tenté de lancer une attaque suicide contre une position de l’AAS à l'entrée sud de la localité de Handarat. Mais l’explosion n’aurait causé que des dommages minimes aux fortifications.
Selon des sources proches du gouvernement syrien, les Forces de défense nationale (FDN) ont repoussé dans le secteur de Tal Madafa près du village de Handarat une attaque du Front al-Nosra et de la brigade Jeich al-Moujahidine (qui fait partie  de la coalition fondée en décembre 2014 et qui est baptisée al-Jabhat al-Chamiyyat - le front du Levant). L’attaque des Islamistes avait pris pour cible le périmètre sud de la colline.
L’AAS affirme avoir tué au cours des combats de Tal Madafa, Abou Jaafar Baniyas, un des commandants d’Ahrar esh-Sham.
L’information du décès d’Abou Jaafar n’a pas été confirmée par la brigade rebelle.
Celle-ci a mis en ligne, peu avant les combats, un discours du commandant Abou Jaber, chef de la brigade Ahrar esh-Sham. On voit le leader de la brigade haranguer ses troupes à l’occasion du quatrième anniversaire de la révolution sur la base aérienne de Handarat devant des hélicoptères de combat capturés à l’AAS. Texte arabe sous-titré en anglais :
https://www.youtube.com/watch?v=u1IEzFxNhGk&feature=p...

Attaque au gaz chloré à Sarmin
Six personnes ont été tuées dans une attaque au gaz menée par l'armée gouvernementale dans le village de Sarmin, dans la province d’Edleb, au nord-ouest de la Syrie.
Selon l'OSDH, qui suit l'évolution du conflit syrien en s'appuyant sur de nombreuses sources sur le terrain, le gaz, probablement du chlore, a été libéré lors du largage de barils d'explosifs sur la localité.
La branche locale de la Défense civile syrienne, qui comprend plus de 2 000 humanitaires bénévoles travaillant dans les zones sous contrôle rebelle, a posté sept vidéos sur internet, certaines filmées de nuit, d'autres dans un centre médical. Une vidéo, qui date du lundi 16 mars, montre trois enfants et une femme apparemment inconscients.
L’Armée Arabe Syrienne a qualifié de propagande cette information : "Nous n'utilisons pas ce type d'arme, et nous n'en avons pas besoin", a-t-elle déclaré. L’armée fais seulement état que de nombreux rebelles ont été tués dans la province d'Edleb lors d'affrontements durant la nuit.

Front yéménite

Le royaume saoudien fait preuve de « real politik » et se tourne vers le Hamas
Riyad aurait demandé à Khaled Mechaal, le dirigeant  du Hamas palestinien d’entreprendre une médiation entre le royaume saoudien et le parti du rassemblement yéménite proche des Frères musulmans. Cette information serait le signe d’une énorme réorientation de la politique saoudienne traditionnellement hostile aux Frères musulmans mais prise entre deux feux : l’Iran et la communauté chiite d’un côté ; les Jihadistes de l’Etat Islamique et d’al-Qaïda de l’autre.
Pour comprendre le changement, il faut savoir que les relations entre le royaume saoudien et le Hamas étaient détestables depuis quatre ans.
C’est parce que la monarchie saoudienne est inquiète de la détérioration de la situation au Yémen, la montée en puissance des Chiites dans ce pays et les répercussions négatives que cela pourrait avoir sur la sécurité du Golfe, qu’elle aurait demandé à Mechaal d’entreprendre une médiation. 
Plusieurs contacts auraient eu lieu, ces derniers jours, entre Khaled Mechaal et le nouveau roi saoudien, Salmane ben Abdel Aziz, le prince héritier, Meqren ben Abdel Aziz, le second prince héritier, Mohammad ben Nayef, et le ministre de la défense, Mohammad ben Salmane. Ces derniers ont demandé au numéro 1 du Hamas d’entrer en contact avec le parti yéménite des Frères musulmans, vu les liens étroits qu’il entretient avec lui.
Le dégel des relations entre le Hamas et l’Arabie saoudite aurait été favorisé par la visite de Rached Ghannouchi, le président tunisien, membre du parti Annahda considéré comme proche des Frères Musulmans. Ghannouchi était venu à Riyad pour présenter ses condoléances pour la mort du roi saoudien, le roi Abdallah, décédé le 23 janvier 2015.

Jean René Belliard

 

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