28/01/2015

28 janvier 2015 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

On assiste depuis le 18 janvier 2015 à un brusque regain de tension aux frontières nord d'Israël. Les bruits de botte ont toujours été un excellent accompagnement à la musique électorale Or, précisément, Israël est en pleine campagne, ce qui explique peut être ce brusque embrasement.


Frontière syro-israélienne
On s’attendait à une aggravation de la tension dans le secteur du plateau du Golan ou au sud Liban depuis qu’un raid mené par l’armée israélienne avait tué, le 18 janvier 2015, six commandants du Hezbollah, dont Jihad Moughniyé, fils d’Imad Moughniyé, commandant militaire assassiné en 2008, ainsi qu'un général des gardiens de la révolution iraniens.
L’Iran avait aussitôt menacé l’Etat hébreu de représailles :
« Nous avons envoyé un message aux États-Unis à travers les canaux diplomatiques et avons annoncé aux Américains que le régime sioniste a franchi les lignes rouges de l'Iran par cette action », devait déclarer le ministre adjoint des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian. « Dans ce message, nous avons dit que les responsables (israéliens) devaient s'attendre à subir les conséquences de leur acte », a-t-il ajouté.
Prenant les menaces très au sérieux, l’armée israélienne renforçait considérablement sa présence aux frontières avec le Liban et la Syrie.
La psychose d’un raid de représailles du Hezbollah avait d’ailleurs provoqué un couvre-feu dans une localité israélienne proche de la frontière israélo-libanaise. Mais il s’agissait d’une fausse alerte.
Aussi, l’état-major israélien n’a pas été surpris par le tir d’au moins deux roquettes tirées depuis le Golan syrien le mardi 27 janvier. Les missiles se sont abattus dans la zone du plateau occupée par Israël, qui a aussitôt riposté avec son artillerie.
Aucune victime n'a été rapportée côté israélien et on ignore qui a tiré les roquettes. Les touristes qui se trouvaient dans la station de ski du mont Hermon ont aussitôt été été évacués et les forces de sécurité ont bloqué toutes les routes du Golan, dont celles menant au mont Hermon.
L'armée de l'air israélienne répliquait dès la journée du mardi 27 janvier par des tirs d’artillerie et menait des raids aériens de représailles contre des cibles en territoire syrien dans la nuit du mardi 27 au mercredi 28 janvier. Ce sont des bases d'artillerie de l'armée syrienne qui ont été prises pour cible.
"L'armée tient le gouvernement syrien pour responsable de toutes les attaques en provenance de son territoire et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre les citoyens israéliens", expliquait le porte-parole de l'armée Peter Lerner.
Le Premier ministre israélien avait prévenu mardi qu'Israël était prêt à répondre "avec force" et que "ceux qui jouent avec le feu vont se brûler les doigts".

Une mission de recherche de tunnels du Hezbollah dans la zone frontalière entre Israël et le Liban déclenche un nouvel affrontement
Forts de l’expérience de Gaza, où de nombreux tunnels construits par les combattants palestiniens leur permettaient de franchir incognito la frontière pour gagner le territoire hébreu, les Israéliens avaient l’habitude de creuser des contre-tunnels à la frontière avec le Liban afin de repérer d'éventuels passages souterrains aménagés par le Hezbollah. De nouvelles recherches étaient menées dans le secteur de Zir’it après que les habitants de la localité aient fait part de bruits suspects leur laissant supposer la construction de tunnels.
C’est, semble-t-il, au moment où un convoi de l’armée était à la recherche d’éventuels tunnels que des missiles antichars tirés à partir du territoire libanais atteignaient un véhicule militaire.
Le véhicule de Tsahal se trouvait dans la zone de Har Dov qui fait partie du secteur contesté entre Israël et le Liban des fermes de Chebaa. Au même moment, des tirs très nourris partaient toujours du territoire libanais en direction du véhicule atteint par le missile. Plusieurs obus de mortier pourraient avoir également été tirés en direction de l’Etat hébreu. Les soldats israéliens auraient riposté, touchant plusieurs assaillants.
Vidéo (langue israélienne) de l’attaque contre le convoi israélien :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2fc96809e520

Le mont Hermon également pris pour cible
Des obus de mortier sont également tombés sur une position militaire israélienne sur le Mont Hermon, selon le porte-parole de l'armée israélienne.
Les bombardements sont intervenus peu après  l’attaque du convoi israélien.

Deux tués et sept blessés du côté israélien ainsi qu’un soldat espagnol de la FINUL+
L’armée annonçait au milieu de l’après-midi que deux soldats israéliens avaient été tués au cours de l’attaque au missile contre le convoi militaire et sept autres blessés.
L’armée libanaise se déployait aussitôt dans la région de Ghajar, près de la frontière  israélo-libanaise, et ratissait la zone tandis que les chars israéliens bombardaient plusieurs localités du Sud-Liban, parmi lesquelles Kfar Chouba, Majidiyé, Halta et Arkoub. Des positions de l'armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL+), chargée de surveiller la frontière israélo-libanaise, se trouvent également dans cette région. Il y avait donc un risque très grand pour les soldats des Nations Unies. On apprenait, d’ailleurs, vers 14H20 qu’un soldat espagnol de la FINUL+ avait été tué au cours des échanges de tirs entre soldats israéliens et miliciens du Hezbollah.
Benny Gantz, chef d'Etat-major de l'armée israélienne convoquait en fin de matinée une réunion sécuritaire pour évoquer les conséquences de l'attaque survenue à la frontière libano-israélienne et décider des mesures à prendre.
Vidéo montrant le bombardement par Israël du petit village libanais de Wazzani :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=50346aceb131

Menaces israéliennes
Les évènements du mercredi 28 janvier comportent un fort risque d’engrenage. Benyamin Netanyahu ne peut se permettre de faire preuve de faiblesse alors qu’il est engagé dans une campagne électorale. Le Premier ministre israélien avertissait solennellement que l'armée était prête à agir "avec force".
En fin de soirée du mercredi 28 janvier, M. Netanyahu faisait un point sur la situation sécuritaire au quartier général de la Défense, à Tel-Aviv avec le ministre de la Défense, Moshé Yalon, le chef des forces armées, le général Benny Gantz, et le directeur du Shin Beth, les service de sécurité israéliens.
"Ceux qui sont derrière l'attaque d'aujourd'hui en payeront le prix", a dit le premier ministre. Il a également accusé l'Iran d'utiliser le mouvement chiite libanais du Hezbollah pour frapper Israël à sa frontière nord. Il a enfin menacé les gouvernements libanais et syrien qui sont complices à ses yeux :
"Le gouvernement libanais et le régime Assad partagent aussi la responsabilité des conséquences des attaques menées depuis leur territoire contre l'Etat d'Israël", a-t-il dit.
De son côté, Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, s'exprimant lors d'une rencontre à Pékin avec son homologue chinois, déclarait qu'Israël devrait répondre de manière "forte et disproportionnée" à l'attaque perpétrée mercredi 28 janvier.
Et devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Israël réaffirmait, mercredi 28 janvier, son "droit à la légitime défense".
Dans une lettre transmise au secrétaire général Ban Ki-moon, l'ambassadeur israélien aux Nations unies, Ron Prosor, exhortait les 15 membres du Conseil de sécurité à "condamner le Hezbollah sans équivoque et publiquement". "Israël ne restera pas les bras croisés alors que le Hezbollah vise des Israéliens", a expliqué M. Prosor. "Israël ne tolèrera aucune attaque sur son territoire, fera usage de son droit à la légitime défense et prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger sa population", a-t-il poursuivi.
L'ambassadeur israélien à l'ONU a également renouvelé son appel à désarmer l’organisation chiite libanaise.

Le Hezbollah devait se venger de Kuneitra
Et du côté du Hezbollah, il y a forcément une nécessité de se venger après la mort de six de ses commandants militaires à Quneitra, dans une région où tout acte de faiblesse est interprété comme une invitation à la curée.
C’est pourquoi, dans un communiqué lu par un journaliste de la chaîne al-Manar, affiliée au Hezbollah, l’organisation chiite annonce qu'"à 11h25, mercredi matin, le groupe des martyrs de Kuneitra au sein de la Résistance a ciblé un convoi militaire de l'ennemi", en référence à Israël.
"A 11H25 (09H25 GMT), le groupe des martyrs de Quneitra de la Résistance islamique a visé avec des roquettes, dans les fermes Chebaa libanaises occupées, un convoi militaire israélien composé de plusieurs véhicules transportant des officiers et soldats sionistes".
"Plusieurs véhicules ont été détruits et il y a des victimes dans les rangs de l'ennemi".
Il n'est pas précisé, dans ce communiqué, le nombre de victimes. Al-Manar affirme que neuf véhicules israéliens auraient été touchés, et que l'attaque avait fait plusieurs morts et blessés.

Jean René Belliard

 

22:50 Publié dans Avigdor Lieberman, Binyamin Netanyahou, Gaza, Hossein Amir-Abdollahian, Iran, Israel, Liban | Lien permanent | Commentaires (5) | | | | |

Commentaires

Vous avez omis de mentionner que le Golan appartient à la Syrie et a été occupé illégalement par Israel en 1981 ( Wikipedia visiblement écrit par un Israélien décrit le Golan comme 'une région d'Asie, administré par Israel!). Les Syriens ont légalement tous les droits de bombarder le Golan et le récupérer par la force si nécessaire.
Israel veut, comme d'habitude, jouer la victime et va pleurnicher au Conseil de securité et hausse le ton. Les Israeliens qui occupent illégalement le Golan n'ont qu'à le quitter et c'est ce qui va finir par arriver.
Si la Golan devient une zone de guerre contre Israel, la cote du gouvernement Syrien va monter en flèche dans le monde arabe. Il est temps pour la Syrie d'en finir avec les envahisseurs Israeliens ou Jihadistes.

Écrit par : virgile | 29/01/2015

Virgile,

Le Golan a été utilisé par la Syrie pour bombarder des zones civiles israéliennes. Cette guerre qu'ils ont déclenchée s'est mal finie pour eux et ils ont perdu leur plate-forme de tir. Bon, ben voilà...

Le Golan n'est pas en Europe, ni en Afrique mais bien en Asie et n'est administrée ni par la Suède, ni par le Zimbabwe mais bien par Israël. Je serais très intéressé de comprendre en quoi écrire ces deux choses fait de l'auteur un israélien ? Et comprendre vos motivations à faire une telle déduction.

A propos de territoires occupés, savez-vous que le chinois ne demandent pas "où es-tu né ?" mais "où sont enterrés tes ancêtres ?" et que Jérusalem abrite le plus grand cimetière juif du monde (hormis les lieux d'extermination). Il est utilisé depuis des millénaires sauf dans la période 1948-1967 durant laquelle les jordaniens l'ont interdit (et ont profité de leur pouvoir pour effacer les juifs de la vieille ville et dynamiter les anciennes synagogues).

Écrit par : archi-bald | 29/01/2015

Et les ancêtres des réfugiens palestiniens, où ont été ils enterrés?

Écrit par : Asmar | 29/01/2015

Précision: le cimetière dont je parle est situé en territoire dit "occupé" car à Jerusalem-est. Faudra m'expliquer...

Écrit par : archi-bald | 29/01/2015

Tout simplement un grand merci pour ce blog passionnant qui traite de ce volcan moyen oriental qui peut avoir tellement de répercussions sur l'avenir de nos sociétés...
Avec vous nous plongeons en direct dans les méandres de cette lutte ou tous les pouvoirs s'affrontent sauvagement au grand dam des civils...
Merci donc pour votre érudition et envie de la partager !

Écrit par : deschamps | 29/01/2015

Les commentaires sont fermés.