26/01/2015

26 janvier 2015 - Observatoire du monde arabe

Rencontre au sommet entre Barack Obama et le nouveau roi saoudien mardi 27 janvier. Le président Obama va chercher à s’assurer de la fidélité de l’Arabie saoudite et son soutien sur les dossiers brûlants du moment : Accord sur le nucléaire iranien ; lutte contre le Jihadisme ; prix du pétrole.


Arabie saoudite

Obama soucieux de voir le nouveau monarque suivre la politique U.S.
Le Président américain, Barack Obama, a décidé de raccourcir sa visite, en Inde, pour se rendre, mardi 27 janvier 2015 à Riyad, afin de rencontrer le nouveau souverain saoudien, Salman ben Abdel Aziz.  Des questions importantes devraient être discutées au cours de cette réunion.
On sait que le président Barack Obama est très inquiet de voir le nouveau monarque saoudien suivre les politiques moyen-orientales de Washington.
Rassurer le nouveau monarque saoudien sur les discussions autour du programme nucléaire iranien
Le Président Obama tient à rassurer le nouveau monarque sur le contenu des discussions avec l’Iran en vue d’un accord sur son programme nucléaire. On sait que l’Arabie saoudite n’a pas apprécié les discussions bilatérales entre Washington et Téhéran, alors qu’il est prévu que celles-ci soient multilatérales. A cela, il faut ajouter que l’Arabie saoudite ne croit pas du tout qu’un accord  puisse maîtriser le programme nucléaire de l’Iran.
Obtenir une augmentation des cours du pétrole
Le président américain souhaiterait également convaincre le nouveau roi de la péninsule arabe de réduire sa production de brut, pour que la chute des prix cesse. Les Etats-Unis, qui se sont lancés dans une vaste exploitation du pétrole de schiste, ont besoin de prix plus élevés pour que l’exploitation de cette ressource nationale soit rentable. L’objectif des Etats-Unis est d’auto-satisfaire ses besoins en hydrocarbure grâce à cette exploitation à partir de 2020 et de devenir exportateur en 2030. Si l’Arabie saoudite obéit, les autres membres de l’OPEP suivront l’exemple et les prix augmenteront à nouveau, rendant l’exploitation du pétrole de schiste plus rentable.
Les problèmes du Yémen, de Syrie et la lutte contre l’Etat Islamique
Le président Obama et le roi Salman parleront également du Yémen. Les Américains, eux, cherchent à détruire l’implantation d’al-Qaïda dans le pays. Le président Obama a d’ailleurs réaffirmé son intention de continuer à combattre le réseau al-Qaïda dans ce pays en dépit du chaos politique. Le roi Salman veut plutôt contrer l’offensive militaire du mouvement chiite Ansarullah dans le pays.
Deux autres questions seront discutées : la lutte contre l’Etat Islamique et la guerre en Syrie.

La progression des Chiites d’Ansarullah considérée par Riyad comme une victoire pour l’Iran
La domination par la milice chiite d’Ansarullah sur les régions occidentales du Yémen représente un acquis stratégique pour l’Iran, selon la chaîne de télévision saoudienne al-Arabiya.
Il s’agit d’un acquis stratégique pour l’Iran car il donne accès à Bab Al-Mandeb et la mer Rouge.
Cette déclaration de la chaîne saoudienne témoigne de l’inquiétude croissante de l’Arabie saoudite face à la progression des rebelles chiites, alliés de Téhéran, sur le flanc sud de l’Arabie saoudite.
On verra très vite si, à l’issue des entretiens entre Barack Obama et le roi Salman, un accord pourra être trouvé sur les mesures à prendre pour contrer à la fois la progression des Chiites yéménites et celle d’al-Qaïda.

Un mur entre l’Irak et l’Arabie saoudite
Sur le flanc nord du royaume saoudien, l’avènement sur le trône de Salman Ben Abdel Aziz pourrait accélérer la construction d’un mur de protection entre l'Irak et l'Arabie saoudite. Les discussions entre l'Irak et l'Arabie saoudite concernant ce projet de mur de 965km de long avaient débuté en 2006, mais la construction n’avait toujours pas commencé.
De nombreuses firmes internationales se bousculent pour participer à ce projet.

Front irakien

Province de Diyala
La province de Diyala, à l'est de l'Irak, a été libérée de l’Etat islamique (EI) par les forces irakiennes, a indiqué lundi 26 janvier un haut responsable militaire.
"Les forces irakiennes sont en contrôle total de toutes les villes, districts et cantons de la province de Diyala", a indiqué le général Abdelamir al-Zaïdi.

Mossoul
Un commandant Peshmerga, capturé par l’Etat Islamique, a été décapité en public à Mossoul par les Jihadistes. Une vidéo a été mise en ligne par l’EI.

Front libanais

Les Jihadistes de l’Etat Islamique et ceux du Front al-Nosra sont solidement implantés dans le jurd d’Ersal et le jurd de Baalbek, à l’est du Liban. La superficie du territoire libanais ainsi occupée par ces deux organisations salafistes se monte à 4% du pays.

L’Etat Islamique voulait créer un émirat islamique dans la région de Ras Baalbek ?
On s’est demandé pourquoi l’Etat Islamique s’était lancé dans une attaque de grande envergure contre l’armée libanaise dans le secteur de Ras Baalbek. Quelque soit le plan nourri par les Jihadistes, celui-ci a été mis en échec par la combativité de l’armée libanaise.
Des documents découverts par les militaires sur l’un des membres de l’Etat Islamique, pourraient nous donner une idée des raisons de cette offensive : Après s’être assuré le contrôle des positions de l’armée sur les points hauts de Tallet al-Hamra et Tallet Umm Khalid, les Jihadistes avaient l’intention de descendre pour s’emparer de la route entre Ras Baalbek et la localité chrétienne de Qaa puis de celle qui mène vers la localité syrienne de Qousseir, cette dernière étant sous le contrôle du Hezbollah libanais. 
Le but final de toute l’opération aurait été d’établir un émirat de l’Etat islamique sur ce coin du Liban jusqu’à Ersal.
Mais l’armée a tenu bon et a déjoué ce projet.

Front libyen

Benghazi
De violents combats ont repris dimanche 25 janvier à Benghazi entre les Jihadistes d’Ansar al-Charia et les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale et réfugié à Tobrouk Ces combats se poursuivraient ce lundi 26 janvier.
Les Islamistes, qui étaient attaqués par l’armée, ont riposté en tirant de nombreux missiles sur Leithi et le quartier de Buhdeima. Il semble que l’objectif de l’armée libyenne ait été de chasser les Jihadistes de Leithi, du secteur du port voisin et de Sabri.
Une douzaine de personnes auraient perdu la vie selon des sources hospitalières. Il y aurait en outre une quarantaine de blessés. Trois des victimes seraient des civils, parmi lesquels une fillette de 7 ans et sa mère. Les autres personnes décédées appartiendraient à l’armée. On ignore le nombre des victimes dans les rangs de la milice Ansar al-Charia.
La milice Ansar al-Charia compterait un grand nombre d’étrangers à la ville, sans doute pour compenser les pertes des combats précédents. Or ces nouveaux combattants connaissent mal la ville et la population, exaspérée par les combats et soucieux de se débarrasser des Islamistes,  donne beaucoup de renseignements à l’armée qui en profite pour progresser dans la ville.

Jabal al-Zawiyah (ouest de Tripoli)
Alors que l’ambiance était à l’apaisement entre les belligérants à la conférence de Genève, les forces islamistes de Aube de la Libye (Fajr Libya) ont lancé une attaque massive contre la base aérienne d’al-Watiya, avec l’utilisation de l’artillerie. L’objectif d’Aube de la Libye consistait à chasser de cette base les miliciens des brigades de Zenten et les tribus fidèles au gouvernement reconnu internationalement.

Ouest de Tripoli.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Front syrien

Conférence de Moscou
Mercredi 28 janvier doivent débuter à Moscou des pourparlers qui visent à renouer le dialogue après presque quatre ans de guerre civile en Syrie. Déjà, 25 représentants de l’opposition syrienne sur les trente prévus sont arrivés à Moscou ce lundi 26 janvier 2015. Ils doivent se réunir lundi 26 et mardi 27 janvier dans une résidence du ministère russe des Affaires étrangères pour des discussions à huis-clos.
La délégation du pouvoir syrien sera conduite par l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari. Il  participera aux pourparlers à la tête d’une délégation de six personnalités dont Ahmad Arnouss, un conseiller du ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem.
Les Russes n’ont pas prévu de proposer un ordre du jour ni de signature d’un document ou d’un accord. Ils espèrent seulement qu’un dialogue s’installera entre les deux camps.
Mais pour l’instant, les objectifs de chacune des délégations sont divergents.
La délégation du gouvernement de Damas vient à Moscou avec l’objectif de trouver un accord sur la lutte contre le terrorisme, des "réconciliations au niveau local" et des discussions sur un "gouvernement d'union nationale". Quant à l'opposition en exil comme celle de l'intérieur, il s’agit d’abord de s’entendre sur un gouvernement transitoire chargé de trouver une issue à la guerre.
Il serait surprenant, compte tenu de la divergence des objectifs entre les deux délégations, que les pourparlers permettent de trouver une solution à la guerre. D’autant plus qu’une partie de l’opposition, celle hébergée en Turquie, pour faire court, a décidé d’ignorer les négociations menées à Moscou.
Seul participera le Comité de coordination national pour le changement national et démocratique (CCNCD) qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes et socialistes et qui est resté basé en Syrie.
La Coalition Nationale Syrienne (CNS), basée en Turquie, ne sera pas présente, copiant sans doute son attitude sur celle du gouvernement turc qui n’est pas favorable à la conférence de Moscou. La Coalition estime que ces discussions devraient avoir lieu sous l'égide de l'ONU et dans un pays "neutre", pas en Russie, soutien indéfectible de Damas.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les forces kurdes ont repoussé les Jihadistes de l’Etat islamique à l’extérieur de la ville de Kobané. Ils contrôlent désormais la quasi-totalité de la ville Il s’agit d’une défaite cuisante pour les Islamistes après plus de quatre mois de combats. Le drapeau kurde flotte à 75 mètres de haut sur une colline.
Vidéo (anglais) :
https://www.youtube.com/watch?x-yt-cl=84503534&x-yt-t...
Un Jihadiste de l’Etat islamique appelle à l’aide ses frères musulmans : « Voici ce que Dieu nous a promis ici, à Aïn al-Islam (Kobane). J’appelle tous mes frères et les Musulmans de tous les pays musulmans, nous resterons ici à Aïn al-Arab, Aïn les martyrs et si Dieu le veut je demande au grand Dieu de ne pas nous faire partir d’ici mais seulement de mourir au nom de Dieu :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=db5e41f13fff

Province méridionale de Deraa
La bataille fait rage autour de la base du régiment 82 située à Cheikh Maskin. De nombreuses vidéos ont été mises en ligne pour témoigner de la violence des combats. Elles datent du dimanche 25 janvier :
- Oops ! Petite erreur. Il semble que l’armée de l’air syrienne ait bombardé les positions de l’AAS :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=20cf10a500d1
- Les combattants du Front du sud se préparent à lancer un assaut contre les positions de l’armée :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=286abe61068d
- Pour dégager la base, l’armée de l’air procède à des bombardements au baril d’explosif – Vidéo mise en ligne par la brigade Ahrar ach-Cham :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=dba41753249f
- Les miliciens d’Ahrar ach-Cham détruisent un char de l’Armée Arabe Syrienne :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4e98d0c45e26
- La brigade Ahrar ach-Cham soumet la base à un intense bombardement au mortier en préparation d’une offensive de l’infanterie rebelle :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4a6f8c23a12f
- Assaut des miliciens du Front du Sud (impressionnant)
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ca3fedb77f08

Front yéménite

Les Etats-Unis poursuivent leurs attaques contre al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA)
Trois membres présumés d'al-Qaïda ont été tués lundi 26 janvier 2015 dans une attaque de drone.
L'attaque a visé, selon une source tribale, un véhicule circulant dans une zone désertique entre les provinces de Marib et de Chabwa, à l'est de la capitale Sanaa.

Jihadisme international

France
L’Etat islamique (EI) a appelé, lundi 26 janvier, à mener de nouvelles attaques contre les pays occidentaux, saluant les attentats exécutés par des jihadistes, notamment en France contre la rédaction de Charlie Hebdo.
"Nous appelons les musulmans en Europe et dans l'Occident infidèle à attaquer les croisés où qu'ils soient (...) nous promettons aux bastions chrétiens qu'ils continueront de vivre dans un état de terreur, de peur et d'insécurité", a affirmé Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EI dans un message audio diffusé sur internet.
"Vous n'avez encore rien vu", a-t-il prévenu.
Le porte-parole du groupe extrémiste a ajouté que l'EI considérait comme "ennemis" les musulmans qui peuvent s'en prendre aux "croisés" et ne le font pas.
Il a salué les attaques menées par les "frères" jihadistes en "France, en Australie et en Belgique".

Activité de la coalition internationale

Canada
Un nouvel accrochage a opposé les forces spéciales canadiennes avec les Jihadistes de l’Etat Islamique. Les militaires canadiens avaient déjà été engagés dans des combats au sol à deux reprises la semaine dernière.
"Dans les deux cas, les forces spéciales canadiennes, agissant en autodéfense, ont riposté, éliminant les menaces", a déclaré le capitaine Paul Forget.
Le capitaine Forget n'a précisé ni le lieu, ni les circonstances de ces nouveaux affrontements au sol.
69 membres des Forces Spéciales canadiennes sont déployés dans le nord de l'Irak sur un total d'environ 600 militaires pour l'ensemble de la mission.
L'opposition canadienne a accusé le gouvernement d’avoir menti sur la participation du Canada à la coalition internationale qui devait se borner à des frappes aériennes. Quant aux forces spéciales, celles-ci devaient servir uniquement  à la formation des troupes de Bagdad et des milices kurdes et en aucun cas être engagées sur le terrain.

Jean René Belliard

 

 

 

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