22/01/2015

20 er 21 janvier 2015 – Observatoire du monde arabe

Chers lecteurs
J’ai finalement trouvé une solution pour financer la poursuite de mes activités. En attendant, je vais continuer d’alimenter ce blog avec ce condensé quasi-quotidien d’informations et d’analyses sur le monde arabo-musulman.
En vous remerciant de votre fidélité.


Front irakien

Kurdistan
Les forces kurdes ont repris au groupe Etat islamique (EI) des villages du nord de l'Irak au cours d'une offensive lancée, mercredi 21 janvier 2015, contre les jihadistes de l’Etat Islamique.
Le Conseil de sécurité de la région autonome du Kurdistan a affirmé que les peshmergas (forces kurdes) avaient lancé vers 07h00 (04h00 GMT) mercredi 21 janvier "une offensive à grande échelle" avec le soutien de raids aériens de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis. Les Peshmergas ont lancé leur assaut à partir de cinq directions à la fois.
Les peshmergas ont repris quatre secteurs, soit un territoire d’environ 500Km2. Ils réussissaient à prendre un important carrefour routier à Kiske, à 40km à l’ouest de Mossoul, interrompant du même coup une ligne essentielle de communication de l’Etat Islamique entre la ville de Mossoul et les places fortes de l’EI au nord-ouest de l’Irak, proches de la frontière syrienne.
Des bulldozers suivaient les troupes d’assaut pour construire des barricades de terre et creuser des tranchées pour assurer la défense du territoire conquis.
Les opérations militaires des Peshmergas se poursuivraient actuellement. Si les Kurdes parviennent à conserver le contrôle du carrefour routier, cela pourrait contribuer à isoler la ville de Mossoul, rendant plus difficile la liaison avec le bastion islamique de Tal Afar, situé à 70km plus à l’ouest et avec les zones aux mains des Jihadistes en Syrie, dont la frontière se trouve à 100km encore plus loin vers l’ouest.
Masrour Barzani, le chef du conseil de sécurité kurde, a cependant précisé que les Jihadistes de l’EI pouvaient encore gagner Mossoul à partir de Tal Afar mais que le trajet serait plus long et plus périlleux. « Mossoul est plus isolé au nord, à l’est et au sud qu’auparavant. Il y a plus de pression sur l’EI », a déclaré Barzani.
Le chef de la sécurité kurde a ajouté que ses troupes avaient comptabilisé les corps de 200 combattants islamistes laissés sur le terrain à la suite de l’offensive du 21 janvier. Il n’a pas voulu révéler le nombre des pertes kurdes.
Toujours selon Barzani, les Islamistes auraient tenté de lancer 14 attaques suicides pour contrer l’offensive des Peshmergas, mais tous les véhicules piégés auraient été détruits par des frappes aériennes et des missiles anti-chars avant qu’ils n’atteignent leur cible. Cette révélation souligne l’étroite collaboration entre les Kurdes et la coalition internationale.
A rappeler que les Kurdes avaient déjà saisi, en septembre 2014, le poste frontière de Rabia entre l’Irak et la Syrie.
Cependant, compte tenu de la longueur de la frontière irako-syrienne, il sera très difficile pour les Kurdes de contrôler la totalité des passages entre la Syrie et l’Irak du nord-ouest, ce que n’avait pas réussi à faire la puissante armée américaine du temps de sa présence en Irak. Ce qui signifie que les victoires sur le terrain irakien ne seront pas suffisantes pour porter un coup fatal à l’Etat Islamique en Irak, même si les frappes aériennes et les assauts kurdes ont grandement affaibli sa capacité militaire.
La coalition a pour sa part confirmé avoir mené depuis mardi 20 janvier six raids aériens sur le nord de l'Irak -- trois près de la localité de Tal Afar et trois près de la ville de Mossoul.
Vidéo des combats dans la région de Mossoul :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=568729ea0728

Mossoul
L’Etat Islamique a mis en ligne, le 20 janvier, une vidéo de ses forces spéciales à Mossoul :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a76ff9f04e6b

Activité d’un groupe kurde de lutte anti-terroriste
Un groupe kurde de lutte anti-terroriste conduit par le PUK est montré dans des scènes de combats sur la vidéo ci-dessous. La vidéo montre également un bombardement de la coalition internationale.
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=601f46cdaedd

Vidéo du ministère de la défense irakien
La vidéo montre l’activité de l’armée de l’air irakienne contre des cibles de l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=514dabc3be20

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les violents combats entre Kurdes et Jihadistes de l’Etat Islamique se poursuivent à Kobane comme le montre cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=WuE9uWUhnis&x-yt-ts=1...

Alep
Nouvelle video du movement Hazm (proche des Américains). La vidéo montre la destruction d’un bulldozer de l’AAS par un missile TOW de fabrication américaine :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6ab9de92b92

Hassakah
Au cours de la semaine passée, les forces kurdes de l’YPG ont combattu l’Armée Arabe Syrienne à Hassakah, abandonnant en raison des affrontements plusieurs secteurs de la ville. Mais les Kurdes ont lancé une contre-attaque qui leur a permis de reprendre une grande partie du terrain perdu.
Pour compenser les pertes kurdes, des milliers de combattants de l’YPG ont accouru à Hassakah pour assurer la défense de la ville, comme le montre la vidéo ci-dessous :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5c634839616b
A noter que les Jihadistes de l’Etat Islamique ont profité des combats entre les Kurdes et l’armée syrienne pour affronter les miliciens de l’YPG et s’assurer quelques gains territoriaux.

Région de Hassakah
Un reportage exceptionnel d’un journaliste israélien dans le Kurdistan syrien et l’interrogatoire de deux members de l’EI :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=6d1df52e6a58

Homs
Au moins sept personnes ont péri mercredi 21 janvier 2015 dans un attentat à la voiture piégée dans un quartier à majorité alaouite de Homs, au centre de la Syrie.
Cet attentat, qui a fait également 30 blessés, dont certains dans un état grave, a frappé une rue commerçante du quartier d'Akrama, où un attentat devant une école, le 1er octobre 2014, avait déjà fait 54 morts dont 47 enfants.
"C'est un acte terroriste et lâche commis au moyen d'une voiture piégée qui a explosé dans une rue commerçante", a précisé le gouverneur de la province de Homs, Talal Barazi.
En juin, deux attentats avaient frappé ce quartier alaouite. Le président syrien, Bachar el-Assad, appartient également à la communauté alaouite, ce qui explique, évidemment, la fréquence des attentats dans ce quartier.

Tel Hamis (nord-est syrien)
Au moins 43 civils ont péri au cours d’un bombardement de l'armée de l'air syrienne mardi 20 janvier 2015. Le bombardement a visé une zone contrôlée par l’Etat islamique dans le nord-est du pays. Les bombes se sont abattues sur un marché aux bestiaux dans le secteur de Tall Hamis.

Front yéménite

Sanaa
Trente cinq personnes ont été tuées et 94 autres ont été blessées dans les combats lundi 19 et mardi 20 janvier à Sanaa entre les miliciens chiites et les forces de sécurité.
Les affrontements opposaient, mardi 20 janvier, les miliciens chiites aux militaires qui gardent le palais présidentiel, un large complexe situé dans le sud de la capitale.

Le CCG appuie le président yéménite
Comme dans le cas de Bahreïn, un émirat chiite déstabilisé par une révolte de la population chiite majoritaire, on pourrait assister à une internationalisation du conflit yéménite.
En effet, six monarchies arabes du Golfe ont apporté, mercredi 21 janvier 2015, leur soutien au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, accusant la milice chiite Ansarullah d'avoir mené un "coup de force contre le pouvoir légitime" en prenant d'assaut le palais présidentiel.
"Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) considèrent que ce qui s'est passé mardi au Yémen représente un coup de force contre le pouvoir légitime", indique un communiqué publié à l'issue d'une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères du CCG à Riyad.
Le texte apporte un soutien sans faille à la "légalité constitutionnelle au Yémen représentée par le président" Hadi.
Cela faisait des mois qu’on attendait une réaction de l’Arabie saoudite et des émirats membres du CCG à l’offensive menée par les miliciens chiites du mouvement Ansarullah soutenu par l’Iran. 
Le communiqué ne présente aucune équivoque et est lourd de menaces. Il souligne que "la sécurité du Yémen fait partie de celle des pays du CCG et que la stabilité du Yémen est sa priorité absolue".
Les six monarchies du Golfe avertissent qu'elles ne sauraient accepter les actions consistant à "imposer les faits accomplis par la force" au Yémen.
Il affirme que le CCG va "prendre les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité et ses intérêts vitaux au Yémen".
Après avoir qualifié de "terroriste" l'action des miliciens chiites ces derniers jours dans la capitale Sanaa, le CCG demande à ces miliciens de se retirer du palais présidentiel et du secteur de la résidence du Premier ministre yéménite Khaled Bahah.
Il exhorte les miliciens chiites à "cesser de recourir à la force, à se retirer des positions qu'ils ont conquises et à remettre les armes qu'ils ont prises à l'armée et aux forces de sécurité".
Le CCG exige aussi la libération d'Ahmed Awad ben Moubarak, directeur de cabinet du président enlevé samedi 17 janvier par les miliciens chiites, la normalisation de la situation à Sanaa et la reprise des services publics.
Les monarchies du Golfe invitent enfin les miliciens chiites à "participer au processus politique" et toutes les forces politiques à éviter au Yémen le "risque de basculer dans plus de violences".
Si ces demandes sont satisfaites, le CCG est prêt à envoyer son émissaire à Sanaa pour contacter "toutes les forces politiques et mettre en œuvre son initiative" au Yémen, précise le texte.
Le CCG avait parrainé, avec l'ONU et des pays occidentaux, l'accord politique qui a permis en 2012 le départ de l'ancien président Ali Abdallah Saleh et son remplacement par M. Hadi et qui prévoit une transition politique au Yémen.

Jihadisme international

France
Une dizaine d'anciens militaires français, dont certains issus des forces spéciales et de la Légion étrangère, ont rejoint les rangs des jihadistes en Irak et en Syrie sous différentes bannières, ont affirmé mercredi la radio RFI et le quotidien L'Opinion.
Interrogé sur ces informations, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a apporté une confirmation partielle. "Les cas d'anciens militaires tentés par une aventure jihadiste sont d'une extrême rareté", a-t-il dit lors d'une conférence de presse portant sur les nouvelles mesures antiterroristes prises par le gouvernement français. "La DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense) va renforcer sa vigilance et les moyens affectés à la DPSD vont être augmentés", a-t-il ajouté.
La plupart de ces anciens militaires combattent dans les rangs du groupe Etat islamique, croit savoir RFI. L'un d'eux commande un groupe d'une dizaine de Français qu'il a formés au combat dans la région de Deir ez-Zhor (nord-est de la Syrie), selon la radio. "D'autres sont experts en explosifs (...) Il s'agit de jeunes d'une vingtaine d'années, certains convertis, d'autres issus de culture arabo-musulmane", indique également RFI sur son site internet.
Selon L'Opinion, l'un d'eux a servi au 1er Régiment de parachitustes d'infanterie de marine (RPIMa) de Bayonne (sud-ouest), un régiment d'élite de l'armée française rattaché au Commandement des opérations spéciales, et y a suivi une formation de commando en techniques de combat, tir et survie. A l'issue d'un engagement de cinq ans, cet ancien des forces spéciales, issu d'une famille originaire du Maghreb, a rejoint une société de sécurité privée pour laquelle il a travaillé sur des sites pétroliers dans la Péninsule arabique, poursuit L'Opinion sur son site internet. "C'est alors qu'il s'est progressivement radicalisé, se laissant pousser la barbe et adhérant à l'idéologie islamiste", écrit le quotidien, ajoutant, de sources proches du dossier, qu'il aurait ensuite été licencié et aurait rejoint la Syrie.

Somalie
Les islamistes somaliens shebab ont de nouveau félicité mercredi 21 janvier "les héros" ayant mené les attentats contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo en France et appelé les musulmans à suivre leur exemple et à "se venger" de ceux qui insultent "Dieu ou ses prophètes".
Dans un communiqué, les shebab adressent leurs "félicitations et leurs bénédictions (...) pour l'opération héroïque menée contre l'antre du Mal et le centre des mécréants, les bureaux de Charlie Hebdo, le magazine qui a insulté" le prophète Mahomet. "Nous encourageons tous les musulmans, particulièrement ceux vivant en Europe, à suivre les pas de leurs frères, Saïd Kouachi, Chérif Kouachi et Amédy Coulibaly", poursuivent les shebab, "nous les appelons à se venger de tous ceux qui violent le caractère sacré d'Allah et insultent ses messagers".
Les frères Kouachi ont mené l'assaut contre Charlie Hebdo, y abattant de sang froid 12 personnes, journalistes, dessinateurs, employé et policiers, tandis qu'Amédy Coulibaly a tué le lendemain une policière municipale, puis quatre juifs le 9 janvier dans une supérette casher dans laquelle il retenait des otages. Tous trois ont été abattus le 9 janvier par les forces de l'ordre.
"Tant que la France continuera de suivre ce chemin, elle ne connaîtra jamais la sécurité et les rues de Paris et Toulouse seront le théâtre d'opérations de moudjahidine et la cible de leurs raids", avertissent les shebab.
Toulouse a été le théâtre en 2012 d'une série d'assassinats ciblés, menés par un djihadiste français, Mohamed Merah.
Les islamistes shebab subissent depuis août 2011 une série de défaites ininterrompue face à une force africaine qui les a chassés de Mogadiscio et de l'essentiel de leurs bastions du sud et du centre somalien. Ils contrôlent néanmoins toujours de larges zones rurales et ont porté le fer ces dernières années en Ouganda, au Kenya et à Djibouti, pays fournissant des troupes à la force africaine. Ils ont notamment revendiqué le spectaculaire et meurtrier assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013 (au moins 67 morts) et un attentat suicide en mai 2014 contre un restaurant de Djibouti, où Paris et Washington disposent de bases militaires, affirmant y avoir visé "les croisés français".

Yémen
El-Qaëda au Yemen (AQPA) souhaite que l'Occident soit visé par davantage d'attaques commises par des "loups solitaires", a déclaré un de ses responsables dont les propos ont été relayés mercredi 21 janvier 2015 par le site de surveillance du terrorisme SITE.
Prié de dire s'il est préférable que les Musulmans quittent l'Occident pour aller vivre dans des Etats islamiques, Nasser Ben Ali al Ansi a déclaré: "S'ils sont en mesure de mener un jihad individuel dans les pays occidentaux qui combattent l'Islam, c'est mieux."
Nasser Ben Ali al Ansi a indiqué avoir préparé des attaques visant des cibles occidentales à l'extérieur du Yémen.
AQPA a revendiqué la semaine dernière l'attaque qui a visé Charlie Hebdo, expliquant qu'il s'agissait de venger des insultes contre le prophète Mahomet.

Information sur Haruna Yukawa, l’un des otages japonais menacé de mort
On en sait un peu plus sur Haruna Yukawa l’un des deux otages japonais menacés de mort en Syrie.
Masayuki Yukawa (42 ans) – son vrai prénom est Masayuki et non pas Haruna – est un Japonais à la dérive, qui avait subi une série de revers et de malheurs alors qu’il était encore au Japon.
Après une scolarité difficile où il expliquait lui-même sur son blog avoir été un souffre-douleur de la part de ses camarades, le destin de Yukawa avait débuté à Chiba,  à une heure de route à l’est de Tokyo. Il avait ouvert dans cette région occupée par des rizières et des usines, un commerce de surplus militaire. Mais le commerce devait faire faillite en 2005. Suit une longue descente aux enfers. En proie au désespoir, criblé de dettes, il tentait de se suicider en se sectionnant les parties génitales, un peu à la manière des Samouraïs, devait-il expliquer plus tard. Il expliquera les raisons de ce choix : « Si je rate (mon suicide) au moins je vivrai comme une femme. » Sa femme le sauvera in extremis en le transportant d’urgence à l’hôpital. Mais elle mourra deux ans plus tard d’un cancer du poumon. Son père vend l'appartement qu’il lui avait acheté pour rembourser les dettes de son fils, obligeant celui-ci à trouver refuge dans un parc public où il restera un mois. En 2013 ou 1014, il adoptera le nouveau prénom de Haruna, un prénom à consonance féminine pour les Japonais, sans doute par allusion à la mutilation qu’il s’était lui-même infligée.
A la fin de 2013, Yukawa s’était mis à flirter avec le mouvement Ganbare Nippon, de l’extrême-droite japonaise. Ce groupe s’est fait connaître pour avoir débarqué sur l’île Senkaku, disputée entre le Japon et la Chine. Le groupe défend le retour aux valeurs traditionnelles de l’empire du soleil levant et est partisan d’un affrontement avec la Chine. Yukawa apparaît en photo en compagnie de Toshio Tamogami, un ancien chef d’Etat-major de l’armée de l’air japonaise limogé en 2008 pour avoir suggéré que le Japon n’était pas l’agresseur lors de la guerre de 1941-45.
Il se forge alors un nouveau personnage plus en cohérence avec ses nouveaux amis. Il se déclare consultant en sécurité bien qu’il n’ait aucune expérience de cette activité. Il obtient quand même l’accord de Nobuo Kimoto (70 ans), un leader régional de Ganbare Nippon pour devenir conseiller de sa nouvelle société.
Son but est d’offrir ses services aux grandes sociétés japonaises présentes dans des zones de guerre comme la Somalie. C’est pour cette raison qu’il emprunte une somme d’argent pour se rendre en Somalie ou en Syrie. C’est finalement la Syrie qu’il choisit. 
Les renseignements sur la personnalité de Yukawa obtenus de ses écrits ou des déclarations de son père et des gens qui l’ont côtoyé au Japon ou en Syrie diffèrent complètement de l’image de gros dur qu’il avait alors essayé de se donner sur les vidéos mises en ligne à partir de la Syrie où il se montrait vêtu d’un treillis militaire et d’un T-shirt noir.
Peu de temps après son arrivée en Syrie, Yukawa avait été brièvement détenu pour interrogatoire par des combattants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) qui ne comprenaient pas ce qu’il était venu faire dans cet enfer. Il avait alors noué des relations d’amitié avec un asiatique membre de l’ASL, d’après ce que raconte un journaliste japonais, Kenji Goto qui l’avait rencontré à l’époque. Peu à peu, les combattants de l’ASL s’étaient pris d’amitié pour lui, partageant leurs repas et l’invitant chez eux. Il avait même reçu un surnom arabe.
Pour le journaliste Kenji Goto, c’est la personnalité amicale de Yukawa qui l’a aidé à gagner l’amitié des rebelles. « Yukawa avait cette approche douce, non menaçante qui faisait que les gens lui faisaient confiance et les mettait à l’aise. » Dans son journal en ligne, Yukawa expliquait comment il pouvait parler jusqu’à trois heures du matin avec ses amis de l’Armée Syrienne Libre. Conscient, sans doute, de la déconnection entre le personnage martial qu’il affichait  et son comportement, il expliquait : « Je prétendais être heureux, même si je me sentais seul ou en peine de sorte que je ne laissais pas les autres deviner mes pensées. » Il ajoutait : « Cacher mes vrais sentiments est une seconde nature pour moi. »
De son côté, Yukawa promettait de ramener les médicaments dont les rebelles avait urgemment besoin, ainsi que des chaussures. D’après son père et la lecture de ses blogs, Yukawa aurait alors montré un intérêt pour l’Islam.
A l’issue de sa première visite en Syrie en avril 2014, Yukawa effectue un bref retour au Japon. Puis il gagne l’Irak en juin 2014 en compagnie du journaliste Kenji Goto, soit disant pour apprendre le métier de reporter de guerre. Mais il regagne très vite la Syrie en passant par la Turquie.
« Il semble que les soldats de l’Armée Syrienne Libre  m’attendent », déclare-t-il. Il poursuit : Je suis très heureux et je veux vite les rejoindre, affirme-t-il sur son blog au mois de juin 2014. « Je veux dévouer le reste de ma vie aux autres et sauver les gens. Je veux laisser ma marque dans l’histoire une fois de plus. »
Mais contrairement à ses affirmations altruistes, il affiche toujours un air martial sur les vidéos qu’il met en ligne. On le voit tirant à la Kalachnikov à Alep. « Mes gardes du corps sont à cinq minutes de là. C’est pourquoi je garde cette arme pour ma protection, » affirmait-il, saisissant le fusil d’assaut devant la caméra.
Le 14 août 2014, la brigade de l’Armée Syrienne Libre avec laquelle il se trouve est submergée par une offensive de l’Etat Islamique. Yukawa est blessé à la jambe et capturé par les Jihadistes. On le verra quelque temps plus tard, allongé sur le sable, interrogé par des miliciens de l’EI. Il a le visage en sang. Yukawa donne son nom. Les Jihadistes lui demandent pouquoi il a une arme. « Tu es un voleur ? Pourquoi as-tu une arme ? Tu tues des soldats ? Yukawa leur répond en disant qu’il est un photographe et un « demi-docteur ».
Sa capture par l’Etat Islamique plonge le Japon dans un cauchemar.
C’est la première fois que le gouvernement de Shinzo Abe, est confronté à une prise d’otage assortie d’une menace imminente d’exécution. Déjà, en janvier 2013, dix Japonais avait été tués par des miliciens de l’AQMI (al-Qaïda au Maghreb Islamique) lors d’une offensive jihadiste contre un complexe gazier en Algérie. Pour l’instant, le premier ministre, Shinzo Abe, affirme qu’il ne paiera pas la rançon de 200 millions de dollars. 100 millions pour chaque otage, car il y a un second otage, le journaliste indépendant Goto Kenji. Le montant de la rançon correspondrait au même montant (deux cents millions) que l’aide que le Japon vient d’accorder à l’Irak en guerre contre l’Etat Islamique.
Vidéo de la demande de rançon. Il semble que ce soit le « Britannique » Jihadist John qui s’exprime sur la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=qFW1xBCNLh0&feature=p...

Coalition internationale

Canada
Les forces spéciales canadiennes ont été engagées dans un échange de tirs avec l’Etat Islamique dans le nord de l’Irak :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=09efcba129ad
Les Forces spéciales canadiennes ont échangé des tirs avec les Jihadistes de l’Etat Islamique en Irak au cours des derniers jours. C’est le premier engagement terrestre confirmé de troupes occidentales contre l’EI, selon les déclarations faites par un officier supérieur le lundi 19 janvier 2015.
Le général a indiqué que les Canadiens avaient effectué des tirs de snipers pour « neutraliser les menaces » et qu’il n’y avait pas de victimes canadiennes.
Il révéla que les affrontements avaient eu lieu au cours des sept jours passé et que c’était « la première fois que nous avons été la cible de tirs et que nous avons retourné le feu en Irak. »
Le Canada a déployé quelques 600 soldats dans la région. Ils participent aux frappes aériennes contre l’Etat Islamique. 60 d’entre eux, environ, sont des Forces spéciales chargées d’entraîner et de conseiller les troupes irakiennes sur le terrain. Mais leur mission n’est pas, théoriquement, dans des activités de combat.
« Mes troupes avaient achevé un stage de planification avec des commandants de l’armée irakienne, plusieurs kilomètres en arrière des lignes de front, » a affirmé le brigadier général Michael Rouleau, commandant des Forces Spéciales canadiennes.
Lorsqu’ils ont gagné l’avant pour confirmer les plans sur la ligne de front et visualiser ce qu’ils venaient de discuter sur une carte, ils ont été pris immédiatement sous les tirs de mortiers et de mitrailleuses très efficaces. »
Le général a indiqué que c’est alors que les Canadiens ont effectué des tirs de snipers pour « neutraliser les deux menaces » sans subir de pertes.

English :
Canadian Special Forces exchanged gunfire with Islamic State fighters in Iraq in recent days, in the first confirmed ground battle between Western troops and IS, a senior officer said Monday 19th January.
The general said the Canadians used sniper fire to "neutralize both threats" and there were no Canadian injuries.
He said the clash had taken place in the previous seven days and was "the first time we've taken fire and returned fire" in Iraq.
Canada has some 600 troops in the region participating in airstrikes against the Islamic State. About 60 of them are Special Forces training and advising Iraqi troops on the ground but theoretically not in combat.
"My troops had completed a planning session with senior Iraqi leaders several kilometers behind the front lines," Canadian Special Forces commander Brigadier General Michael Rouleau said.
"When they moved forward to confirm the planning at the front lines in order to visualize what they had discussed over a map, they came under immediate and effective mortar and machine gunfire."
The general said the Canadians used sniper fire to "neutralize both threats" and there were no Canadian injuries.

UAE (United Arab Emirates)
Les Emirats Arabes unis vont donner 10 avions Mirage-2000 à l’Irak.
Le gouvernement des EAU a décidé d’aider l’armée de l’air irakienne en donnant 10 Mirage-9 dans le cadre de la coopération entre les deux pays pour assécher les sources du terrorisme.
La décision fait suite à la visite du premier ministre irkien, Haidar al-Abadi, dans la capitale Abu Dhabi, en décembre 2014, pour restaurer les relations entre Abou Dhabi et Baghdad, soulignant que les avions devraient être livrés en mars 2015.
Les Emirats Arabes Unis sont impliqués dans la sécurisation des frontières de l’Irak, du nord au sud, particulièrement dans la région entre Baghdad et Erbil.
Les Emirats Arabes Unis ont un total de 36 Mirage 2000 multitâches en service depuis 1986. 30 d’entre eux ont été  modifiés et adaptés aux nouvelles exigences, tandis que 32 autres sont entrés en service en 2003 dans le cadre d’un accord avec la société d’aviation française  Dassault.

English :
UAE gives Iraq 10 aircraft type Mirage 2000
The UAE government decided to support the Air Force in the Iraqi army with ten Mirage 2000-9 aircrafts within the cooperation between the two countries to dry up the sources of terrorism.
The move comes on the background of the visit of the Prime Minister, Haider al-Abadi to the capital Abu Dhabi in December 2014 to restore relations between Abu Dhabi and Baghdad, stressing that the aircrafts will arrive in next March.
The UAE is involved in securing the borders of Iraq from north to south, especially the areas between Baghdad and Erbil.
UAE has a total of 36 Mirage 2000 planes to multi-task under the service since 1986, as 30 of them have been amended and developed in the same requirements, while 32 new Mirage entered the aircraft in service in 2003 in a deal with Dassault French aviation company.

Israël/Palestine

Tel Aviv
Un Palestinien de 23 ans a attaqué au couteau et blessé plusieurs personnes dans un bus dans le centre de Tel-Aviv avant d'être blessé par balles puis arrêté par la police, a indiqué la porte-parole de la police israélienne, Luba Samri.
Cinq personnes ont subi des blessures graves ou sérieuses et quatre autres ont été légèrement blessées, a dit la porte-parole sans préciser si toutes avaient été blessées au couteau ou d'une autre manière. L'assaillant a été identifié par la police comme un Palestinien de Tulkarem, en Cisjordanie. Il a été "neutralisé par un officier des services pénitentiaires qui lui a tiré dessus et l'a blessé à la jambe", a dit la porte-parole. Elle n'a pas fourni d'explication à l'acte du Palestinien, sinon en le qualifiant de "terroriste (qui) a été arrêté et conduit à l'hôpital" par la police, qui l'interrogera.

Jean René Belliard

 

Commentaires

Merci de votre retour, votre absence a été pesante.
Sur le coté politique, une fois de plus l'Egypte réunit l'opposition syrienne établie a Damas et quelques rares opposants soutenus par la Turquie. Vu les déclarations dépourvus d'ambiguité de leur nouveau président le turc Khaled Khoja et les relations tendues avec la Turquie, la participation de ce groupe se limite jusques là à deux personnes.
La scission Egypte-Turquie est maintenant reflétée dans les deux groupes de l'opposition syrienne. Malgré les effort du Qatar pour raccomoder les relations turco-egyptiennes et les déclarations mielleuses de Davutoglu à propos de l'Egypte, il est clair que le paramètre Frères Musulmans, la liberation de Mobarak et les insultes de Erdogan jouent contre un rapprochement imminent.
Donc l'opposition syrienne est plus que jamais divisée et la coalition d'obédience turque qui a été propulsée par le Qatar en 20111 comme un représentant légitime de l'opposition syrienne se retrouve menacée d'être remplacée par une opposition locale syrienne soutenue par l'Egypte, les Emirats Unis et l'arabie séoudite
En fait l'enjeu est la question de participation à la réunion organisée par la Russie qui a obtenu le soutien de l'Iran et des E.U mais pas celui de la Turquie.

Au Yémen, malgre les déclarations du GCC et le l'ONU révélant leur fustration et leur impuissance, il est clair que c'est un changement de régime qui a lieu. les Houthis shiites vont dominer le gouvernement au désarroi de l'Arabie qui malgré tous ses efforts voit s'installer à sa frontière un deuxième pays dominé par les Shiites. Bahrain va probablement suivre car l'émir de Bahrain va se rendre compte que l'Arabie ne peut pas le protéger de la possible militarisation de l'opposition jusques là pacifique.
Le changement de régime au Yemen et l'éventuel accord nucléaire vont avoir un impact décisif sur la situation dans la région et en particulier en Israel et en Syrie.
Une guerre en 2016 n'est pas a exclure.

Écrit par : virgile | 22/01/2015

Content de vous relire, M. Belliard !

Écrit par : Griffe | 22/01/2015

Les commentaires sont fermés.