06/01/2015

5 et 6 janvier 2015 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Le quotidien al Akhbar a révélé, lundi 5 janvier 2015, que l'Iran et la Turquie étaient parvenus à un accord au sujet de la Syrie car l'Iran a renoncé à son insistance à vouloir maintenir Assad. Mais le nouveau président de la Coalition Nationale Syrienne est hostile à un dialogue avec Damas.


Front égyptien

Minya (centre de l’Egypte)
Les violences contre les policiers et les soldats se poursuivent en Egypte où plus de 500 membres des forces de police et de sécurité ont été tués dans des attaques depuis un an et demi.
Les deux derniers meurtres en date ont eu lieu à Minya. La province de Minya, à environ 250 km au sud du Caire, a été le théâtre de violences visant la minorité chrétienne copte après la destitution de M. Morsi en juillet 2013.
Mardi 6 janvier, des inconnus ont ouvert le feu sur deux policiers qui effectuaient une ronde au milieu de la nuit, les blessant mortellement. Les deux fonctionnaires étaient chargés de la protection d'une église catholique, mais M. Abdel Latif, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a assuré que cette dernière était située loin du lieu de l'attaque.
La plupart des attaques contre les forces de sécurité égyptiennes sont revendiquées par des groupes jihadistes qui assurent agir en représailles à l'implacable répression qui s'est abattue ensuite sur les pro-Morsi.

Le Caire
Un démineur de la police égyptienne a été tué mardi 6 janvier dans l’après-midi dans le quartier fréquenté de Giza, à l'ouest de la capitale égyptienne. Le démineur tentait de désamorcer une bombe placée devant une station service non loin d'un poste de police. L’attentat immédiatement revendiqué par un groupe jihadiste.
Une vidéo sur le site internet du quotidien égyptien Al-Youm al-Sabah montre le démineur de dos, arnaché dans sa tenue de protection, en train de tenter de désamorcer un engin qu'il tient dans la main quand l'explosion le projette violemment en arrière en soulevant son casque. La déflagration a tué ce capitaine de police et a blessé trois employés de la station service. La bombe était dissimulée dans un pot de plantes en bordure de route.
Le groupe jihadiste Ajnad Misr, qui a déjà revendiqué de nombreuses attaques visant la police au Caire, a assuré sur son compte Twitter qu'il avait dissimulé cette bombe.

Front irakien

Base aérienne d’al-Assad
La base militaire irakienne d'Al-Assad dans la province d'Al-Anbar (Ouest) est une pièce maîtresse de l’armée irakienne pour lutter contre l’Etat Islamique. Elle est régulièrement prise pour cible par les mortiers des Jihadistes
Les tirs, qui ont commencé "depuis quelques semaines", n'ont pas fait de blessés parmi les quelque 320 militaires américains de la base, principalement des Marines. C’est le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone, qui a donné cette information.
Ces tirs de mortiers et autres tirs indirects ont été "globalement inefficaces", a déclaré le porte-parole.
"Aucun militaire américain, aucun équipement américain n'a été touché, en aucune manière", a-t-il conclu, démentant ainsi la revendication de l’EI qui affirmait avoir détruit deux hélicoptères U.S. et tué sept militaires américains alors que l’ordre avait été donné au personnel militaire américain d’évacuer la base.
La situation reste cependant très dangereuse pour les troupes américaines en Irak, et notamment pour les centaines de conseillers militaires chargés de former les troupes irakiennes pour combattre l'EI.

Bagdad
Au moins huit personnes ont été tuées dans une série d'attaques terroristes à travers la capitale irakienne de Bagdad.
Quatre personnes ont perdu la vie et 11 autres ont été blessées dans un attentat dans une rue commerciale du quartier de Shula lundi soir 5 janvier.
Un autre attentat à la bombe  a eu lieu près d'un arrêt de bus. Il a fait deux morts et neuf blessés. Par ailleurs, des hommes armés à moto ont ouvert le feu sur un salon de coiffure et tué deux personnes.
Selon les  chiffres publiés récemment par le gouvernement, l’activité des terroristes en Irak a provoqué la mort de 15 000 civils et membres des forces de sécurité en 2014. C’est plus du double du chiffre de l’année précédente ou 6522 personnes avaient perdu la vie.

Fallujah (province sunnite d’al-Anbar)
Le problème dans la province Sunnite d’al-Anbar est pour les petits postes avancés de l’armée irakienne, cibles faciles des Jihadistes de l’EI.
Cette vidéo mise en ligne par l’EI montre le sort réservé à un de ces postes avancés. Il s'agit  du poste avancé d'al-Ma'amil situé au nord-est de Falloujah :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=658f1fbaa5bb

Al-Jubba (province sunnite d’al-Anbar)
Des kamikazes de l’EI ont fait détoner leurs charges, mardi 6 janvier 2015, contre une mosquée où se reposaient des combattants anti-jihadistes dans le secteur d'al-Jubba, faisant 10 morts. Des affrontements ont ensuite éclaté, au cours desquels 13 autres membres des forces de sécurité ont perdu la vie.

Sultan Abdallah (80 km d’Erbil / Kurdistan)
Située à 80 km à l'ouest d’Erbil et au sud de Mossoul, Sultan Abdullah est l’une des principales villes de la région. Elle est passée sous le contrôle de l’EI au cours de l’offensive jihadiste de l’été 2014. Les forces Peshmergas kurdes ont récemment libéré la ville après de violents combats de rues.
Mais les dommages subis par la ville sont considérables et Sultan Abdallah est toujours pratiquement vide de ses habitants.  Les Peshmergas occupent la ville et ont renforcé leur présence mais la menace jihadiste persiste car l’EI n’a aucune intention d’abandonner la ville à ses adversaires. Dimanche soir, 4 janvier 2015, les Islamistes ont lancé une contre-offensive pour tenter de reprendre la localité.
Vidéo de langue anglaise (côté Peshmerga) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b73c5515f2f1

Province de Salah Eddine
Une video mise ligne par le Hezbollah irakien. Cette organisation chiite a participé, avec l’armée irakienne et d’autres milices chiites, à une série d'opérations dans la province de Salah Eddine qui a conduit à la libération de plusieurs localités stratégiques telles que Dhoulouiyah, Yathreb, Tel al-dDhab, Aziz balad et d'autres agglomérations.
https://www.youtube.com/watch?v=ac7VqAWeuVg&feature=p...

Frontière irako-saoudienne
C’est le premier incident de ce genre depuis le début de l’offensive de l’Etat Islamique dans les provinces sunnites de l’Irak. trois gardes-frontières saoudiens, dont un haut gradé, ont été tués lundi 5 janvier 2015 lors d’un attentat suicide à la frontière avec l'Irak.
L’incident a eu lieu dans la région d’Arar, à la frontière avec l’Irak. Quatre assaillants ont également été tués dans l'attentat et au cours de l’accrochage qui a suivi avec les gardes-frontières.
Il semble que les violents affrontements se poursuivaient le mardi 6 janvier entre les militaires saoudiens et les assaillants, vraisemblablement membres de l’EI.  C’est ce qu’a affirmé Mouaffak al-roubai, un ancien conseiller à la sécurité nationale d'Irak et actuel député du parlement irakien, issu de la coalition de l'Etat de droit :
« Les forces terrestres saoudiennes, secondées par l'armée de l'air, ont lancé une opération d'envergure contre les effectifs de Daech à l'intérieur du territoire saoudien, très près du passage frontalier d'Arar », a-t-il dit.

Le roi saoudien est-il mort ?
Ces combats se déroulent à un moment où on s’attend, d’un jour à l’autre, au décès du roi Abdallah d’Arabie saoudite. Certaines rumeurs font d’ailleurs état de la mort du monarque. Le prince Khaled Ben Bandar, le chef des renseignements saoudiens s’est rendu précipitamment aux Etats-Unis. Est-ce pour coordonner la politique sécuritaire à l’annonce de la mort du roi et éviter que le royaume ne sombre dans le chaos.

Nouvelles exécutions sommaires de l’Etat Islamique
Les jihadistes de l’EI ont exécuté huit personnes, dont quatre policiers, selon des photos publiées sur internet.
Dans un message accompagnant les images, dont l'authenticité n'a pu être immédiatement confirmée, il est écrit que les huit hommes avaient promis de cesser de travailler pour le gouvernement irakien, mais qu'ils ont brisé cet engagement.
Sept d'entre eux seraient des officiers de police. Aucun détail n'est donné sur le huitième.
Sur ces images, dont ignore quand elles ont été prises, sept des victimes sont vêtues d'une combinaison orange similaire à celles portées par les journalistes et personnels humanitaires égorgés par l'EI dans des vidéos de propagande.
Certaines photos montrent les hommes les yeux bandés, sur d'autres ils sont alignés, à genoux, des hommes vêtus d'uniformes noirs, masqués et armés, se tenant debout derrière eux.

Haydar al-Abadi, le premier ministre irakien, appelle les tribus à se soulever contre l’EI
Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a appelé lundi 5 janvier les tribus à se soulever contre l’ Etat islamique (EI).
"Une révolution tribale est nécessaire pour débarrasser la société irakienne de cet ennemi", a indiqué le bureau de M. Abadi qui s'exprimait devant Souhaib al-Rawi, le nouveau gouverneur d'Al-Anbar, une province de l'ouest du pays contrôlée en grande partie par les jihadistes de l'EI. Il a encore jugé "important que les tribus et les fils de la province prennent part à la libération des zones tenues par les organisations terroristes". Le premier ministre irakien multiplie les contacts avec les responsables de la minorité sunnite, qui s'était sentie exclue lors du mandat de son prédécesseur Nouri al-Maliki.
Abadi considère que le soutien des puissantes tribus sunnites de la province d’al-Anbar est nécessaire pour défaire l'EI. Les combattants tribaux ont effectivement joué un rôle clé pour empêcher le groupe de conquérir totalement Al-Anbar.

Soldats iraniens morts en Irak
Téhéran a longtemps nié avoir une quelconque présence militaire en Irak, avant d'admettre avoir envoyé des armes et des conseillers militaires. De nombreuses vidéos et photos mises en ligne démentaient, évidemment, cette affirmation.
Et puis, le 29 décembre 2014, L'EI revendiquait avoir tué le général Hamid Taghavi un haut gradé iranien. Les gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, reconnaissaient la mort du général, affirmant qu’il était "tombé en martyr" lors d'une mission de conseil à l'armée et aux volontaires irakiens contre l'EI à Samarra (110 km au nord de Bagdad).
Certains parlementaires irakiens, comme Habib al-Tarfi, un membre de la « Coalition nationale », continuent de nier la présence de troupes iraniennes sur le sol irakien.
Les informations relayées par les médias sur le déploiement de troupes iraniennes au sol ne sont que "pures allégations dépourvues de tout fondement", a-t-il indiqué selon une information rapportée par Anatolie. "Nul soldat de l'armée iranienne n'a été envoyé en Irak", a-t-il souligné affirmant toutefois que des volontaires venant d'Iran, du Pakistan et de l'Afghanistan ainsi que d'autres pays ont répondu favorablement à l'appel des autorités chiites en Irak.
On comprend que certains hommes politiques irakiens ne tiennent pas particulièrement à révéler la présence de soldats iraniens sur le sol irakien, une révélation qui pourrait exaspérer un peu plus la population sunnite et la rejeter dans les bras de l’EI.

Des forces fidèles à l’Iran en Irak, en Syrie et au Yémen
L’adjoint du commandant des Gardiens de la Révolution Islamique de l'Iran, le lieutenant général Hossein Salami, a révélé que les forces alliées au Gardien de la Révolution iranienne en Irak, en Syrie et au Yémen étaient dix fois supérieures en nombre à celui du Hezbollah chiite libanais. 
Salami a déclaré qu’en Irak, l’armée populaire "qui a des liens avec la Révolution (islamique d’Iran) est 10 fois supérieure au Hezbollah libanais en termes de chiffres." Pour Salami, l’armée populaire est en fait constituée par les milices chiites irakiennes proches de l’Iran.
"En Syrie également, l’anneau central de la résistance, nous avons une armée populaire liée à la révolution islamique qui a choisi les Basiji [milice pro-gouvernementale iranienne] pour école de pensée et son modèle», a-t-il ajouté.
Salami a également parlé du mouvement Ansarullah du Yémen, en disant que ce mouvement se inspire des principes de la République islamique, et les groupes jihadistes en Palestine, qui sont en état de "confrontation permanente avec l'entité sioniste».

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Hossein Salami

 

 

 

 

 

 


Il a ajouté que «la révolution islamique iranienne ne travaille pas seulement à la diffusion de la culture qui se réveille et développe la mentalité du monde musulman, mais il travaille également à l'activation de la confrontation, qui a tiré le tapis sous les pieds des forces étrangères dans la région ».
Il a accusé les Américains de poursuivre une stratégie erronée qui leur a fait échouer dans leur confrontation avec le jihad du peuple iranien, qui constitue la puissance active qui motive le jihad dans le monde musulman.
Il a également dit que la région est toujours à la recherche d’"un nouvel ordre politique et de la sécurité. La République islamique d'Iran contribue à la production de cet ordre. Nous avons avancé sur l'ennemi à cet égard et nous avons l'initiative dans l'élaboration de cet ordre."
De son côté, le speaker du Parlement iranien Ali Larijani a déclaré que son pays avait réussi à former une force dissuasive pour préserver sa sécurité et l'aider à faire face aux menaces.
Pendant ce temps, les responsables occidentaux et les membres de l'opposition syrienne accusent l'Iran d’avoir mis en place un Hezbollah syrien en Syrie directement lié sur le plan militaire à la République islamique. Cette entité n’est pas soumis aux lois syriennes ou aux autorités du pouvoir syrien.
Le Hezbollah syrien compte dans ses rangs plusieurs milliers de combattants iraniens membres de la Garde de la Révolution Islamique d’Iran. Il comprend également des Irakiens, des Yéménites et Aghans de diverses milices.
Toujours selon l'opposition syrienne, les commandants du Hezbollah syrien sont des Iraniens et des Libanais. L’organisation fonctionne sous la surveillance militaire de commandants de la Garde révolutionnaire islamique iranienne en Syrie ou de commandants sur le terrain du Hezbollah libanais.

Activité de la coalition internationale
La coalition a mené 6 frappes contre des cibles de l’Etat Islamique, dimanche 4 et lundi 5 janvier. Les raids ont eu lieu près de Mossoul (nord), al-Qaim, à la frontière syro-irakienne, Ramadi, al-Assad dans la province d'Al-Anbar (ouest).

Front libanais

Bekaa
Repoussés par la pression de l’Etat Islamique, les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) cherchent à s’implanter dans le jurd de Flita, une région montagneuse du Qalamoun à cheval sur la frontière libano-syrienne. Mais la région est défendue par les miliciens chiites libanais du Hezbollah tel et si bien que des affrontements violents ont opposé les deux organisations, faisant des morts dans les deux camps ?
Le bilan des pertes pour la journée du samedi 3 janvier 2015 s’élevait à trois combattants du Hezbollah tués, cinq soldats syriens et une quinzaine de membres du Front al-Nosra.
C’est le Front al-Nosra qui a pris l’initiative des combats en bombardant au mortier des positions du Hezbollah et de l'Armée Arabe Syrienne (AAS). L'armée syrienne a riposté en pilonnant les secteurs du Qalamoun d’où provenaient les départs des mortiers.
Vidéo du Hezbollah montrant une position de la milice chiite équipée de mortiers et de lance-roquettes multiples :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=62b5e911ba32

Libye

Ligue arabe
La dégradation de la situation sécuritaire inquiète les voisins de la Lybie. Le gouvernement égyptien a récemment dénoncé une situation qui pourrait avoir des conséquences au-delà des frontières libyennes.
« La réunion sera consacrée à l'étude des dangereux développements que connaît la Libye et l'accroissement de la violence et des actes de terrorisme », a indiqué à des journalistes Ahmad Ben Helli, le secrétaire général adjoint de l'organisation panarabe basée au Caire. Ces actes « ne visent plus seulement les individus (...) mais également les infrastructures économiques vitales qui représentent la richesse du peuple libyen, notamment les réservoirs de pétrole, » a-t-il poursuivi.

Derna (place-forte jihadiste)
La ville de Derna est devenue un centre du jihadisme international. Dimanche 4 janvier 2015, un raid aérien de l’armée de l’air libyenne fidèle ai gouvernement internationalement reconnu d’al-Thinni, a fait deux morts parmi les membres de l’équipage du pétrolier Araevo battant pavillon libérien. Parmi les morts se trouvent un Grec de 29 ans. Le bombardement a également fait deux blessés parmi les 26 membres d'équipage du pétrolier.
Le tanker effectuait une liaison intérieure et était à l'ancre avec 1.600 tonnes de pétrole dans ses réservoirs lorsqu'il a été frappé.
Un porte-parole des forces armées libyennes a confirmé lundi 5 janvier que l'armée avait bombardé un pétrolier "suspect" dans le port de Derna.
"Un bateau suspect a été bombardé dimanche par les forces aériennes libyennes", a déclaré  le colonel Ahmed Mesmari, porte-parole de l’armée, le lundi 5 janvier, ajoutant que l'équipage du pétrolier n'avait pas obtempéré aux ordres lui enjoignant de s'arrêter pour être fouillé avant son entrée au port.

Syrte
Au moins vingt chrétiens coptes égyptiens ont été enlevés ces derniers jours à Syrte, dans le centre la Libye, a-t-on appris samedi 3 janvier 2015. Ces rapts seraient le fait des miliciens islamistes d’Ansar ash-Shariah. Treize d'entre eux ont été enlevés samedi 3 janvier et sept autres dans les jours précédents.
On ignore encore les circonstances dans lesquelles ces 20 personnes ont été enlevées, comme leur identité.
Des dizaines de milliers d'Égyptiens travaillent en Libye, notamment dans les secteurs de la construction et de l'artisanat.
Syrte, une ville côtière située à 500 km à l'est de la capitale Tripoli, est sous le contrôle de groupes armés, principalement des islamistes d'Ansar ash-Sharih, mais également de Fajr Libya, une coalition qui regroupe des milices islamistes et qui s’est emparé de Tripoli en août 2014.

Sokna – Apparition de l’Etat Islamique
Sokna est située à 180 km au sud-est de Tripoli. Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont attaqué une position de l’armée libyenne, tuant 15 soldats par balles ou à l'arme blanche.

Front syrien

Journal de la bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Lundi 5 janvier 2015, le 112ème jour de la bataille, les forces kurdes ont poursuivi leur progression contre les terroristes, notamment dans le nord, le sud-est de Kobane.
Les jihadistes de l’Etat Islamique, continuent de perdre du terrain et ne contrôlent plus que 20% de l’agglomération.
Dans la nuit du 4 au 5 janvier, une unité de femmes kurdes a mené une opération contre les Jihadistes de l’EI près de l'autoroute au sud de Kobane. La bataille a duré toute la nuit mais, finalement, les positions occupée par les Islamistes ont été réoccupées. Cinq Jihadistes ont été tués au cours des combats. Les Kurdes ont également saisi cinq fusils AK-47, 600 balles pour AK-47, 1000 balles pour PK et 22 mines.
Une autre opération a été réalisée par les forces kurdes au cours de la même nuit dans la zone qui s’étend de l’usine de traitement de l’eau de Kobane aux contreforts  de la colline Mishternur, sur le front Sud-Est. L'opération lancée la veille au soir était toujours en cours au matin du 6 janvier. Les Jihadistes ont fait usage d’une voiture piégée pour ralentir l’avance des Kurdes mais le véhicule (VBIED) a été stoppé avant son explosion et la zone a fini par être nettoyée des Islamistes. Onze Jihadistes ont été tués au cours de cette bataille. Les miliciens kurdes se sont emparés de 11 fusils AK-47, 1 lance-roquettes RPG-7, trois roquettes RPG-7, 2000 balles de PK mg, 19 grenades à main, sept obus de mortier de 60mm, 3 mortiers de 57mm, un appareil de vision de nuit, et une mine artisanale.
Les unités kurdes ont également procédé à des tirs sur un groupe de Jihadistes  positionnés près de l'hôpital sur le front sud, tuant trois d’entre eux.

Serêkaniyê 
Une bataille a éclaté entre les forces kurdes et les Jihadistes de l’EI. La bataille a débuté le lundi 5 janvier à partir de 19h00 près du village de Maqsuma situé dans le sud-ouest de Serêkaniyê.  Les Jihadistes ont tenté de tendre une embuscade aux forces kurdes de l'YPJ. Deux Islamistes ont été blessés au cours des combats et les autres ont abandonné le terrain.

La coalition internationale poursuit ses bombardements à Kobane
La coalition internationale anti-jihadiste conduite par les Etats-Unis a également mené au moins huit raids aériens sur Kobané entre dimanche 08H00 et lundi 08H00 (locales), a annoncé dans un communiqué le commandement multinational interarmées (CJTF) chargé de ces opérations.

Alep et ses environs
La colline de Breij a finalement été prise par les rebelles après de longs combats :
Vidéo :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=686735ea3e20
Une video du Front du Levant montre un bombardement au mortier des positions de l’AAS à Breij (Alep) :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=f7eecd81453d

Deir ez-Zhor
La coalition internationale conduite par les Etats-Unis poursuit inexorablement ses raids contre les positions jihadistes en Syrie. Des frappes ont eu lieu contre des installations pétrolières aux mains de l'Etat islamique dimanche 4 et lundi 5 janvier 2015.
"Près de la ville de Deir el-Zor (est syrien), six frappes aériennes ont touché cinq points de collecte de pétrole brut, un oléoduc de brut et détruit deux véhicules blindés et un conteneur de l'EI", a indiqué dans un communiqué le commandement multinational interarmées (CJTF) chargé de ces opérations.
La coalition vise régulièrement les installations pétrolières contrôlées par l'EI  pour l'empêcher de se financer par la vente de pétrole brut. L'EI tire des ressources substantielles de ces ventes de pétrole à des prix cassés, bien en dessous du marché.

Journal de la bataille de Deir ez-Zhor
Pour la 3e journée consécutive, l'Etat islamique a tenté de percer les premières lignes de la base tenue par le régiment 137 de l'Armée Arabe Syrienne. Mais les Jihadistes n’ont pu franchir le champ de mines qui protège la base militaire, subissant de lourdes pertes en homme et en matériel en essayant de le traverser.
Selon la sécurité militaire de Deir ez-Zhor, la base du régiment 137 tient bon et n’est pas en danger malgré l’affirmation des Jihadistes sur les réseaux sociaux selon lesquelles ils auraient infiltré le camp.
De son côté la 104ème aéroportée de la Garde Républicaine (al-Harss al-Jamhouri) a encerclé Mountain Radio (jabal al-Jaheef) proche du village d’Ayyash après une brève offensive de l’EI contre cette position, lundi matin 5 janvier. La contre-attaque de la 104ème brigade a pour objectif de capturer le dépôt d’armes de l’EI à Jabal al-Jaheef tout en sécurisant la route Raqqa-Ayyash.
Sur le front de l'île Sakr (Haweeja Sakr), la 104ème brigade a poursuivi sa progression dans
 les 2ème et 3ème districts, tuant des dizaines de Jihadistes de l’EI et capturant un canon anti-aérien de 57mm près de Central Park.
29 soldats de la 104ème brigade aéroportée ont été tués sur l’île de Sakr au mois de Décembre 2014. 

Opérations spéciales contre l’EI dans la province de Deir ez-Zhor
L’Armée Arabe Syrienne, en coopération avec des membres de la tribu Chaitat, a effecuté un certain nombre d’opérations spéciales contre l’EI à al-Maryaiye dans la province de Deir Ezzor. Ils ont tué une dizaine de Jihadistes à al-Khatt al-Garbi, Khatt al Taim, le village de Ayyash et celui d'al-Bagilya.
L’armée et les tribus hostiles à l’EI ont également tué un certain nombre de Jihadistes
qui avaient tenté d’attaquer un poste militaire à al-Taim, à 10 kilomètres de l'autoroute internationale à l'ouest de Deir Ezzor.

Un acte de résistance anti-EI à al-Mayadine (Est syrien) ?
Le corps d'un haut responsable de la "police" de l’Etat islamique a été retrouvé décapité dans la province de Deir el-Zor, à l'est de la Syrie.
Il s'agit d'un Égyptien connu comme le bras droit de l'"émir" de la force Al-Hesbah dans cette province.
On ignore qui l'a décapité. Son corps porte des marques de tortures et a été retrouvé près d'une centrale électrique de la ville d'al-Mayadine. Des agresseurs ont également tenté de tuer deux membres du groupe EI dans cette ville.
La ville d’al-Mayadine a déjà connu des manifestations et des attaques contre les Jihadistes dans le passé. En mars 2013, à une époque où la ville était contrôlée par le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) avant d’être conquise par l’Etat Islamique, les habitants de cette localité avaient manifesté pendant plusieurs jours pour réclamer le départ des jihadistes du Front al-Nosra. Ils protestaient également contre l’imposition de la loi islamique imposée par le Front.

Coalition internationale Syrienne – Le nouveau président hostile au dialogue avec Damas
La Coalition nationale syrienne (CNS) est une organisation de l'opposition au président Bachar al Assad. Elle est soutenue par les groupe des « Amis de la Syrie »  mais n’a en fait que peu d’autorité sur le terrain. Les rebelles qui combattent contre l’Armée Arabe Syrienne, les partisans du pouvoir et les organisations jihadistes comme le Front al-Nosra ou l’Etat Islamique considèrent que les dirigeants du CNS ignorent la situation des Syriens.
Mais tous ceux qui cherchent une issue à ce sanglant conflit espèrent toujours voir le CNS jouer un rôle.
L’élection de Khaled Khoja pour succéder à Hadi al Bahra comme président de la CNS ne devrait pas changer grand-chose à l’absence de poids et d’autorité du CNS alors que la rébellion non jihadiste est en décomposition. A noter que le poste de vice-président,  traditionnellement réservé à un représentant kurde, n'a pas été pourvu pour l'instant, la composante kurde de la coalition n'ayant pas présenté de nouveau candidat.
Khaled Khoja (49 ans) est le premier turkmène à être élu à ce poste. Il a la réputation d'être plus indépendant des soutiens régionaux du CNS que son prédécesseur, M. Bahra, proche des Saoudiens.
Khaled Khoja, un médecin et homme d’affaires, est né à Damas en 1965. Il a quitté la Syrie dans les années 1980, après deux passages en prison. Il a alors vécu en exil en Turquie où il a étudié la médecine. Il est l'un des membres fondateurs du Conseil national syrien et a été son représentant à Istambul.
Il a obtenu 56 voix sur les 106 suffrages exprimés (sur 111 membres) lors d'un vote à huis clos à Istanbul dimanche 4 janvier. Son rival, Nasr Hariri, a obtenu 50 voix. L’échec de Hariri, le candidat de la Turquie et des Frères Musulmans, souligne la perte d’influence de ces derniers auprès de la Coalition Nationale Syrienne.
Le nouveau président de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Khaled Khoja, n’a pas tardé à faire connaître son opinion quant aux efforts diplomatiques russes pour résoudre le conflit syrien. A peine élu, il a exclu, lundi 5 janvier, la participation du CNS à tout dialogue avec Damas.
"Le dialogue avec le régime souhaité par Moscou est hors de question", a-t-il déclaré devant la presse à Istanbul. "Nous ne pouvons nous assoir à la même table que le régime (...) à moins que cela ne soit dans le cadre de négociations visant à parvenir à une transition pacifique et la formation d'un organe transitoire ayant les pleins pouvoirs", a-t-il ajouté.
La Coalition avait, par deux fois, participé à des négociations, stériles, avec le régime de Damas. Moscou tente actuellement de relancer des pourparlers de paix prévoyant des rencontres entre des représentants du régime et de l'opposition morcelée.
La Russie a ainsi invité 28 opposants à Moscou ce mois-ci, dont des membres de l'opposition de l'intérieur "tolérée" par le régime et des membres de la Coalition. Parmi eux Hadi al-Bahra, à qui M. Khoja a succédé lundi, et deux autres ex-chefs de la Coalition, Moaz al-Khatib et Abdel Basset Sida. On ne sait pas encore si la Coalition va interdire à ses membres invités de se rendre à Moscou.

L’Iran, au contraire, prêt à des concessions sur le sort de Bachar el-Assad
Le quotidien al Akhbar a révélé, lundi 5 janvier 2015, que l'Iran et la Turquie étaient parvenus à un accord au sujet de la Syrie car l'Iran a renoncé à son insistance à vouloir maintenir Assad.
"La Turquie et l'Iran seraient arrivés à une formule commune au sujet d'Israël et de la Syrie : si la Turquie renonçait à son alliance avec Israël, l'Iran serait prêt à négocier le sort d'Assad! "
Cette information, si elle se confirmait dans les faits, signifierait un changement radical de la position de l'Iran qui a constamment soutenu Assad depuis le début du soulèvement sunnite en Syrie.
L’information d’al-Akhbar a été, cependant, démenti par une source proche du conseil suprême pour la sécurité nationale d’Iran :
« L'Iran n'est prêt à entrer dans aucun deal autour du sort de la Syrie et d'Assad pour améliorer ses relations avec la Turquie ou l'Arabie saoudite.
Interrogé par le site al Waqt, le responsable a d'emblée rejeté toutes les rumeurs concernant la demande turque au sujet d'un changement du régime en Syrie et a ajouté : " un quelconque aval donné au plan turc signifierait l'affaiblissement de l'axe de la Résistance ce qui va à rebours des intérêts de l'umma islamique.
 
Des personnalités occidentales sont entrées illégalement en Syrie – Colère de Damas
Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, est une nouvelle fois entré illégalement en Syrie. C’est la seconde fois depuis le début de la guerre civile. Il était allé, en mai 2013, dans les zones kurdes situées au nord du pays, ce qui avait suscité des interrogations quant à la finalité et aux arrière-pensées de cette visite et surtout, s’il avait agi avec l’aval des autorités françaises. Cette fois-ci, c’est en compagnie du sénateur américain, John McCain et de l'ancien ambassadeur des Etats-Unis Peter Galbraith, qu’il a pénétré sans visa sur le territoire syrien, ce qui a provoqué les protestations de Damas.
Bachar Jaafari, représentant permanent de la Syrie à l'Onu, a demandé à Ban Ki-moon, secrétaire général de l'organisation des Nations Unies, et le Conseil de sécurité à faire pression sur leur gouvernements pour qu'ils prennent "les mesures nécessaires contre leurs ressortissants qui ont pénétré illégalement" en Syrie. "Ces actes constituent une violation manifeste de la souveraineté syrienne et des résolutions du Conseil de sécurité."
John McCain s’était déjà rendu en Syrie en mai 2013 pour rencontrer des représentants de l'opposition. Peter Galbraith se trouvait en Syrie en décembre avec d'autres représentants politiques et militaires américains, rappelle Jaafari, qui s'indigne également de la présence de journalistes.


Coalition internationale

Etats-Unis
Le rapport du Sénat sur les "interrogatoires poussés" menés après les attentats du 11 septembre 2001 aurait-il fait une nouvelle victime ? David Buckley, inspecteur général de la CIA qui a enquêté sur les tensions liées à ce rapport, a démissionné pour saisir "une opportunité dans le secteur privé". Sa démission sera effective le 31 janvier.
Au siège de la CIA comme au Capitole, on assure que son départ n'est pas lié à la nature de ses enquêtes ni à un quelconque motif politique.
Cette « démission » est commentée négativement par les mouvements de défense des droits civiques :
"L'inspecteur général de la CIA est l'un des rares qui ait essayé de faire en sorte que l'agence ait à rendre des comptes alors que la Maison Blanche et de nombreux élus du Congrès ont renoncé à leurs fonctions de contrôle", a souligné Christopher Anders au nom de l'American Civil Liberties Union.
Il reste que la CIA devra rapidement décider du protocole qui devra être suivi  - et approuvé par le DoJ - pour les interrogatoires tant est grande la menace jihadiste contre les intérêts et la population des Etats-Unis, comme en témoigne l’ouverture du procès du Tchétchène responsable de l’attentat contre le marathon de Boston.

Jean René Belliard

 

Commentaires

Que l'Iran abandonne Bashar al Assad quand Hassan Nasrallah vient juste d'en faire une ligne rouge avec les Russes démontre l'absurdite de cette information probablement colportée par la Turquie et l'opposition aux abois.

L'arrivée d'un Turc ( Khoja a-t-il encore sa nationalité syrienne?)et de surcroit Turcoman à la direction du CNS indique que les séoudiens ont decidé que le CNS était un fantoche inutile et que Khaled Al Khoja était devenu le perroquet 'syrien' de Erdogan, donc grande gueule mais impotent.

Les E.U semblent narguer les séoudiens en annoncant l'accord de l'entrainement au printemps de milices syriennes en territoire turque.
Les Séoudiens commencent à en avoir assez de voir un non-arabe arrogant se propulser defenseur des Arabes et des Sunnites

On devra peut-etre s'attendre à un revirement de la position séoudienne envers la Syrie et envers Bashar al Assad, c'est ce qui explique peut-etre ces annonces ridicules d'un changement de la position iranienne.

Écrit par : virgile | 07/01/2015

Bonjour.
Vous dites que la ville de Sultan Abdallah se situe au nord-ouest de Mossoul et que les Kurdes essaieraient de la reprendre aux Islamistes, mais toute cette région est déjà aux mains des Kurdes depuis un certain temps. Si vous regardez la carte dynamique des amitiés kurdes de Bretagne, vous constaterez que Sultan Abdallah se trouve en fait au Sud de Mossoul et à l'Ouest d'Erbil dans un territoire qui vient d'être conquis par les Kurde le long du fleuve Tigre.Je regarde votre rubrique tous les jours et je la trouve très intéressante!
Jean-louis Douyère

Écrit par : Douyère | 08/01/2015

Merci monsieur Douyère.
J'avoue que nous n'avions pas vérifié la position de la ville et nous étions fiés à l'indication de notre correspondant. Nous ferons plus attention la prochaine fois. Il est vrai que ce correspondant est nouveau pour nous.
Merci pour l'indication de la carte interactive. Elle est très intéressante.

Écrit par : Belliard | 08/01/2015

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