23/12/2014

23 décembre 2014 - Guerre mondiale contre les Jihadistes

La diplomatie russe a un plan intéressant pour tenter de mettre un terme à l’horrible guerre civile syrienne. Les Européens devraient profiter de ce plan pour tenter de reprendre contact avec le pouvoir russe d’une manière constructive et ainsi régler un certain nombre de problèmes actuels.


Algérie

Le chef du groupe ayant égorgé un Français tué par l'armée
L'armée algérienne a annoncé, samedi 20 décembre, avoir abattu, dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 décembre, Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Souleimane, le chef du groupe jihadiste Jund Al-Khilafa (Les soldats du califat). Pour mémoire, ce groupe jihadiste avait revendiqué en septembre 2014 l'enlèvement suivi de l’exécution du guide français Hervé Gourdel, en septembre 2014 à Tikdjda, en Kabylie. Le communiqué de l’armée a été diffusé par Nahar TV.
Le Jihadiste aurait été tué avec deux autres membres de Jund al-Khalifa au cours d’une embuscade tendue par l’armée à à l’entrée de la ville des Issers, à 60 km  à l’est d’Alger, dans le département de Boumerdès d’où il était originaire. Les trois hommes circulaient à bord d’un véhicule léger. L’embuscade a eu lieu à une centaine de mètres d’une gendarmerie.
Des armes, une importante quantité de munitions et des explosifs ont été saisis par l'armée lors de l’opération.
Abdelmalek Gouri était recherché depuis 1995, date à laquelle il avait rejoint le maquis. Il avait alors 22 ans. Il avait été le bras droit du chef d'AQMI, Abdelmalek Droukdel.
Le groupe Jihadiste Jund al-Khilafa avait annoncé fin août avoir quitté al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), dénonçant sa "déviance", pour faire allégeance à l'Etat Islamique. Jund al-Khilafa est composé essentiellement d'anciens membres d'AQMI actifs dans la région d'Alger et en Kabylie.
Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Souleimane, est un ancien bras droit du chef d'Aqmi, Abdelmalek Droukdel. Son groupe a été à l'origine des attentats suicide contre le palais du gouvernement et un bâtiment de l'ONU en 2007 à Alger. On l’accuse également d’avoir été responsable de l'attaque qui avait coûté la vie à 11 soldats en avril 2014 à Iboudrarène, dans la même zone où s'est produit l'enlèvement d'Hervé Gourdel.
L’élimination d’Abdelmalek Gouri intervient trois jours seulement après la neutralisation de trois autres Jihadistes, dont l’émir  de la phalange d’al-Ansar, Berrached Merzak, à Sidi Daoud, à 50km à l’est de Boumerdès.

Front irakien

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Après ses revers dans les monts Sinjar, l’Etat Islamique semble être à l’offensive au nord de Bagdad.

Yathrib et Tal Or (province de Salaheddine)
L'État islamique clame victoire et prétend avoir mis en déroute une unité des Brigades du Hezbollah irakien près des villes de Yathrib et Tal Or dans la province de Salaheddine. Les combats auraient eu lieu le 19 décembre.
L’information n’es pas confirmée officiellement et se base sur les photos mises en ligne sur les sites sociaux par l’EI. Mais il apparaît que la 17ème division de l'armée irakienne et plusieurs groupes de miliciens chiites sont arrivés sur place pour tenter de reprendre Yathrib et ses environs, ce qui, cou coup, confirme les cris de victoire jihadistes.
Le 4 décembre, les Brigades du Hezbollah avaient pourtant affirmé avoir totalement effacé la zone de Tal Or. Le 5 décembre, l'armée irakienne avait affirmé que son drapeau volait au-dessus de Tal Or et qu’elle contrôlait  Yathrib. Le 7 décembre, Asaib al Haq, (ou la Ligue des Justes), une autre milice chiite soutenue par l'Iran, avait publié une vidéo montrant ses forces aux côtés de l'armée irakienne près de Yathrib.
Mais, le 18 décembre, la Ligue des Justes publiait une nouvelle vidéo dans laquelle elle affirmait se préparer à libérer Yathrib. Le 22 décembre, l’armée irakienne affirmait avoir repris, avec le support des milices chiites, sept villages.
Conclusion : La situation à Yathrib est loin d’être claire.
L'État islamique n’est pas la seule force anti-gouvernementale opérant dan sla zone de Yathrib. L'Armée Islamique d'Irak, un groupe d'insurgés islamistes qui était allié avec les Jihadistes de l’Etat Islamique dans le passé, a revendiqué le bombardement de la base militaire de Balad à Yathrib le 11 décembre.
La zone de Yathrib et les villes et villages de Dhululiyah, Balad, Ishaqi, Doujaïl, Dojama, Khalis, Tarmiyah et Taji sont considérés comme étant stratégiquement importants pour l'État islamique. Ces villes et ces villages sont situés au nord de la « ceinture deBagdad » et se trouvent le long des deux routes qui relient Samarra à la capitale Bagdad. Ces deux voies sont toutes les deux sous le contrôle du gouvernement. L'État islamique, qui cherche à étrangler la capitale, doit absolument prendre le contrôle de la ceinture nord pour parvenir à ses fins.
C’est en prévision d’une recrudescence des combats que l’armée irakienne a prélevé des unités à travers le pays pour les déployer sur ce front. Elle a reçu le renfort des brigades chiites  comme la Brigade Badr, du Hezbollah irakien, la brigade Asaib al Haq (Ligue des Justes), et la Brigade du Jour Promis de Muqtada al Sadr, qui sont toutes soutenues par la Force al-Qods (les forces spéciales des Pasdarans iraniens).
Le problème pour le pouvoir irakien est qu’on a constaté une démoralisation au sein des forces irakiennes assiégées le long de la route Samarra-Bagdad et ailleurs en Irak. En outre, les milices chiites ne sont pas les bienvenues dans les villes et les villages dont la population est majoritairement sunnite. Ceci explique pourquoi l'État islamique a continué de porter des coups sévères contre les milices chiites au cours de la première semaine de décembre. Une unité de l’Etat islamique  a mis en déroute la Brigade Badr près de Samarra.
L'Iran n’a pas l’intention de laisser les choses s’empirer et a décidé de réagir. Qasem Soleimani, le commandant de la brigade al-Qods  et qui commande les opérations spéciales des Gardiens de la Révolution Islamique a été repéré à plusieurs reprises sur les différents fronts
Il a été photographié le mois dernier aux côtés de miliciens chiites à Samarra. Il a également été repéré sur d'autres fronts clés où les milices chiites sont engagées contre l'État islamique.

Des Kurdes arrêtés par l’armée irakienne pour pillage dans les zones libérées
Les milices chiites ne sont pas les seules à exaspérer les populations en majorité sunnite que l’armée irakienne réussit à reprendre à l’Etat Islamique. La population se plaint également les miliciens kurdes, les Peshmergas, et les accusent de vouloir faire un nettoyage ethnique pour créer leur « grand Kurdistan ».
L’armée irakienne, dans certains cas, et lorsqu’elle est en position de force, essaye de maintenir l’ordre et tente d’arrêter les pillards comme le montre cette vidéo. Ici, il s’agit de Pesjhmergas appréhendés par l’armée irakienne pour vol dans la localité sunnite de Souleiman Bek, au nord de Bagdad – Vidéo en langue arabe :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=23cf6c83d5e9

Libye

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi au terme de huit mois de guerre civile en 2011.
Livré aux milices, le pays est dirigé par deux Parlements et deux gouvernements - l'un proche des milices islamistes et l'autre reconnu par la communauté internationale - qui se disputent le pouvoir.

Rapport de l’ONU : Des centaines de civils libyens tués depuis mai 2014
Des centaines de civils libyens ont été tués ces derniers mois lors de violences entre groupes armés rivaux, dont les forces pro-gouvernementales, a annoncé mardi l'ONU. Le rapport ajoute que certains actes pourraient être assimilé à des "crimes de guerre".
"Depuis la mi-mai, les combats ont augmenté et les violations persistent en toute impunité", a déclaré la porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (OHCHR), Ravina Shamdasani, précisant que "certains de ces crimes peuvent constituer des crimes de guerre".
Un rapport de l’OHCHR précise, par exemple, que dans la région de Warshafana, proche de Tripoli, les combats entre groupes armés ont tué environ 100 personnes et en ont blessé 500 autres entre la fin août et le début octobre 2014. D'autres combats dans les montagnes de Nafusa, en bordure du Warshafana, ont également entraîné la mort de 170 civils, et au moins 450 personnes ont été tuées à Benghazi au cours des combats entre Islamistes et forces fidèles au général Khalifa Haftar et au pouvoir libyen reconnu par la communauté internationale.
Les combats ont également provoqué une crise humanitaire avec 120 000 personnes déplacées et subissant des pénuries importantes à la fois alimentaires et médicales. Rien qu’à Benghazi, 90 000 personnes ont du fuir les zones de combats.
Ce rapport de l'OHCHR et de la mission de l'Onu en Libye (Unsmil) a été publié à Genève.
L'ONU a également a également accusé toutes les parties d'enlèvements, de torture et d'exécutions sommaires.
"Des dizaines de civils ont été enlevés par les différents acteurs, uniquement en raison de leur réelle ou supposée appartenance tribale, familiale ou religieuse, souvent pour en faire des otages monnayables contre d'autres détenus de la partie adverse", indique le rapport.
Les groupes armés ciblent particulièrement les militants politiques et des droits de l'homme ainsi que les journalistes, dont certains ont été enlevés, menacés ou encore vu leurs maisons pillées ou brûlées, poursuit le rapport.
Le Haut Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a cru bon de devoir rappeler les sanctions encourues par les responsables de ces atrocités : "En tant que commandant d'un groupe armé, vous êtes pénalement responsable en vertu du droit international si vous commettez ou ordonnez de commettre de graves violations des droits humains ou ne parvenez pas à prendre des mesures raisonnables et nécessaires pour empêcher ou punir de tels actes.
 
Front syrien

Activité de la coalition internationale
Plus d'un millier de jihadistes ont été tués en trois mois en Syrie par les frappes de la coalition conduite par les États-Unis, a affirmé mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"Depuis le début des frappes (le 23 septembre), au moins 1 171 personnes ont été tuées par les frappes arabes et internationales sur la Syrie, dont 1 119 jihadistes du groupe État islamique et du Front al-Nosra", a annoncé cette organisation.
Selon son décompte, les frappes ont tué 1 046 membres de l'Etat Islamique, en grande majorité des non-Syriens, 72 du Front al-Nosra, 1 prisonnier jihadiste dont on ignore à quel organisation il était affilié, et 52 civils.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les combattants kurdes ont infligé une nouvelle défaite aux Jihadistes de l’Etat Islamique.
Les combattants kurdes seraient arrivés à libérer une partie de la banlieue de Kobane, tuant un grand nombre de Jihadistes. Les Kurdes ont également repoussé les combattants de l’EI dans l’axe oriental de Kobane. Ils ont réussi à neutraliser un assaut islamiste contre le centre culturel de Kobane qu’il entendait occuper de nouveau. La confusion règne, d’ailleurs, à propos des revendications des uns et des autres pour savoir à coup sûr qui contrôle le centre culturel.

Alep et sa banlieue
Trois nouvelles vidéos mises en ligne le mardi 23 décembre par la milice Noureddine Zanki (Armée Syrienne Libre) montrent des combats entre les rebelles syriens et des combattants iraniens et afghans présents en Syrie pour le compte du pouvoir syrien. Les combats filmés ici se déroulent dans la localité d’al-Brij proche d’Alep.
- La première vidéo (côté al-Zanki) montre un tir de mortier sur les positions adverses – Remarquez l’absence de plaque de base du mortier – une constante chez les rebelles syriens :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
- La deuxième vidéo montre l’emploi de mitrailleuses moyennes et lourdes contre l’AAS :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
- La troisième vidéo montre également des tirs de mitrailleuses :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Cette vidéo mise en ligne par le Mouvement Hazm (aidée par les Américains) montre l’utilisation d’un énorme mortier de fabrication locale pour tirer sur les positions tenues par l’AAS. Les énormes bonbonnes d’explosifs valent bien les barils d’explosifs jetés des hélicoptères par le pouvoir. La vidéo a été prise dans le secteur de Karam Tarrab :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4c97406f0db5

Edleb
Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), après avoir chassé les brigades rebelles qui s’opposaient à son pouvoir, capturé la base militaire de Wadi Deif, a bien l’intention de poursuivre ses offensives pour contrôler l’ensemble de la province d’Edleb et en faire son propre califat, concurrent de celui de l’Etat islamique dont la capitale est Raqqa.
Mais les Jihadistes du Front al-Nosra butent actuellement sur la résistance des soldats de l’AAS qui savent qu’ils doivent résister coûte que coûte à l’offensive contre l’aéroport militaire d’Abou Dohour s’ils ne veulent pas périr sous le couteau des égorgeurs. Cet aéroport est le second par ordre d'importance de la Syrie. Il abrite quelques 55 avions et hélicoptères de combat
Pour l’instant, le lancement d’une voiture piégée contre le flanc ouest de la base par les Jihadistes du Front al-Nosra n’a pas réussi à percer les défenses.

Qalamoun (frontière libano-syrienne)
L’Etat Islamique a perdu huit de ses combattants dans le Qalamoun au cours d’un bombardement de l’AAS. Les combattants de l’EI se trouvaient dans le passage Mira qu’ils ont transformé en place-forte.

Raqqa (place-forte de l’EI)
Il se passe des choses pas très catholiques à Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique. Sept miliciens tchétchènes de la brigade al-Mujahirin wal-Ansar. Les sept Tchétchènes auraient disparu dans des conditions non élucidées. L’Etat Islamique a accusé des « extrémistes » (sic) d’être responsables d’attaques contre le califat. Ces « extrémistes » accuseraient les membres de l’Etat Islamique d’être des infidèles (re-sic). Les dirigeants de Daech ont décidé de multiplier les barrages dans la province de Raqqa.

L’Etat Islamique publie de nouvelles règles pour les Chrétiens de Raqqa
L’État islamique a publié une liste de sept règles que tous les chrétiens vivant dans la ville syrienne Raqqa doivent observer.
La déclaration ouvre sur une citation du Coran, qui dit : «Combattez ceux qui ne croient pas en Allah ni au Jour dernier, ni n’interdisent ce qu'Allah et Son prophète ont interdit, ni suivent la religion de la vérité, jusqu'à ce qu'ils versent la taxe en reconnaissance de la supériorité et ils sont dans un état de sujétion ».
Elle poursuit en déclarant qu’Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l'Etat islamique, avait donné la sécurité aux chrétiens, promettant de les protéger "eux-mêmes, leurs enfants, leur argent et les églises."
Suit une liste de sept règles claires, interdisant le culte public et la trahison de l’Etat Islamique.
Les chrétiens de Raqqa ne sont plus autorisés à construire des églises ou même réparer les églises endommagées.
Ils ont également l’interdiction de montrer publiquement la croix dans les zones musulmanes, ou sur leurs propres marchés. Toutes les cérémonies du culte doivent être effectuées avec un minimum de bruit. Ainsi les Chrétiens ont l’interdiction de faire entendre leur voix pendant la prière ou au cours d'autres actes d'adoration."
La déclaration précise que «les musulmans ne doivent pas entendre la lecture de leurs livres à haute voix", interdisant effectivement aux chrétiens de lire ouvertement la Bible ou de chanter des psaumes. De même, tous les actes de culte doivent être effectués dans une église et en aucun cas en public.
Les  Chrétiens ont également l’interdiction d’empêcher un de leurs frères chrétiens de se convertir à l'islam. Ils ne doivent en aucun cas se moquer de l'islam et des musulmans.
La déclaration se termine par un  avertissement clair aux chrétiens vivant à Raqqa. Tout acte d’hostilité à l’égard de l’Islam et tout action qui pourrait aider la coalition internationale à localiser les positions de l’Etat Islamique seront punis de la peine de mort.
Toris hommes de Raqqa ont récemment été jugés coupables de placer des balises à proximité de bâtiments stratégiques de l’EI pour aider la coalition internationale. Ils ont été condamnés à mort et exécutés.

Forte activité diplomatique russe
Les diplomates russes s’efforcent de relancer un processus politique en Syrie sur la base de la conférence de Genève I. Peu de temps après cette conférence, plusieurs opposants avaient visité Moscou. Walid al-Moallem, le ministre syrien des Affaires Etrangères,  avait également été invité à se rendre en Russie pour avoir des entretiens avec de nombreux responsables russes, dont le président Vladimir Poutine.
La seule Information concernant ces entretiens est venue de Moallem. Il a affirmé que le pouvoir n’avait pas d’objection à engager des discussions avec l'opposition en Russie. La seule condition était que les prochains entretiens devaient avoir lieu à Damas.
Il reste que le pouvoir syrien n’est pas vraiment à l'aise avec les efforts russes parce que la diplomatie russe insiste pour considérer l'accord de Genève comme base pour le début d'une solution politique, ce qui indique clairement qu'il devrait y avoir un gouvernement de transition avec les pleins pouvoirs, ce qui, selon  l'interprétation russe suppose de réduire l'autorité d'Assad.  Les Américains ont une interprétation différente de ces accords : Ils veulent forcer Bachar al-Assad à quitter le pouvoir pour permettre la formation d’un gouvernement de transition pendant une période définie (qui doit être aussi courte que possible), jusqu’à l’organisation d’élections libres supervisées par la communauté internationale.
Il est clair que dans le cas d’élections réellement libres, Bachar el-Assad n’a aucune chance de conserver le pouvoir. Ainsi, l'initiative russe doit être considérée comme une chance pour l'opposition syrienne à condition qu’elle cesse sa guéguerre terrible entre factions.
Mais il y a plusieurs conditions pour que cette initiative russe ait un succès :
1. Les Russes doivent veiller à ce que cet effort ne soit pas une nouvelle tentative pour renflouer le régime par des négociations sans un calendrier et des assurances précis. Ainsi, le pouvoir doit cesser d’apparaître aux yeux des Syriens comme une partie engagée dans les négociations tandis que son  armée continue de semer la mort et la destruction. Les Russes doivent donc mettre au point une forme de cessez-le-feu pendant la durée des négociations, sachant que les Jihadistes poursuivront le combat.
2. Les Russes doivent maintenir leur décision de tenir ces pourparlers à Moscou. Le gouvernement de transition doit également disposer des pleins pouvoirs et de fixer le calendrier. Si le pouvoir syrien continue de refuser cela, alors cela pourrait aboutir à un changement de la position russe vis-à-vis de Damas, dans l'intérêt supérieur du peuple syrien. S’il accepte cela, ce serait alors le premier pas vers une Syrie libre.
3. Si les Russes réussissent à pousser le pouvoir syrien à mettre en œuvre l’accord de Genève I, alors cela pourrait signifier la fin de la tragédie syrienne. Sachant qu’il ne faut pas se leurrer : La route sera longue pour mettre un terme à toutes les formes de terrorisme et de tyrannie qui ravagent le pays. On peut espérer que tous les Syriens, soudain épris de paix et de liberté, se dressent contre l’Etat Islamique pour le chasser de Syrie.
4. Pour la Russie, un succès en Syrie redorerait son blason après ce qui s’est passé en Ukraine. Cela faciliterait également le travail du Conseil de sécurité des Nations unies, qui pourrait alors, plus facilement, imposer des solutions pour mettre fin à cette crise, comme à celle d’Ukraine.
5. Les Européens devraient appuyer les efforts russes pour résoudre la crise syrienne, surtout maintenant qu'il est clair que la crise syrienne n’est pas une priorité pour les Etats-Unis.

Journal des évènements de Syrie du 23 décembre 2014 en langue russe :
https://www.youtube.com/watch?v=79pnllH0K9c&feature=p...


Yémen

Sanaa (Capitale yéménite
Les attentats anti-chiites se poursuivent sans discontinuer  depuis que les miliciens chiites, appelés Houthis, ont pris le contrôle de Sanaa le 21 septembre 2014 et ont étendu leur influence vers les zones côtières et les régions du sud. L’offensive des Houthis a réduit quasiment à néant l’autorité du pouvoir central, incapable de mettre un terme au sanglant conflit entre Houthis et Jihadistes d’al-Qaïda et confronté en outre à un mouvement sécessionniste dans le Sud.
Cinq petites bombes ont explosé mardi 23 décembre dans le centre de la capitale du Yémen, Sanaa, tuant un membre de la milice chiite Ansarullah.
La première explosion s'est produite dans un vieux quartier de Sanaa. Un milicien d’Ansarullah a été tué alors qu’il tentait de désamorcer une bombe placée sous la voiture d'un juge.
Les autres bombes ont explosé sans faire de victimes.
Dans l'après-midi du mardi 23 décembre, un chef local d'Ansarullah, Fayçal Chérif, a été abattu par deux hommes circulant à moto sur une place près de l'université de Sanaa.

Ataq (sud Yémen)
Le mouvement indépendantiste sudiste entretient une forte agitation depuis l’automne 2014. Le mouvement sudiste organise chaque lundi une journée de désobéissance pour soutenir ses revendications d'une sécession du sud du Yémen, qui était un Etat indépendant jusqu'en 1990.
La situation est particulièrement tendue à Ataq, chef-lieu de la province de Chabwa (sud-est), où un militant indépendantiste a été tué lundi 22 décembre et un autre le mardi 23 décembre.  Les incidents, qui ont également fait quatre blessés ont été provoquées lorsque les manifestants ont tenté de prendre d'assaut le bâtiment de l'administration provinciale d’Ataq. Des échanges de tirs ont aussitôt suivi l'annonce de la mort du protestataire, mardi 23 décembre. 
Pour le deuxième jour consécutif, l'activité était quasi-paralysée à Ataq.

Jihadisme international

Autriche
Selon des responsables l’ONU, l’une des deux adolescentes autrichiennes qui s’étaient rendues en Syrie pour rejoindre les femmes de Daech, serait décédée.  Selon l'expert au Conseil de sécurité, David Sharia, cité par le quotidien britannique Daily Mail, l'organisation internationale a obtenu des informations selon lesquelles Samra Kizinovitch a été tuée et Sabina Silmovik a disparu.

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Jean René Belliard
 

 

 

 

 

Commentaires

Algérie:

Et encore deux de moins:

http://www.elwatan.com/actualite/tizi-ouzou-deux-terroristes-abattus-a-akerrou-23-12-2014-282636_109.php

Écrit par : Charles | 23/12/2014

"Il est clair que dans le cas d’élections réellement libres, Bachar el-Assad n’a aucune chance de conserver le pouvoir"


Ce n'est ABSOLUMENT PAS 'clair'. Visiblement vous tombez dans la propagande de l'opposition. A mon avis, les Syriens voteront en majorité pour Bashar al Assad car ils ont bien vu que du coté de l'opposition, il n'y aucun leader acceptable. Ils sont tous soit faibles, soit corrompus, soit affiliés au Frères Musulmans ou la solde de l'Arabie séoudite ou d'Israel. En 4 ans il n'y a eu aucun leader digne de ce nom qui a emergé de l'opposition, et les Syriens savent qu'il n'y en aura pas de sitôt.

L'opposition politique est en totale déconfiture.On a bien vu qu'en 4 ans, le SNC n'a jamais réussi à avoir une légitimité en Syrie et que l'occident est en train de lui retirer la légitimité factice qu'elle lui a donnée dans une moment d'errement.
La seule entité politique cohérente qui a réussi à passer à travers 3 ans d'attaques tout azimuts sont le gouvernement syrien et les institutions sous le leadership de Bashar al Assad. Il changera certainement pour s'adapter aux nouvelles réalites mais ne cédera pas le pouvoir à une opposition manipulée par la Turquie, le Qatar ou l'arabie séoudite qu'elle considère responsable du désastre en Syrie.
Deja l'Egypte semble se ranger du coté de l'opposition locale comme étant la plus légitime pour des négotiations, le SNC sentant trop fort le parfum turque et qatari.
Le Hamas vient de faire des excuses subtiles à Bashar Al Assad pour avoir pris position contre lui. Les iraniens ont reitéré leur support pour Bashar al Assad.
Bref on comprend pourquoi le gouvernement syrien tient bon sur la question du maintien de Bashar al Assad au pouvoir.
Les Russes le savent. Leur plan est que Bashar Al Assad reste au pouvoir jusqu'a qu'une nouvelle constitution et un nouveau système multi-partis prennent forme suivi d'élections. Ils ont deja obtenu l'aval de l'opposition locale et de Moaz Al Khatib, ex leader du SNC. Réussiront-ils à pousser l'opposition à accepter leur défaite déguisée en victoire?
Les E.U et les pays arabes qui subventionnent les rebelles devront leur forcer la main pour accepter ce plan. Cela est la condition du succès du plan russe.

Écrit par : virgile | 24/12/2014

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