20/12/2014

19 et 20 décembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

France

La France a connu sa première attaque jihadiste depuis le début de la participation française à a coalition internationale contre l'Etat Islamique. Et le fait qu'elle ait eu lieu à Tours (Joué-lès-Tours) ne surprendra que les sourds et aveugles.  


Front irakien

Bagdad - Effrayant
Des artificiers de l’armée irakienne diffusent une veste explosive sur un enfant de treize ans que l’Armée Islamique avait envoyé pour commettre un attentat suicide dans la capitale irakienne. Mais le jeune garçon de nationalité syrienne se serait rendu aux autorités :
Vidéo de CBS news :
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Baiji
Les Jihadistes de l'État islamique ont repris le contrôle de la ville irakienne de Baiji après que l'armée irakienne ait ordonné à ses forces de se retirer vers la raffinerie qui se trouve à proximité. Cela faisait un mois que l’armée irakienne, aidée par des milices chiites soutenues par l’Iran avait réussi à reprendre la ville aux Jihadistes.
"Le haut commandement de l'armée a ordonné aux troupes de quitter la ville et de prendre des positions à l'intérieur de la raffinerie, qui est une priorité. Rester à l’intérieur de la ville de Baiji aurait signifié pour l’armée d’être entraînée dans une guerre d'usure.
Les policiers locaux et les milices tribales, faiblement armés, ont tenté d’empêcher l’Etat Islamique de reprendre la ville mais, après cinq jours de combats, ils ont dû abandonner la ville après que l’armée ait refusé de venir à leurs secours.
$L'État islamique s’est naturellement vanté de cette nouvelle victoire dans la province irakienne de Salahaddin en publiant une série de photographies sur Internet. Les photos montrent des blindés capturés ou détruits, y compris des chars M1 de fabrication US, des transports de troupes blindés M113, et des Humvees. Les combattants de l’État islamique se sont également emparés d’armes et de munitions abandonnées par leurs adversaires qui ont pris la fuite. 
Baiji, qui accueille également la plus grande raffinerie de pétrole de l'Irak, était sous le contrôle de l'État islamique jusqu'à la mi-novembre, date à laquelle les forces irakiennes et les milices chiites, comme Asaib al Haq ou ou la Ligue des Justes, réussissaient à reprendre la ville. L'armée irakienne avait célébré la reprise de Baiji comme une grande victoire. Elle se vantait également d’avoir tué Ala al-Tikriti Burhan, un commandant de l’Etat islamique responsable du massacre de centaines de troupes irakiennes après la prise, au cours de l'été, du  Camp Speicher, une base située à l'extérieur de Tikrit,.
La perte de Baiji est un revers majeur pour l'armée irakienne qui s’était jurée de reprendre le terrain perdu à l'État islamique à la mi-Juin 2014. La contre-offensive de l’armée avait bien démarrée. L’armée avait repris, à l'automne la ville de Jurf al Sakhar dans la province de Babil Nord et d’Amerli dans la province de Salah ed-dine. Malgré ces succès, l’armée n’a pu empêcher l'État islamique de prendre le contrôle de pusieurs villes près de Samarra et de mettre en déroute une unité de la célèbre brigade chiite, la Brigade Badr, une milice chiite soutenue par l'Iran.

Liban

Baakbeck
Les combats menés par les Jihadistes de l’Etat Islamique contre les brigades de l’Armée Syrienne Libre encore présentes dans le Qalamoun se sont étendues au Liban depuis le 18 décembre.
Pour la deuxième journée consécutive, l’Etat Islamique est venu affronter les rebelles de l’ASL jusque dans les jurds d’Ersal et de Ras Baalbeck, en territoire libanais.
L’armée libanaise n’est pas restée inactive. Elle a engagé le combat contre les Jihadistes à Wadi Atta, dans le jurd d’Ersal sans que l’on sache à ce moment s’il s’agissait d’éléments de l’Etat Islamique ou des Jihadistes du Front al-Nosra. La troupe a, en fait,, riposté à des tirs de roquettes .
Les éléments armés, d’obédience islamiste la plupart du temps, contrôleraient près de 700 kilomètres carrés de terrain entre le Liban et la Syrie. Ils seraient au nombre de 6 000.

Akkar (Nord liban)
Le village de Oueinate, dans le Akkar, a été, jeudi 18 décembre, la cible de bombardements en provenance de Syrie. Il n'y a pas eu de victimes.

Un important dirigeant de l’Etat Islamique arrêté au Liban
Le service de renseignement de l'armée libanaise a arrêté un important dirigeant de l’État islamique, le mercredi 17 décembre. Ce Jihadiste planifiait des attaques terroristes au Liban.

Guerre secrète entre le Hezbollah et Israël
On a mentionné dans un précédent blog qu’un Libanais travaillant pour le Mossad avait été arrêté.  Cet homme s’appelle Mohammad Chawraba. Il dirigeait l’unité 910 chargée des opérations externes. Selon le quotidien koweïtien al-Raï, Chawraba aurait même été chargé à un certain moment de la sécurité personnelle du chef du parti Hassan Nasrallah. Il s’agit donc d’une affaire extrêmement grave pour le Hezbollah compte tenu de la position qu’occupait cet homme. C’est sans doute l'infiltration connue du Mossad la plus sérieuse dans l'histoire du parti chiite. le Mossad aurait payé à l‘espion plus d'un million de dollars depuis qu’il travaillait pour eux. Chawraba aurait été recruté lors d’un de ses voyages d'affaires dans un pays d'Asie de l'Est.
Chawraba avait reçu la mission de saboter les opérations extérieures menées par le Hezb contre des cibles israéliennes.  L'espion avait également provoqué l'arrestation d'un agent du Hezbollah, nommé Mohammad Amadar, au Pérou, en octobre dernier.
Les enquêteurs auraient découvert que Chawraba aurait donné des informations à ses officiers israéliens traitants sur cinq opérations destinées à venger Imad Moughniyé, ce responsable militaire hezbollahi assassiné en 2008. Chawraba et cinq des membres de son équipe avaient été arrêtés il y a environ un mois, après l'échec de ces opérations externes. 
Les dirigeants du parti, intrigués par les échecs répétés de l’unité 910, avaient finalement décidé de créer une unité secrète, indépendante de l’unité 910, dirigée par les pasdarans iraniens.

Front syrien

Front al-Nosra
Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) s’est emparé de 35 chars et 20 transports de troupes et leurs munitions, lors de la prise des deux bases militaires de Wadi Deif et Hamidiyé, le dimanche 14 décembre. Les combats auraient fait près de 200 morts dans les deux camps.
Le Front al-Nosra s'était emparé en début de semaine en quelques heures des bases militaires stratégiques de Wadi al-Deif et de Hamidiyé, dans la province d'Idleb, frontalière de la Turquie, au terme de combats contre l'armée syrienne qui ont fait près de 200 morts dans les deux camps.
La prise de ces deux camps par le Front al-Nosra est un coup sévère non seulement pour le pouvoir de Damas mais également pour les brigades rebelles dites « modérées » soutenues par les Occidentaux.
Le Front al-Nosra pourrait tenter de s’emparer d’Edleb pour faire de cette ville sa place-forte, un peu comme l’Etat Islamique a fait de Raqqa la capitale du califat. Cela signifie que les « frères ennemis » de l’Etat Islamique et du Front al-Nosra vont nécessairement s’affronter car les deux camps aspirent à faire vivre leur propre califat.

Alep – bataille d’Handarat
Les affrontements violents se poursuivent autour d’Alep entre l’armée et les rebelles. Les combats autour des camps palestiniens d’Handarat et d’al-Nairab sont particulièrement féroces. Rami Saffok, le chef du groupe rebelle Fastaqem Kamaomert aurait été tué au cours des combats dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 décembre.
L’Armée Arabe Syrienne aurait réussi à reprendre le contrôle de l’entrée du camp palestinien de Handarat ainsi que de plusieurs bâtiments à l’intérieur du camp. L’armée avait reçu l’assistance de milices fidèles  et surtout de la brigade palestinienne al-Qods.
Par ailleurs, l’armée a tendu une embuscade à une unité de Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) qui tentait de s’infiltrer dans la ville de Sifat, située à 30km au nord-est d’Alep. Une quarantaine de Jihadistes auraient perdu la vie au cours de l’embuscade et d’autres auraient été capturés.
Une autre embuscade a tué une vingtaine de combattants du Front Islamique (pro-saoudien) et du Front al-Nosra dans la ville d’Handarat.

Journal de la bataille de Deir ez-Zhor
La 104ème division aéroportée a mis à profit la journée pour renforcer ses positions autour de l’aéroport militaire de Deir ez-Zhor.  Elle est assistée par les milices des Forces de défense nationale et par 150 membres de tribus locales.
L’AAS affronte depuis des semaines des vagues ininterrompues de Jihadistes turcs, qataris, saoudiens et des ressortissants d’autres pays qui ont rejoint l’Etat Islamique.
Vidéo de Syria al-Moustaqbal (la Syrie de l’avenir) fidèle à Bachar el-Assad :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=888fb14b0163

Palmyre : Bataille pour les carrières de marbre
L’Armée syrienne aurait repoussé une attaque de l’Etat Islamique qui voulait s’emparer des carrières de marbre situées à al-Marwaha,  proches de Palmyre.

Jihadisme international

France
L’attaque au couteau contre des policiers de Joué-les-Tours semble bien être la première attaque de type jihadiste en France, de la même nature que celles qui ont déjà eu lieu en Australie, au Canada, en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis.
Les policiers présents dans le commissariat ont réagi en légitime défense et  ont tué par balles, samedi 20 décembre, un homme qui les avait agressés avec un couteau en criant "Allahou Akbar". Le parquet antiterroriste a annoncé qu’il allait se saisir de l'enquête.
L’attaque a eu lieu vers 14h00 locales. Bertrand Nzohabonayo, armé d'un couteau, s'est présenté au commissariat et a blessé gravement à la carotide un policier qui se trouvait à l'accueil, ainsi que deux autres avant d'être abattu. cet homme, converti à l'Islam et qui avait pris le prénom de Bilal, n’était connu des services de police que pour des affaires de droit commun et n’était pas fiché par les services de renseignement. Son frère, par contre, était considéré comme un Jihadiste susceptible de partir pour la Syrie ou l’Irak. Il apparaît cependant que l'homme, âgé de 20 ans et originaire du Burundi, avait posté le drapeau de l'Etat Islamique sur sa page Facebook il y a eux jours. Curieusement, cette attaque a été menée 24H après la diffusion d'une vidéo d'un Jihadiste "français" appelant à des attaques en France.

Koweït
Un tribunal koweïtien a condamné trois partisans présumés de l’Etat islamique (EI) à des peines de 4 à 10 ans de prison, vendredi 19 décembre.

Un Koweïtien a écopé de 10 ans de prison pour avoir appelé à soutenir  l'EI en Irak et en Syrie, et pour insulte envers l'émir du pays.
Le tribunal a condamné aussi un Egyptien et un Jordanien à 4 ans de prison chacun pour avoir aidé le premier prévenu à distribuer des tracts afin de collecter des fonds en faveur du groupe jihadiste.
Ces condamnations sont les premières rendues au Koweït dans un procès de partisans de l'EI. La justice koweïtienne instruit deux autres affaires impliquant 10 suspects.
En septembre, des dizaines de suspects liés à l'EI avaient été arrêtés dans l'émirat, dont des dizaines de ses ressortissants ont rallié des groupes rebelles en Syrie.

Coalition internationale

Quinze aériens le vendredi 19 décembre
Les forces de la coalition internationale formée par les Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l'Etat islamique ont effectué vendredi 19 décembre 11 raids aériens en Irak et quatre en Syrie, selon une information donnée par le commandement central des forces américaines (CENTCOM).
En Irak, les frappes ont visé plusieurs groupes de combattants jihadistes ainsi que des véhicules et un bâtiment utilisés par l'EI.
En Syrie, les raids ont ciblé deux unités de combattants ainsi qu'un centre d'entraînement de l'EI.

Jean René Belliard

 

 

 

 

Commentaires

@Mr JRB,
Merci si vous auriez des éclaircissements à nous donner sur la rumeur des 100 djihadistes étrangers liquidés par Deach? . Il paraît qu ils voulaient fuir et rentrer chez eux si cela s avère véridique et que les médias n arrivent pas ou ne veulent se mouiller? Est il véridique ou un false flag?

Car si cette info se révélait juste, c’est qu’il y aurait peut être ordre venu des "occidentaux" pour ne pas en parler de ces déserteurs éliminés. Soit qu il est dangereux qu ils reviennent chez eux et participent à des actes terroristes chose plausible, hélas. Soit qu ils pourraient dévoiler des secrets polichinelles desquels ils ont eus connaissance sur Daech, ses "racines" comme d après votre excellent article sur ce blog sur les cargos saoudiens qui avaient atterris à l aéroport Maythana ( dit H, double piste...) en Irak à la création "éclair" de Daech il y a quelques mois....?
Merci.

Écrit par : Natacha | 21/12/2014

On a remarqué depuis quelques mois à Tours la montée en puissance de foyers salafistes, avec une influence sur de petits délinquants qui trouvent là une justification à leurs "incivilités". Ceci est particulièrement vrai dans le secteur des rives du Cher.

Écrit par : Belliard | 21/12/2014

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