17/12/2014

17 décembre 201 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Faits marquants
Le fait marquant de ces dernières heures est la participation des forces spéciales américaines à des combats au sol à l’ouest de la province sunnite d’al-Anbar. Les forces U.S., qui se trouvaient sur une base militaire irakienne à proximité immédiate des frontières syrienne et jordanienne, ont du faire le coup de feu pour repousser un assaut de l’Etat Islamique.


Front irakien

Sinjar : Offensive des peshmergas sur Sinjar dans le nord de l'Irak
Les forces kurdes ont lancé mercredi 17 décembre au matin une offensive pour tenter de reprendre la ville de Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, profitant des intenses bombardements des avions de la coalition conduite par les États-Unis sur les positions de l'État islamique (EI) au cours de la nuit.
"Une offensive terrestre a commencé ce matin à 08h00 pour libérer la ville de Sinjar", a dit un responsable du conseil de sécurité de la région. "Des éléments montrent que de nombreux combattants de l'EI ont fui la zone en abandonnant leurs armes".
La ville est un enjeu stratégique car son contrôle permettrait aux peshmergas d'ouvrir un corridor vers les zones montagneuses voisines où des centaines de Yazidis sont assiégés par l'EI depuis le mois d'août.

Province d’al-Anbar
Des soldats américains ont participé à des combats au sol lors d'une contre-attaque menée par l’armée irakienne et des forces tribales contre l’Etat Islamique près de la base d’Aïn el-Assad, à l’ouest de la province sunnite d’al-Anbar. Les Jihadistes tentaient de prendre la base d’assaut où se trouvent une centaine de conseillers U.S.
Les Irakiens et les Américains équipés d'armes légères et moyennes et appuyés par des avions de combat  F-18, ont réussi à repousser les combattants de l’Etat Islamique et à les forcer à abandonner la zone d’al-Dolab qui se trouve à 10 km de la base Aïn al-Assad. Les Jihadistes auraient eu de nombreux morts. Les combats ont duré de 1H à 3H du matin dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 décembre.
La base d’Aïn ek-Assad est située à 90 km de Ramadi, la capitale de la province sunnite d'al-Anbar, à proximité du point de rencontre entre les frontières irako-syrienne et irako-jordanienne. L'Euphrate et des lacs artificiels la bordent dans plusieurs directions, ce qui permet une défense efficace.
Les Américains avaient promis aux tribus sunnites de cette région de leur fournir des armes s’ils s’engageaient à lutter contre l’Etat Islamique.
 

Front libanais

Bekaa
Les deux groupes jihadistes, le front al-Nosra et Daech (Etat islamique) ont décidé de former un commandement conjoint pour libérer les régions du Qalamoun (Syrie), de Qousseir (Syrie) et Baalbek (Liban).
L’information a été donnée par le site Janoubiya qui a révélé que les deux parties étaient convenues de coordonner leur action pour occuper la ville de Baalbek afin de la « libérer du Hezbollah ».
Mais le site ajoute que Daech n’aurait pas l’intention de contrôler la région, pour ne pas devenir une cible facile aux frappes de la coalition internationale. Daech se serait plutôt entendu avec les Jihadistes du Front al-Nosra pour investir la région de Baalbek.

Les Jihadistes menacent à nouveau de tuer des soldats
Les Islamistes auraient réduit leurs exigences. Ils réclameraient à présent la libération de trois Jihadistes emprisonnés à la prison de Roumieh contre chaque militaire pris en otage.  Ils exigeaient auparavant la libération de 20 prisonniers islamistes contre chaque soldat.

Confusion en ce qui concerne le médiateur pour régler la crise des otages
Le cheikh Wissam al-Masri a affirmé qu’il avait été mandaté pour négocier avec le Front al-Nosra la libération des militaires libanais. Selon al-Masri, le Front al-Nosra aurait donné une semaine pour qu’il obtienne le feu vert du gouvernement libanais. El-Masri a souligné avoir demandé l’autorisation des services sécuritaires libanais pour aller rencontrer les Jihadistes, mais il n’aurait toujours  pas reçu le feu vert des autorités. 
Le Front al-Nosra, de son côté, a démenti avoir accepté al-Masri comme médiateur..

Front syrien

Alep
L’Armée Arabe Syrienne (AAS) a progressé dans le district d’Handarat, réussissant à reprendre possession de plusieurs immeubles des mains des rebelles. La localité d’Handarat est importante stratégiquement et c’est pour cette raison que les rebelles cherchent à la conquérir et que l’AAS fait tout pour en garder le contrôle.

Damas et sa banlieue
Une nouvelle vidéo (langue russe) du Stalingrad syrien, je veux parler de la ville de Jobar :
https://www.youtube.com/watch?v=FUTAsezeTUk&feature=p...

Tribu Chaitat
Un nouveau charnier contenant les corps de deux cents personnes exécutées a été découvert dans le district de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie. Il semble que les corps soient ceux de membres de la tribu sunnite al-Chaitat qui avait pris les armes contre l’Etat Islamique. Si cela est confirmé, cela porterait à 900 le nombre des membres de cette tribu massacrés par les Jihadistes de l’EI.
Les chefs de la tribu ont remis à l’Etat Islamique les armes détenues par la tribu en vertu d’un accord avec les Jihadistes, en contrepartie duquel les membres de la tribu pourront revenir sur leurs terres.

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Accord entre Turcs et rebelles de l’opposition syrienne
Le gouvernement turc et l'opposition syrienne se sont mis d’accord pour mettre en place une zone tampon dans le nord de la Syrie, le long des frontières avec la Turquie.
 «La Turquie et nous sont en plein accord sur la création d'une zone tampon sur une superficie de 40 kilomètres carrés le long des frontières turco-syriennes » affirme, mercredi 17 décembre, le journal de langue arabe al-Watan, citant le premier ministre de l’opposition, Ahmad Tomeh.
Et toujours selon ce journal, la Turquie et les Etats-Unis auraient adapté leurs plans, depuis le début de la bataille de Kobane, pour créer une zone tampon sous contrôle turc et une zone d’exclusion aérienne sur une grande partie de la Syrie. Ce qui donnerait à la rébellion « modérée » la possibilité de disposer d’un refuge face aux assauts de l’AAS comme des Jihadistes de l’Etat Islamique, un schéma qui a finalement fait ses preuves pour les miliciens kurdes de l’YPG à Kobane.
Pour le gouvernement syrien, il n’est pas question de laisser les Turcs créer cette zone tampon. C’est ce qu’ils répètent sans cesse depuis octobre 2014.
Pour le ministère des Affaires Etrangères syrien, « Les tentatives turques d'établir une zone tampon sur le sol syrien est une violation flagrante de la charte de l'ONU et du droit international »

Front yéménite

Province du Hadramout
Trois soldats yéménites ont été tués et un quatrième blessé mercredi 17 décembre par une attaque d'al-Qaïda à l'explosif dans la province du Hadramout (sud-est), un fief d’al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA).
Les soldats circulaient à bord d'un camion de l'armée, qui a sauté avec l'explosion d'un engin planté sur une route (EID) actionné à distance, à l'ouest de Seyoun, deuxième ville du Hadramout.

Jean René Belliard

Commentaires

La Turquie est paniquée car ses milices Islamistes en Syrie sont en train d'être decimées soit par le AAS soit par le EI. De plus le Qatar est moins généreux quand à les aider financièrement. La chute imminente de Alep et le flot de refugiés qu'elle va engendrer inquiète énormement les Turcs. Pour eux, la zone tampon est devenue une nécessité absolue si ils veulent éviter cette nouvelle vague qui leur coutera encore plus d'argent et mettra en danger la sécurité des villages voisins.
Les E.U ne semblent pas convaincus car ils ne veulent plus protéger le ASL qui est décomposition, ils préfèrent donner la chance au AAS de battre le EI. Je doute fort qu'ils s'encombrent d'une zone tampon et d'une zone en Syrie qu'ils devront protéger avec leur avions et déjouer les batteries anti-aériennnes syriennes.

L'opposition prend presque toujours ses désirs pour des réalités

Écrit par : virgile | 18/12/2014

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