09/12/2014

9 décembre 201 - Quel bazar en Syrie !

Mais Quel bazar en Syrie !
Partout en Syrie, la situation ne cesse de se compliquer et les « frères d’armes » d’hier se retournent les uns contre les autres, se livrant à des affrontements de plus en plus sanguinaires et impitoyables.


Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
L’Etat Islamique a mis en ligne un survol par un drone de la ville de Kobane avec quelques scènes au sol – Très impressionnant :http://www.liveleak.com/view?i=68a_1418165874 - Comme le lien direct a été supprimé, il faut copier l'adresse http dans la fenêtre de recherche et cliquer pour accéder à Liveleak.

Nouveau succès militaire de l’AAS à Alep
L'Armée Arabe Syrienne a réussi à reprendre le contrôle de la localité de Manachar Hananou , l'un des plus importants fiefs rebelles dans la ville d'Alep. Cette victoire permet de couper la ville d'Alep du rif nord-est de la ville et donc d’isoler les rebelles pris au piège dans la ville.
La localité de Manachar Hananou, située au nord est de Massaken Hananou, est une position stratégique car elle servait de point d'infiltration des rebelles dans la banlieue d'Alep.
La stratégie de l'armée syrienne consiste actuellement à encercler les positions rebelles à partir du nord, et de l'est. Le sud est, lui, pratiquement sous le contrôle complet de l’armée.
Les opérations menées actuellement par l'armée consistent à se rapprocher d’Al Jandoul, à l'entrée nord est de la ville d'Alep, lieu hautement stratégique puisqu’il devrait permettre à l'armée de contrôler Massaken Hananou et Al Awija dont plusieurs collines sont déjà entre les mains de l’AAS. L'objectif des militaires est de prendre le contrôle total des hauteurs et des régions non résidentielles pour pouvoir prendre sous leur feu les quartiers de Baidin et d’al-Jandoul. Si les rebelles perdent le contrôle de ces régions, ils n'auront plus pour résister et s’approvisionner en armes et en vivres que les ruelles du quartier de Cheikh Maqssoud et l’autoroute de Castelo.
A Alep même, l’armée continue par ailleurs de repousser les assauts des rebelles contre le centre ville et le quartier d’al-Saba Baharat. Les rebelles, eux, cherchent à détruire les positions de l’armée en creusant des tunnels qu’ils remplissent d’explosifs et font sauter sous les pieds des militaires. Mais c’est une technique désastreuse pour les monuments historiques de la ville. Ainsi, ils ont détruit une grande partie de la mosquée historique al-Soltaniya , une mosquée vieille de 800 ans.
Les rebelles du Front Islamique (pro-saoudiens) reconnaissent sur leurs sites avoir à faire face à des offensives d'une violence inouïe de la part de l'Armée Arabe Syrienne qui a lancé à minuit une offensive en direction de la localité d’al-Brij- et al-Anzarat. Le front islamique, pris de court par la violence des combats, a lancé un appel au secours aux autres miliciens basés dans le rif nord d'Alep.
Vidéo de la bataille d’al-Brij
Cette vidéo mise en ligne par l’ASL montre les miliciens bombardant les positions de l’AAS avec de gros mortiers :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a8da5d2d9695

Instant fatal pour des miliciens chiites dans les combats pour la localité chiite de Zahra (Alep) encerclée par les rebelles – Attention la vidéo est violente :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Damas
Dans la banlieue de Damas, la guerre n’a pas seulement lieu à la surface mais sous terre, dans les tunnels, comme à Gaza.

Daraiya (près de l’aéroport militaire de Mezze) : La guerre des tunnels
La bataille pour Daraiya, une localité située près de l'aéroport militaire de Mezzé, contrôlée par l’AAS, fait rage depuis des mois et des mois. Daraiya est l'une des dernières zones entre les mains de l'opposition au sud de Damas. La ville est presque entièrement détruite et encerclée par les soldats de l’AAS. Les rebelles résistent et la guerre s’est  déplacée dans les tunnels creusés sous terre par les deux parties.
"Les rebelles passent des mois à creuser des tunnels pour atteindre leurs objectifs en utilisant des outils primitifs», indique un rapport du bureau de presse  de la révolution syrienne affiliée à la rébellion.
"Creuser des tunnels est la seule solution alors que les rebelles ne peuvent pas rivaliser avec l'arsenal et l'équipement du régime."
Il ya un peu plus d'une semaine, les rebelles ont détruit deux tunnels creusés par l'AAS qui tentait de pénétrer dans la ville. Les résidents appellent cette bataille  "la guerre des tunnels". Les deux côtés utilisent les tunnels non seulement pour se cibler les uns les autres, mais également pour capturer un bâtiment, un bloc de maisons pour ensuite en revendiquer le contrôle.
L’AAS essaye tout particulièrement  de capturer les hauts immeubles. Elle creuse des galeries pour accéder à des hauts bâtiments qui permettront à leurs tireurs d'élite de viser les positions rebelles.
Dans un premier temps, les combattants de l’ASL ont repéré les tunnels creusés par l’AAS en écoutant les bruits occasionnés par les machines utilisées pour les creuser. Les soldats ont alors cessé d'utiliser les machines pour éviter de se faire repérer par les rebelles. A la place, ils obligent des civils et même des enfants à creuser des tunnels avec des outils primitifs. Dans quelques cas, les civils réussissent à fuir vers les zones rebelles et à dévoiler l’existence des tunnels qu’ils étaient forcés de creuser.
Les rebelles ont également amélioré leur technique et découvrent à présent les tunnels grâce à  l'utilisation de dispositifs sans fil et grâce à des caméras qui les aident à repérer les zones de creusement présumées.
Au total, une quarantaine de tunnels de l’AAS et 27 tunnels de la rébellion ont été détruits depuis le début de la guerre des tunnels en avril 2013.
La semaine dernière, les soldats de l’AAS ont réussi à investir quatre grands immeubles en surgissant d’un tunnel et les rebelles ont du batailler pour en récupérer deux.

Harasta (nord est de Damas) – Tirs de chars
Vidéo russe (langue russe) – Remarquez la circulation alors qu’un char de l’AAS tire au canon :
https://www.youtube.com/watch?list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8Ie...

Bataille de Cheikh Miskin (province de Deraa – Sud syrien)
Le front al-Nosra a publié  une photographie de son « émir » dans la région du sud syrien, c’est-à-dire dans les gouvernorats de Quneitra et du Golan.
Connu sous le pseudonyme d’Abou Jolibeb, la photo le montre en train de piéger des véhicules dans la ville de Cheikh Miskin.

Bou_Jolibeb_Nosra_sud.jpgAbou Jolibeb
 








Mais Quel bazar en Syrie !
Partout en Syrie, la situation ne cesse de se compliquer et les « frères d’armes » d’hier se retournent les uns contre les autres, se livrant à des affrontements de plus en plus sanguinaires et impitoyables.

Ahrar el-Cham contre le Front al-Nosra dans la province d’Edleb
C'est le cas dans la province d’Edleb (Nord syrien), où les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et ceux d’Ahrar al-Cham sont à présent à couteaux tirés. Le différend est dû au refus des miliciens d’Ahrar al-Cham de prendre position dans le conflit qui oppose le Front al-Nosra au Front des Révolutionnaires syriens (FRS), une puissante organisation dirigée par l’officier déserteur Jamal Maarouf. Le FRS, malgré le fait qu’il soit soutenu par les Etats-Unis a été chassé du gouvernorat d’Edleb pour trouver refuge en Turquie.
Selon al-Hadath News, le désaccord est apparu lors d’une rencontre entre les dirigeants du Front al-Nosra et d’Ahrar el-cham dans la localité de Telmens à l’est de Maaret al-Nouman. La réunion avait pour ordre du jour de convenir d’un plan d’action pour prendre le contrôle de deux bases militaires stratégiques de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) à Wadi Deif et Hamidiyyeh, et s’opposer aux opérations que cette dernière entreprenait en direction de Khan Cheikhoun pour briser le blocus qui lui était imposé.
Les dirigeants des deux milices se sont disputés entre eux, puis se sont séparés lorsque le Front al-Nosra a décidé de ne plus participer à la bataille. Le lendemain, des accrochages ont éclaté entre eux à Telmens, pour la première fois, peu de temps après que le Front al-Nosra ait enlevé Abou Khaled al-Ansari, un dirigeant des Ahrar el-Cham, et refusé de le relâcher.
Le Front al-Nosra s’est par la suite retiré de la localité, sommant les Ahrar el-Cham de la quitter aussi et de recourir à l’arbitrage des Tribunaux religieux, faute de quoi il l’attaquerait.  Au lieu de cela, la brigade Ahrar el-Cham a déployé un grand nombre de miliciens dans la localité. Les responsables de la brigade ont expliqué que ceci était une réponse à l’assassinat de l’un de leur responsable, Ismaïl as-Sabii, dans la ville de Maaret-en-Nouman.

Jeich el-Islam contre al-Ansar dans la Ghouta orientale (est de Damas)
Les affrontements entre « frères » ont également eu lieu dans la Ghouta orientale entre la milice pro-saoudienne Jeich al-Islam (l’armée de l’Islam) et la milice al-Ansar.
Le conflit a fait suite à l’assassinat de quatre responsables de la milice al-Ansar dans la ville de Mesraba. Les soupçons se sont portés sur Zahrane Allouche, le responsable de Jeich al-Islam. Il apparaît que celui-ci aurait éliminé une bonne partie des chefs de milices qui luttaient à ses côtés au sein de la coalition du Front Islamique qu'il commande aussi.

Daech contre Jeich al-Islam
Des sites pro Daech ont diffusé sur  leurs comptes des photographies montrant les Jihadistes de l’Etat Islamique se préparer à lancer une attaque contre Jeich al-Islam dans la région stratégique de la Ghouta orientale. Cette région est pour l’instant contrôlée par le Front Islamique dont Jeich al-Islam est la principale force.
La région menacée par Daech s’appelle Bir al-Kassab. Elle commande le passage entre la Ghouta orientale et la province méridionale de Deraa que l’Etat Islamique a déclaré vouloir contrôler.

Front al- Nosra contre Etat Islamique
Et ce n’est pas tout : le front al-Nosra a exécuté dans la Ghouta orientale un de ses chefs pour trahison, car il avait refusé de combattre les Jihadistes de Daech. Connu sous le pseudonyme d’Abou Khattab al-Iraki, son exécution dans la localité de Aarbine a suscité un tollé de réactions sur les comptes Twitter, d’autant qu’il faisait partie des premiers miliciens qui s’étaient opposés par les armes à l’Armée Arabe Syrienne dans la région.

L’Armée Syrienne Libre (ASL) s’affronte à l’Etat Islamique dans la province de Deir ez-Zhor
Le conflit a débuté à la suite de l’échec de l’assaut des Jihadistes de l’Etat Islamique contre l’aéroport militaire de Deir-Ez-Zhor (Est syrien). Les Jihadistes ont imputé l’échec de l’opération à l’ASL, affirmant qu’elle avait «poignardé les moudjahidines dans le dos et  soutenu la coalition internationale en lui fournissant les renseignements nécessaires » pour permettre le bombardement des positions jihadistes.
Une accusation sans fondement sachant que c’est l’armée de l’air syrienne et non les forces de coalition qui ont bombardé les positions de l’EI, tuant des dizaines de Jihadistes.
Des accrochages auraient opposé ASL et Etat Islamique aux environs de l’aéroport à la suite de ces accusations.

Zahran Alloush, le chef du Front islamique, prêt rallier Damas contre l’EI
Assiste-t-on à un tournant dans la guerre civile syrienne ? Confrontée à la menace croissante de l’Etat Islamique, le Front islamique, financé et armé par l’Arabie saoudite, se déclare prêt à faire la paix avec le gouvernement syrien pour faire face aux Jihadistes de l’EI.
Selon l’agence de presse Fars, Zahran Alloush, le chef du « Front islamique », très actif dans la Ghouta orientale, a finalement reconnu la nécessité d’un dialogue avec le gouvernement syrien.
Le quotidien syrien Al-Watan cite également les propos de Zahran Alloush   : « On ferait mieux d’opter pour une solution politique face au gouvernement syrien et de lutter contre le groupe terroriste Daech ».
 « Abou Adi », un responsable rebelle de la Ghouta orientale, a confirmé que les propos d’Alloush ont été tenus au cours d’une réunion.
« Zahran Alloush a tenu ces propos après avoir secrètement négocié avec le gouvernement syrien », a-t-il précisé.
Les propos d’Alloush ont été vivement critiqués par les rebelles présents à la réunion.
Pour Abou Adi, Zahran Alloush  a montré son vrai visage en tenant de tels propos.
Cette nouvelle a choqué de nombreux combattants rebelles en Syrie dont la plupart ne l’ont pas crue.

Front yéménite

Deux attentats suicides contre un QG de l’armée
Sept militaires ont été tués mardi dans deux attentats suicide à la voiture piégée contre un QG de l'armée dans le sud-est du Yémen,  a indiqué à l'AFP une source militaire.
"Sept militaires ont été tués et huit autres blessés" dans les deux attentats suicide à l'entrée du QG de la Première division à Seyoun, une ville du Hadramout, a déclaré la même source, qui avait fait état de six morts dans un premier temps.
"Deux kamikazes au volant de deux voitures piégées ont foncé vers le QG de la Première division militaire et se sont faits exploser à l'entrée du site", a ajouté cette source, attribuant ces attentats à Al-Qaïda, très actif dans le Hadramout.
"Al-Qaïda se tient derrière les deux attentats", a déclaré la source militaire, ajoutant que "les corps des deux kamikazes et de certains soldats tués ont été déchiquetés par la force des explosions".
Les deux attentats se sont produits "peu après l'arrivée au QG du convoi du commandant de la Première division, le général Abderrahman al-Halili, qui en est sorti indemne", a encore dit la source militaire.
Une autre source militaire, interrogée par l'AFP, a expliqué que l'une des deux voitures avait explosé à l'entrée du QG, tuant 5 soldats, alors que la deuxième "a pu pénétrer jusqu'à 30 mètres (à l'intérieur) avant d'exploser en heurtant un véhicule de l'armée".
« Deux militaires ont péri dans l'explosion de la deuxième voiture, dont le kamikaze semblait vouloir atteindre un groupe de soldats rassemblés dans une cour du QG pour leur entraînement quotidien", a ajouté cette source.
Simultanément, un engin a explosé sur une place de Seyoun, près des locaux de l'administration locale, sans faire des victimes, ont indiqué des habitants.

Jihadisme international

Un chef de l’Etat Islamique, d’origine tunisienne, tué à Deir ez-Zhor
On confirme que le chef jihadiste de l’EI, le tunisien Abou Farouq al-Tunisi a perdu la vie au cours des combats de Deir ez-Zhor :

Abou al-Farouk al-Tunisi.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean René Belliard

Commentaires

Les rebelles soi-disant luttant pour la liberté et la dignité sont réduits à s'affronter comme dans un panier a crabes.
En Iraq, Daesh subit des attaques des US, de l'Iran et de l'armée irakienne. De ce coté les Séoudiens sont plus ou moins rassurés. Par contre en Syrie, Jaish Al Islam la milice financée par les Séoudiens est en train de perdre ses forces en se battant, non seulement contre Daesh mais contre le AAS et Al Nusra ( financé par la Turquie et le Qatar). Les Séoudiens sont au pied du mur. Ils doivent se décider à concentrer leurs milices à l'elimination de Daesh qui répresente un autrement plus grand danger que Bashar al Assad qui n'a aucune visée sur l'Arabie Séoudite.
Il est donc prévisible que les Séoudiens obligeraient Jaish al Islam à joindre le AAS dans la lutte contre Daesh. De quoi déplaire profondément aux Tucs et aux Qataris. Mais ceux-xi sont sous le radar americain et sous pression de cesser leur support aux milices affiliés à Al Qaeda.
Nous allons donc assister à des luttes sans merci entre les différentes factions des rebelles sur le terrain car leur sponsors respectifs, maintenant coincés, doivent changer leur objectifs.

Par contraste cela démontre encore plus la cohésion, la loyauté et la détermination de l'armée syrienne qui est le miroir du peuple et du gouvernement syrien, attributs que les pays occidentaux aveuglés par leur arrogante ignorance ne pouvaient prévoir.
A lire, juste publié, 'Les chemins de Damas' de George Malbrunot sur la stupidité et l'aveuglement de la politique francaise en Syrie.

Écrit par : virgile | 09/12/2014

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