08/11/2014

6 au 8 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

La guerre fait rage entre les Islamistes sunnites, encore appelés Jihadistes, et le reste du monde. Et cette lutte à mort est multiforme. Elle l’est en raison de la diversité des adversaires – chiites, occidentaux, armées nationales, forces laïques, et tous ceux qui refusent de passer sous l’autorité des partisans de la charia. Et elle est multiforme en raison de la diversité des Jihadistes eux-mêmes dont beaucoup n’ont que peu ou pas de relations avec l’islam mais sont simplement animés par une haine féroce de « l’establishment ».
Il est nécessaire, par conséquent, de passer en revue les divers théâtres où ces affrontements ont lieu. On s’aperçoit, à considérer la liste de plus en plus longue des régions affectées par ce conflit, qu’on se dirige petit à petit vers ce qu’on pourrait appeler une guerre mondiale.


Egypte

Nouvelles menaces de l’organisation jihadiste Beit el-Maqdess
Le groupe Jihadiste Beit el-Maqdess, connu pour avoir exécuté de nombreuses attaques spectaculaires contre les forces de sécurité égyptiennes depuis la chute de Mohammad Morsi, a menacé de lancer de nouvelles attaques contre l'armée.
"Nous continuerons à combattre (l'armée) jusqu'au jour du jugement dernier", a dit dans un enregistrement sur son compte Twitter Ansar Beït al-Maqdess, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et récemment apporté son soutien au califat islamique

Front irakien

Les Jihadistes de l’Etat Islamique avaient mené une offensive fulgurante au mois de juin 2014, profitant de la débâcle d’une armée irakienne sans combativité. Mais depuis, l’armée irakienne s’est réorganisée et elle reprend peu à peu le terrain perdu. L’armée peut compter sur l’exaspération d’un nombre croissant de tribus sunnites, révoltées par l’autoritarisme de Jihadistes souvent étrangers.

Pourquoi les Jihadistes de l’EI s’en sont-ils pris à la tribu al-Bou Nimr ?
Les Jihadistes accusaient la tribu sunnite al-Bou Nimr de s’être alliée avec les forces de l'armée irakienne et les miliciens chiites stationnés sur la base militaire Aïn al-Assad dans la province sunnite d'al-Anbar. Ils ont voulu faire un exemple en exécutant un grand nombre de membres de cette tribu, tout comme ils l'avaient fait contre une autre tribu qui s’était soulevée contre leur loi en Syrie, la tribu Chaitat.
Vidéo de langue anglaise :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=89232214295f

Les Jihadistes de l’EI capturent près de 500 membres de la tribu sunnite d’al-Jubouri
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont capturé près de 500 membres de la tribu sunnite d’al-Jubouri dans la ville d’al-Alam, à 160km de Bagdad. Ils accusent cette tribu d’avoir comploté contre le califat islamique. La vague d’arrestation a débuté après que des jeunes de la tribu aient arraché le drapeau noir de l’Etat Islamique pour le remplacer par le drapeau irakien. Personne ne sait encore ce qu’il est advenu des personnes arrêtées, parmi lesquelles de nombreux adolescents.
Pour le cheikh Jabal al-Jubouri, un leader tribal qui a fui la ville, il est clair que les Jihadistes veulent se venger contre sa tribu, tout comme ils l’ont fait contre la tribu al-Bou Nimr ou la tribu Chaitat.
Les Jihadistes ont détruit un grand nombre de maisons appartenant à des membres de la tribu al-Jubouri et ont interdit aux commerçants de faire des affaires avec les membres de cette tribu.
La ville d’al-Alam avait été capturée par les Jihadistes en juin 2014 lors de l’offensive de l’Etat Islamique en Irak.

Bagdad
Bagdad a connu, ce samedi 8 novembre, une série de cinq attentats à la voiture piégée. Les attaques ont visé des quartiers majoritairement chiites et auraient fait une quarantaine de morts au total. Plus de 60 personnes auraient également été blessées.
Vidéo de l’explosion du second VBIED (véhicule kamikaze) qui a frappé le quartier de Hay al-‘Amil à Bagdad ce samedi 8 novembre 2014. 11 personnes auraient été tuées par l’explosion :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d814b12b08ef

Province de Salaheddine (Irak)

Bataille de Baiji
La bataille pour reprendre le contrôle de Baiji se poursuit depuis le mois d’octobre 2014. Après avoir longtemps piétiné aux abords de la ville, il semble que l’armée irakienne, aidée par des miliciens chiites et des tribus sunnites, ait réussi cette fois à pénétrer à l’intérieur de la localité sunnite. Les forces de sécurité irakiennes contrôleraient la majeure partie de la ville.
Vendredi 7 novembre 2014, les forces gouvernementales contrôlaient "plus de 70%" de l’agglomération. Le drapeau irakien a été hissé sur des bâtiments importants comme le siège de la police.
Baïji se trouve sur la route principale menant de Tikrit à Mossoul, deux villes tenues par les Jihadistes de l’Etat Islamique depuis le mois de juin 2014.
La prise de Baïji devrait permettre à l’armée irakienne de sécuriser le site de la plus grande raffinerie du pays, située à proximité de la ville et dont les jihadistes font le siège depuis plusieurs mois.
Nouvelle vidéo en langue anglaise puis indonésienne :
https://www.youtube.com/watch?v=ynAHMKcFFuc&feature=p...
et vidéo de langue arabe montrant les combats dans le secteur de Mualhat (Baiji). Le problème est que l’armée progresse mais les Jihadistes ressortent de nulle part pour contre-attaquer et faire un maximum de victimes parmi les soldats, les forçant à battre en retraite – Attention, certaines images à la fin de la vidéo peuvent choquer :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Hammal al-Alil
Les Jihadistes de l’Etat Islamique auraient détruit leur plus grand dépôt d’armements en raison de la progression de l’armée, dans le Nord de la province de Salaheddine, vers Mossoul.
Le groupe terroriste Daesh a fait exploser le bâtiment de la Faculté d’agriculture, située dans la ville de Hammam Al-Alil, au sud de Mossoul. Cette faculté servait de plus grand dépôt d’armements des Jihadistes, dans cette région.

Région de Hit (Province d’al-Anbar)
Moqtada Sadr, le leader chiite du Courant Sadr, a appelé plus de 2.000 membres des brigades de la paix, liées au Courant Sadr, à combattre, aux côtés des tribus sunnites, pour libérer la région de Hit. Dans la foulée, le président du Conseil de la province d’Al-Anbar a fait part de la disponibilité de 3.000 combattants des tribus de cette province, pour lutter contre les terroristes de l’Etat Islamique.
Par ailleurs, une vidéo mise en ligne le samedi 8 novembre, montre les forces spéciales irakiennes en action à proximité de la ville de Hit au mains des Jihadistes de l’Etat Islamique :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5200fdb87042

Les villes de Ramadi, Fallujah et Qaïm violemment bombardées
Les place-fortes jihadistes de Ramadi, Fallujah et al-Qaïm (à la frontière avec la Syrie), dans la province sunnite d’al-Anbar, ont été violemment bombardées par l’armée de l’air irakienne.
Vidéo de langue arabe :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Peshmergas
Vidéo kurde montrant le butin des Peshmergas à Khor Matwoo :
https://www.youtube.com/watch?v=J_jtco3JRMI&list=UUNo...


Front Libanais

Une excellente vidéo explicative (langue anglaise) sur la situation explosive qui règne au Liban :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Front syrien

L’Armée Arabe Syrienne livre bataille sur plus de 700 fronts à travers le pays. Ce chiffre explique les difficultés de l’armée et la raison pour laquelle le combat doit être sans cesse recommencé, les soldats de l’AAS ayant toutes les peines du monde à conserver le terrain reconquis.

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Un émir de l’Etat Islamique, Abdul-Hadi Obeid, blessé et gisant dans les décombres d’une maison, est capturé par des membres de l’Armée Syrienne Libre qui combattent aux côtés des Kurdes à Kobane
Vidéo en langue arabe :
https://www.youtube.com/watch?v=HP1lfgHp__4&feature=p...

Brigades Ahrar ech-Cham prises pour cible par la coalition internationale
Les dirigeants de la brigade Ahrar ech-Cham affirment avoir été la cible des frappes de la coalition internationale, mercredi 5 novembre, tout comme le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et l’Etat Islamique.
La brigade Ahrar ech-Cham est une brigade islamiste engagée dans la lutte contre l’AAS. Elle est rapidement devenue l’une des forces les plus puissantes de la rébellion syrienne. Contrairement au Front al-Nosra, elle n’a jamais revendiqué son affiliation à al-Qaïda. Elle n’a pas non plus été inscrite sur la liste des organisations terroristes par le Pentagone.
Ahrar ech-Cham est une des principales brigades du Front islamique (d’obédience saoudienne). La direction de la brigade avait été anéantie par un attentat en septembre 2014. Les dirigeants ont depuis été remplacés. On se demande pourquoi la coalition internationale a pris la brigade Ahrar ech-Cham pour cible.

Ghouta orientale (à l’est de Damas)
Toute la journée et la soirée de jeudi 6 novembre de très violents combats se sont déroulés entre l'Armée Arabe Syrienne (AAS)  et les rebelles du Front islamique (pro-saoudiens) dans la Ghouta orientale (Rif de Damas). Le gros des combats a eu lieu dans les champs Hatita al-Jarch ainsi qu'aux alentours des localités de Houch al-Fara et Bazina. Les localités de Houch Nasri et les environs de Meda, à l'est de Douma, ont également été le théâtre de très violents affrontements. La cité de Zobdin a aussi été le théâtre d’une violence inouie.
La Ghouta orientale s'est embrasée sur la totalité de ses axes. L’AAS aurait repoussé les assauts de la milice Jaysh al-Islam. Les soldats de l’AAS s'accrochent très violemment avec les rebelles de Jaysh al islam dirigés par Zahran Allouch. Jaysh al-Islam est la principale organisation du Front islamique supporté par l’Arabie saoudite.
Le nouvel axe de l'avancée des forces syrienne passe par le camp militaire al Wafedin.
A Jobar, quartier est de Damas, les violents affrontements se poursuivent sans discontinuer depuis des mois. Un entrepôt d'armes et de munitions à l'est de la place al Manachir a été détruit et plusieurs rebelles ont été tués.


Libye

Violents affrontements à Benghazi
Les forces gouvernementales, maintenant alliées aux militaires fidèles au général Khalifa Haftar s’affrontent violemment aux Islamistes du Conseil de la Shura. Il semble que l’armée soit, cette fois, en train de l’emporter sur les Salafistes. Les Etats-Unis et plusieurs pays occidentaux, qui ont été à l’origine de la chute de Moammar Kadhafi, semblent avoir pris la menace jihadiste qui pèse sur le Libye très au sérieux. Cette prise de conscience semble être à l’origine d’une plus grande efficacité de l’armée libyenne en guerre contre les Salafistes.
Vidéo en langue anglaise :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Tunisie

Les attaques jihadistes se multiplient en Tunisie
Cinq soldats tunisiens qui voyageaient dans un bus ont perdu la vie au cours d’une attaque perpétrée par des Jihadistes le 5 novembre 2014. Le véhicule a été attaqué par des Jihadistes au niveau de la localité de Nebeur alors qu’il circulait sur une route entre les villes du Kef et de Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, à  quelques dizaines de kilomètres de la frontière algérienne. Dix autres soldats ont été blessés.
La présidence a décrété un deuil national.
"A la suite de l'attaque ignoble (...), le président Moncef Marzouki, chef des armées, a décrété le jeudi 6 novembre journée de deuil national avec les drapeaux en berne sur les institutions de l'Etat", a indiqué la présidence dans un communiqué.
"Deux hommes armés se sont approchés du bus qui transportait les militaires et ont tiré. Trois éléments d'escorte qui se trouvaient à bord du car ont riposté, les empêchant d'achever leur opération", a précisé Le porte-parole du ministère de la Défense, Belhassen Oueslati.
Il n’est pas surprenant que les attaques jihadistes se multiplient en Tunisie compte tenu du grand nombre de Jihadistes tunisiens à s’être rendus en Syrie ou en Irak pour rejoindre les rangs du Front al-Nosra ou de l’Etat Islamique. Et aussi compte tenu du fait que la Tunisie est entourée de pays eux-mêmes en proie à une forte activité jihadiste. Les attaques liées à la mouvance salafistes ont provoqué la mort de dizaines de policiers et militaires.

Menaces d’un Jihadiste tunisien combattant pour l’Etat Islamique
Cette vidéo (en langue arabe) prétend être une menace contre l’Etat tunisien de la part d’un Jihadiste tunisien combattant à Kobane :
http://vimeo.com/111275233

Yémen

La guerre entre Chiites houthis d’Ansarullah d’un côté et les tribus sunnites alliées à al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) d’autre part se poursuit sans discontinuer.
Des "dizaines" de Houthis ont été tués samedi 8 novembre 2014 dans le centre du Yémen au cours d’une double attaque d'Al-Qaïda.
Un kamikaze à bord d'une voiture piégée, conduite par un kamikaze identifié sous le nom d’Abou Maaz al-Khawlani, a foncé sur un centre médical qui faisait office de caserne pour les Houthis, à Manaseh, près de la ville de Rada (150 km au sud de la capitale Sanaa). L’attaque, qui a eu lieu à une heure du matin, a été revendiqué par al-Qaïda qui a affirmé qu’elle aurait coûté la vie à  des dizaines de personnes.
Par ailleurs, quatre Jihadistes d'Al-Qaïda ont ouvert le feu contre une école occupée par les Houthis dans la vallée de Jarrah, également près de Rada.
La recrudescence des violences interconfessionnelles fait suit à la prise de contrôle par les Chiites d’Ansarullah de plusieurs régions du Yémen, dont la capitale Sanaa.

Jihadisme international

Un Jihadiste tchétchène justifie les massacres en rappelant que Mahomet avait massacré 700 de ses ennemis au cours d’une seule bataille :
Vidéo de langue russe sous-titrée en anglais :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un Français fabricant de bombes tué par un raid aérien
David Daoud Drugeon (24 ans), un Breton originaire de Vannes, converti à l’Islam, tout comme son frère, a été tué par une frappe aérienne exécutée par un drone américain, mercredi 5 novembre 2014, dans la localité de Sarmada, province d’Edleb. Cet homme était un expert dans la fabrication de bombes et faisait partie du groupe jihadiste Khorassan. Mais attention ! David Daoud Drugeon et le leader du groupe Khorassan, Muhsin al-Fadhli, avait été déclarés morts lors d’un bombardement au Tomahawk de l’armée américaine, le 23 septembre 2014. Il s’est avéré ultérieurement que ni David Drugeon ni al-Fadhli n’avaient péri lors de ce bombardement. Il semble que les victimes du bombardement du 23 septembre étaient en fait des membres de l’unité « al-Dhiab » (les loups en arabe), une unité de snipers du Front al-Nosra. 
David Drugeon circulait dans une localité dans la région d’Alep au nord ouest de la Syrie. Le chauffeur a également perdu la vie.
Vidéo de la voiture où se trouvait David Drugeon :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=735f492e9508

Ces deux enfants sont des jihadistes “français” 
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Et encore un « Français » venu commettre un attentat suicide au Liban !
On en sait un peu plus sur ce « Français » venu au Liban pour commettre un attentat suicide en juin 2014.
Fayez Youssef Boucheran, 24 ans, est originaire des Comores et résidait à Trappes, dans la banlieue parisienne. Il avait été arrêté le 20 juin 2014 à l'hôtel Napoléon, dans le quartier de Hamra à Beyrouth, lors d'une rafle des services de sécurité. Le premier juge d'instruction militaire, Riad Abou Ghida, l’accuse d'appartenance à l'Etat Islamique et de tentative de meurtre avec une ceinture ou une veste explosive. Il risque la prison à perpétuité. Il doit être jugé par le tribunal militaire avec un Saoudien, un Syrien et quatre Libanais tandis que dix autres sont en fuite, dont un autre Français.

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Boucheran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selon l’acte d’accusation, il aurait affirmé avoir « étudié la religion chez lui ou aux domiciles de cheikhs Moustafa ou Abou Balkis », qui habitaient également à Trappes et qui « m'ont encouragé à accomplir le jihad ».
Le jeune Français a raconté au juge qu'il suivait les événements en Syrie, les « crimes commis contre les musulmans ». « J'ai eu la conviction que je devais aller en Syrie pour le jihad, pour Allah et les musulmans », a-t-il déclaré.
« Je veux mourir en martyr », aurait-il affirmé.
Il entre alors en communication via Facebook avec « une personne publiant des écrits sur le jihad, qui lui a dit que s'il voulait aller en Syrie, il devait se rendre en Turquie via l'Allemagne ou l'Espagne et non pas directement par la France pour ne pas laisser de traces ».
Cette personne lui aurait indiqué qu'il pouvait, une fois en Turquie, se rendre à Raqqa, le fief de l'Etat Islamique dans le nord de la Syrie. Il suit les consignes, se rend en Allemagne par la route, et de l'aéroport de Francfort il atterrit à Izmir puis va à Gaziantep.
Là, il reste 20 jours dans une maison avec d'autres jeunes gens de différentes nationalités. Ils font du sport et des études religieuses. Puis direction Raqqa.
Il est reçu par Abou Chahid, un responsable de l'Etat Islamique qui lui demande quel type de jihad il veut mener. « Je veux mourir en martyr dans une opération », dit-il. Son interlocuteur lui répond : « Tu vas pouvoir le faire au Liban en donnant une bonne leçon aux chiites qui combattent les sunnites en Syrie. »
Dans ses aveux, Abou Chahid lui aurait affirmé que « la nationalité française n'éveille aucun soupçon au Liban ». Il lui donne 2 000 dollars et le Comorien part pour Beyrouth et attend sa veste explosive.
Opération annulée
Il s'installe deux jours à l'hôtel Napoléon où un Libano-Suédois, Monzer Khaldoun al-Hassan, vient lui rendre visite à deux reprises. Ce dernier sera tué le 20 juillet 2014 lors d'une perquisition à Tripoli, dans le nord du pays.

Mounzer Khaldoun al-Hassan copie.jpg

 

Monzer Khaldoun al-Hassan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Al-Hassan lui dit qu'il doit se faire exploser à l’occasion d’un rassemblement sans lui préciser l'endroit exact, mais avant la date de l'opération, Abou Chahid demande par Internet à Boucheran de quitter au plus vite l'hôtel et de se rendre en Turquie « car l'opération est annulée ».
« Trop tard, je n'ai pas pu partir, car le 20 juin 2014 les forces de sécurité libanaises ont pris d'assaut l'hôtel et j'ai été arrêté », a-t-il dit.
17 personnes auraient été interpellées par les forces de sécurité libanaises à l’occasion de cette opération. 
A noter que Mounzer el-Hassan, le fournisseur de ceintures d'explosifs, a été tué au cours d'un accrochage avec les forces de l'ordre dans la nuit du 19 au 20 juillet 2014 à City Complex, un espace résidentiel meublé situé dans l'un des quartiers chics de Tripoli (Nord Liban).

Coalition internationale

De nouveaux renforts américains pour l’Irak
Le président américain "a autorisé le déploiement de 1.500 conseillers militaires supplémentaires dans un rôle non combattant pour entraîner, conseiller, et assister les forces de sécurité irakiennes, y compris les forces kurdes", selon un communiqué de la Maison Blanche.
Obama a également autorisé les soldats américains à être déployés en dehors de Bagdad et Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, où ils se trouvent actuellement, a précisé Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain. Ces troupes "ne seront pas engagées dans les combats", a-t-il réaffirmé.
Certains de ces conseillers seront déployés dans la province d'Anbar (ouest), a précisé à l'AFP un responsable militaire.
Ces conseillers supplémentaires commenceront à arriver en Irak dans les prochaines semaines, selon ce responsable.
La Maison Blanche rappelle que l'envoi de ces conseillers s'inscrit dans la stratégie des Etats-Unis "de soutenir leurs partenaires sur place" sans que les soldats américains soient engagés dans les combats, "sans troupes combattantes au sol", comme le répète Obama.
Les soldats américains vont notamment entraîner 12 brigades irakiennes, dont 9 de l'armée régulière et 3 issues des rangs des peshmergas (les forces combattantes kurdes), a précisé le Pentagone dans un communiqué.

Activité de la coalition internationale
Le commandement militaire américain pour la région (Centcom) a indiqué, vendredi 7 novembre 2014, que les avions de la coalition avaient mené en Irak six frappes entre mercredi 5 et vendredi 7 novembre, dont l'une près de Baïji.
Sept frappes ont également été menées en Syrie.

Des dirigeants du califat islamique visé par un raid aérien
Par ailleurs, samedi 8 novembre, un raid aérien mené par la coalition internationale a visé une réunion de dirigeants de l’Etat islamique en Irak. Il est possible que le calife autoproclamé, Abou Baker al-Baghdadi, participait à cette réunion. On ne sait pas pour l’instant quel est le résultat de cette frappe aérienne.

Guerre du pétrole ?

Les USA envisageraient de bombarder les pipelines syriens
Les USA envisageraient de bombarder les pipelines en Syrie sous le prétexte d’empêcher le califat islamique de vendre le pétrole extrait des champs pétrolifères qu’il contrôle en Irak et en Syrie.
L’Etat islamique encaisserait près de deux millions de dollars chaque jour sur les ventes de pétrole, selon Julieta Vall Noyes, secrétaire adjointe américaine aux affaires européennes et eurasiennes. C’est ce qu’elle a affirmé au journal The Indépendant lors d’une visite à Londres. Les chiffres cités par Mme Vall Noyes se baseraient sur une estimation faite par une société de consulting (IHS) basée dans l’état du Colorado aux Etats-Unis. 
A la seule vue de ces statistiques, on peut comprendre les raisons pour lesquelles les Etats-Unis et leurs alliés de la coalition internationale envisagent de détruire les infrastructures pétrolières aux mains des Jihadistes, et notamment les pipelines.
Sauf que les pipelines en question, qui se trouvent sur le territoire syrien, ne peuvent pas être utilisés par l’Etat Islamique. Celui-ci utilise plutôt des camions citernes volés lors de ses différentes offensives. Les camions prennent la direction de la Turquie où le pétrole est vendu sur le marché noir le plus simplement du monde. Du pétrole est également revendu par les Jihadistes à l’Etat syrien. Mais on peut comprendre que Damas, assoiffé de pétrole, accepte ce deal contre nature. A la guerre comme à la guerre !

Plusieurs questions
Les USA pourraient facilement stopper les profits tirés du pétrole par l’Etat Islamique en bombardant les convois de camions citernes en route vers la Turquie. Ils ont suffisamment de moyens aériens de surveillance pour repérer ces convois.
Ils pourraient également agir très efficacement sur le gouvernement turc pour mettre un terme à ce marché noir qui profite aux Jihadistes.
On peut s’interroger, dans le cas où la coalition internationale détruirait effectivement les pipelines syriens, s’il n’y a pas un dérapage des buts proclamés de l’action de la coalition internationale. Celle-ci ne viserait plus seulement les cibles jihadistes mais des cibles de Damas.

Les pipelines syriens – un enjeu de longue date
En 2009, Bachar el-Assad avait refusé de signer une proposition d’accord avec le Qatar qui proposait de construire un pipeline partant de ses champs du nord, contigus aux champs pétrolifères iraniens de South Pars et traversant l’Arabie Saoudite, la Jordanie, la Syrie puis la Turquie en vue de fournir les marchés européens. La réalisation de ce pipeline aurait permis de réduire la dépendance de l’Union européenne au gaz russe, la Russie étant le premier fournisseur de gaz de l’Europe. Cela aurait réduit du même coup la possibilité pour la Russie d’utiliser le gaz comme moyen de pression. Mais Bachar el-Assad avait le souci de « protéger les intérêts de son allié russe » et c’est la raison pour laquelle il avait refusé.
L’année suivante, Bachar el-Assad négociait avec l’Iran un projet de 10 millions de dollars pour la construction d’un pipeline qui passerait par l’Irak et la Syrie et qui permettrait potentiellement à l’Iran de fournir à l’Europe du gaz issu de ses champs de South Pars partagés avec le Qatar. Un protocole d’entente (MoU) pour la réalisation du projet était signé en juillet 2012.
L’Irak signait, de son côté, un accord cadre pour la construction de pipelines de gaz. Le projet de pipeline prévu par l’Iran, l’Irak et la Syrie passant par la côte syrienne et la Méditerranée dérangeait beaucoup moins la Russie très présente dans la région, ce qui lui permettait d’avoir un droit de regard sur la production et le débit du gaz iranien.
Et c’est précisément la raison pour laquelle on ne peut s’empêcher d’imaginer que les Etats-Unis pourraient avoir une idée derrière la tête en détruisant le système de pipeline syrien. Elle remet à l’ordre du jour le pipeline Nabbaco censé s’étendre de l’Iran à la Turquie pour fournir du gaz à l’Europe et échappant à tout contrôle russe.

Jean René Belliard

 

Commentaires

Merci pour votre compte-rendu exhaustif de la situation dans la region.
En effet, la Turquie clame se battre contre l'état islamique mais laisse passer des 'touristes' tchechens et des convois de camion transportant du petrole Syrien.
Pour moi la Turquie a fait un accord secret de non-aggression avec ISIS. Erdogan veut a tout prix préserver son pays d'attaques terroristes quitte à les payer et à les aider à passer en Syrie et en Iraq pour y commetre leurs actes. En effet, si la Turquie est soumise à des attaques terroristes aveugles, le pays va s'effondrer économiquement et Erdogan risque de perdre son poste. On comprend alors son jeu hypocrite et cynique et la raison pour laquelle il ferme les yeux sur les traffics de toutes sortes.
De plus Erdogan est conscient que la fibre sunnite des turcs vibre plus avec ISIS, la sunnite qu'avec les E.U, l'Europe chrétienne ou les Shiites.

Le E.U ont jusque là fermer les yeux sur l'apparent laxisme des turcs et ceci pour éviter un autre foyer d'instabilité dans la région. De plus la popularité des E.U en Turquie est très basse. Les E.U ont du accepté d'etre empêchés d'utiliser la base militaire de Incirlik et d'écouter les réprimandes paternalistes de Erdogan sur leurs opérations à Kobane.
Les E.U vont-il accepter longtemps de jouer ce petit jeu? Les services secrets étrangers hostiles à Erdogan ( Israel,Syrie, Egypte, Arabie Seoudite) ne vont-il pas essayer de semer la zizanie entre les Kurdes et les Turcs pour provoquer des troubles qui déstabiliseraient le pays? Ou bien manipuler quelque jihadistes pour faire exploser des voitures pour faire fuir les touristes et les investissements?
Plus cette guerre traine en longueur, plus les passions sont exacerbées et plus des actions violentes sont imaginables dans les pays voisin de la Syrie.

Écrit par : virgile | 09/11/2014

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