31/10/2014

30 et 31 octobre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Liban

Arrestation de nombreux jihadistes
On connaît à présent le bilan définitif des affrontements entre les Islamistes et l’armée libanaise le weekend passé à Tripoli et le Akkar. Il s’établit à onze morts et 134 blessés, dont douze officiers, dans les rangs de l’armée et à dix morts et 80 blessés parmi les civils.
Les services de renseignement de l’armée sont particulièrement inquiets de la présence sur le territoire libanais d’un grand nombre de Syriens armés combattant aux côtés d’Islamistes libanais. Cette situation explosive fait penser au schéma qui existait au début des années 70 lorsque des organisations de Fedayin palestiniens armés s’alliaient à des militants d’organisations « palestino-progressistes » comme on disait à l’époque.
C’est la raison pour laquelle les services de sécurité de l’Etat, profitant de l’échec du soulèvement salafiste de Tripoli, mettent les bouchées doubles pour identifier et appréhender tous ceux qui pourraient représenter une menace. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles neuf Libanais et un Palestinien, les autres étant de nationalité syrienne.
Les arrestations ont été effectuées à Tripoli, la Békaa, à Rachaya où les services de renseignements militaires ont arrêté 12 ressortissants syriens, suspectés d'appartenir à des groupes terroristes et d'avoir pris part aux combats à Ersal contre la troupe. Par ailleurs, plusieurs perquisitions ont eu lieu dans nombre de localités du Akkar, notamment dans les milieux des réfugiés syriens à Bhannine. Des armes et des roquettes ont été saisies dans l'un des endroits perquisitionnés, ainsi que des uniformes militaires et des équipements de télécommunication.
Sept personnes ont également été arrêtées à Saïda. Les arrestations ont été rendues possibles grâce à l’écoute de communications effectuées par les renseignements militaires. Les écoutes ont révélé que les Islamistes de Tripoli demandaient à un certain Ahmad Adnane Charaf, le chef de la cellule de Saïda, d’ouvrir un front dans le camp palestinien d’Aïn el-Héloué pour alléger la pression de l’armée à Tripoli.

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)

Près de 400 combattants de l'ASL déjà à Kobané
Nizar al-Khatib, chef d'une unité de l'Armée syrienne libre (ASL), a affirmé jeudi 30 octobre 2014 que près de 400 hommes de l’ASL étaient arrivés à Kobane pour participer à la défense de la ville assiégée par les Jihadistes de l’Etat Islamique.
"Nous étions 200 originaires de la région avant même que les premiers combats commencent contre l'Etat islamique. Nous sommes aujourd'hui près de 400 (...) et nous attendons d'autres renforts", a déclaré Nizar al-Khatib lors d'une conférence de presse à Istanbul.
Mercredi déjà, entre 50 et 150 combattants de l’ASL avaient franchi la frontière turque pour rejoindre Kobane. Les Peshmergas, tout comme les membres de la brigade « Aube de la liberté » (Fajr al-Hurriya), semblent devoir constituer les troupes au sol sur lesquelles comptent s’appuyer le Pentagone pour venir à bout des califatistes.
Après des déclarations hostiles à l’arrivée des combattants de l’ASL par des membres de l’YPG, la force de défense kurde, il semble que les choses se soient apaisées. Nizar al-Khatib préfère souligner la bonne coordination entre les différentes factions qui résistent à l’offensive califatiste. "Le commandement à Kobane n'est pas dans les mains d'une seule personne. Il y a un poste de commandement dans lequel toutes les forces en présence sont représentées et prennent les décisions ensemble", a-t-il affirmé.
Vidéo de l’arrivée des combattants de l’ASL à Kobane :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6b12dae6867

L’Iran réagit à l’arrivée de rebelles de l’Armée Syrienne Libre (ASL) à Kobane
Hossein Amir-Abdollahian, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé du département arabo-africain,  a mis l’accent sur la nécessité de la sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie.
"La sauvegarde de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, en Syrie, est dans l’intérêt du peuple  de ce pays et de ceux des autres pays de la région", a affirmé, jeudi 30 octobre, Hossein Amir-Abdollahian.
 «La question de l’aide aux habitants de Kobane ne doit pas devenir une prétexte, pour les ingérences étrangères, en Syrie. L’Iran met en garde ceux qui profitent de la situation qui prévaut dans la région, à des fins particulières, en Syrie», a-t-il ajouté.
Bathina Chaaban, le conseiller médiatique et politique du président syrien préfère dénoncer une ingérence turque : «En envoyant les terroristes de l’Armée Syrienne Libre, (ASL), à  Kobane, la Turquie cherche à augmenter son influence, en Syrie».

Les 150 Peshmergas kurdes irakiens sont entrés à Kobane
Dix membres du contingent kurde irakien ont rallié jeudi 30 octobre la ville assiégée pour préparer l'arrivée du reste de leur contingent, stationné dans la ville frontalière turque de Suruç (sud).
Vidéo de l’arrivée des dix premiers Peshmergas :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf21781ba28b
Le reste des renforts kurdes irakiens, composé de 150 hommes, sont finalement entrés à Kobane. Ils ont quitté la ville turque de Suruç pour entrer sur le territoire syrien par le porte de TAll al-Chaïr, à l’ouest de la ville assiégée. 

Damas et sa banlieue
La bataille se poursuit toujours à Jobar. Cette vidéo (en langue russe) montre l’intensité des combats vus du côté de l’Armée Arabe Syrienne (AAS). (Exceptionnel) :
https://www.youtube.com/watch?v=_WSVbidWloY&feature=p...

Qalamoun (frontière syro-libanaise)
De violents combats opposent depuis mercredi 29 octobre des rebelles syriens aux miliciens chiites du Hezbollah dans le jurd du village de Fakiha dans la Békaa orientale.
Les affrontements ont également lieu du côté syrien, au Qalamoun, entre l'armée syrienne et les combattants du Hezbollah d'une part et les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) de l'autre. Les combats se déroulent dans le jurd de Flita voisin du jurd d'Ersal et du village de Nahlé.
Un haut responsable du Front al-Nosra aurait été capturé par le Hezbollah.
Des combats se déroulent également dans le jurd de la région de Qoussaya à Zahlé (Békaa du centre). La région de Qoussaya est une place forte du Front Populaire de Libération de la Palestine – Commandement général (FPLP-CG) qui soutient le pouvoir syrien.

Champ pétrolier de Chaer
Des dizaines de soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) ont réussi à s’échapper du champ gazier de Chaer occupé par les Jihadistes de l’Etat Islamique le 29 octobre. Plusieurs d’entre eux ont été interceptés alors qu’ils s’enfuyaient à pied pour gagner la base aérienne de Tiyas, elle-même à moitié entre les mains des Jihadistes selon un rapport en date du vendredi 31 octobre au soir. On estime qu’entre 150 et 200 militaires ou miliciens pro-Assad ont été liquidés par les Jihadistes sur le domaine gazier ou à l’intérieur de l’usine de traitement.

Violents combats entre Jihadistes du Front al-Nosra et des brigades de rebelles « modérés » dans la province d'Edleb
Des combats opposaient vendredi 31 octobre deux formations de rebelles modérés aux Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) dans la province septentrionale d’Edleb.  Les deux brigades sont le Front révolutionnaire syrien (FRS) et le mouvement Hazm (Harakat Hazm en arabe).
Le Front des révolutionnaires syriens, qui revendiquent douze mille combattants, est une puissante organisation disposant d’un matériel impressionnant, sans doute fourni par la Turquie et les Etats-Unis.
Le mouvement Hazm est une formation de rebelles modérés fondée en janvier 2014 à partir des restes des brigades al-Farouq (fondées en août 2011) et regroupant en général d’anciens soldats ayant déserté pour mener la lutte contre le pouvoir syrien. Ce mouvement est modéré et particulièrement bien organisé sur le plan militaire. Le mouvement Hazm a été la première formation rebelle modérée à recevoir des missiles antichars TOW de fabrication américaine.
Le mouvement Hazm semble être pour les Américains un partenaire sérieux sur le théâtre syrien.
Le mouvement Hazm comme le FRS ont des relations avec l'Occident et sont favorables à l'instauration d'un État démocratique en Syrie alors que le Front Al-Nosra et le groupe Etat islamique (EI) combattent pour un État théocratique.
Les combats entre le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) ont éclaté près d'un bastion de cette organisation à Deir Sinbel, dans la région de Jabal al-Zawiya, dans la province d’Edleb. Il semble que ce soit les Jihadistes du Front al-Nosra qui aient déclenché les hostilités en s’emparant de plusieurs positions du FRS. 
Quant à l’affrontement entre le mouvement Hazm et le Front al-Nosra, celui-ci se déroule à  Khan al-Sibel, également dans la province d'Edleb.
L’affrontement fait également rage sur les réseaux sociaux. On y voit le chef du FRS, Jamal Maarouf, en habit militaire au milieu de ses combattants, invectiver le chef du Front al-Nosra, Abou Mohammad al-Jolani : "Tu as terni le nom de l'islam, tu as terni la religion. Pourquoi tu nous attaques? Vas combattre contre le régime!".
"Tu n'es rien, tu es identique à Baghdadi, espèce de salaud", ajoute-t-il.
Jamal Maarouf fait référence à Abou Bakr al-Baghdadi, qui dirige l'Etat Islamique.
Le Front al-Nosra lui répond via twitter l'accusant de "corruption " et de "s'éloigner de la révolution".

Front irakien

Activité de la coalition internationale

Les frappes aériennes ont réduit le potentiel militaire du califat islamique
Les frappes aériennes de la Coalition internationale ont fortement réduit la capacité offensive de l’Etat Islamique.  Les raids ont notamment détruit des dizaines de chars. On estime que 2500 chars, véhicules blindés Humvee et véhicules blindés de transport de troupe avaient été capturés par les Jihadistes à l’armée irakienne lors de leur offensive de juin 2014. Il s’agissait pour la plupart de chars américains laissés à l’armée irakienne après le départ des troupes U.S. 
Les effets des raids de la coalition internationale commencent à se faire sentir. Les frappes quotidiennes visent plus particulièrement les chars, les transporteurs de troupes blindés et les pièces d'artillerie.
"Nous ne les voyons plus se déplacer dans le pays en grands convois," a déclaré le chef du commandement central de l'armée américaine, le général Lloyd Austin.
"Ils se déplacent maintenant à bord de véhicules civils en petits nombres. Celà entrave leur capacité à lancer des offensives en masse ".
Les raids ont également endommagé les systèmes de communication de l’EI et détruit de nombreux centres de commandement. Ces raids n’ont pas fait disparaître, cependant, les menaces qui continuent de peser sur la capitale irakienne, Bagdad. L’armée irakienne reste encore très faible après la débâcle de juin 2014 lorsque cinq divisions de l’armée s'étaient effondrées.

Des membres de la tribu al-Bou Nimr massacrés par les Jihadistes de l’EI
J’ai déjà signalé que les Jihadistes de l’Etat islamique avaient massacré des membres de la tribu al-Bou Nimr, une des composantes des milices Sahwa créées avec le soutien du gouvernement américain pour lutter contre al-Qaïda dans les années 2006-2007. Le nombre des personnes exécutées pourraient s’élever à 300.
Les Jihadistes avaient ordonné aux hommes de la tribu al-Bou Nimr de quitter leurs villages et de se rendre à Hit, une ville qu’ils venaient de conquérir à 130 km à l'ouest de Bagdad. Les Jihadistes, racontent les chefs tribaux, leur avaient promis un passage « sûr ». Mais une fois arrivés à Hit, ils ont été enlevés et tués.
Deux charniers ont été découverts, jeudi 30 octobre. Ils contenaient les corps d'une partie des 300 membres de la tribu. Les victimes, des hommes âgés de 18 à 55 ans, avaient été abattus à bout portant, selon des témoins. Un charnier contenant 70 corps a été mis au jour près de la ville de Hit. Presque toutes les victimes étaient membres de la police ou de la milice Sahwa qui lutte contre l'EI. Un autre charnier contenant les corps de 150 hommes appartenant à la même tribu a été découvert près de la ville de Ramadi, également dans la province d'Anbar. « Ils ont combattu nos frères de l'EI. C'est la sanction pour ceux qui combattent l'EI », ont simplement déclaré les jihadistes.

Un membre de la tribu dénonce l’inaction du gouvernement irakien
Sabah al-Haditheh, un membre de la tribu al-Bou Nimr a dénoncé l’inaction du gouvernement irakien. Il affirme que les membres de sa tribu avaient demandé des armes au gouvernement mais que celui-ci ne leur avait rien envoyé. Nous n’avions que des fusils et eux avaient des mitrailleuses lourdes, a-t-il affirmé.

La terreur jihadiste règne à Mossoul
Depuis quelques semaines, les Jihadistes de l’Etat Islamique (EI) ont entrepris une campagne de traque de tous ceux qui pourraient représenter une menace pour eux. L’objectif de cette campagne de terreur est vraisemblablement d’empêcher le gouvernement irakien de trouver des alliés sunnites à un moment où les combattants kurdes et les milices chiites marquent des points sur les Jihadistes de l’EI et réussissent même à reprendre plusieurs villes aux califatistes. Ils craignent aussi un soulèvement de la population exaspérée par l’obligation de respecter les règles strictes de leur conception extrémiste de la charia.
C’est ainsi que des dizaines de personnes ont été exécutées au cours du mois d’octobre dans les zones contrôlées par l’EI. Les victimes étaient alignées sur les places publiques et abattues ou décapitées à titre d’avertissement.
Il s’agit la plupart du temps d’anciens policiers ou des officiers de l'armée qui avaient rendu leurs armes au moment de la chute de Mossoul. Les Jihadistes les considèrent dangereux parce qu'ils disposent d’une réelle expertise sur la façon de planifier un soulèvement armé et ils possèdent une bonne connaissance des armes.
Il est un fait que des milices sunnites pro-gouvernementales sont encore présentes à Mossoul. Elles sont composées principalement d'anciens officiers de l'armée et de la police.
Parmi les personnes récemment exécutées, on trouve le colonel de police Mohammed Hassan. Ce colonel s’était rendu au moment de la prise de Mossoul par les Jihadistes en juin 2014. Lui et ses hommes avaient remis leurs armes et, en échange, les Jihadistes leur avaient délivré un sauf conduit qui leur assurait la sécurité dans les zones contrôlées par l’EI.
Mais la semaine dernière, les Jihadistes ont voulu arrêter le colonel Hassan sous le prétexte qu’il pouvait comploter contre eux. Ils ont pris sa maison d’assaut. Le colonel Hassan a riposté, aidé de son fils. Ils ont réussi à tuer trois assaillants avant de succomber. Les militants ont alors accroché leurs corps mutilés à une  clôture proche de sa maison pendant plusieurs jours à titre d'exemple.
Dans un village au sud de Mossoul, vingt anciens policiers ont été exécutés d’une balle dans la tête.
Dans un autre incident, les Jihadistes ont tué à Mossoul le colonel Issa Osman avant de parader son corps dans les rues de la vill. Le bataillon du colonel Osman avait été la dernière unité à cesser le combat à Mossoul au cours de l'offensive jihadiste de Juin 2014. Tout comme le colonel Hassan, il avait bénéficié d’un sauf-conduit en échange d’une promesse de cesser le combat définitivement. 
Au nord de la ville de Beiji, ce sont trois anciens officiers de l’armée et trois policiers qui ont été exécutés sur une place publique. Ils étaient accusés d’avoir mené des attaques au mortier contre l’EI.  A Ana, une localité proche de Beiji, c’est un policier, Bahjat Salman, qui a été décapité en public. 
Dans une autre ville, à Shurqat, dans la province de Salahuddin, vingt policiers ont été emmenés vers une destination inconnue. On n’a plus de nouvelles d’eux depuis.  
Tous ces meurtres alimentent le ressentiment chez les habitants des villes contrôlées par l’EI, ce qui pourrait constituer à terme un réel danger pour les Jihadistes.
"La plupart des gens de Mossoul veulent se débarrasser de cette organisation sauvage, '' a déclaré un résident parlant sous condition d'anonymat par crainte de représailles. « Nous attendons qu’on vienne à notre secours ».

Les milices chiites irakiennes se livrent également à des actes inouïs de barbarie
Une vidéo a été mise en ligne montrant des scènes épouvantables ou on voit des miliciens de l’organisation Badr, un puissant groupe paramilitaire chiite, découpé des cadavres décapités de gens qui sont peut être des Jihadistes. La scène se déroule dans la localité de Jurf al-Sakhar qui vient d’être reprise à l’EI.

La principale menace en Irak : les IED (Improvised Explosive Device) comme au temps des Américains
Cette vidéo montre un Peshmerga (Kurde irakien) diffusant un IED sur un chemin près de Zumar (Nord irak) – Contrairement aux démineurs américains, cet homme manque visiblement des équipements adéquats pour lui assurer un minimum de protection :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8c4abe5caf60

Nouvelles du jihad international

Nombre sans précédent de Jihadistes étrangers selon l’ONU
15 000 jihadistes étrangers provenant de 80 pays se sont rendus ces derniers années en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de groupes comme l'Etat islamique (EI), un chiffre "sans précédent", met en garde un rapport de l'Onu cité vendredi par The Guardian.
Ce document, dont plusieurs extraits sont publiés par le quotidien britannique, impute cette hausse au déclin d'al-Qaïda.
"Il y a des exemples de combattants terroristes étrangers venant de France, de Russie et du Royaume-Uni" et au total de 80 pays, dont certains n'ont "pas connu par le passé de problèmes liés à al-Qaïda", ajoute le rapport.
Ce document souligne que les activités des organisations jihadistes comme l'EI se concentrent surtout dans les pays dans lesquels elles opèrent: "Les vraies attaques transfrontalières, ou contre des cibles internationales restent minoritaires".
Le rapport insiste toutefois sur le danger que pourraient représenter ces jihadistes une fois rentrés dans leur pays d'origine, une menace qui a poussé plusieurs pays, comme le Royaume-Uni ou la France, à prendre des mesures pour renforcer leur détection et empêcher leur départ vers l'Irak et la Syrie.
La commission du Conseil de sécurité souligne également, selon le Guardian, l'efficacité des méthodes de recrutement "cosmopolite" de l'Etat islamique, qui utilise les réseaux sociaux

Un jihadiste marocain exécute un attentat suicide monstre
D’après cette vidéo, un certain Abou Baker al-Moghrabi (le Marocain) exécute un gigantesque attentat suicide à bord d’un camion piégé contre un poste de l’armée irakienne :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b479b27bd792

Jean René Belliard

 

 

19:38 Publié dans Edleb, Front des Révolutionnaires Syriens, Harakat Hazm | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

30/10/2014

Les Tchétchènes du califat islamique

Les brigades tchétchènes en Syrie
C’est en Syrie que sont apparues les premières brigades jihadistes tchétchènes. Ils composaient les éléments de la brigade Jeich al-Mouhajirin et Ansar (« Armée des immigrants », en allusion aux premiers musulmans contemporains du prophète Mohammad et qui ont quitté la Mecque vers Médine sous la pression de leurs adversaires). La brigade était commandée par un certain Mohammad le Tchétchène. Il aurait succombé au cours d’un pilonnage de sa position par l’Armée Arabe Syrienne (AAS) à Alep. Il aurait été remplacé par Abou Asma le Daghestanais.
Trois autres chefs Tchétchène ont été repérés à l’occasion de combats dans la province de Lattaqié : Ces trois chefs tchétchènes sont Abou Moussa le tchétchène, qui commande les « Brigades des Ansar ach-Cham », Abou al-Walid le tchétchène qui est le prince des «Jounoud ach-Cham », et Abou Tourab le tchétchène, son adjoint.
Abou Moussa et Abou al-Walid sont des vétérans des combats contre les russes dans les années 90 du siècle dernier.

Vidéo (en langue russe) de Jeich al-Mouhajirin et Ansar mise en ligne le 10 février 2014. La vidéo montre les membres de cette brigade à l’offensive dans la région d’Alep :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=afa7788f59f8

Les Tchétchènes sont le fer de lance de l’Etat Islamique
Lorsque l’organisation de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL ou Daech en arabe) est apparue sur le théâtre syrien – après avoir combattu  pendant de nombreuses années sous la bannière d’al-Qaïda en Irak – les Tchétchènes de la brigade al-Moujahirin et Ansar ont aussitôt fait allégeance à cette organisation jihadiste nouvelle sur le théâtre syrien. Très vite, grâce à leur expérience obtenue par des années de combats contre les armées russe et américaine en Tchétchénie, en Afghanistan et en Irak, grâce à leur professionnalisme, les Tchétchènes sont très vite devenus le fer de lance des offensives de l’EI en Syrie ou en Irak.

Les Tchétchènes accusés d’atrocités
Les Tchétchènes multiplient les crimes et les violations des droits de l’homme, selon des enquêteurs des Nations unies. « Dans le nord de la Syrie, il y a eu une augmentation des crimes et des violations des droits de l’homme commis par des groupes extrémistes armés antigouvernementaux qui opèrent aux côtés de combattants étrangers », a déclaré Paulo Pinheiro, qui dirige l’équipe de l’ONU, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. « Des brigades entières (de la rébellion) sont aujourd’hui formées de combattants qui sont venus en Syrie, al-Mouhajirin et Ansar étant l’une des plus actives », a-t-il ajouté. Ces accusations ne sont pas nouvelles. Elles datent de septembre 2013.
Depuis l'été 2014 et l’offensive des Jihadistes de l’Etat Islamique en Irak, de nombreux témoignages accusent les tchétchènes de Jeich al-Mouhajirin et Ansar d’être impliqués dans des massacres, des enlèvements et d’autres exactions.
Une vidéo intitulée « Novosti Halifata » (« Nouvelle du califat » en langue russe) montre un groupe de Tchétchènes de l'État islamique massacrer entre 160 et 250 soldats de l’AAS après la capture de la base aérienne de Tabqa dans la province de Raqqa, en juillet 2014.

Abou Omar le Tchétchène
Un homme s’est fait largement filmé et photographié pour apparaître dans les médias du monde entier  Abou Omar le Tchétchène et sa légendaire énorme barbe rousse :

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Abou Omar al-Shihani (le Tchétchène) - au centre avec sa barbe rousse
 

 

 

 

 

 

 

On ne connaissait pas grand-chose sur cet homme. Mais l’édition électronique du journal américain Daily Beast vient de donner des renseignements sur ce Jihadiste et certaines révélations sont surprenantes.
Les journalistes se sont rendus en Georgie et en Tchétchénie pour mener leur enquête.
Première révélation : Le vrai nom d’Abou Omar est Tarkhan Batirachvelli. Il serait âgé de 27 ans. Son père, Temour Barirachvelli est un géorgien chrétien qui vit dans une extrême pauvreté dans le village géorgien de Birkiani.  C’est la mère d’Abou Omar qui est musulmane.

Un ancien des Spetsnaz géorgiens
Le père aurait révélé que Tarkhan avait travaillé un certain temps avec les unités d’élite des services de renseignement géorgiens, les Spetsnaz. Il avait surtout travaillé au service des opérations spéciales du ministère de l’intérieur géorgien, connu sous l’appellation KUD (ou Kudi). Ce service, officiellement appelé le département de la sécurité constitutionnelle, est surtout connu pour ses méthodes brutales. Les affirmations du père selon lesquelles Tarkhan, et son frère Tamaz, auraient travaillé pour les services de renseignement géorgiens ont été confirmées  par un responsable militaire géorgien sous couvert de l’anonymat. Il les aurait quittés après avoir contracté la tuberculose.
selon le Daily Beast, c’est après s’être enrôlé en 2006 dans l’armée géorgienne que Tarkhan aurait rejoint les rangs des Spetsnaz qui venaient d’être créés. Pendant la guerre de 2008 entre la Russie et la Géorgie, il aurait eu pour mission d’espionner les mouvements des chars russes.
Tarkhan a épousé Seda Dudurkaeva, qui se fait appeler Aïcha. Elle est la fille d’Asu Dudurkaev, un ancien ministre démis de ses fonctions pour des raisons sécuritaires par le président Ramzan Kadyrov, proche du président russe Valdimir Poutine. Seda était l’épouse d’un autre jihadiste tchétchène, Hamzat Borchashvili, alias Abou Abdallah qui a été tué lors de combats. 

Seda_Hamza_Tarkhan.jpg
  Seda Dudurkaeva, alias  Aïcha et Hamzat Borchashvili derrière. Abou Omar à gauche

 

 

 

 

 

 

 

Le vrai chef des Jihadistes tchétchènes est Tamaz Barirachvelli
Le véritable chef de la brigade tchétchène de l’Etat Islamique ne serait pas Tarkhan mais son frère Tamaz. C’est tout au moins ce qu’a révélé le père Batirachvelli aux journalistes de Daily Beast. Tamaz a combattu en Tchétchénie. Le père a expliqué que Tamaz avait participé aux combats des séparatistes tchétchènes contre l’armée russe dans les années 90 du siècle dernier. C’est lui qui a pris la décision d’emmener toute sa famille en Syrie lors de l’éclatement de la guerre civile. « C’est lui le cerveau de tous les éléments tchétchènes qui ont rejoint les rangs de Daesh en Irak et en Syrie. Il ne porte jamais de treillis militaire dans ses déplacements », a-t-il confié.

Abou Omar sert de leurre à Tamaz, le véritable chef des Tchétchènes
Il y avait quelque chose d’irréel dans les apparitions d’Abou Omar sur les vidéos tchétchènes – je ne sais quoi de manque de sérieux, de juvénile dans ses propos. L’intuition ne m’avait pas trompé. Le journal Daily Beast a confirmé que le trop visible  jihadiste à la barbe rousse, l'un des terroristes les plus recherchés de la planète, pourrait bien être un leurre pour son frère aîné, le cerveau derrière les agents tchétchènes qui exécutent les offensives de Daesh en Syrie et en Irak ».
Cela explique pourquoi, explique le journal américain, contrairement aux autres hauts commandants de Daesh, Tarkhan se laisse photographier. Ils créent l'illusion qu'il est la "tête du serpent,  alors que le véritable architecte de l'opération de l’Etat Islamique en Syrie est Tamaz Batirashvili qui, lui, reste dans l'ombre ». Cela serait d’autant plus facile que les deux hommes se ressemblent beaucoup, selon le père.

Tamaz, un Jihadiste au service des Georgiens contre les Russes ?
Les qualités de Tamaz Batirashvili, l'aîné des deux Tchétchènes, ont également été confirmées par un ancien responsable militaire géorgien. « Il y avait des hommes beaucoup plus professionnels et expérimentés dans le groupe de la vallée de Pankisi qui ont travaillé avec l'agence d'espionnage géorgienne. "Tarkhan était le seul novice», explique le militaire. "Nous ne l’avons recruté que parce que nous étions intéressés par son frère, Tamaz et ses compagnons, qui étaient «des vrais loups, des soldats expérimentés, et d’anciens combattants des guerres de Tchétchénie.», écrit le journal qui ajoute que la Géorgie pourrait avoir voulu recruter ces jihadistes pour faire face aux troupes russes.

Jean René Belliard

29/10/2014

Guerres du Moyen orient – le 29 octobre 2014

Liban

Tripoli
Le calme est de retour dans la capitale du Nord, après plusieurs jours d'affrontements qualifiés des plus violents entre l'armée et des groupes islamistes. Ayant pour la première fois investi le quartier de Bab el-Tebbaneh qui servait de place forte aux Islamistes, l'armée a affirmé mardi 28 octobre qu'il n'était pas question qu'elle se retire de ce quartier, du moins tant que ceux qui sont recherchés par la justice ne seront pas arrêtés.

Les responsables des affrontements ont pris le large
Mais encore une fois, les interrogations fusent pour savoir qui est responsable de la disparition des éléments armés et, notamment, des principaux responsables, à savoir le cheikh wahhabite Khaled Hoblos, et les deux chefs jihadistes membres du Front al-Nosra, Chadi Mawlawi et Oussama Mansour. Ce n’est pas la première fois que les responsables d’affrontements avec l’armée libanaise s’évaporent dans la nature lorsque l’armée sort victorieuse des affrontements. Déjà, en 2007, Chaker al-Absi, le chef de Fatah al-Islam qui avait provoqué un violent conflit de trois mois contre l’armée libanaise dans le camp de Nahr el-Bared, proche de Tripoli, s’était envolé lorsque les militaires avaient finalement mis hors de combat les dernières poches de résistance dans le camp. La même chose était arrivée au Cheikh Ahmad Assir, un imam salafiste, lorsque l’armée était venu à bout de son mouvement insurrectionnel dans la banlieue de Saïda.
Certains affirment que les éléments armés ont réussi à s’échapper en se faufilant parmi la population civile qui fuyait en masse les zones de combats. C'est cette thèse qu'avalise d'ailleurs l'ancien ministre Ahmad Karamé, qui a démenti mardi 28 octobre les informations selon lesquelles l'armée aurait volontairement ouvert un point de passage pour laisser filer les combattants.

Tripoli n’est ni Damas ni Bagdad
L’insurrection provoquée par un cheikh wahhabite (pro-saoudien), cheikh Khaled Hoblos, n’a pas réussi pour de nombreuses raisons. La première est que les Libanais, échaudés par quinze ans de guerre et témoins des immenses destructions en Syrie voisine, ainsi que par la cruauté des Jihadistes de l’Etat islamique ou du Front al-Nosra, ne sont pas prêts à tout détruire, même pour « punir » le Hezbollah chiite de son intervention en Syrie. Le fait que ce soit un imam wahhabite qui ait appelé les soldats sunnites à déserter montrait à l’évidence qu’on cherchait à créer un conflit au Liban pour un objectif qui n’était pas libanais. Enfin les éléments du Front al-Nosra présents à Tripoli, et menés par Chadi Mawlawi et Oussama Mansour étaient trop isolés (physiquement dans une mosquée de Bab el-Tebbané) et coupés de la population et des leaders locaux pour avoir la moindre chance de l'emporter sur l'armée libanaise.

Le Front al-Nosra à Tripoli
Les éléments du  Front al-Nosra présents à Tripoli ne représentaient pas une menace très sérieuse pour l’armée libanaise et la paix civile au Liban. Du moins, tant que la population sunnite de la ville, pourtant enflammée par la colère devant la prise en main rampante du Hezbollah sur des pans entiers du pouvoir libanais, ne décidait pas de les rejoindre dans le combat. Le Front al-Nosra reconnaît aujourd’hui que l’environnement à Tripoli n’était pas propice à leurs actions.
Le Front ne comprenait qu’une trentaine d’éléments retranchés à l'intérieur de la mosquée Omar ben Massoud dans le quartier sunnite de Bab el-Tebbané.
Le leader du Front al-Nosra de Tripoli, Chadi Mawlawi, avait été arrêté en 2012 par la Sûreté générale dans les bureaux de l'ancien ministre Mohammad Safadi, avant d'être relâché sur pression sunnite.  Il avait participé aux nombreux rounds de violence entre le quartier sunnite de Bab el-Tebbané et le quartier alaouite de Jabal Mohsen.

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Chadi Mawlawi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oussama Mansour avait également pris part aux combats entre Sunnites et Alaouites.
Les deux hommes avaient prêté allégeance au Front al-Nosra en septembre 2014.

Le Front al-Nosra reconnaît son échec et une erreur de jugement à Tripoli
Les discussions vont bon train au sein de la mouvance jihadiste, notamment sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui pensent que le Front a été entraîné malgré lui dans un affrontement avec l’armée. L’appel du cheikh wahhabite n’aurait joué aucun rôle en ce qui concerne l’affrontement entre Jihadistes et l’armée, affirment de nombreux Jihadistes sur les réseaux sociaux. Tout aurait en fait commencé, affirment les Jihadistes, lorsque le salafiste Ahmad Salim Mikati et plusieurs membres de son groupe armé avaient été arrêtés par l’armée. « Le groupe du cheikh Abou Hoda (Ahmad Salim Mikati) a aussitôt ouvert la bataille dans les souks en coordination avec des partisans de l’Etat islamique dès qu’a été connue l’arrestation d’Ahmad Salim Mikati. Et les autres groupes, dont le Front al-Nosra, ont été entrainés malgré eux dans la bataille, de peur d’être accusés de manque de soutien ».

La tension persiste
Pour l’instant, si l’ensemble de la classe politique soutient l’armée, les tensions persistent dans le pays, notamment dans la Bekaa où ce n’est pas seulement l’armée libanaise qui est en confrontation avec les Jihadistes, mais également le Hezbollah chiite.
Or, c’est précisément le Hezbollah, sa puissance militaire et son implication dans la guerre en Syrie, qui est à l’origine de beaucoup de tensions au Liban. C’est ce qu’a répété Samir Jisr, député de Tripoli (Membre du Bloc du Futur), qui, tout en affichant sa satisfaction de voir l'armée parachever le plan de sécurité commencé en avril 2014 à Tripoli, a également mis l'accent sur le fait que « tous les cas d'extrémisme au Liban sont des réactions au comportement du Hezbollah et à son arrogance ».

Front irakien

Nouveaux massacres de membres de tribus hostiles au califat islamique
Après la tribu Chaitat, établie dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie, les Jihadistes de l’EI s’en sont pris à une nouvelle tribu, cette fois en Irak. Ils ont exécuté 46 membres de la tribu al-Bounimer, établie dans la province sunnite d’al-Anbar, à l’ouest de l’Irak. La tribu al-Bounimer avait pris les armes contre l’EI. Les Jihadistes s’étaient emparés de la zone occupée par cette tribu à l’issue de combats la semaine dernière.

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Des membres de la tribu al-Bounimer massacrés par l'EI.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tikrit
Mardi 28 octobre 2014, un important contingent militaire a été aéroporté sur la base de Spyker près de Tikrit pour renforcer les unités de l’armée engagées dans des opérations au nord de la ville. Les renforts comprennent plus de 500 hommes et de nombreux véhicules et blindés.
L’armée irakienne est engage depuis de longs mois dans des offensives dont l’objectif est la libération de la ville de Tikrit et de Baïji.

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Renforts de l'armée irakienne sur la base Speicher

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bataille de Jafr al-Sakhar
60km au sud de Bagdad. Cette bataille s’est soldée par la défaite des califatistes.
Vidéo d’une heure montrant la bataille :
https://www.youtube.com/watch?v=QKLk8WM3Re4&feature=p...

Activité de la coalition internationale
Le Centcom a mis en ligne plusieurs vidéos des raids aériens au-dessus de l’Irak.
Vidéo d’une cible jihadiste  à l’ouest de Mossoul :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Front syrien

Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Les Peshmergas en route vers Kobane
Les premiers renforts de combattants kurdes irakiens à destination de la ville syrienne kurde de Kobané assiégée par les Jihadistes ont atterri dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre 2014 à l'aéroport de Sanliurfa (sud de la Turquie).
Ces combattants "peshmergas", dont le nombre n'a pas été précisé, ont aussitôt pris la route à bord de trois bus pour la frontière turco-syrienne, distante d'une cinquantaine de kilomètres, escortés par quatre blindés de l'armée turque et un véhicule de police.
Les forces de sécurité turques ont immédiatement fermé la route qui mène à la frontière, bloquant les nombreux journalistes qui tentaient de suivre le convoi.
Outre le contingent qui a atterri à Sanliurfa, un convoi d'une quarantaine de véhicules chargés d'armes lourdes est également attendu en Turquie, via la ville frontière turque de Silopi, pour rallier Kobané.
Vidéo des forces kurdes en Turquie :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

La coalition internationale poursuit ses bombardements autour de Kobane
L'armée de l’air américaine a poursuivi ses frappes aériennes mardi 28 et mercredi 29 octobre 2014 contre les Jihadistes d’ l’Etat islamique assiégeant la ville syrienne de Kobane.
Des avions de chasse et des bombardiers américains ont mené huit raids aériens près de Kobané au cours des dernières 24 heures. Ils ont détruit cinq positions tenues par les jihadistes de l'EI, une "petite unité" de combattants, six véhicules, un bâtiment ainsi qu'un poste de commandement et de contrôle, a indiqué mercredi le centre de commandement américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (Centcom), dans un communiqué.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=yZH56YvyZ64&feature=p...

Des membres de l’Armée Syrienne Libre traversent la Turquie pour gagner Kobane
Entre 50 et 150 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), fidèles au colonel Abdel Jabbar Oqaidi, sont rentrés en Syrie depuis la Turquie par le poste frontière de Mursitpinar dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre pour participer à la défense de Kobané face à l'EI. Mais il semble que l’arrivée des renforts de l’Armée Syrienne Libre ne fasse pas l’unanimité au sein des Kurdes de Syrie. Les combattants de l’YPG, notamment, promettent d’empêcher l’entrée des Arabes syriens dans la ville de Kobane. Ils demandent aux rebelles syriens d’aller combattre l’EI ailleurs, comme à Manbij ou Jarablous, par exemple.

Alep
Les combattants de la brigade Noureddine Zanki bombardent l’AAS (Armée Arabe Syrienne) dans le quartier d’al-Rashdin à l’aide de leur « canon de l’enfer ». Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...
et
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Edleb
Les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), aidés par d’autres rebelles, ont lancé une attaque surprise sur Edleb, dans le nord de la Syrie, lundi 27 octobre 2014 à l’aube. Ils se sont emparés de plusieurs positions de l’AAS (Armée Arabe Syrienne) autour de la ville et même, brièvement, plusieurs postes à l’intérieur, y compris le bâtiment du gouverneur.
L’AAS a engagé des hélicoptères de combat pour tenter de dégager les routes menant, notamment à la colline de Mastoumeh tombée entre les mains des rebelles.
Pour l’instant, les médias syriens tentent d’occulter l’offensive contre Edleb, expliquant, au contraire, qu’il y a bien eu une attaque de rebelles mais que ceux-ci se sont repliés après avoir subi de lourdes pertes. 
Les rebelles, qui sont maîtres d’une grande partie de la province d'Edleb depuis 2012, essayent maintenant de couper Edleb du reste du pays, obligeant l’AAS à s’engager sur un nouveau front, ce qui pourrat mettre un terme aux succès remportés par l’armée depuis quelques mois.

Champ pétrolier de Chaer
Les Jihadistes de l’Etat islamique ont repris leur offensive contre le champ pétrolier de Chaer situé près du célèbre site archéologique de Palmyre, dans le centre du pays. Ce champ avait déjà été capturé en juillet 2014 par les Jihadistes au terme de combats qui avaient fait 270 morts, en majorité exécutés par l'EI. L'armée syrienne avait repris le site pétrolier et gazier d'Al-Chaer après de violents combats.
Mardi 28 octobre, les Jihadistes réussissaient à s’emparer à nouveau du champ pétrolier de Chaer. L’AAS aurait eu au moins trente tués dans les combats qui ont duré toute la journée du mardi 28 et du mercredi 29 octobre. Les pertes des Jihadistes seraient également assez importantes. 
Le pétrole constitue pour l’Etat islamique une importante source de revenus grâce à plusieurs champs pétroliers qu’il a capturés en Irak comme en Syrie. La revente de pétrole sur le marché noir  rapporterait environ un million de dollars par jour à l'organisation depuis la mi-juin, a estimé récemment David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor en charge de la lutte contre le terrorisme.

Homs
La ville de Homs a de nouveau été ensanglantée par un attentat. Une trentaine de personnes ont été tuées, mercredi 29 octobre 2014, au cours d’un attentat à la voiture piégée qui a frappé le quartier alaouite d’al-Zahra, à l’est de la ville de Homs.
Cette attaque intervient près d'un mois après un double attentat devant une école qui avait tué 48 enfants et quatre adultes à Akrama, un autre quartier alaouite.
Les quartiers rebelles de Homs, surnommée un temps "capitale de la révolution" contre le régime Assad, ont été repris fin avril par le régime, après deux ans d'un siège asphyxiant et de bombardements. Seule l'enclave de Waer, un quartier populaire dans le nord-ouest de la ville, reste aux mains des insurgés et est bombardée presque quotidiennement par l'armée.

Front yéménite

Ce conflit s’inscrit dans l’affrontement régional entre Chiites et Sunnites.
Les rebelles chiites, les Houthis, poursuivent leur progression au centre du pays. Ils ont pris la ville  de Radhma, commandant l'accès au sud, après des affrontements meurtriers avec des tribus sunnites armées.
Située sur la route entre la capitale Sanaa et Aden, Radhma se trouve au nord-est d'Ibb, capitale de la province de même nom. Elle était considérée comme un fief des islamistes sunnites du parti Al-Islah en guerre contre les Houthis.
A Ibb, des houthis se sont emparés dans la nuit du QG de sécurité de la ville, d'où ils ont chassé les officiers. Ils contrôlent désormais la totalité de la capitale et l'ensemble de la province d'Ibb, à l'exception de la ville d'Udhayn qui restent aux mains d'al-Qaïda.
A Radah, dans la province voisine de Baïda, douze houthis ont été tués dans une embuscade nocturne tendue par des insurgés d'al-Qaïda.
Les houthis ont ignoré un appel lancé dimanche par le président Abd Rabbo Mansour Hadi leur demandant de "retirer immédiatement leurs hommes de toutes les villes et provinces (qu'ils ont prises), y compris Sanaa".

Jean René Belliard