16/10/2014

16 octobre 2014 – Dernières nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Un commandant d’une milice chiite tué dans un attentat
Le commandant de la milice chiite al-Badr, Ahmed al-Khafaji, faisait partie des 21 personnes tuées lors de l’attentat d’al-Kadhimiyah perpétré par un Kamikaze dénommé Abou Aisha al-Samarraie, selon une information donnée par le califat islamique. Khafaji était membre du Parlement irakien. Il appartenait au principal bloc, la Coalition de l’Etat de Loi à laquelle appartient également le parti Dawa du premier ministre actuel, Haidar al-Abadi.

Les miliciens chiites tuent également des Chrétiens à Bagdad
Vidéo en langue arabe de l’armé du Kurdistan :
https://www.youtube.com/watch?v=CYRi0YD1egc&feature=p...

Front syrien

La Turquie dévoile son plan
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a dévoilé à Al-Jazira, le mercredi 15 octobre 2014, les limites de la zone tampon que la Turquie voudrait mettre en place au nord de la Syrie. La zone indiquée par Davutoglu est nettement plus large que ce qu’on avait imaginé il y a quelques jours. Elle devrait s’étendre, selon lui, le long de la frontière syro-turque de la Méditerranée à l’Irak. Elle partirait du nord de la province de Lattakié (sur la Méditerranée) jusqu’à certains secteurs de la province de Hassaké, à l’est, et comprendrait les régions de Jarablus, Kobane (Aïn el-Arab), Tel Abyad, Edleb et Afrin. Elle permettrait de défendre à la fois les Arabes, les Kurdes et les Turkmènes a indiqué Davutoglu. La profondeur de la zone devrait varier selon les impératifs humanitaires. Car pour Dautoglu, il ne s’agit pas d’une zone militaire mais d’une zone humanitaire sous protection militaire.

Bataille de Kobane
Il semble que les bombardements intensifs menés ces derniers jours par la coalition internationale aient finalement mis en difficulté les Jihadistes de l’EI. 39 frappes aériennes auraient été menées au cours de 48 heures. Selon le contre-amiral américain John Kerby, porte-parole du Pentagone, plusieurs centaines de Jihadistes de l’EI auraient été tués au cours des bombardements. Les avions de la coalition bombardent directement la ligne de front « pour forcer les jihadistes à abandonner leurs positions. Les combattants kurdes des Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui défendent la ville, avaient repris hier cinq positions de Kobane, dont Kani Arabane, un quartier du nord-est, près de leur QG dont l'EI s'était emparé vendredi 10 octobre. Les Jihadistes ne contrôleraient plus que 30% de la ville au lieu de 50% il y a deux jours. Le gros de leurs forces a été repoussé à 4 km de la ville, les lignes d’approvisionnement des Jihadistes seraient sous le feu des avions américains et saoudiens. Mais selon John Kerby, la ville est toujours dans une position précaire et pourrait tomber dans un laps de temps assez court.

Armes franco-allemandes aux mains des Kurdes de Kobane
30 batteries de missiles antichars Milan et 800 missiles ont été fournis aux Kurdes de Kobane. Il s’agit de missiles franco-allemands.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Jihadistes de l’EI possèdent des armes chimiques
Des experts israéliens, se basant sur des photos de victimes prises en juillet 2014, affirme que les Jihadistes de l’EI auraient utilisé des armes chimiques contre les Kurdes, peut être du gaz moutarde (agent blister).
Comment les Jihadistes ont-ils acquis ces agents chimiques ? Selon un rapport publié par le site arabe al-Modon, le 16 Juillet 2014, les armes chimiques seraient stockées à proximité de la ville de  Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique au nord de la Syrie. Il est possible que l’EI se soit emparé de ces armes à l’occasion de la capture de la base Muthanna au nord-ouest de l'Irak en Juin 2014.
Selon l'ambassadeur irakien, Mohammed Ali Al-Hakim, ces armes étaient stockées dans deux bunkers de Muthanna, les bunkers 13 et 41. Un ancien rapport de l’ONU indique que le bunker 41 contenait «2000 obus de 155 mm vides contaminés par l'agent moutarde ainsique 605 conteneurs d'une tonne chacun contenant des résidus et des matériaux de construction fortement contaminés par le gaz moutarde.
À l'époque, Jen Psaki, du Département d'Etat américain, avait minimisé l'importance de la prise de Muthanna. Psaki avait affirmé que la base ne comptait que des «restes chimiques dégradés" mais qu'il serait "difficile, voire impossible, de les utiliser en toute sécurité  à des fins militaires ou même de les déplacer." [
Un rapport de la CIA de 2007, pourrait remettre en question l'apparente absence de préoccupation de Psaki.
Le rapport affirme que "La zone de production d’agents chimiques d'Al Muthanna n'a pas été complètement détruite pendant l’opération Desert Storm. Des parties des zones de production et de stockage ont survécu. Seules les installations de production du VX et du tabun (nerve agents) ont été détruites.
Le rapport indique en outre qu’il est impossible de déterminer avec certitude le sort complet des vieilles munitions, du matériel et des produits chimiques stockés à Muthanna. La question a été encore compliquée par le pillage et les destructions réalisés par les Irakiens ".
Le rapport de la CIA indique qu’en 2007, les stocks de munitions chimiques étaient encore stockés à Muthanna. Les plus dangereux ont été déclarés à l'ONU et scellés dans des bunkers. Mais, bien que déclaré, le contenu réel des bunkers n’a jamais été confirmé à l’époque.
Aujourd’hui, on a la  preuve que les Jihadistes de l’Etat Islamique ont utilisé des munitions contenant des agents chimiques au moins une fois contre les combattants kurdes de l’YPG. Cela se serait passé le 12 juillet dans le village d’Avdiko à l’est de l’enclave de Kobane. Ce secteur est actuellement contrôlé par l’EI.

Un important chef jihadiste de l’EI tué dans les bombardements pour Kobane
On a appris que l’ancien gouverneur de l’Etat Islamique pour la ville de Boulkamal, Saddam al-Jamal, avait péri au cours des bombardements de la coalition. Cet homme s’était rendu célèbre pour avoir perpétré de nombreux massacres, depuis un an et demi, dans la province syrienne de de Hassaké. Il s'était également fait remarquer lors des combats impitoyables contre le front al-Nosra, la branche d'al-Qaïda en Syrie.  32 Jihadistes de l’EI auraient également été tués au cours des raids aériens du mardi 15 octobre, et sept au cours des combats contre les Kurdes, dont trois Kamikazes. Les Kurdes auraient perdu sept combattants pendant la même journée.

Boulkamal Sadam al-Jamal copie.jpg
 

 

 

 

 

 

 

Damas
Dans la banlieue de Damas, les combats font toujours rage pour le contrôle de Jobar où on signale qu’une tentative d’infiltration des rebelles a été avortée par l’armée assadiste.
L’infiltration devait être réalisée à l’aube du mardi 15 octobre par la milice Ahrar esh-Sham, membre du Front Islamique soutenu par l’Arabie saoudite. Elle était censée utiliser des égouts et des tunnels pour s’approcher de la place des Abbasides, en contournant les positions de l’armée, puis vers la région de Zabaltani et le marché de coriandre.
C’est en se déployant  dans une région qui s’appelle al-Masalekh que les miliciens ont été repérés. Des combats violents ont eu lieu au cours desquels les forces gouvernementales assistées par leurs supplétifs des comités de défense ont repris le contrôle de la situation. Les pertes auraient été très lourdes des deux côtés.
Vidéo montrant les bombardements de Jobar :
https://www.youtube.com/watch?v=AK3rrW6CKNU&feature=p...

L’Etat Islamique poursuit les exécutions
Les Jihadistes auraient exécuté 11 miliciens opposants dans la province d'Alep.
Selon al-Hadath News, un rebelle qui venait de faire défection d’une milice armée au nord d’Alep, aurait conduit ces 11 membres et les aurait livrés à l’Etat Islamique qui les a aussitôt décapités et disséminé leurs têtes dans les villages qu’il contrôle. 
Dans la localité d’al-Boukamal, à la frontière irako-syrienne, les Jihadistes de l’EI ont également exécuté au moins deux de leurs propres militants. Ils étaient accusés d’espionnage et de détournement de fonds.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le premier militant a été exécuté pour «banditisme et vol de l'argent des musulmans". Le deuxième militant aurait été accusé d’espionnage au profit du régime syrien après avoir semé des puces électroniques pour suivre les Moudjahidine.
Il semble qu’il s’agisse de puces électroniques s utilisées pour la géo-localisation de cibles pour les frappes aériennes.

Deir ez-Zhor
La province de Deir ez-Zhor est pratiquement sous le contrôle de l’Etat Islamique, mais des poches de résistance existent encore. C’est notamment le cas de la base aérienne de l’aéroport de Deir ez-Zhor. La base est défendue par la compagnie Assad Allah de la 104e brigade parachutiste commandée par le général Issam Zaher ad-Din. Les combats qui s’y déroulent consistent pour l’armée d’Assad à élargir le périmètre de défense en repoussant les Jihadistes.
Cette vidéo (côté Assad) montre une offensive de la 104e brigade contre l’île de  Saqer (Hawija Saqr) où se trouvent de nombreux Jihadistes :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Araméens, Arméniens et Assyriens forment un bataillon chrétien pour lutter contre l’Etat islamique en Syrie
http://www.liveleak.com/view?i=fb2_1413385719

Le mouvement Hazm (armé par les Etats-Unis)
Une vidéo montre l’activité des combattants du mouvement Hazm, un mouvement financé et armé par les Etats-Unis, à proximité de la ville de Morek :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Les Saoudiens du Front al-Nosra contre l’Etat Islamique
La branche d’Al-Qaïda en Syrie a perdu l’un de ses dirigeants religieux, le saoudien Sultane Issa Atwi.
Selon le journal jordanien as-Sabil, Atwi, alias Abou al-Laïth al-Tabbouki, a reconnu sur son compte Twitter avoir  quitté les rangs  de cette milice jihadiste il y a près de 5 mois. Ce juge religieux était connu pour ses positions farouchement hostiles à la milice Daesh (Etat Islamique). A noter qu’Atwi était très proche de l’institution religieuse saoudienne officielle. Avant de venir en Syrie en 2013, il était l’imam d’une mosquée de la localité de Tabbouk au nord de l’Arabie saoudite.


abou_Maria_Qahtani1.jpgAbou Maria al-Qahtani

 

 

 

 

 

 

Atwi, de concert avec un autre religieux saoudien, Abou Maria al-Qahtani (photo ci-dessus), a formé un courant au sein du Front al-Nosra en appelant à expulser de ses rangs des partisans de Daesh.

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Front Ansar ed-Dine 

 

 

 

 

 

 

 

 

Atwi a conseillé à d’autres membres du Front al-Nosra de rejoindre les rangs d’une nouvelle coalition, baptisée le front Ansar ed-dine qui regroupe plusieurs brigades:  Fajr al-Islam, Cham al-Islam, Jaïch al-Mouhajirine wal Ansar, al-Katiba al-Khadra (la brigade verte).
Selon lui, le front Ansar ed-dine veut se concentrer sur la lutte contre les forces d’Assad et le Hezbollah.

Jihadistes tués récemment

Talha le caucasien

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A Alep, au nord de la Syrie, le Front al-Nosra a perdu entre autres l’un de ses miliciens, Talha le caucasien (sans doute un Tchétchène). Il aurait été tué au cours de combats avec l’armée syrienne dans la région de Handarate dans la province nord.
Selon le site d’information libanais al-hadath News, des combats violents ont lieu dans cette région où les miliciens tentent de couper les voies d’approvisionnement des forces régulières.

Activité du jihadisme mondial

Les vidéos de menace contre l’Occident se multiplient
On ne compte plus les vidéos jihadistes proférant des menaces contre l’Occident depuis que la Coalition internationale a démarré sa campagne de frappes aériennes contre l’Etat Islamique. La dernière en date montre un Jihadiste allemand menaçant la chancelière Angela Merkel.
«Nous vous attendons! Depuis 1400 années, nous vous attendons!", dit le Jihadiste portant le nom de guerre d’Abou Daoud.  Après dix minutes de menaces à l’adresse des Etats-Unis, il poursuit : "La même chose est vrai pour vous, vous les Allemands! La sale Merkel! Après que vous avez donné vos dons à Israël. Rassemblez-vous tous! Hollande, Cameron, Poutine! Rassemblez vous contre les musulmans. Vous perdrez!"
Ce Jihadiste serait un Allemand converti originaire de Gladbeck. Il aurait dirigé une organisation salafiste à Solingen basée dans la mosquée Millatu Ibrahim. Cette organisation a été interdite en juin 2012 par le ministère fédéral de l’intérieur. En été 2012, cet islamiste a quitté l’Allemagne pour l'Egypte. Il aurait quitté l’Egypte pour la Libye avant de gagner la Syrie pour devenir membre de l'Etat islamique.

Un Marocain
Un Marocain résidant en France, accompagné de ses deux filles de nationalité française âgées de quatre et deux ans, a été interpellé mercredi 15 octobre à l’aéroport de Casablanca, au Maroc, alors qu'il cherchait à rejoindre l’Etat Islamique via la Turquie. Cet homme avait déjà été arrêté en France et faisait l'objet d'un contrôle judiciaire. L’homme était accompagné d'une citoyenne marocaine avec laquelle il avait contracté un mariage coutumier.
L’homme arrêté était en relation avec la cellule terroriste démantelée le 14 août 2014. Celle-ci "se chargeait d'envoyer des combattants en Syrie et en Irak" et "était en contact étroit avec des dirigeants de l’Etat islamique.
Plus de 2.000 Jihadistes marocains - dont des binationaux - combattent actuellement en Syrie et en Irak, selon Rabat.

Trois recruteurs arrêtés en Malaisie
Les autorités de Malaisie ont annoncé l'arrestation des trois recruteurs locaux travaillant pour l’Etat Islamique lors d'un coup de filet mené en début de semaine.
Selon la police malaisienne, les trois suspects, parmi lesquels un fonctionnaire du ministère de l’Énergie, recrutaient via Facebook des volontaires pour le combat en Syrie et finançaient le voyage des candidats.
On estime qu'une trentaine de Malaisiens se sont rendus en Syrie, où la moitié au moins ont trouvé la mort. 37 personnes soupçonnées d'être liées à l’EI ont été arrêtées en Malaisie depuis avril 2014.

Jean René Belliard

 

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