29/09/2014

A propos de la menace jihadiste en Europe

Joulani, le chef du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) menace de « déplacer la bataille » en Occident
Le chef du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a prévenu les Occidentaux que la poursuite des frappes contre les Jihadistes en Syrie, dont son organisation, "déplacerait la bataille" dans leurs pays. La menace a été faite dans un enregistrement sonore diffusé dimanche 28 septembre sur internet.
"Vos dirigeants ne paieront pas seuls le prix de la guerre, vous allez payer le prix cher", a dit Abou Mohammad al-Joulani aux peuples des pays occidentaux, les appelant à s'opposer à leurs gouvernements.
Il ne précise pas comment Al-Qaïda ripostera aux frappes mais s'adresse aux "peuples d'Amérique et d'Europe" en leur demandant:
"Qu'avez-vous gagné de votre guerre contre les musulmans et les jihadistes si ce n'est tragédies et douleurs qui se sont abattues sur vos pays et enfants ?".
Joulani en appelle en outre aux Syriens habitant dans les régions contrôlées par Al-Nosra à soutenir les Jihadistes contre une "nouvelle alliance croisée" et à s'élever contre les factions rebelles syriennes qui ont apporté leur soutien à la coalition: "Peuple de Syrie, résiste à ceux qui se sont alliés avec les croisés", dit-il.
Le chef d'Al-Nosra a également lancé un appel aux soldats libanais sunnites à faire défection de l'armée, qu’il prétend être à la solde du Hezbollah.
"Sunnites, retirez vos fils d'une armée qui sert votre ennemi et faites-les rejoindre les rangs du Jihad", a exhorté Joulani.
L'intervention du chef d'Al-Nosra survient au lendemain de la diffusion d'une vidéo du groupe dans laquelle son porte-parole menace de représailles "dans le monde entier" les pays de la coalition anti-jihadiste.
Joulani.jpg

Joulani










France
Les trois jihadistes présumés, qui se sont rendus mercredi 24 septembre après le cafouillage de leur interpellation à leur arrivée sur le territoire français, ont été mis en examen samedi 27 septembre à Paris pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Les trois hommes ont été placés en détention provisoire. Leur garde à vue, entamée mercredi, avait lieu dans le cadre d'une information judiciaire pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ouverte en septembre 2013 contre une cellule jihadiste présente dans le sud-ouest de la France. « Mon client conteste avoir eu la volonté de préparer des actes terroristes, qui de toute façon n'ont pas eu lieu », a déclaré à Reuters Pierre Dunac, avocat d'Imad Djebali, à propos de la mise en examen de celui-ci.

Les Pays-Bas annulent 49 passeports détenus par des Jihadistes
Les Pays-Bas ont annulé les passeports de 49 Jihadistes possédant la double nationalité, parmi lesquels 41 avaient l'intention de rejoindre la Syrie ou l'Irak et huit qui sont déjà dans ces pays, a indiqué le ministère de la Justice néerlandais ce week-end.
En outre, les prestations sociales ont été annulées pour 30 personnes et les comptes bancaires de 12 Jihadistes ont été gelés, selon le ministre de la Justice, Ivo Opstelten. 
Trente personnes font l'objet d'enquêtes criminelles dans le cadre de leur soutien au djihad, a dit le ministre néerlandais.
En outre, on sait que 30 des 140 ressortissants néerlandais connus pour avoir voyagé vers la Syrie ou l’Irak sont revenus aux Pays-Bas et deux sont en garde à vue.
Par ailleurs, les membres des forces armées néerlandaises ont reçu d’Ivo Opstelten le conseil de ne pas voyager en uniforme.
C’est la deuxième fois que les soldats néerlandais ont été prévenus de ne pas sortir en public en uniforme: La première fois quand les Pays-Bas ont participé à l’intervention américaind en Irak en 2003 et la seconde fois quand la vidéo anti-islamique de Geert Wilders a été publiée, en 2008. 
Le niveau de menace officielle aux Pays-Bas reste «substantiel» malgré la décision des Pays-Bas d'envoyer six avions de chasse F-16  pour prendre part aux  bombardements de la coalition contre des cibles de l’Etat Islamique en Irak.

LiveLeak-dot-com-391_1411908920-Dutch-Jihadist-Ylmaz-HP_1411908925_jpg_resized.jpg


Yilmaz un jihadiste "néerlandais"










Belgique
Le procès sous haute sécurité de 46 membres de Sharia4Belgium, un groupuscule islamiste radical soupçonné d'être le plus grand pourvoyeur en Belgique de combattants pour le jihad en Syrie, s'est ouvert lundi 29 septembre à Anvers (nord).
Le groupuscule salafiste avait annoncé sa dissolution il y deux ans, mais ses anciens membres sont soupçonnés d'avoir continué à recruter des dizaines de volontaires pour la Syrie. Sur les 300 ou 400 Belges partis au combat, environ 10% étaient membres ou gravitaient dans l'entourage du groupe islamiste, selon les autorités belges.
Seize personnes, dont la figure de proue de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, 32 ans, sont jugées comme membres d'une "organisation terroriste" devant le tribunal correctionnel d'Anvers. Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison.
Idéologue du salafisme le plus radical, Fouad Belkacem, qui multipliait les prêches dans la rue et dans des vidéos diffusées sur Internet, ne s'est jamais lui-même rendu en Syrie, contrairement à la plupart des membres de Sharia4Belgium, un groupuscule né en 2010 à Anvers, mais il a convaincu de nombreux musulmans de partir faire le Jihad en Syrie, selon les enquêteurs.
Fouad Belkacem, qui arborait lundi une longue barbe, est en détention préventive depuis avril 2013..
Parmi les autres accusés, on trouve Jejoen Bontinck, un Belge de 19 ans converti à l'islam par Sharia4Belgium et qui, pourtant, avait été élevé dans une famille catholique. Il avait été interpellé en Belgique après avoir passé huit mois en Syrie. 
Jejoen Bontinck est accusé d'avoir rejoint les rangs des jihadistes du groupe aujourd'hui connu sous le nom d'Etat islamique (EI), entre février et octobre 2012, mais il est également partie civile au procès. Il accuse certains de ses co-prévenus, qui le soupçonnaient d'être un espion, de l'avoir séquestré en Syrie, où il affirme avoir partagé un temps la cellule avec James Foley, l'otage américain décapité, et le journaliste britannique otage John Cantlie.
Seuls huit de ces accusés étaient présents à l'ouverture du procès. Les autres prévenus sont soupçonnés d'être en Syrie, où une partie d'entre-eux ont peut-être perdu la vie.
Sharia4Belgium s'était fait connaître pour avoir rejeté la démocratie et réclamé l'instauration de la loi coranique en Belgique. Les accusé doivent également répondre d'avoir organisé des manifestations contre la loi interdisant le port de la burqa ou du niqab dans la rue et d'avoir provoqué des émeutes et l'attaque d'un commissariat après une interpellation houleuse d'une femme portant le voile intégral à Molenbeek, un quartier de Bruxelles, en mai 2012.

Grande Bretagne
La « White widow » (veuve blanche), de son vrai nom Samantha Lewthwaite, formerait des femmes kamikazes en Syrie.

LiveLeak-dot-com-983_1411921695-samantha-lewthwaite-white-widow_1411921714_jpg_resized.jpg

 

Samantha Lewthwaite, la "veuve blanche"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette britannique de 30 ans est l'une des femmes les plus recherchées au monde. Elle est soupçonnée d'avoir rejoint l’Etat Islamique au début de l’année 2014 pour aider le groupe à organiser une campagne de terreur et sur la façon d’exploiter les médias.
Les sources de renseignement soupçonnent Lewthwaite d’être devenue l'une des femmes les plus puissantes dans le réseau terroriste de l’Etat Islamique. Elle est si bien considérée qu'elle serait connue comme la "Special One».
Elle serait notamment chargée de former et chapeauter les convertis blancs britanniques ou d'autres de pays de langue anglaise et qui se sont portés volontaires pour se battre dans les rangs de l’Etat Islamique.
"Nous avons des renseignements sur la présence d’une femme blanche britannique qui détient un poste de direction au sein de l'État islamique».
Il s’agirait d'une femme ayant été mariée à Jermaine Lindsay, un Kamikaze qui s'est fait sauter le 7 juillet 2005 à Londres, tuant 26 personnes. Elle même s'était convertie à l'islam à l'âge de 17 ans et avait pris le nom de Sherafiyah.
Cela réduit la liste des suspects. D'autres services de renseignement soutiennent la théorie selon laquelle cette femme est maintenant en Syrie.
On pense que Lewthwaite a participé à la production et la mise en ligne des vidéos de décapitation des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, ainsi que du travailleur humanitaire britannique David Haines.

Un Jihadiste « britannique » arrêté au Bangladesh
La police du Bangladesh a annoncé lundi 29 septembre avoir arrêté un citoyen britannique soupçonné d’être entré dans le pays pour recruter des militants pour des groupes extrémistes étrangers tels que Daesh.
Samiun Rahman, originaire du Bangladesh, a été arrêté dans une gare de chemin de fer de la capitale aux alentours de minuit, dimanche 28 septembre, quelques jours après que la police ait arrêté deux militants présumés tentant de mettre en place un réseau d'Al-Qaïda à l'intérieur du pays à majorité musulmane.
"Lors de l'interrogatoire, il a avoué à la police être venu au Bangladesh pour recruter des jihadistes pour l'Etat Islamique et le Front al-Nosra (une filiale d'Al-Qaïda en Syrie).
"Il a révélé en outre avoir pris part à des activités jihadistes en Syrie entre Septembre et Décembre 2013, en tant que membre du Front al-Nosra," ajoutant qu'il avait voyagé en Syrie avec un ami originaire de Grande-Bretagne.LiveLeak-dot-com-996_1411984933-isis-recruit_1411984980_jpg_resized.jpg















Deux dangers difficiles à contrer
Les Etats européens vont avoir à faire face à deux types de danger qu’il leur sera difficile de contrer. Quand on pense, par exemple, que le ministre français de l’intérieur se félicite de l’arrestation (fortuite) d’un Jihadiste rentrant de Syrie, après le cafouillage du retour de trois autres Jihadistes quelques jours plus tôt, on peut s’imaginer la difficulté pour ces services d’identifier des kamikazes porteurs de passeports d’autres pays européens. Sans compter le nombre considérable de Tunisiens, Algériens et Marocains faisant le Jihad en Syrie et en Irak et qui pour la plupart parlent français et ont sans doute des titres de séjour en France.
Le second danger est celui des veuves des Jihadistes tués au combat ou au cours des frappes. La Russie a déjà eu à faire au danger des « veuves noires ». Or, certaines d’entre elles disposent de passeports européens et il ne faut pas s’attendre à ce que les éventuelles candidates au martyr rentrent voilées de noir.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

11:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

Les commentaires sont fermés.