24/09/2014

Les Jihadistes ont franchi les frontières du Moyen orient

Appel au meurtre du califat islamique
Le califat islamique a appelé lundi 22 septembre les musulmans à tuer de "n'importe quelle manière" les ressortissants de pays appartenant à la coalition internationale mise en place pour combattre le groupe en Irak et en Syrie. Les Etats-Unis, le Canada, la France et l’Australie ont été mentionnés par le califat.


France

Un Français enlevé en Algérie
Un ressortissant français a été enlevé en Algérie par le groupe jihadiste Ajnad al-Califa qui a fait allégeance à l’Etat Islamique. Le groupe a mis sa menace à exécution le mercredi 24 septembre 2014 et décapité le ressortissant français.  Il est regrettable que ce guide de haute montagne, entrainé à évaluer le danger ait sous-estimé les risques dans cette région connue pour être le théâtre d’une activité jihadiste.

Kouak des autorités sécuritaires françaises
Enorme kouak des services de sécurité français. On a encore en mémoire les déclarations du premier ministre - « La France n’a pas peur »  - ou encore celles du ministre de l’intérieur assurant aux Français que tout était fait pour garantir leur sécurité.
Or le Kouak des services de sécurité, qui a fait que trois jihadistes aient pu entrer en France sans être inquiétés le moins du monde, fait froid dans le dos.
Les responsables français accusent les autorités sécuritaires turques de ne pas avoir avoir averti à temps leurs collègues français.
C’est une explication vaseuse quand on connaît le degré de coopération entre services français et turques. Il y a une raison et elle est ailleurs.

Turcs et Français ont marché main dans la main pour renverser Bachar el-Assad
Les services de renseignement français et turques ont été en coopération très étroite sur le dossier syrien. Les Français voulaient profiter des liens existant entre les agents turcs et plusieurs responsables de la sécurité et des officiers haut placés en Syrie. L’objectif, au tout début, était de fomenter un putsch rapide pour renverser Bachar el-Assad et sauver le pays par une phase de transition jusqu'aux élections générales et des élections présidentielles basées sur une nouvelle constitution. Les Turcs se seraient alors portés garants pour éviter la violence autant que faire se peut et éviter des représailles contre les minorités. 
Le coup d'Etat avait également pour but d’éviter que le président Bachar el-Assad ne mette sa menace à exécution d’enflammer le Moyen-Orient. Le plan avait été mis au point alors qu’il apparaissait clairement que l'armée syrienne libre n’avait pas la capacité nécessaire pour obtenir des succès rapides sur le terrain.
A cette époque, les Américains étaient surtout intéressés à obtenir des informations précises sur l'arsenal syrien de missiles balistiques et d’armes chimiques et biologiques.

Les relations se dégradent à cause de l’émergence du problème kurde
Le conflit s’éternisant, on soupçonne Ankara d’avoir aidé les Jihadistes à un moment ou un autre du conflit. Même s'il l'a toujours farouchement nié, M. Erdogan est accusé d'avoir soutenu les groupes jihadistes syriens pour accélérer la chute du régime du président Bachar el-Assad.
La fulgurante offensive des Jihadistes de Daesh (califat islamique) en Irak et les menaces sur les minorités chrétiennes, yazidis et kurdes, a convaincu la communauté internationale, et notamment la France, qu’il fallait accourir au plus vite à l’aide de ces minorités. La France s’est empressée de fournir des armes, des munitions aux Peshmergas kurdes et François Hollande s’est même rendu personnellement à Irbil, la capitale kurde d’Irak, pour assurer les minorités du soutien de la France. Cela a beaucoup contribué à exaspérer les Turcs qui ont leur propres problèmes avec leur minorité kurde et craignent l’émergence d’une entité kurde indépendante à ses frontières. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement des autorités turques vis-à-vis des Jihadistes du califat islamique manque de clarté. Leur peur, c'est qu'il y ait un jour un Kurdistan sur leur territoire comme il y en a un en Irak et elles sont prêtes à tout pour l'éviter, y compris soutenir Daech.
Et même si, aujourd’hui, la Turquie a déclaré se ranger du côté de la coalition contre l’Etat Islamique, on aura du mal à oublier qu’ils ont refusé, dans un premier temps, d’en faire partie et même de mettre les bases situées sur leur territoire à disposition de la coalition.
La conséquence aujourd’hui, c’est que les autorités turques coopèrent mais avec de la mauvaise volonté et c’est sans doute la raison pour laquelle elles ont retardé l’information sur l’arrivée des trois jihadistes sur le territoire français.

Australie

Une soixantaine de Jihadistes australiens au Moyen orient
Une soixantaine d'Australiens ont rejoint les groupes jihadistes en Irak et en Syrie, et une centaine fournissent, d'Australie, un soutien actif aux mouvements radicaux, selon les services australiens de sécurité.
Il y a quelques jours Canberra a annoncé avoir déjoué des projets d'assassinats nourris par des Islamistes sur son sol, en particulier la décapitation de civils. Plus de 800 policiers avaient alors participé à la plus grande opération jamais lancée en Australie, pour contrecarrer ces projets.
La ministre des Affaires étrangères, Julie Bishop, avait souligné mardi 23 septembre que son pays, qui a dépêché aux Emirats arabes unis 600 militaires pour participer aux efforts de la coalition internationale, considérait ces menaces comme étant bien réelles.

Deux policiers blessés
Un homme nommé Abdul Numan Haider, et âgé de 18 ans, soupçonné de "terrorisme" par le renseignement australien a blessé deux policiers à coups de couteau avant d'être abattu, un attentat survenu au lendemain des appels lancés par les terroristes de Daesh exhortant les musulmans à tuer des ressortissants occidentaux.
L'Australie, qui vient de relever son niveau d'alerte face au danger représenté par les combattants australiens de Daesh de retour du Moyen-Orient, avait fait savoir qu'elle prenait les dernières menaces très au sérieux.
Le Parlement s'apprêtait à examiner mercredi 24 septembre 2014 un renforcement de la législation antiterroriste, qui porterait à 10 ans d'emprisonnement la peine encourue pour tout séjour sans motif légitime dans des zones qualifiées de sanctuaires pour des groupes terroristes.
Les autorités connaissaient la dangerosité de cet homme et avaient annulé son passeport il y a une semaine pour raisons de sécurité. Il avait été convoqué mardi soir 23 septembre dans un commissariat de la banlieue de Melbourne pour un interrogatoire "de routine" par les agents de la lutte antiterroriste.
Le suspect a serré la main de deux enquêteurs avant de sortir un couteau et de poignarder les deux hommes à plusieurs reprises, blessant l'un d'eux à la tête, au cou et au ventre.
Un policier a alors tiré un coup de feu, tuant le jihadiste qui avait sur lui deux couteaux.

Même la Suisse !

Trois Irakiens arrêtés en Suisse y planifiaient une attaque
"Les terroristes de l'Etat islamique planifiaient une attaque en Suisse" titre mercredi 24 septembre 2014 le Tages-Anzeiger, qui détaille l'arrestation au printemps 2014 de trois Irakiens se réclamant de l'organisation jihadiste Etat islamique.
Leur interpellation en mars 2014 n'avait pas été annoncée mais a été dévoilée par la NZZ am Sonntag (l'édition dominicale de la Neue Zürcher Zeitung), qui avait indiqué qu'ils étaient poursuivis pour avoir soutenu du point de vue logistique et financier le groupe Etat Islamique. Ils auraient envoyé une quarantaine de Suisses et de personnes résidant en Suisse combattre avec les jihadistes. Le ministère public de la confédération a confirmé cette arrestation mais a refusé de donner des détails sur la procédure, au nom du secret de l'enquête.
Outre l'appartenance à une organisation criminelle, les individus auraient eu l'intention d'utiliser des explosifs ainsi que des gaz toxiques, et cherchaient à se procurer à l'étranger du matériel pour conduire une attaque, affirme mercredi le Tages-Anzeiger.
On ignore à quel point la planification de leur projet était avancée, poursuit le quotidien suisse. Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a été alerté par les renseignements d'un pays "ami", qui avait intercepté des conversations téléphoniques entre les trois hommes.
Les suspects sont détenus depuis mars 2014 dans différentes prisons du canton de Berne.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

11:45 Publié dans Etat Islamique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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