16/09/2014

Moqtada Sadr : une voix chiite discordante en Irak

Moqtada Sadr contre une intervention américaine en Irak
Il y a au moins un Chiite qui n’apprécie pas l’aide que l’armée américaine pourrait apporter à Bagdad pour mettre en échec l’offensive des Jihadistes du califat islamique. Il s’agit de Moqtada Sadr, un leader du nationalisme irakien. Sadr a  appelé, lundi 15 septembre, le gouvernement irakien à «ne pas recourir à l'occupant quel qu’il soit, même pour le prétexte de Daesh (Etat islamique en arabe), d’ailleurs Daesh n'existe  que dans l'imagination c’est une création américaine issue de la mentalité coloniale destructrice, affirme-t-il.
L’imam Moqtada al-Sadr, a menacé les forces américaines en cas d'intervention en Irak. Dans  un communiqué publié lundi 15 septembre sur le site al-Soumarya news, cité par la chaine satellitaire iranienne al-Alam, Sadr dénonce  « the black house »  (par allusion à the white house), l’accusant de vouloir reprendre ses attaques contre le territoire sacro-saint de l’Irak ». Pour lui, «  cette décision américaine intervient sans doute après des regrets sur un retrait formel des forces américaines, retrait qui  a été imposé par  la féroce résistance militaire de nos héros et aussi grâce à  la résistance politique qui a réduit l’accord  américano-irakien  à un papier futile sans oublier  la résistance populaire bénie ».
Et de poursuivre «  «Je vous dis, si vous retournez, nous retournerons et Dieu gratifiera ses fidèles moujahidines d’une victoire sans précédent. Tout comme nous vous avons infligé le feu de notre colère et de notre résistance,  cette fois nous vous ferons payer cher  votre décision, il faut dans l’avenir qu'il y ait une raison pour votre regret et votre remord ».

Fils du grand Ayatollah Mohammad Sadiq al-Sadr
Ce religieux chiite anti-américain, qui avait poursuivi des études religieuses au centre religieux iranien de Qom, est le fils du grand ayatollah Mohammad Sadiq al-Sadr, assassiné par le régime de Saddam Hussein en 1999.  Moqtada Sadr a été le chef de l'armée du Mahdi et de la « Brigade du Jour Promis ».

Moqtada Sadr a déjà fait la guerre aux Américains
À la tête de l'armée du Mahdi dont le principal bastion se situe à Sadr City, il a été le premier responsable chiite à dénoncer l'occupation américaine, à contre-courant de la politique proto-chiite des autres partis de sa communauté. Sa milice a affronté par deux fois les troupes américaines, une première fois en 2004 et une seconde en 2008. Entre-temps, elle a participé à des combats contre les sunnites. Depuis le début de l'opération de l'Etat Islamique, Moqtada al-Sadr affiche sa différence par rapport aux autres leaders chiites irakiens. En effet, il fait une distinction entre l'intervention des pasdarans iraniens sur le territoire irakien et celle des pays occidentaux. Même dans la situation actuelle, où l’armée irakienne semble avoir du mal à reprendre le contrôle du pays, la première lui apparaît totalement légitime alors que la seconde est pour lui inacceptable.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

09:43 Publié dans Etats-Unis, Irak, Moqtada Sadr | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

Commentaires

Cela montre clairement, si besoin était, quel type de société correspond à son idéal.

Écrit par : Mère-Grand | 16/09/2014

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