15/09/2014

Coalition internationale contre l’Etat Islamique

Les Etats-Unis ont annoncé que plus de 40 pays auraient donné leur accord pour participer à à la coalition contre le califat islamique.
Le Département d’Etat américain a donné une première liste de 25 pays.
D'autres pays pourraient rejoindre la coalition ultérieurement ou simplement collaborer d’une façon ou d’une autre dans divers domaines.


Etats-Unis:
Le président Barack Obama a annoncé, mercredi 10 septembre, être prêt à lancer des frappes aériennes, en Syrie même, contre les combattants du califat islamique. 1.600 militaires américains sont déjà déployés en Irak pour apporter un appui aux forces armées irakiennes en termes d'équipements, de formation et de renseignements.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a cherché cette semaine à rallier l'Egypte - qui conditionne sa participation sécuritaire à un mandat de l'ONU - et la Turquie - qui refuse pour l'instant de participer aux opérations armées.
John Kerry a également obtenu à Jeddah, le jeudi 11 septembre, l'engagement, éventuellement militaire, de dix pays arabes, dont l'Arabie saoudite.
Canada:
Déploiement de plusieurs dizaines de militaires dans le nord de l'Irak, pour 30 jours reconductibles, auprès des militaires américains conseillant les forces kurdes.
France:
Livraison d'armes aux peshmergas kurdes, et 58 tonnes de fret humanitaire dans la région d'Erbil depuis un mois. Les armes envoyées par la France sont déjà arrivées entre les mains des combattants kurdes, a indiqué hier Halgord Hekmat, porte-parole des peshmergas. « Il s'agit de mitrailleuses et d'armes de bonne qualité pour la guerre urbaine », a-t-il précisé.
François Hollande a promis d'aider "encore davantage militairement" l'Irak dans sa lutte contre l'Etat Islamique. La France s’apprête également à participer à des frappes aériennes et les premiers vols de reconnaissance débutent le lundi 15 septembre, au moment même de la Conférence de Paris.
Royaume-Uni:
Londres a livré des mitrailleuses lourdes et des munitions aux forces kurdes, renforçant ainsi ses précédentes livraisons militaires. Londres n’a pas encore pris officiellement une décision quant à une éventuelle participation britannique à des frappes aériennes. Le Premier ministre David Cameron a affirmé dimanche sa détermination à "prendre toutes nouvelles mesures nécessaires" contre le califat islamique.
Australie:
L’Australie a annoncé dimanche le déploiement de 600 militaires aux Emirats arabes unis (EAU) dans le cadre de la coalition internationale contre le califat islamique.
Allemagne:
Trois livraisons d’armes sont prévues pour les combattants kurdes (30 systèmes de missiles antichar, 16.000 fusils d'assaut et 8.000 pistolets).
Italie:
Livraison prévue de mitrailleuses, ainsi que d'armes légères saisies par les autorités judiciaires italiennes il y a une vingtaine d'années à bord d'un navire à destination de l'ex-Yougoslavie.
Albanie, Pologne, Danemark, Estonie:
Livraisons d'équipements militaire.
Arabie saoudite :
L'Arabie saoudite s'est engagée à équiper les rebelles syriens et à verser 500 millions de dollars au Haut-Commissariat pour les Réfugiés (UNHCR).
Koweït:
10 millions de dollars d'aide humanitaire.
Les Philippines :
Les Philippines sont prêtes à rejoindre une alliance, selon son secrétaire aux Affaires étrangères  sans autre précision.
Golfe et pays arabes :
Les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite sont en première ligne du front anti-califat parmi les monarchies du Golfe.
Washington pourrait trouver de l'aide à Bahreïn, siège de la Ve Flotte américaine, au Koweït qui accorde des facilités militaires aux Etats-Unis, et au Qatar qui met à la disposition des Américains la base aérienne d'Udeid et accueille le Centcom, commandement militaire chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. Mais l'attitude du Qatar reste incertaine, Doha étant soupçonné en Occident de financer des groupes extrémistes.
Les pays de la Ligue arabe se sont aussi engagés à lutter contre le terrorisme et le califat islamique aux niveaux "politique, sécuritaire et idéologique", mais individuellement, peu de pays arabes ont décrit l'ampleur de leur implication.
Iran
L'Iran n'a pas été invité à la conférence internationale prévue lundi 15 septembe à Paris pour organiser la lutte contre le califat islamique. Téhéran a de toute façon affirmé qu'il ne souhaitait pas y participer.
Téhéran aide et conseille les Kurdes irakiens contre les califatistes, mais assure qu'il ne coordonnera pas ses actions avec les Etats-Unis. Les Iraniens accusent Washington d’avoir une part de responsabilité dans l’émergence du phénomène jihadiste. Selon Téhéran, Washington a« crée et armé ces groupes terroristes sous prétexte de vouloir faire tomber le pouvoir en Syrie. Mais après l’extension de leurs menaces portant atteinte aux intérêts occidentaux, ils se sont alors révoltés contre les takfiristes ».
Syrie :
La Syrie est persona non grata dans la coalition.

Hollande a finalement cédé à la pression américaine pour exclure l’Iran
L’Iran ne participera pas à la conférence de Paris qui réunit plus de 30 pays. L'Iran en a été écarté, alors qu'il a fait part à maintes reprises être prêt à contribuer à la lutte contre le califat islamique. Cependant, Téhéran refuse qu’une quelconque intervention internationale puisse nuire au régime syrien.
La France aurait donc cédé aux pressions de l’administration américaine et de certains pays arabes pour renoncer à inviter l'Iran : L'Iran brille par son absence à cette conférence, alors que le Président Hollande avait affirmé, par le passé, que la conférence n'avait aucun rapport avec le nucléaire iranien et que l'Iran y sera convié. Ceci étant dit, le secrétaire d'Etat John Kerry avait écarté, d'un manière peu diplomatique, toute présence iranienne, la qualifiant d'"inopportune". Ainsi John Kerry n’a pas craint d’humilier le gouvernement français qui n'a même plus l'autorisation d'organiser une conférence, sur son sol.
La conférence de Paris, même rabaissée au niveau d’un « briefing » américain, aura du mal a cacher les divergences qui existent entre les alliés. Les Etats-Unis veulent frapper les califatistes partout où ils se trouvent, et même en Syrie. Tandis que d’autres pays considèrent que des frappes contre les califatistes en Syrie devraient être précédées par un aval onusien.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouh, l'enfer des espions)

Commentaires

Question: est-ce que le djihad islamique est le cheval de Troie permettant aux USA d'intervenir un Syrie en contournant toute légalité internationale?

Sur certains sites circule l'information suivante:

http://www.algerie1.com/actualite/simon-eliot-alias-abou-bakr-al-baghdadi-un-agent-du-mossad/

Avez-vous des informations à ce sujet?

Écrit par : Johann | 15/09/2014

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