14/09/2014

14 septembre 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front syrien

Les femmes jihadistes « britanniques » au sein de l’EI
Le   GCHQ et le MI5 surveillent actuellement les comptes Facebook et Twitter de 60 femmes jihadistes «britanniques» supposées se trouver à Raqqa, la place forte de l’Etat Islamique dans le nord de la Syrie. L’objectif est de suivre leur activité au sein de l’organisation salafiste. Le gouvernement britannique a prévenu que ceux et celles qui participeraient à des atrocités telles que les décapitations et les massacres seront poursuivis pour crimes de guerre et terrorisme s'ils retournent au Royaume-Uni.
Parmi les femmes jihadistes « britanniques » actuellement à Raqqa, on trouve une jeune femme de 21 ans qui affirme être étudiante en médecine. Cette femme, qui porte le nom de Mujahidah Bint Ossama a posté une photo d’elle sur son compte Twitter où on la voit portant la tête décapitée d’un homme. A côté de la photo monstrueuse apparaît le message suivant : «emploi de rêve, un doc. terroriste", suivi par des images de visages souriants et des smileys représentant des cœurs . Le compte Twitter de Mujahidah Bint Oussama a plus de 800 abonnés. Elle a déjà tweeté des images de soldats morts et les attaques terroristes du 9/11, à côté d’informations sur la façon de traiter une blessure au genou ou l'insomnie.
Sur d’autres messages, elle a loué Anwar al-Awlaki, un prédicateur extrémiste yéménite qui est devenu un porte-parole d'Al-Qaïda et est soupçonné d'avoir inspiré des centaines de jihadistes occidentaux. Awlaki a été tué en septembre 2011 par une frappe aérienne américaine.
Elle encourage également les femmes à pousser leurs maris à se battre pour l'Islam, et a partagé des images de l'exécution du journaliste américain Steven Sotloff, qui a été décapité par un « Britannique » de l’Etat Islamique au début du mois d’octobre 2014.
Mujahidah  Bint Oussama serait  liée par son compte Twitter à la brigade al-Khanssaa, un groupe féminin de jihadistes chargé de punir les comportements «anti-islamique» des femmes de Raqqa.
Le Mirror affirme que des membres de cette brigade serait dirigée par Aqsa Mahmood, une jihadiste « britannique » de 20 ans originaire de Glasgow.

LiveLeak-dot-com-875_1410699076-1410687857574_wps_27_A_photo_of_Glasgow__1410699131_jpg_resized.jpgAqsa Mahmood

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre jihadiste « britannique » ferait partie de la brigade  al-Khansaa. Il s’agit de Zahra Halane, 16 ans, qui a fui le Royaume-Uni avec sa soeur jumelle.

Zahra Halane.jpgZahra Halane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des salafistes « britanniques », tiendraient des maisons closes pleines de femmes de la minorité yazidi capturées, selon le Mirror en Irak. 3.000 femmes et filles yazidi auraient été emmenées captives dans la région de Raqqa.

Les jihadistes de l’Etat Islamique décapitent un otage britannique
L'Etat islamique a revendiqué l'exécution par décapitation du britannique David Haines, membre de l’organisation humanitaire française Acted, en représailles à l'entrée du Royaume-Uni dans la coalition organisée par les Etats-Unis pour combattre les Jihadistes de l’EI.
Une vidéo mise en ligne par les jihadistes montre la décapitation, la troisième exécution de ce type en un mois, après celles de deux journalistes américains otages en Syrie.
La vidéo, qui dure 2 minutes 27 secondes, est intitulée "Un message aux alliés de l'Amérique". Le groupe jihadiste reproche au Royaume-Uni d'avoir rejoint la coalition des Etats-Unis, qui mène des frappes contre l'Etat islamique (EI) en Irak.
"Vous êtes volontairement entrés dans une coalition avec les Etats-Unis contre l'Etat islamique, comme votre prédécesseur Tony Blair l'a fait avant vous, suivant une tendance parmi nos Premiers ministres britanniques qui ne peuvent pas trouver le courage de dire non aux Américains", dit le bourreau, le visage dissimulé, en s'adressant au Premier ministre David Cameron.
« Cet homme britannique doit payer le prix de votre promesse, Cameron, pour armer les peshmergas contre l'Etat islamique, » poursuit le bourreau. ....
« Votre alliance maléfique avec l'Amérique qui continue de frapper les musulmans de l'Irak et plus récemment a bombardé le barrage de Haditha ne fera qu'accélérer votre destruction. Et jouant le rôle du toutou obéissant, Cameron, vous et votre peuple allez glisser vers une autre guerre sanglante, vouée à l'échec. »
Le bourreau, qui pourrait être le même que dans les vidéos des exécutions des Américains James Foley et Steven Sotloff, annonce qu’un autre otage britannique pourrait être prochainement assassiné dans les mêmes conditions. Il s’agirait d’Alan Henning.
Né en Ecosse, David Haines, 44 ans, avait été pris en otage en mars 2013.

L’Etat Islamique signe un pacte de non-agression avec d’autres formations rebelles
Les jihadistes de l’Etat Islamique semblent avoir trouvé une parade aux menaces de frappes U.S. Ils ont signé un pacte de non-agression avec des formations rebelles appelées « modérées » par les Occidentaux et susceptibles de coopérer avec l’Etat-major américain qui a besoin d’alliés sur le terrain. Selon les déclarations des uns et des autres, l’accord aurait pour objectif de concentrer la lutte contre l’armée assadiste. Mais concrètement, cela rendra encore plus difficile le choix des brigades rebelles qui pourraient bénéficier d’une aide américaine pour lutter contre l’Etat Islamique, le seul ennemi officiellement reconnu par le président Obama.
Le pacte de non-agression aurait également été signé par al-Qaïda en Syrie, c’est-à-dire le Front al-Nosra, une autre organisation inscrite sur la liste des organisations terroristes par Washington.
Depuis le mois de mars 2014, les Américains aidaient le Front Révolutionnaire Syrien, un groupe dit « modéré » mais très efficace contrôlant environ 25 000 combattants sur le terrain. Ce front avait été déclaré « la meilleure chance de combat des Occidentaux contre les armées islamistes de Syrie ». Cet été, le président Obama a demandé au Congrès d'approuver  un budget de 500 millions $ pour former et équiper des unités rebelles syriennes. Il a réitéré sa demande dans son discours du mercredi 10 septembre au sujet de la guerre contre l’Etat Islamique.
Or, le Front Révolutionnaire Syrien est également l’un des signataires de l’accord entre rebelles et Jihadistes. Pour lui, l’objectif prioritaire n’est pas la lutte contre la montée des extrémistes, mais le renversement de Bachar el-Assad. En Avril 2014, le chef du Front Révolutionnaire Syrien déclarait au journal The Independent, «Il est clair que je ne me bats pas contre al-Qaïda. C'est un problème extérieur à la frontière de la Syrie, e ce n'est pas notre problème. Je n'ai pas de problème avec quelqu'un qui combat contre le régime intérieur de la Syrie ".
La perspective d'aider un groupe maintenant allié aux Jihadistes de l’Etat Islamique pose un réel problème à l’administration Obama. Comment soutenir des gens qui n’ont pas le même objectif que vous ?  Et surtout, quelle assurance a-t-on que les combattants formés et équipés par les Américains ne vont pas finalement s’allier avec les Jihadistes ? Il faut savoir que de nombreux rebelles, qui ont été formés par la Central Intelligence Agency en Jordanie en 2012 pour lutter contre le gouvernement syrien, ont rejoint plus tard l’Etat Islamique.
En fait, tant que l’Occident n’aura pas clairement décidé de lutter contre ou de s’allier avec Bachar el-Assad, le problème d’une intervention militaire contre l’Etat Islamique, avec des alliés locaux, sera difficile à mettre en place en Syrie.
Et surtout…surtout…ne pas croire les déclarations des « conseillers » qui prétendent avoir une grande confiance dans la connaissance du théâtre syrien et dans les « alliés locaux » de l’Amérique. Les Américains sont aussi étrangers à la région que des éléphants dans un magasin de porcelaine. 

John Kerry refuse toute coordination des frappes aériennes contre l’EI avec le régime syrien
Les Etats-Unis ont affirmé qu’il était hors de question de coordonner d’éventuelles frappes aériennes contre les jihadistes de l’Etat Islamique à l’intérieur de la Syrie avec Damas. La prise de position a été confirmée par l’administration Obama malgré les avertissements de Damas que toute attaque non autorisée sur son territoire serait considérée comme un acte d'agression.
Le ministre syrien de la réconciliation nationale, Ali Haidar, a déclaré que des frappes aériennes américaines en Syrie sans l'autorisation de Damas seraient considérées comme une agression contre le pays. Il a rappelé aux États-Unis que le droit international exige que toute action, qu'elle soit militaire ou autre, necessite l'approbation préalable de Damas.
 « Nous n'allons pas nous coordonner avec la Syrie ... ce n'est pas un effort coopératif », a déclaré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une interview diffusée
Dimanche 14 septembre par CBS News. 
« Nous allons certainement « déconflicter » pour nous assurer qu'ils ne vont pas faire quelque chose qu'ils pourraient regretter amèrement, mais nous n'allons pas nous coordonner », a-t-il ajouté.
« Nous allons le faire avec des alliés, » a-t-il déclaré lors de l'interview, qui a été enregistré au Caire, en Egypte, le samedi 13 septembre
Lors d'un discours, mercredi 10 septembre, le président Barack Obama a autorisé des frappes aériennes américaines contre les bases de l’Etat Islamique en Syrie.
A en croire le "New York Times", l'aviation US frapperait la DCA syrienne, si celle-ci réagit aux bombardements du territoire syrien et à la violation du ciel syrien par les Etats Unis.
Les Américains ont annoncé vouloir bombarder les positions de Daech, à partir du mois d'octobre.
L’US Air Force a déjà effectué plus de 150 frappes aériennes contre les cibles du réseau terroriste en Irak.

Province de Hama : Les forces spéciales iraniennes al-Qods en action
L’armée assadiste a mené une vaste contre-offensive depuis le début de la semaine pour reprendre aux rebelles plusieurs villages proches de l’aéroport de Hama menacé depuis juillet 2014 par les insurgés. Vendredi 12 septembre, l’armée a repris le contrôle de Hilfaya, une ville située au nord ouest d’Hama, après des combats avec les insurgés et des bombardements violents. L’opération pour reprendre le contrôle de Hilfaya a été mené par le colonel Souheil al-Hassan, surnommé « le Tigre » avec l’aide des supplétifs des Forces de la défense nationale, milice prorégime et des combattants iraniens de la force al-Qods.
Les combattants rebelles, dont ceux du Front al-Nosra, ont réussi à évacuer la localité, non sans avoir subi de lourdes pertes ; A noter que le chef d’al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), Abou Mohammad al-Golani, avait personnellement commandé les combats pour Hilfaya :
Vidéo de la reprise d’Hilfaya :
http://www.liveleak.com/view?i=145_1410582239

Province d’Edleb
On avait oublié les combats autour de la base militaire de Wadi Deif. Cela doit bien faire un an et demi que cette base est assiégée par les rebelles.
Or, une vidéo vient d’être mise en ligne par une formation rebelle montrant la destruction d’un VBTT(véhicule blindé de transport de troupe) de l’armée assadiste par la 7ème brigade des Forces Spéciales du  101ème régiment d’infanterie (remarquez les appellations plus militaires signalant que ces hommes ont été formés par les Américains) utilisant un missile anti-char TOW.
http://www.liveleak.com/view?i=817_1410677490

Damas
Des combats très violents se déroulent toujours pour le contrôle du quartier rebelle de Jobar. Les rebelles du Front Islamique (soutenus et armés par l’Arabie saoudite) s’accrochent à chaque pan de mur car c’est leur point le plus avancé vers la capitale syrienne :
http://www.liveleak.com/view?i=bde_1410681677

Kurdistan syrien
Les Kurdes aussi peuvent commettre des exactions.
Des éléments appartenant aux YPG (Comité de Protection du Peuple Kurde) et aux forces du PKK (Kurdes de Turquie) ont exécuté avec des soldats assadistes, à l’aube du dimanche 14 octobre, 32 personnes après des raids contre les villages arabes d’Al-Hajiah et Tel-Khalil dans la province d’Hasake, au Kurdistan syrien.
Parmi les 32 personnes assassinées se trouveraient des femmes et des enfants. Par ailleurs, de nombreux blessés sont arrivés à l'hôpital Dar al-Shifa dans la ville de Qamishli.
Selon un journaliste présent à Hasake toutes les personnes décédées sraient des civils, ajoutant que les villageois ne font partie d’aucune faction armée.

Le Hezbollah libanais toujours actif en Syrie
Le Hezbollah libanais, une puissante milice chiite libanaise, est toujours très actif sur le théâtre syrien. Et il utilise des armes de plus en plus lourdes pour venir à bout de la résistance des rebelles comme le montre cette vidéo :
http://www.liveleak.com/view?i=344_1410702456
Il est vrai que ce que la milice chiite libanaise craint le plus, ce sont les attaques terroristes contre son fief de Beyrouth, Dahiyé, comme cela a déjà été le cas. A ce propos, les militants hezbollahis ont découvert et rendu hors d’usage un atelier de fabrication de voitures piégées :
http://www.liveleak.com/view?i=39f_1410701825

Plateau du Golan syrien
Les rebelles du Front du Sud progressent toujours dans la région de Quneitra, sur le Golan syrien. Ils s’approchent à présent d’al-Hamidiyah. A la suite de l’offensive menée depuis cet été, les rebelles contrôlent désormais la quasi-totalité de la province de Quneitra et le plateau du Golan syrien.
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=aqkR9lHHAPI&feature=p...


Front irakien

Les Kurdes progressent dans le nord de l’Irak
Les Peshmergas (combattants kurdes) poursuivent leur progression. Ils ont libéré six villages dans la région d’al-Qaraj.
Vidéo du côté kurde – très impressionnante :
https://www.youtube.com/watch?v=CDBR2xao-1Q&feature=p...
Des Jihadistes de l’Etat Islamique ont été capturés par les Peshmergas :
https://www.youtube.com/watch?v=s2vghIlRaHM&list=UUNo...
Les Peshmergas tentent de convaincre un Jihadiste de l’Etat Islamique de se rendre dans un village qui vient d’être libéré :
https://www.youtube.com/watch?v=5ARE-aJ762U&list=UUNo...

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l’enfer des espions)

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