04/09/2014

4 septembre 2014 – Guerre contre l’Etat Islamique

On n’a encore rien vu !
Le pire pourrait arriver bientôt. Ce qu’on observe avec le plus d’inquiétude, au sein des services de sécurité américains, comme dans les sphères gouvernementales du royaume saoudien, c’est le soutien croissant des citoyens saoudiens pour l’Etat Islamique (Daesh). Ce soutien est déjà très élevé et on craint l’existence de nombreuses cellules dormantes prêtes à agir pour renverser le gouvernement.
Des signes récents ont montré que l’adhésion aux objectifs de l’EI ne concerne pas seulement les civils, mais également l’armée. Ceci explique la raison pour laquelle le régime de Riyad est de plus en plus méfiant vis-à-vis des militaires saoudiens. Et c’est parce qu’il n’a aucune confiance dans ses propres soldats que le gouvernement a récemment fait appel à des soldats égyptiens et pakistanais pour protéger les  frontières du royaume avec l'Irak.

Front Syrien

Entre la peste et le choléra
On a vu comment une intervention de militaires occidentaux en Irak pourrait amener côte à côte des conseillers américains et iraniens.
La situation est encore plus complexe en Syrie. Les Occidentaux sont confrontés à un véritable casse-tête chinois. L’Armée syrienne Libre (ASL), que l’on s’imagine modérée, et sur laquelle les Occidentaux avaient fondé tous leurs espoirs, s'est proprement effondrée et est aujourd’hui dans l'incapacité de peser sur l'issue du conflit. Les seules forces en présence sont aujourd'hui, d’un côté, l’armée assadiste renforcée par les milices alaouites et le Hezbollah libanais et, d’autre part, des groupes islamistes plus ou moins extrémistes. 
Les principales formations islamistes sont soit le Front al-Nosra, c’est-à-dire al-Qaïda, soit  l'Etat islamique d’Abou Baker al-Bagdadi, un groupe encore plus sanguinaire qu'al-Qaïda. Ces deux groupes sont inscrits sur la liste des organisations terroristes et représentent une menace pour la sécurité des pays occidentaux.
Le choix est don, soit d'aider les rebelles, c’est-à-dire donner un coup de main aux Jihadistes, ennemis de l’Occident ou d'aider le régime de Bachar el-Assad, ce qui est difficilement acceptable sur le plan moral après tous les massacres dont ce régime s’est rendu coupable à un moment où la crise pouvait encore être réglée. 
En Irak, les Américains peuvent encore estimer qu’il y a une légitimité du pouvoir, même s’il apparaît difficile de revenir, en cas de victoire de l’armée irakienne sur les Jihadistes, à la situation ante, où Sunnites, Chiites et Kurdes accepteraient de vivre à nouveau ensemble au sein d’une même nation, même avec une certaine forme de fédéralisme. Il reste que le pouvoir ne s’étant pas encore effondré, les Américains peuvent toujours utiliser cet argument pour réunir une coalition internationale, comprenant de nombreux pays arabes, pour aider Bagdad à repousser l’offensive des Jihadistes.
Il n’en est pas de même en Syrie. Les diplomates américains, s’ils veulent obtenir l’adhésion des pays du Golfe, devront nécessairement proposer de lutter non seulement contre les Jihadistes, mais également contre le régime de Bachar el-Assad. Ce qui signifie qu’il faudrait alors se passer d’un vote en ce sens du Conseil de sécurité de l’ONU en raison de l’opposition russe et chinoise.
Or, jamais les pétromonarchies du Golfe n’accepteront de lutter contre les seules organisations jihadistes sans tenter de renverser Bachar el-Assad.  Ceci d’autant moins qu’il semble que l’Arabie saoudite et certains émirats du Golfe ont même tenté de convaincre les Américains de ne pas attaquer les Jihadistes du Front al-Nosra.  Vous imaginez la réaction de l’administration américaine ! Accepter ni plus ni moins d’épargner, voire de collaborer avec al-Qaïda, son pire ennemi.
Il est vrai que, depuis quelques mois, le Front al-Nosra, «conseillé» par ses sponsors du Golfe, fait tout pour améliorer son image auprès des Occidentaux, notamment en se désolidarisant des atrocités commises par son concurrent de l’Etat Islamique.
Mais, malgré toute l’énergie mise par les Saoudiens, les Qataris, et même la Turquie et la Jordanie, il sera difficile de convaincre les Occidentaux. Ceci d’autant plus qu’on a constaté depuis l’offensive éclair de l’EI en Irak, qu’un nombre important de membres du Front al-Nosra avait rallié l’EI ou serait prêt à le faire. Par ailleurs, pris dans une surenchère islamiste, le Front al-Nosra a, lui aussi, déclaré son propre califat en Syrie, une annonce qui ne va pas particulièrement dans le sens exigé par l’Occident.

L’assassin des journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff
Abdel-Majed Abdel Bary, alias Lyricist Jinn apparaît ici dans un de ses clips vidéo.
Son père Adel Abdul Bary, un réfugié égyptien considéré comme l'un des plus proches lieutenants d'Oussama Ben Laden, a été extradé de Grande-Bretagne aux Etats-Unis. Il avait été accusé de terrorisme en 2012 pour son rôle présumé dans les attentats contre deux ambassades américaines en Afrique de l'Est en 1998 .
Voilà à quoi ressemblait cet individu sur une vidéo lorsqu’il ne camouflait pas son visage :
http://www.liveleak.com/view?i=491_1409780504

L’ex-champion de boxe britannique, Anthony Petit, explique que la décapitation des journalistes est une représaille
Anthony Petit, un ancien champion de boxe britannique, a publié une vidéo dans laquelle il exprime son soutien à l'État islamique (EI), expliquant que les décapitations des deux journalistes, Steven Sotloff et James Foley, étaient une forme de «représailles». Mais qu’est ce qui arrive aux Britanniques ?
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

FNUOD sur le Golan
Après l’enlèvement de 43 Fidjiens de la FNUOD, la fuite in extremis des Philippins, un nouvel et sérieux incident vient de se produire sur le Golan syrien. Un convoi irlandais  de transports de troupes blindés Mowag a été pris pour cible alors qu’il passait sur une route à 20km au nord est du camp. Les Mowag, armés de mitrailleuses de 12,7mm ont riposté. Mais un des Mowag a sauté sur une mine alors qu’il cherchait à s’échapper, blessant un soldat tandis que le Mowag perdait une roue. .
Une vidéo de Daily Star montre l’attaque du convoi :
https://www.youtube.com/watch?v=MXqm2hAF7BU&feature=p...
Le contingent irlandais de la FNUOD compte 130 officiers et soldats. L’Etat-major irlandais envisage à présent de fournir des armes lourdes au contingent irlandais.

Jobar
Les violents affrontements se sont poursuivis dans le quartier de Jobar aujourd'hui entre l’Armée assadiste et les rebelles syriens. La principale information concerne la découverte par les soldats d’Assad d’un tunnel de treize mètres remplis de grenades RPG, de produits chimiques et de dispositifs de communication électronique. Le tunnel a été découvert par la Garde républicaine près de la mosquée de Tayba, récemment reprise par l’armée d’Assad.  Le tunnel a été mis à jour au cours d’une opération « search and destroy ».
Immédiatement après la prise de la mosquée de Tayba, la Garde républicaine a poursuivi son avance à l’intérieur du quartier voisin d’al-Markazi’ al-arabiyya. Les combats sont toujours en cours au sud-est de la mosquée, où les soldats assadistes ont réussi à occuper au moins trois immeubles. Les combats ont coûté la vie à 11 soldats, tandis que Jeich Al-Islam, qui fait partie du Front Islamique, a eu 36 tués.
 
Front irakien

Mossoul
Abou Haja al-Suri, le numéro 2 de l’Etat Islamique aurait été tué au cours d’un raid aérien à Mossoul. Il aurait été tué avec un autre dirigeant de l’organisation jihadiste.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

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