25/08/2014

On en sait un peu plus sur l'identité du prince braqué à Paris

Le prince Abdel-Aziz ben Fahd
Le braquage, il y a environ une semaine, du convoi du prince Abdel-Aziz ben Fahd qui se dirigeait vers l'aéroport du Bourget, avait suscité  les spéculations et les rumeurs les plus diverses. S’agissait-il d’un simple braquage ou d’une affaire aux relents d’espionnage ou de terrorisme. Les rumeurs étaient alimentées par le fait qu’en dehors d’une coquette somme d’argent, le prince s’était fait « alléger » de documents importants. De quels documents importants pouvait-il bien s’agir ?
Les autorités judiciaires françaises ne faisaient rien pour calmer les spéculations. Elles effectuaient leur enquête dans la plus grande discrétion et avaient refusé de révéler l’identité du prince.
Il s’agissait en fait du prince Abdel-Aziz ben Fahd, un fils du roi Fahd, mort en 2005.

Des relations étroites avec l’ancien premier ministre libanais Saad Hariri
Le prince est connu pour entretenir des liens étroits avec l'ancien Premier ministre libanais, Saad Hariri. Et ce sont justement ces relations qui ont suscité les rumeurs. Saad Hariri est récemment revenu au Liban, après une longue absence due à des motifs sécuritaires. Il n’est pas revenu sans cadeaux. Il débarquait avec une promesse de cadeaux du roi Abdallah à hauteur d’un milliard de dollars. Cette somme est « théoriquement » destinée à l’achat par le Liban, dans les plus brefs délais, des armes et des équipements militaires dont l’armée libanaise à besoin d’urgence pour faire face à la menace jihadiste. L’aide saoudienne d’un milliard de dollars a été débloquée en toute hâte en raison des délais et atermoiements du gouvernement français dans l’exécution de sa promesse de fournir à l’armée libanaise des armes pour un montant de trois milliards de dollars payé par l’Arabie saoudite.  Ce contrat avait été signé lors d’une visite de Hollande au royaume wahhabite. Mais son exécution bute depuis sur des problèmes de commissions, d’entente sur le matériel et d’accord avec les Israéliens. Autrement dit sur tout. On peut s’interroger si cet accord n’a pas été conclu à la va-vite par une présidence française soucieuse de démontrer aux Français qu’elle faisait tout ce qui était possible pour résoudre sa crise économique et financière.

Le montant du vol ne serait pas de 250 000€ mais de 5 millions €
D’après des révélations en provenance des services de sécurité chargés de la protection de VIP, le montant du vol s’élèverait à 5 millions € et non pas à 250 000€ comme annoncé. Les documents volés, si l’on en croit les mêmes sources, concerneraient des actions au porteur d’une valeur de 200 millions de dollars. Peut-être s’agit-il effectivement d’actions au porteur. Peut-être pas.  On peut en effet s’interroger sur l’intérêt des braqueurs à s’encombrer de documents aussi inutiles et compromettants pour eux, s’agissant quand même de « malfaiteurs » bien informés (un fonctionnaire non diplomate de l'ambassade d'Arabie saoudite à Paris aurait été convoqué par le parquet) et bien entraînés et non pas d’amateurs. Les documents volés ont donc représenté un intérêt beaucoup plus grand pour les bandits ou les terroristes que de simples actions au porteur. Alors ?

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

10:52 Publié dans Abdel-Aziz ben Fahd, Arabie saoudite, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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