17/08/2014

17 août 2014 - Point sur les négociations entre Israël et les Palestiniens

Israël veut la démilitarisation de Gaza, ce que refusent le Hamas et le Jihad islamique
Israël exige la "démilitarisation de Gaza". Les Palestiniens ne veulent même pas discuter de cette exigence. Ils demandent, eux, en priorité, la levée du blocus imposé depuis plusieurs années à l'enclave palestinienne et qui asphyxie l'économie locale. Le point de la démilitarisation de Gaza n'apparaît pas dans la proposition égyptienne.

Benyamin Netanyahu reste ferme sur ce point
Benyamin Netanyahu reste ferme : Israël n'acceptera pas d'accord de cessez-le-feu qui ne prennent pas en compte les "besoins sécuritaires d'Israël". C’est ce qu’il a affirmé dimanche 17 août. 
"Nous n'accepterons d'accord sur un cessez-le-feu que s'il y a une réponse concrète à nos besoins sécuritaires", a déclaré M. Netanyahu à l'ouverture de la réunion hebdomadaire du gouvernement.
"Si le Hamas pense qu'il peut transformer ses pertes militaires en victoire politique il se trompe", a ajouté le premier ministre israélien.
M. Netanyahu a prévenu que "tant que le calme ne sera pas revenu, le Hamas va continuer à souffrir, s'il pense que le temps joue en sa faveur il se trompe, s'il pense que nous ne sommes pas assez déterminés il se trompe".

Les négociations se poursuivent au Caire
Les négociations se poursuivent au Caire sur les modalités du règlement du conflit entre Israël et la bande de Gaza.

Mahmoud Abbas soutient la médiation égyptienne
Une réunion de la direction palestinienne a eu lieu la nuit passée (du 16 au 17 août) à Ramallah pour discuter des pourparlers entre l’Etat juif et les Palestiniens. Le Président de l'Autorité Palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a soutenu l'initiative égyptienne pour résoudre la crise entre Gaza et Israël, soulignant que l'objectif était actuellement d'arrêter les combats. Il a accusé Israël d’"agression" contre la bande de Gaza et  déclaré qu'il n'y avait pas de véritable alternative à l'initiative égyptienne. Curieusement, Mahmoud Abbas a ajouté qu'il considérait irréalistes les tentatives du Qatar pour aggraver les conditions d’un cessez-le-feu à long terme. Visiblement, le conflit entre Gaza et Israël a donné l’occasion d’une nouvelle compétition entre le Qatar (et la Turquie) qui soutiennent les Frères Musulmans, et l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte qui ont les Frères Musulmans en sainte horreur.
Abbas compte également sur la générosité des bailleurs de fonds qui doivent se réunir en septembre en Egypte. Une précédente conférence à Charm el-Cheikh n’avait pas donné de résultats satisfaisants pour l’AP.

Le président du comité exécutif du Hamas tape du poing sur la table devant le représentant de l’Autorité Palestinienne
Samedi 16 août, le président du comité exécutif du Hamas, Khaled Meshaal, a rencontré au Qatar le représentant de l'Autorité palestinienne, Saeb Erekat. Meshaal a affirmé à son interlocuteur que l’initiative égyptienne n'était pas suffisante, car elle ne prévoyait des discussions sur la construction d’un aéroport et d’un port maritime à Gaza qu’après la signature d’un accord sur une trêve à long terme avec Israël.
Meshaal a indiqué que le Hamas exigeait un accord sur la question du port et de l’aéroport, ainsi que sur la question de la levée complète du blocus de la bande de Gaza. Si Israël rejette ces exigences, que le Hamas considère comme prioritaires, "le Mouvement de la résistance islamique" reprendra les attaques contre le territoire israélien, a déclaré Meshaal.

Le Jihad Islamique plus prudent
Des représentants du "Djihad islamique" se sont exprimés avec plus de prudence, exprimant l'espoir que la délégation palestinienne qui participe aux pourparlers du Caire sera en mesure d'élaborer une stratégie unifiée. Visiblement, le Jihad Islamique n’a aucune intention de mécontenter le « grand frère » égyptien.

La trêve se poursuivra-t-elle même en cas de désaccord ?
Selon des sources proches des négociations, la délégation de l’Autorité Palestinienne  accepterait de respecter une extension de la trêve même en cas d’échec sur les négociations, ceci afin de permettre la poursuite des discussions. Par contre,  la direction du Hamas menace de mettre un terme au cessez-le-feu si les négociations ne permettent pas de répondre favorablement aux points clés.

Un plan « B » existe même en cas de désaccord
Les Israéliens ont un plan « B » même en cas de désaccord avec les Palestiniens. On parle d'un éventuel assouplissement du blocus de Gaza, d’une aide supplémentaire pour ses habitants, de la libération de détenus n’ayant aucune implication avec des activités terroristes.
Toutefois, l’armée resterai libre d’agir en fonction de la situation, sans être liée par les accords politiques.

L’Initiative égyptienne
1 Israël arrête les opérations militaires dans la bande de Gaza et renonce aux frappes par air, terre ou mer. Tsahal s'engage à ne pas pénétrer sur le territoire du secteur de Gaza.
 
2 Toutes les factions palestiniennes s’engagent à renoncer aux attaques  à la roquette et au mortier contre le territoire israélien, ainsi que les attaques par terre, air et mer, et à arrêter la construction de tunnels menant en Israël.

3 Israël ouvre tous les points de contrôle à la frontière avec la bande de Gaza pour les marchandises et les personnes, y compris l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza, et le transport des marchandises et des personnes entre Gaza et la Cisjordanie. Ce point fera l’objet d'accords entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne (AP).

4 Israël et l'Autorité palestinienne s’accordent sur toutes les questions financières liées à la bande de Gaza.
 
5 Israël annule la "zone stérile" près du secteur de la frontière et ce en trois étapes. Une première étape mmédiatement après la signature de l'accord.  Elle prévoit de réduire de 500 mètres à 300 mètres la « zone stérile ». Une deuxième étape réduira la zone de 300 à 100 mètres après le 18 Novembre avant sa suppression complète le 1 Janvier, 2015. À ce stade, l’accord prévoit le déploiement des forces de la Garde présidentielle palestinienne.
 
 6 La zone de pêche sera étendue jusqu'à 6 miles. Puis, en coordination avec l'Autorité palestinienne, la zone pourra être élargie jusqu'à 12 miles.

7 Israël aidera l'Autorité palestinienne à reconstruire les infrastructures dans la bande de Gaza, ainsi qu'à répondre aux besoins humanitaires de tous ceux qui ont été forcés de fuir leurs maisons au cours du conflit. Israël pourra également fournir, le cas échéant, une assistance médicale aux blessés.

8 L'Autorité palestinienne, en coordination avec Israël et les organisations internationales, se chargera de la fourniture des équipements nécessaires au rétablissement de l'ordre et au retour rapide des réfugiés dans leurs foyers.

9 L'Egypte a lancé un appel à la communauté internationale pour organiser la livraison rapide de l'aide humanitaire à la bande de Gaza et l'allocation de fonds pour sa reconstruction.
 
10 Après la mise en place d’une trêve à long terme, dans le mois suivant la signature de l'accord, les parties procéderont à des pourparlers indirects sur des sujets tels que la libération des prisonniers et le retour des corps de soldats israéliens.

11 Les points concernant la construction d'un aéroport et d’un port maritime dans la bande de Gaza feront l’objet de discussions ultérieures conformément aux accords d'Oslo.

Le texte de l'accord ne mentionne pas la demande israélienne pour la démilitarisation de la bande de Gaza, le problème de l'approvisionnement de Gaza, les biens à double usage (produits chimiques, ciment, fer), ainsi que les questions concernant la relation entre Gaza et l'Egypte (KPP "Rafah").

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth l'enfer des espions)

 

12:25 Publié dans Autorité Palestinienne, Gaza, Hamas, Israel, Jihad islamique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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