28/07/2014

Daesh (Etat Islamique) et le Front al-Nosra, représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, vont bientôt s’affronter dans le jurd de Qalamoun et les montagnes syro-libanaises

Les Jihadistes de l’EI sont de retour dans le Qalamoun
Les combattants de l’Etat Islamique (Daesh) avaient quitté le jurd de Qalamoun quelques jours avant la prise de la ville de Yabroud par le Hezbollah et les soldats fidèles à Assad.  Mais les Jihadistes de Daesh, sous les ordres d’Abou Hassan al-Falastini (le Palestinien) sont depuis revenus dans la région. Abou Hassan al-Falastini avait été membre de Fatah al-Intifada, une organisation jihadiste qui avait affronté l’armée libanaise dans le camp de Beddaoui, près de Tripoli, pendant trois longs mois. Abou Hassan avait alors réussi à regagner le camp de réfugiés de Yarmouk et avait fait plusieurs séjours dans les geôles syriennes avant d’être "opportunément" libéré et de rejoindre l’Etat Islamique appelé à l’époque Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL).
C’est en raison de son séjour au Liban qu’Abou Hassan est également connu parmi les Syriens sous le nom de guerre d’ Abou Hassan al-Loubnani» (le Libanais). 
L’arrivée en force des Jihadistes de l’EI dans la région du Qalamoun et les secteurs montagneux à cheval sur la frontière libano-syrienne pourrait provoquer, dans un bref avenir, un violent conflit entre les deux frères, jihadistes mais ennemis dans la région.

Les rebelles et le Hezbollah libanais s’affrontent depuis des mois dans le Qalamoun
Le Qalamoun a été le théâtre de violents combats entre les rebelles jihadistes, comprenant des membres du Front al-Nosra et de l’EI, se battant coude à coude, d’un côté et le Hezbollah libanais, les soldats fidèles à Assad et même des combattants chiites irakiens, d’autre part. Les pertes ont été très importantes des deux côtés, les combats étant particulièrement difficiles dans cette région montagneuse à cheval sur la frontière libano-syrienne. Le Hezbollah a néanmoins réussi à occuper pratiquement toutes les localités de la région et pensait avoir chassé les Jihadistes. Mais ceux-ci se sont retranchés dans les montagnes et caché dans des grottes. Et les combats n’ont jamais cessé. Le nombre des tués au sein du Hezbollah ne cesse de croître. Samedi 26 juillet, on apprenait, par exemple, que le propre neveu de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, avait été tué près d’Ersal, une localité libanaise proche de la frontière syrienne devenue une place forte des jihadistes. Hamza Yassine, le neveu, était chef d’une unité d’élite de l’organisation chiite libanaise.
 
L’Etat Islamique publiait sur Twitter les photos de ses combats contre le Hezbollah
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont à l'époque diffusé sur Twitter des photos de leur engagement contre le Hezbollah. Ils tenaient à montrer qu’ils étaient à la tête du combat contre les Chiites.

Depuis leur retour, l’Etat Islamique a été rejoint par plusieurs groupes de combattants islamistes rebelles
On a observé que plusieurs groupes de combattants rebelles avaient fait ces derniers temps allégeance à l’Etat Islamique. Il ya quelques jours, 500 éléments armés de la brigade « Aube de l’Islam » (Fajr al-Islam) dirigés par Abou Ahmed al-Jami’a ont annoncé avoir fait allégeance au « calife Ibrahim» (Abou Baker al-Bagdadi). Ils ont mis en ligne une vidéo où on voit  des dizaines de combattants de l’Aube de l’Islam proclamer leur ralliement. Il faut préciser que la plupart des militants de cette brigade sont originaires de Qousseir, une ville syrienne proche de la frontière libanaise qui avait été capturée après une sanglante bataille par le Hezbollah libanais pour le compte de Bachar el-Assad. Depuis la ville a été « chiisée » avec l’arrivée massive dans la ville de Libanais de confession chiite.  Défaits à Qousseir, les combattants de la brigade Aube de l’Islam avaient alors rejoint les Jihadistes du Front al-Nosra.
«L'aube de l'Islam» n’est pas la seule faction qui a juré allégeance à «l'Etat Islamique». Des informations signalent que le «bataillon Bilal Habashi» dirigé par le Syrien Raad Hammadi s’est lui aussi rallié à «Etat islamique». Une autre Information indique que le «bataillon al-Farouk» dirigé par Abou Omar Werdan,  qui s'était rendu célèbre lors du siège de Homs, serait sur le point de rallier l'Etat Islamique. 
En plus de ces brigades rebelles, on observe avec attention ce que va faire le «Premier Régiment Commando» dirigé par Idris al-Ma’arouf connu sous le nom de guerre d’Abou Ghazi, un groupe fort de plusieurs centaines de combattants. Aux dernières nouvelles, ce régiment rebelle coopère encore avec le Front al-Nosra.

Abou Hassan al-Falastini de l’EI et Abou Malek al-Souri du Front al-Nosra sont à couteaux tirés
Il est bien loin le temps ou l’EIIL et le Front al-Nosra luttaient côte à côte contre le Hezbollah libanais et les troupes d’Assad. Les combattants de l’EIIL étaient encore peu nombreux et ils avaient pris la sage décision de plutôt synchroniser leurs actions avec le chef local du Front al-Nosra, cheikh Abou Malek as-Souri. Leur place forte était à l’époque la localité de Rima dans le Qalamoun. Mais les Jihadistes de l’EI ont du sagement abandonner la région pour trouver refuge à l’est de la ville de Homs, au moment où le Hezbollah libanais s’emparait des localités rebelles les unes après les autres.
Revenu en force dans la région à la tête de ses troupes, Abou Hassan al-Falastini a bien l’intention de s’imposer, au grand dam d’Abou Malek al-Souri (le Syrien), le chef local du Front al-Nosra (al-Qaïda).
Abou Hassan suit la politique propre à l’EI, c’est-à-dire hégémonique et brutale. Son objectif est non seulement de combattre le Hezbollah et les soldats d’Assad, mais aussi de liquider tous ceux qu’il considère comme des infidèles, qu’ils soient syriens ou libanais.

L’EI est aujourd’hui aussi fort que le Front al-Nosra
Grace aux récents ralliements, l’Etat Islamique est aujourd’hui aussi fort en termes numériques que son concurrent, le Front al-Nosra et certainement beaucoup plus efficace sur le plan militaire.
C’est pourquoi Abou Mohammad al-Joulani, le chef du Front al-Nosra, devrait avoir beaucoup de mal à résister à l’avancée de l’Etat Islamique dans la région du Qalamoun.

Front de la Ghouta orientale
Le chef du Front Islamique (pro-saoudien) reçoit les hommages de la foule dans une mosquée de la Ghouta orientale, une place forte du Front, à l'occasion de la fête de l'Aïd el-Fitr. Remarquez la popularité de ce chef de guerre :
https://www.youtube.com/watch?v=zE7K9Vy8bFE&feature=p...

Front de Deraa (Sud syrien)
L'Armée Syrienne Libre poursuit son offensive au sud de la Syrie comme en témoigne cette vidéo d'un violent combat de nuit :
https://www.youtube.com/watch?v=Y7nJ-U1d5lM&feature=p...

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

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