15/07/2014

Kurdes : Votre pétrole nous intéresse !

Ankara était hostile à l’indépendance du Kurdistan irakien – mais ça, c’était avant
La Turquie voisine, qui abrite une forte minorité kurde (20 % de la population), s'est toujours déclarée opposée à une indépendance du Kurdistan et a, maintes et maintes fois, averti qu’elle était déterminée à défendre l'intégrité de l'Irak dans ses frontières actuelles.

Le pétrole kurde intéresse les Turcs
Mais le Kurdistan a du pétrole. Beaucoup de pétrole. Du pétrole à revendre. Et la Turquie est intéressée au plus haut point par les ressources en hydrocarbure du Kurdistan. Alors on explique depuis peu à Ankara, un peu gêné : « Nous sommes toujours contre l'idée d'un Kurdistan indépendant. Mais si notre position n'a pas changé, notre discours a évolué. » Il n’est plus question, aujourd’hui, de prononcer des paroles hostiles à l’indépendance du Kurdistan irakien.

Les Kurdes de Turquie ne sont plus un problème, affirme-t-on à Ankara. Mais le PKK toujours là.
De toute façon, explique-t-on dans les sphères gouvernementales turques, le problème kurde a perdu de son acuité dans le pays, compte-tenu du fait qu’un processus de paix est en cours. Une affirmation un peu hasardeuse dans la mesure où le PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, un parti indépendantiste kurde, est encore capable de faire preuve d’une grande agressivité sur le terrain et bénéficie sans doute d’un soutien (discret) du régime de Damas.

Officiellement, les Turcs soutiennent le Kurdistan contre l’agressivité des Jihadistes irakiens
Bien sûr, on ne va pas avouer que le gouvernement turc regarde avec convoitise brûler les flammes au-dessus des derricks pétroliers et que c'est la seule raison de son changement d'attitude vis-à-vis du Kurdistan irakien. On va, par contre, affirmer que, compte tenu des derniers développements en Irak, c’est-à-dire compte tenu de l’offensive fulgurante des Jihadistes de Daesh, et la menace islamiste radicale qu’ils font peser sur la région, on s’est résolu à Ankara à protéger le Kurdistan contre ces Islamistes.

La vraie raison : Les Turcs veulent poursuivre le commerce du pétrole kurde
Mais en clair, Ankara souhaite poursuivre sa politique de commercialisation du pétrole kurde vers les marchés internationaux. Cette politique avait déjà commencé en mai 2014, avant l’offensive de Daesh, et s’était, d'ailleurs, attirée les foudres de Bagdad.
C’est la raison pour laquelle, le ministre turc de l'Énergie, Taner Yildiz, s'était joint, le 14 juillet 2014, aux entretiens de M. Recep Tayyip Erdogan avec la délégation kurde conduite par le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, et qui comprenait également M. Ashti Hawrami, le ministre des Ressources naturelles kurde.

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Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

09:17 Publié dans Irak, Kurdistan, Massoud Barzani, Turquie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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