14/07/2014

Et pendant ce temps là…en Irak

Les combats continuent
On pourrait croire que la situation s’est apaisée en Irak ou en Syrie, vu que les medias ont tous les yeux braqués sur Israël et Gaza. Il n’en est rien. Les combats se poursuivent sans discontinuer dans la plupart des régions ouest et nord de l’Irak.


Tikrit
Les troupes gouvernementales poursuivent leur offensive, appuyées par la force aérienne. Le commandement irakien annonce qu’il est à la veille de reprendre le contrôle de la ville, mais les Jihadistes opposent une résistance féroce et l’annonce de la prise de cette ville symbole est retardée de jour en jour.
Pendant ce temps, les militants de l’Etat Islamique (Daesh) poursuivent le « nettoyage » des zones conquises. C’est ainsi qu’ils ont pratiquement rasé le village de Zowiya, proche de Tikrit. 28 personnes auraient été tuées par les Islamistes dans cette localité.
Le message de Daesh aux habitants du village ne peut être plus clair : «Tous ceux qui pensent lutter contre l'Etat islamique et comploter contre le califat savent maintenant ce que sera leur destin ".
Un habitant qui a réussi à fuir a déclaré : «Ce que nous avons vu ne ressemble à rien de toute l'histoire, pas même sous Hulagu,". Hulagu est le souverain mongol qui, au 13ème siècle, a dévasté Bagdad.
Les habitants de Zowiya avaient constitué une force pour contrer les Islamistes sunnites. À la fin de Juin, l'État islamique avait envoyé des émissaires pour parlementer avec les chefs de tribus locales. Ceux-ci avaient accepté de laisser entrer les combattants de Daesh dans un convoi de plusieurs dizaines de camions surmontés de mitrailleuses.
"Ils nous ont rassemblés et nous ont dit, "Nous voulons que vous nous remettiez toutes les armes et les véhicules", et ils nous ont donné quelques jours pour le faire ", a déclaré Abou Omar al Jubouri, un habitant de la localité.
Les villageois ont remis une quarantaine de canons de différents calibres, enlevé les barrages métalliques, et laissé le libre passage à l'Etat islamique. Cependant, les combattants ont provoqué les résidents en diffusant à tue-tête des chants religieux par haut-parleurs sur leurs camions et en criant des chants de victoire.
Le 7 juillet, les militants de Daesh sont entrés dans la maison d'un fonctionnaire qu’ils ont accusé d'essayer de former un "Sahwa" (force anti-jihadiste). Une fusillade s’en est suivie, obligeant les habitants à fuir tandis qu’ils étaient poursuivis par les Islamistes en voitures. 
Peu de temps après, vers midi, les Islamistes de Daesh tiraient au mortier sur Zowiya.
"Ils ne se soucient pas des femmes ou des enfants ou des innocents", déclarait un membre du  Croissant-Rouge. "Je pense que plus de 500 obus sont tombés au cours de la première heure. Les cadavres sont encore dans le village au moment où nous parlons, sous les décombres des maisons. ".
Les chefs des tribus ont appelé les négociateurs de Daesh avec lesquels ils avaient déjà eu à faire, mais ceux-ci ont refusé de leur parler.
Au lieu de cela, les Islamistes sont revenus dans la localité et ont fait sauter des maisons.

Les Tribus sunnites supportent de plus en plus mal les Jihadistes de Daesh
Des membres de la tribu al-Jabour, excédés par les terroristes de Daech, ont fini par exécuter deux de leurs chefs. De plus en plus de tribus irakiennes s'insurgent contre Daech qui a proclamé voici quelques jours un califat !!

Le Frère d’Aboubaker al-Baghdadi, l’émir de l’Etat Islamique, capturé
Les forces gouvernementales auraient capturé, jeudi 10 juillet, le frère du chef de Daesh, Aboubaker al-Baghdadi.

Ramadi
Le 12 juillet, la ville subissait un nouvel assaut des Jihadistes de Daesh. Les insurgés sunnites ont repris leur assaut contre Ramadi, le 12 juillet, et ont capturé des zones à l'ouest de la ville, tuant 11 policiers.
Les forces irakiennes vont recevoir le soutien de 4000 bénévoles pour repousser l’offensive.
2500 volontaires sont arrivés vendredi 11 juillet et le reste doit arriver samedi 12 juillet.  Les insurgés avaient saisi une partie de Ramadi, la capitale d'Anbar, au début de l'année 2014, avant que les forces irakiennes ne reprennent le contrôle d’une grande partie de la ville.

Les forces gouvernementales ont repoussé un assaut des Jihadistes de Daesh à Haditha
Les forces irakiennes et des combattants tribaux ont repoussé samedi 12 juillet un assaut des Jihadistes de Daesh contre Haditha, une ville de la province sunnite d’al-Anbar, à l'ouest du pays. Haditha abrite une raffinerie de pétrole et est située près d'un important barrage.
Les insurgés sunnites ont commencé par soumettre la ville à un déluge d’obus, puis ils ont donné l’assaut à bord de véhicules de deux côtés de la ville. Les combats ont fait 13 morts parmi les assaillants et 4 parmi les forces gouvernementales

Province de Diyala
Dans la province de Diyala, à l'est, les forces de sécurité et des volontaires civils ont lancé une offensive pour tenter de reprendre des zones au nord de Mouqdadiya tombées aux mains des insurgés, une ville située sur la route menant au chef-lieu Baqouba. La base de Mouqdadiya était tombée aux mains des insurgés sunnites, jeudi 10 juillet. La base de Mouqdadiya est située à 80km de Bagdad. Les insurgés, parmi lesquels de nombreux combattants arabes non-irakiens, fortement armés et disposant de tanks, ont réussi à s’emparer d’une partie de la base. C’est pour les en déloger que les forces de sécurité et les volontaires ont lancé une contre-attaque. 
Les jihadistes de Daesh ont également progressé au sud de Mouqdadiya, en direction de Baaqouba.

Jalawla
Jalawla fait partie des territoires du nord de l'Irak que les dirigeants du Kurdistan irakien souhaitent intégrer à leur région autonome, ce à quoi s'opposent les autorités centrales à Bagdad, comme les Jihadistes de Daesh.
Le 12 juillet, les Peshmergas kurdes,ont lancé une opération visant à expulser les insurgés des secteurs qu'ils contrôlent à Jalawla.
Les forces kurdes ont lancé une offensive avec des chars et de l'artillerie lourde, ce qui leur a permis de reprendre certains secteurs.

Daesh (l’Etat Islamique) a repris sa progression vers Bagdad
Après une longue période de stabilité des lignes de front, les Islamistes de Daesh sont repartis à l’offensive en direction de Bagdad. Ils ont attaqué aux premières heures du dimanche 13 juillet, la ville de Dhoulouiya, à 80 km au nord de Bagdad. Ils ont lancé leur assaut à bord de 50 à 60 véhicules en pleine nuit et ont pris le contrôle d’une grande partie de la ville.
Ils avaient été repoussés hors de Dhoulouiya le 14 juin par des troupes fidèles au Premier ministre irakien, le chiite Nouri al-Maliki, appuyées par des hommes de la milice chiite Assaïb Ahl al Haq.
Il ne restait plus, au soir du 13 juillet, que le quartier d’al-Joubour où des combattants tribaux continuaient de résister malgré l’ultimatum lancé par les Jihadistes. Les insurgés sunnites avaient offert à leurs adversaires résistant dans Al-Joubour,  d'épargner leurs vies et celles des membres des forces de sécurité s'ils se rendaient. Les combattants tribaux ont refusé et les insurgés ont repris leur offensive, lundi 14 juillet, contre le quartier situé au sud de la ville. Les Jihadistes ayant fait sauter un pont sur le Tigre pour empêcher l’acheminement de renforts de l’armée à partir de Balad, une ville chiite voisine, les habitants ont du fuir les combats en franchissant le fleuve en bateau.

Bagdad
Des centaines de membres de sécurité étrangers (non-irakiens), lourdement armés, assurent la sécurité de certains lieux stratégiques à Bagdad.

Des exécutions extrajudiciaires par les forces du régime
Selon Human Rights Watch, les forces irakiennes en fuite lors de l’offensive de Daesh de juin dernier, ont exécuté au moins 255 prisonniers islamistes.
 «Les forces et les milices affiliées au gouvernement sécurité irakiennes semblent avoir illégalement exécuté au moins 255 prisonniers ... depuis le 9 Juin," a rapporté Human Rights Watch. «Les exécutions extrajudiciaires de masse peuvent être des preuves de crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité."
HRW a déclaré qu'il avait enrégistré des informations concernant des meurtres en masse de prisonniers dans la deuxième ville d'Irak de Mossoul et dans les villes et villages de Tal Afar, Baquba, Jumarkhe et Rawa.

Les Peshmergas kurdes se sont emparés de champs pétroliers
L’information donnée le 11 juillet a fait l’objet de vidéos :
https://www.youtube.com/watch?v=NLFnl3kurw4&feature=p...
https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&a...

Négociations entre le Kurdistan et des émissaires iraniens
Une délégation iranienne est arrivée à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, pour encourager les Kurdes à mobiliser leurs forces contre l'État islamique.
Les Iraniens ont rencontré des représentants du  Parti démocratique du Kurdistan et de l'Union patriotique du Kurdistan.
Les émissaires iraniens auraient également rencontré des représentants sunnites à Erbil, qui leur ont dit qu’ils refusaient que des forces chiites soient envoyées par le gouvernement de Bagdad pour combattre les insurgés jihadistes.
D'autres partis kurdes demandent que les Kurdes restent en dehors d'une guerre qui est, en fait, un soulèvement sunnite contre le Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, mais l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), soutenu par l'Iran, est prêt à se joindre au combat contre l’Etat islamique.

La CIA se renforce au Kurdistan
La CIA a renforcé sa présence au Kurdistan irakien en s’installant à la périphérie de l'aéroport d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.
L’information est confirmée par des entrepreneurs occidentaux engagés dans l'agrandissement des installations, ainsi que par un responsable du renseignement local. Le QG de la CIA est à quelques centaines de mètres de la route d’Erbil à Mossoul.
Les Peshmergas kurdes coopèrent avec la CIA et les forces spéciales américaines, ainsi qu’avec le Joint Special Operations Command. Les points de contrôle et les bunkers de la CIA sont protégés par les Peshmergas.

Les Etats-Unis ont finalement suspendu la vente des avions F-16 à l'Irak
Les Etats-Unis ont sans doute voulu faire pression sur la classe politique irakienne pour qu’ils mettent à la tête du gouvernement un homme plus conciliant que Nouri al-Maliki, même s’ils ont utilisé le motif de l’instabilité du pays pour suspendre la vente d’avions F-16. Les avions devaient être livrés en septembre 2014.
18 pilotes irakiens se trouvent, actuellement, aux Etats-Unis pour s'entrainer à piloter les avions F-16.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

 

17:54 Publié dans Etat Islamique, Irak, Kurdistan, Peshmerga, Pétrole, Ramadi, Tikrit | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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