10/07/2014

Hamas-Israël : Risque d’un conflit long et meurtrier

Absence de médiation extérieure
Le conflit qui a éclaté le 8 juillet 2014 entre le Hamas et Israël risque d’être long et meurtrier car, contrairement à ce qui s’était passé en 2012, aucun pays n’a de prise sur l’organisation islamiste palestinienne. L'Égypte, qui était intervenu comme médiateur lors du précédent conflit entre Israël et le Hamas, a rompu toute relation avec l’organisation islamiste de Gaza depuis la prise de pouvoir par le général Sissi. Et le régime égyptien a fait savoir, la semaine dernière, qu’elle n’avait aucune intention de faire pression sur Israël pour mettre un terme au conflit. Il ne resterait, comme médiateur possible que le Mahmoud Abbas ou la Turquie.

Le Hamas peut résister six semaines
Le Hamas a la capacité militaire de tenir environ six semaines. Son stock d’armement est estimé à 10 000 missiles environ. Il possède quelques missiles capables d’atteindre des objectifs éloignés de 160km au maximum, ce qui met une grande partie du territoire israélien à portée de ses armes. Mais le Hamas est obligé d’utiliser ces missiles de longue portée avec parcimonie car il aura du mal à reconstituer ses stocks en raison du blocus imposé par Israël et l’Egypte. 
Il reste une éventualité (toute théorique) d’une entrée en jeu du Hezbollah, mais l’organisation chiite libanaise est très engagée en Syrie pour se laisser engagée sur un autre front. Quant aux organisations jihadistes libanaises, comme les brigades Abdallah Azzam, il est peu probable que le Hezbollah qui contrôle le Sud Liban les laisse s’approcher de la frontière israélienne pour tirer des missiles. Il semble, cependant, que trois missiles aient été tirés par les Brigades Abdallah Azzam le premier jour du conflit sur le nord d’Israël, mais l’Etat hébreu n’a pas confirmé cette information en provenance d’un correspondant à Beyrouth.

Le Hamas a tout à gagner et plus rien à perdre
Le Hamas est en proie à d’énormes difficultés financières depuis la chute du régime islamiste égyptien de Mohammad Morsi. C’est la raison pour laquelle il s’était récemment rapproché de l’Organisation de Libération Palestinienne (OLP) de Mahmoud Abbas.
Aux abois, le Hamas doit à tout prix obtenir une « victoire », même symbolique, pour retrouver grâce auprès de la population palestinienne, un peu comme le Hezbollah en 2006.

Israël veut la mise hors de combat pure et simple du Hamas
L’Etat hébreu, cette fois, ne lâchera pas facilement sa proie.  Le gouvernement israélien ne peut accepter de voir Tel-Aviv à portée de fusées d’une organisation qu’il considère comme « terroriste ». Il est hors de question, pour Netanyahu, de négocier un cessez-le-feu qui permettrait à l’organisation palestinienne de conserver son stock de roquettes et missiles. Il avait déjà accepté un tel accord, mettant un terme à l’opération « Pilier de la défense » de novembre 2012. Et on a vu le résultat : le Hamas a bientôt repris son harcèlement du sud d’Israël a coup de roquettes et d’obus de mortier.
C’est la raison pour laquelle Israël devrait finalement prendre le risque de lancer une opération terrestre contre le territoire palestinien de Gaza pour le « nettoyer » des infrastructures du Hamas et de ses armements.
Une opération difficile, toutefois, car entrer sur le territoire de Gaza sera extrêmement risqué et couteux  pour les soldats israéliens.

Netanyahu sensible à l’opinion internationale
Pour l’instant, Benyamin Netanyahu n’a pas l’intention de négocier un cessez-le-feu. "Nous ne parlons avec personne en ce moment de cessez-le-feu, ce n'est pas à l'ordre du jour", a déclaré le Premier ministre lors d'une réunion de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, le 10 juillet.
Mais le premier ministre israélien sait parfaitement qu’à la moindre bavure de l’armée, l’opinion internationale se retournera contre l’Etat hébreu. C’est la raison pour laquelle il affiche une relative modération. Il a, par exemple, refusé de couper l'approvisionnement d'électricité de la bande de Gaza, comme l'exigeaient les "faucons" de son gouvernement ou certains députés de droite et d'extrême droite.. Cet approvisionnement dépend d'Israël "Nous ne pouvons pas nous conduire comme la Russie en Tchétchénie", aurait-il dit, selon le Haaretz.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

19:17 Publié dans Binyamin Netanyahou, Brigades Abdallah Azzam, Gaza, Hamas, Hezbollah, Israel | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

Commentaires

Heu... ça fait déjà longtemps que ça dure, hein...

Le 21 février 1970, c'est pas les extra-terrestres qui ont fait péter un engin explosif dans un avion suisse en partance pour Israël.

Ce sont des terroristes palestiniens.

Alors le "conflit long et meurtrier" il dure déjà au moins depuis 44 ans déjà.

Écrit par : Keren Dispa | 10/07/2014

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