20/06/2014

Combien d’étrangers au sein de l’EIIL en Irak ?

Pas encore de chiffres précis mais de nombreux étrangers d'un grand nombre de pays
Il est difficile de fournir de chiffres précis sur le nombre des combattants étrangers participant aux actes de violences en Irak.
Mais on possède quelques données datant de la période précèdant l’offensive jihadiste de juin 2014. Selon les services de sécurité américains et européens, 14 tunisiens combattant dans les rangs de l’EIIL ont mené des attentats à la ceinture explosive en Irak en mars et avril 2014. Un Danois et Tadjik se sont également fait exploser.
Dans un rapport publié le 23 avril dernier, les services de renseignement hollandais ont révélé que deux Hollandais ont mené deux attentats en 2013. L’un d’eux s’est fait exploser en Syrie et l’autre en Irak.
De nombreux membres de l’EIIL sont originaires d’Arabie Saoudite, de la Libye, d’Egypte, du Maroc et de la Jordanie, de Bosnie, Tchétchénie, Pakistan, Afghanistan et de plusieurs pays occidentaux, dont la France.

Des Indonésiens qui poseront un risque pour l’Indonésie
J’ai plusieurs fois mis en ligne des vidéos affichant un texte en langue indonésienne. D’après les services indonésiens de la lutte contre le terrorisme, une soixantaine d'Indonésiens se sont rendus en Syrie et en Irak pour rejoindre les rangs des rebelles sunnites.
Ils représentent un énorme risque pour l’Indonésie.
Tout le monde se souvient du sanglant attentat de Bali en 2002 (202 morts parmi lesquels une majorité d'Australiens). Un autre attentat avait fait neuf morts en juillet 2009 dans des hôtels de luxe à Djakarta. Mais depuis l'archipel n'avait pas connu d'attentat majeur. Les quelques actes terroristes, qui auparavant visaient des étrangers, ont dorénavant des cibles indonésiennes, telles la police ou des minorités religieuses (notamment la minorité chiite).
Avec 200 millions de Musulmans, l’Indonésie est le premier pays musulman au monde. La plupart des musulmans indonésiens sont sunnites et la violence sectaire opposant ces derniers aux chiites a augmenté ces dernières années. On observe également un soutien croissant pour les jihadistes sunnites de l’État islamique en Irak et au Levant-EIIL, à en juger par l’activité des réseaux sociaux. Et en mars 2014, une coalition de groupes islamistes partisans de la ligne dure avait défilé à Djakarta pour prêter ouvertement allégeance à l’EIIL.

 En Malaisie : même situation
J’ai déjà fait part d’une situation identique en ce qui concerne des Malais présents sur les théâtres syrien ou irakien.
Comme cela a été le cas dans de nombreux pays musulmans, les chiites de Malaisie sont considérés comme des hérétiques dans un pays dont la population est majoritairement sunnite. Dernièrement, nous avons remarqué une recrudescence du conflit Sunnites-Chiites en Malaisie. Les Chiites de l’Etat de Kedah, au Nord-Ouest de la Malaisie, ont été l’objet d’attaques venant cette fois du Premier Ministre de cet Etat nouvellement créé. Ce dernier prétendait vouloir stopper la propagation du chiisme dans son état. A noter qu’il bénéficie du soutien du ministre fédéral en charge des affaires religieuses.
La presse malaise, contrôlée par le gouvernement, publie fréquemment des articles anti-chiites, tout comme la télévision et la radio.
La dernière grosse attaque contre la communauté chiite a eu lieu il y a 3 ans, lors de la célébration du martyre de l'Imam Hussein, en plein mois de Ramadan.
Mais le sentiment anti-chiite semble redoubler depuis l’éclatement de la guerre civile syrienne et les évènements en Irak. La communauté sunnite de Malaisie a pris fait et cause pour leurs frères sunnites, et qu’elle considère opprimés par une minorité chiite.
Les Chiites malais se défendent et affirment que le conflit en Syrie et en Irak n'est pas un conflit sectaire, mais un conflit alimenté par les Etats-Unis et Israël pour leurs propres intérêts régionaux. Ils prétendent que, même si certains d’entre eux saluent les exploits militaires du Hezbollah contre Israël, les Chiites malais dans leur vaste majorité n’ont rien à voir avec l’organisation libanaise.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

08:07 Publié dans Etat Islamique, Irak | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

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