ARABIE SAOUDITE

  • Frontlive-Chrono – Jeudi 16 mai 2019

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    Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont nettement envenimées depuis une semaine.
    Washington a fait monter la pression sur Téhéran ces derniers jours et renforcé sa présence militaire dans le Golfe, face à des menaces d’attaques « imminentes » contre ses intérêts dans la région attribuées à l’Iran.
    De son côté, l’Iran promet une « défaite américano-sioniste ».
    « La fière nation de la République islamique d’Iran sortira de cette passe délicate la tête haute, comme elle l’a fait à chacun des tests précédents, en s’appuyant sur la détermination et la résolution de la population, la puissance de ses forces armées et les efforts et le soutien du gouvernement », a déclaré le général de brigade iranien Amir Hatami. Tout cela conduira « le front américano-sioniste à éprouver le goût amer de la défaite », a ajouté le général, cité par Isna.
    Et pour répondre au retrait unilatéral annoncé il y a un an par les Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, Téhéran a indiqué le 8 mai avoir suspendu certains de ses engagements pris en vertu de ce texte.
    Face à cette escalade, qui inquiète notamment les Européens et les Russes, partisans d’un maintien de l’accord sur le nucléaire iranien, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a affirmé mardi qu’il n’y aurait « pas de guerre » avec les Etats-Unis. « Ni nous ni eux ne cherchons la guerre, ils savent qu’elle ne serait pas dans leur intérêt », a-t-il affirmé.
    Il n’en reste pas moins que plusieurs évènements inquiétants ont eu lieu ces derniers jours: Attaque de quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens », au large des côtes de l’Emirat de Fujairah, suivie le lendemain par l’attaque par des drones armés des Houthis, alliés de l’Iran, contre les stations de pompage 8 et 9 de l’oléoduc est-ouest saoudien.
    Riyad estime que les récentes attaques menacent les approvisionnements de brut
    Le gouvernement saoudien a estimé que les récentes attaques « terroristes » contre des navires et des installations pétrolières menacent non seulement le royaume, mais aussi « la sécurité des approvisionnements » en brut et « l’économie mondiale », selon un communiqué publié mercredi.
    Des attaques de drones revendiquées par les rebelles yéménites houthis ont provoqué la fermeture d’un oléoduc majeur mardi en Arabie saoudite, faisant monter d’un cran les tensions dans le Golfe deux jours après le sabotage mystérieux de quatre navires près des Emirats arabes unis.
    Réuni tard mardi soir à Djeddah (ouest de l’Arabie saoudite) sous la présidence du roi Salmane, le gouvernement saoudien a affirmé « l’importance de faire face aux entités terroristes qui commettent de tels actes de sabotage, notamment les miliciens houthis soutenus par l’Iran au Yémen », a indiqué le ministre des Médias Turki Al-Shabanah dans ce communiqué.
    Le ministre a déclaré que le cabinet avait réitéré la dénonciation par le royaume « des actes subversifs » ayant visé dimanche des navires commerciaux civils, dont deux pétroliers saoudiens, près des eaux des Emirats arabes unis. Cela « constitue une menace flagrante pour la sécurité du trafic maritime » et a « des conséquences négatives sur la paix et la sécurité régionales et internationales », a-t-il ajouté.
    M. Shabanah a aussi rappelé « la responsabilité commune de la communauté internationale dans la préservation de la sécurité de la navigation maritime et de la sécurité des pétroliers pour éviter des impacts négatifs » sur les marchés de l’énergie et les risques sur l’économie mondiale.
    Si l’Iran ne peut pas vendre son pétrole, personne ne pourra vendre, avait menacé Téhéran
    Rappelons que les Etats-Unis ont organisé un boycott international des livraisons de pétrole iranien, ce qui a conduit Téhéran a menacer d’empêcher toute livraison de pétrole du Moyen Orient dans le cas où Washington persistait dans son intention d’empêcher les livraisons d’hydrocarbure iranien.
    Washington ordonne à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter Bagdad, Erbil
    Washington accuse la République islamique de préparer des « attaques » contre les intérêts américains au Moyen-Orient.
    Pour faire face à cette menace qu’il juge crédible, le département d’Etat américain a ordonné mercredi à son personnel diplomatique non-essentiel de quitter l’ambassade de Bagdad et le consulat d’Erbil (nord).
    Selon une alerte de sécurité postée sur son site, le département d’Etat explique avoir donné l’ordre de partir au personnel américain gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil.
    « Les services habituels de visa dans les deux postes sont temporairement suspendus », ajoute l’avis. « Le gouvernement américain a une capacité limitée pour fournir des services d’urgence aux citoyens américains en Irak », précise-t-il.
    Le département d’Etat prévient également dans un avis déconseillant aux voyageurs de se rendre en Irak que « de nombreux groupes terroristes et rebelles sont actifs en Irak et attaquent régulièrement les forces de sécurité irakienne comme les civils ». « Des milices confessionnelles anti-américaines peuvent également menacer les citoyens américains et les compagnies occidentales dans tout l’Irak ».
    Washington avait fermé fin septembre son consulat à Bassorah en invoquant des « menaces » émanant de l’Iran après des manifestations meurtrières dans cette ville du sud de l’Irak. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué « des incidents répétés de tirs indirects » et incriminé des milices contrôlées par l’Iran.
    La semaine dernière, M. Pompeo a effectué une visite surprise à Bagdad, après avoir annulé en dernière minute une visite prévue à Berlin au motif de « questions urgentes à régler.
    « La raison pour laquelle nous allons » à Bagdad « ce sont les informations qui indiquent une escalade des activités de l’Iran », a dit Mike Pompeo aux journalistes qui l’accompagnaient dans son voyage vers la capitale irakienne, où il a rencontré le Premier ministre Adel Abdel Mahdi et le président Barham Saleh.
    Au terme de sa visite, il a déclaré avoir reçu « l’assurance » des dirigeants irakiens qu’ils « comprenaient que c’était leur responsabilité » de « protéger de manière adéquate les Américains dans leur pays ».
    La semaine dernière, le Pentagone a annoncé l’envoi dans la région d’un navire de guerre et d’une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de bombardiers B-52.
    Il a justifié ce déploiement par des « signaux clairs montrant que les forces iraniennes et leurs affidés font des préparatifs à une attaque possible contre les forces américaines ».
    Selon le New York Times, le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a présenté à des conseillers de M. Trump un plan selon lequel jusqu’à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l’Iran attaquait des forces américaines.
    Mardi, M. Pompeo a réfuté toute volonté de guerre avec l’Iran de la part des Etats-Unis.
    Le Kremlin s’inquiète de « l’escalade des tensions » malgré les assurances de Pompeo
    Le Kremlin s’est inquiété mercredi de la poursuite de « l’escalade des tensions » autour de l’Iran malgré les déclarations du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo assurant en Russie ne pas vouloir de guerre avec Téhéran.
    « Pour l’instant, nous constatons que l’escalade des tensions sur ce thème se poursuit », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant les Etats-Unis de « provoquer » l’Iran.
    « Fondamentalement, nous ne cherchons pas une guerre avec l’Iran », avait affirmé M. Pompeo mardi soir au cours d’une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Sotchi (sud-ouest de la Russie), avant de rencontrer Vladimir Poutine.
    « On peut difficilement parler de quelconques assurances : il y a une situation évidente qui est la tendance à la poursuite de l’escalade », a réagi M. Peskov.
    Ce dernier a ajouté « voir avec regret les décisions prises par l’Iran », tout en disant « comprendre que l’Iran ne prenne pas ces décisions volontairement mais en réaction à la pression » : « Et ce sont précisément les actions des Etats-Unis qui provoquent l’Iran ».
    L’Allemagne et les Pays Bas suspendent la formation des forces armées irakiennes
    En raison des risques liés aux tensions entre l’Iran et les Etats-Unis et le débordement possible du conflit dans les pays de la région, l’Allemagne et les Pays-Bas ont décidé de suspendre leurs formations militaires en Irak.
    « La Bundeswehr a suspendu sa formation », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère allemand de la Défense, Jens Flosdorff, en réponse à une question sur l’attitude de l’Allemagne en Irak face aux tensions avec l’Iran dans la région. Il a parlé d’une « vigilance accrue » de l’armée allemande dans le pays, sans exclure que les exercices menés par les instructeurs puissent reprendre « dans les prochains jours » si la situation le permet.
    Les Pays-Bas ont annoncé une décision similaire. Le ministère néerlandais de la Défense, cité par l’agence de presse ANP, a parlé de « menaces » pour justifier cette décision.
    La Bundeswehr déploie actuellement environ 160 de ses instructeurs en Irak, au nord de Bagdad et à Erbil dans le Kurdistan irakien, dans ce dernier cas pour y soutenir les peshmergas (combattants kurdes). De leur côté les Pays-Bas disposent de 50 instructeurs militaires également à Erbil dans le cadre de la coalition internationale contre l’Etat islamique (EI), ainsi que de deux conseillers militaires et quatre experts civils dans le cadre d’une mission de soutien de l’OTAN à Bagdad.

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  • Arabie saoudite : Les rebelles chiites yéménites ont revendiqué une attaque contre un oléoduc majeur saoudien - – Forte hausse des prix du pétrole

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    Oléoduc est-ouest.jpg

    L’Arabie saoudite a interrompu mardi les opérations sur un oléoduc majeur du royaume après une attaque de drones ayant visé deux stations de pompage près de la capitale Riyad, a annoncé le ministre de l’Energie Khalid al-Falih.
    Dans une déclaration relayée par l’agence officielle saoudienne Spa, M. Falih a indiqué que deux stations de pompage avaient été visées par des « drones armés », ce qui a provoqué un « incendie » et des « dégâts mineurs » à une station, avant que le sinistre ne soit maîtrisé. L’attaque a eu lieu entre 06h00 et 06h30 locales (03h00 et 03h30 GMT), a-t-il précisé. La compagnie Aramco « a pris des mesures de précaution et a interrompu temporairement les opérations sur l’oléoduc » Est-Ouest qui relie la Province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, et le port de Yanbu sur la mer Rouge, a-t-il dit.
    Cet oléoduc d’une longueur de 1.200 kilomètres a une capacité d’au moins cinq millions de barils par jour.
    M. Falih a condamné l’attaque de mardi, soulignant que « les derniers actes de terrorisme et de sabotage dans le Golfe (…) visent non seulement le royaume (saoudien), mais aussi la sécurité des approvisionnements pétroliers dans le monde et l’économie mondiale ».
    « Ces attaques prouvent une fois de plus qu’il est important pour nous de faire face aux entités terroristes, y compris les miliciens houthis au Yémen qui sont soutenues par l’Iran », a-t-il affirmé. Le ministre saoudien a conclu sa déclaration en affirmant que « les approvisionnements et les exportations de brut et de produits pétroliers (saoudiens) fonctionnent normalement sans interruption ».
    Revendication des rebelles chiites yéménites
    Plus tôt, la chaîne de télévision al-Massirah, contrôlée par les rebelles au Yémen voisin, avait fait état d’une « opération militaire majeure » contre des cibles saoudiennes avec « l’utilisation de sept drones » contre des « installations vitales » saoudiennes.
    « Cette importante opération militaire est une réponse à l’agression persistante et au blocus de notre peuple et nous sommes prêts à mener des frappes encore plus dures », a déclaré ce militaire cité par al-Massira sur Twitter.
    L’Arabie saoudite intervient militairement depuis 2015 dans le conflit au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles houthis, soutenus politiquement par l’Iran.
    Dimanche, de mystérieux « actes de sabotage » ont été commis sur quatre navires dans le Golfe, dont deux pétroliers saoudiens, selon les autorités des Emirats arabes unis, pays allié de Riyad.
    On ne sait pas si les houthis, qui sont en guerre au Yémen contre la coalition militaire sunnite dirigée par d’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, voulaient ainsi revendiquer la responsabilité de l’attaque de dimanche, qui a eu lieu près de l’émirat de Fujairah.
    L’émirat se trouve juste à l’entrée du détroit d’Ormuz. Les autorités des EAU n’ont pas précisé la nature de l’attaque ni qui était derrière elle.
    Les houthis ont à plusieurs reprises lancé des attaques de drones et de missiles contre l’Arabie saoudite et ont également revendiqué des attaques de drones sur les Émirats arabes unis.
    La Coalition émirati-saoudienne
    La coalition émirati-saoudienne, soutenue par l’Occident, a commencé à bombarder le Yémen par voie aérienne en mars 2015 pour tenter de rétablir le gouvernement reconnu par la communauté internationale, renversé du pouvoir par les houthis l’année précédente et contraint de quitter la capitale Sanaa.
    La guerre au Yémen est considérée comme une guerre par procuration entre les deux puissances de la région, l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite. Les houthis refusent d’être considérés comme des pions avancés par l’Iran. Ils disent que leur révolution a pour but de lutter contre la corruption.
    Les Emirats et l’Arabie saoudite sont également de proches alliés des Etats-Unis qui n’ont cessé de durcir le ton contre Téhéran, que ce soit sur le dossier nucléaire ou ses « actions déstabilisatrices » au Moyen-Orient.
    Les prix du pétrole en forte hausse après l’annonce de l’attaque des rebelles chiites yéménites
    Les prix mondiaux du pétrole mardi après-midi ont ont progressé de 1 à 1,4% dans le contexte des nouvelles de l’attaque de drones contre le principal pipeline d’Arabie saoudite, selon les bourses de valeurs.
    À 14h29, heure de Moscou, le coût des contrats à terme standardisés pour le mois de juillet pour le mélange de pétrole brut Brent de la mer du Nord a augmenté de 1,37%, à 71,17 dollars le baril, tandis que celui des contrats à terme standardisés pour le mois de juin a augmenté de 1,03% à 61,67 dollars. Le matin, la hausse du coût des deux types de pétrole était de 0,3 à 0,4%.
    L’Arabie saoudite frappe des positions houthies au Yémen
    L’armée de l’air saoudienne a lancé 17 frappes contre une base insurgée houthie près de la ville d’Abbas, dans le nord-ouest du Yémen.
    Les coups ont été portés en réponse à l’attaque des stations de pompage d’oléoducs en Arabie saoudite par les Houthis à l’aide de drones.
    Détails sur les cibles attaquées
    L’Arabie saoudite a annoncé une attaque par drone des deux stations de pompage 8 et 9 d’Aramco.
    Ces stations de pompage 8 et 9 soutiennent le flux de pétrole et de gaz à travers les gazoducs de la région orientale jusqu’à Yanbu, sur la mer Rouge, en passant par Dawadmi et Afif, près de Riyad, .
    Ces deux pipelines majeurs, reliant les installations de production de pétrole dans la région orientale du royaume jusqu’au port de Yanbu ont été installés en 1982.
    L’un des gazoducs transporte le gaz naturel liquide provenant d’installations de traitement du gaz situées dans la région de Shadqam, à 1 871 kilomètres de Yanbu.
    L’autre pipeline, qui s’étend sur 1 200 kilomètres, transfère du pétrole brut de la région d’Abqaiq.
    Le pipeline, connu sous le nom de pipeline Est-Ouest, est surveillé et contrôlé par ordinateur.
    L’oléoduc de pétrole brut, d’un diamètre de 122 cm, était à l’origine capable de transporter 1,85 million de barils de pétrole brut par jour jusqu’à Yanbu pour le raffinage et l’exportation.
    Saudi Aramco a augmenté plus tard sa capacité pour atteindre 3,2 millions de barils par jour en élargissant le diamètre de tube parallèle de 142 cm (56 pouces).
    L’agrandissement de la station de pompage à la fin de 1992 a porté la capacité du pipeline à 4,5 millions de barils par jour.
    Les installations pétrolières de Yanbu comprennent 11 réservoirs de stockage à toit flottant (1 million de barils chacun), auxquels s’ajoute un réservoir de 1,5 million de barils par jour, le plus grand réservoir du Royaume, construit en 1992 pour augmenter la capacité journalière.
    Le système est relié à quatre lignes de remplissage de 142 cm de diamètre chacunes, reliant des réservoirs de stockage aux plateformes de remplissage de pétroliers.
    Le système est capable de fournir 130 000 barils de pétrole brut par heure et par poste.

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