22/09/2017

Irak : Les forces irakiennes à ash-Shirqat, un fief de l'EI sur la route de Hawija

Irak 
Charqat
Les forces irakiennes à ash-Shirqat, un fief de l'EI sur la route de Hawija
Les forces gouvernementales irakiennes sont parvenues vendredi 22 septembre au centre d'ash-Shirqat, une localité tenue par les jihadistes de l'Etat islamique. Ash-Shirqat était le premier objectif de l'offensive lancée jeudi pour reprendre la poche de Hawija, une des deux poches encore contrôlées par Daesh en Irak.
Ash-Shirqat se trouve à 30 km au nord-ouest du principal objectif des forces irakiennes dans le nord de l'Irak: Hawija, une localité tombée aux mains de l'EI en juin 2014.
Vidéo :
Cette vidéo mise en ligne par le Hashed al-Shaabi (milices chiites) montrent les forces pro-gouvernementales (ici lesæ miliciens chiites) entrant à ash-shirqat:
https://www.youtube.com/watch?v=qCmyJ9pJF-k&feature=y...
Les forces irakiennes ont enlevé les drapeaux des jihadistes, ont obligé des hommes à se dévêtir pour voir s'ils ne cachaient pas d'armes tandis que d'autres civils dansaient et des femmes poussaient des youyous, selon un vidéaste de l'AFP.
Les forces impliquées dans l'opération visant à reprendre ash-Shirqat et Hawija sont l'armée, la police fédérale, des forces d'intervention rapide et les forces paramilitaires du Hached al-Chaabi, une coalition de milices majoritairement chiites et souvent soutenues par l'Iran.
Le chef des opérations dans ce secteur, le général Abdel Amir Yarallah, avait fait état jeudi de la reprise de 20 localités près d'ash-Shirqat.
Les forces gouvernementales ont également sécurisé la route de Makhmur-al-Mahmudiah au nord de la rivière Al-Zab.
Trois ans après l'offensive-éclair qui avait permis aux jihadistes de s'emparer d'un tiers de l'Irak et de près de la moitié de la Syrie, leur territoire se réduit comme peau de chagrin.
Outre Hawija, les jihadistes contrôlent encore trois localités dans la province d'al-Anbar, dans l'ouest du pays: Anah, Rawah et surtout al-Qaïm, tout près de la frontière syrienne.
Un officier supérieur irakien dans la région a indiqué à l'AFP que les forces irakiennes s'étaient emparés jeudi de la ville d'Anah et poursuivaient leur offensive.

Sinjar
Des affrontements ont éclaté entre miliciens yézidis du PKK et miliciens chiites près de Sinjar (Shingal)
(De notre correspondant en Irak
Des affrontements armés ont éclaté, vendredi 22 septembre, entre des membres Yézidis des unités de protection de Shingal (YBS) et les miliciens arabes chiites du Hashed al-Shaabi près de Shingal.   
Le Hashed al-Shaabi est une coalition de milices majoritairement chiites dont nombre d'entre elles sont soutenues par l'Iran.  
Le YBS est une force armée formée par le PKK pour protéger les zones Yezidi, près de Khanasour, l'objectif du PKK étant de sécuriser la frontière toute proche avec la Syrie.
Les affrontements ont débuté lorsque des miliciens du Hashed al-Shaabi ont tenté de traverser un territoire contrôlé par le YBS
Les combats auraient fait jusqu'ici deux morts du côté YBS et trois du côté Hashed al-Shaabi. Par ailleurs, sept autres combattants Hashed al-Shaabi auraient été blessés.
Le commandant des Peshmerga dans la région, Qasim Darbo, a exhorté toutes les forces militaires présentes dans la région à éviter de tels affrontements. Sinjar ne doit pas devenir un champ de bataille pour les conflits d'autrui, a-t-il ajouté.
 
Jean René Belliard

 

31/08/2017

L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

L'Irak annonce officiellement la reprise de Tal Afar

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé jeudi 31 août  la reprise à l'Etat islamique (Daech) de Tal Afar, l'un des trois derniers bastions jihadistes dans le pays, finalisant ainsi la reconquête de l'ensemble de la province septentrionale de Ninive.

"Notre bonheur est complet, la victoire est arrivée et la province de Ninive est désormais entièrement aux mains de nos forces", a affirmé M. Abadi dans un communiqué parvenu à l'AFP, en référence à cette région du nord de l'Irak dont les forces anti-EI avaient déjà repris début juillet le chef-lieu, Mossoul, aux jihadistes.
 

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16/08/2017

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji    
Sept membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués lors d'affrontements mercredi 16 août avec des jihadistes à Baïji, ville située au nord de Bagdad et reprise fin 2014 au groupe Etat islamique (EI), a indiqué le ministère de l'Intérieur.
"A cinq heures du matin, cinq membres de l'EI qui portaient des ceintures d'explosif se sont attaqués à des bâtiments des forces de sécurité" à Baiji, à 200 kilomètres au nord de Bagdad, a rapporté à l'AFP le maire de la ville Mohammed Mahmoud.
Des affrontements ont éclaté et ont duré trois heures, selon M. Mahmoud.
Ils se sont soldés par la mort de "sept membres des forces de sécurité", tandis que "six autres ont été blessés", a indiqué le brigadier général Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur.
"Cinq kamikazes qui tentaient de s'en prendre aux forces de sécurité" ont également été tués, a-t-il ajouté.
Baiji 
Grande ville pétrolière, Baïji se trouve dans la province de Salaheddine, où les forces gouvernementales sont parvenues à chasser l'EI de son chef-lieu Tikrit.
Comme Baïji, Tikrit avait été conquise en juin 2014 par l'EI lors de l'offensive fulgurante qui lui avait permis de s'emparer de vastes pans du territoire face à la débandade des troupes irakiennes.
Quelques mois plus tard, grâce au soutien de l'aviation de la coalition internationale menée par Washington, de tribus et de milices, les forces irakiennes ont commencé à reprendre du terrain à l'EI.
Le groupe extrémiste mène toutefois régulièrement des attaques dans des villes reprises par les autorités irakiennes.
Analyse
L'attaque de Baiji augure de ce qui va se produire au cours des prochains mois en Irak.
L'État islamique et d'autres groupes d'insurgés sunnites vont harceler les forces de sécurité partout où elles ne sont ni assez fortes ni politiquement suffisamment souples pour bénéficier du soutien de la population des régions sunnites dans leur lutte contre les insurgés.
Les attaques terroristes contre les forces de sécurité avaient déjà commencé à Mossoul alors que la ville n'était pas encore complètement libérée. 
Le groupe jihadiste a ainsi endeuillé le début de la fête religieuse musulmane de l'Eid en lançant une vague d'attentats-suicide et d'attentats à la voiture piégée dans l'est de Mossul à peine libéré, les 23 et 24 juin. Alors que les derniers jihadistes livraient leur dernier combat dans la vieille ville, 40 combattants de l'Etat islamique ont lancé, le 26 juin, un dans les districts de Tanak et de Yarmuk, situés à l'extrémité ouest de la ville de Mossoul, provoquant la panique au sein de la population qui venait à peine de rentrer dans leurs foyers à peine libérés.
Il n'est pas difficile de prévoir que les combattants de l'Etat islamique qui viennent de perdre une grande partie du territoire qu'ils avaient conquis en 2014, vont revenir aux tactiques du terrorisme et de l'insurrection qu'ils avaient déjà utilisées avant 2014.  
L'objectif de la campagne de terrorisme que devrait adopter l'Etat islamique sera de prouver à la population que les forces de sécurité sont impuissantes à protéger la population et en particulier les cadres dirigeants, les combattants tribaux sunnites et tous ceux qui participent de près ou de loin à l'exercice de l'autorité d'un Etat qui reste, malgré ses récents succès militaires, très faible. . Une partie de la population sunnite d'Irak est toujours sensible aux arguments présentés par les jihadistes, à savoir que la communauté sunnite est maltraitée en Irak. C'est d'ailleurs ce sentiment qui avait conduit une partie de la population sunnite à  soutenir de manière plus ou moins active l'offensive de l'État islamique contre les forces gouvernementales.
Un autre facteur qui pourrait relancer l'insurrection sunnite sous une forme différente est la méfiance, voire l'hostilité des Sunnites vis-à-vis des milices chiites qui ont participé au combat contre l'Etat islamique et ont pris pied dans des régions où elles ne sont pas les bienvenues.  Car il faut savoir que l'équilibre démographico-confessionnel dans chaque partie de l'Irak est un point de grande sensibilité. Dans certaines régions, les Sunnites sont dominants démographiquement et dirigent la gouvernance locale et la police; Dans d'autres, ils sont une minorité souvent maltraitée et humiliée depuis la chute de Saddam Hussein. Dans d'autres régions enfin, l'équilibre ethno-sectaire n'est pas clair ou changeant, favorisant une extrême radicalisation identitaire au sein du gouvernement local et des forces de sécurité. Les griefs locaux et les choix des leaders  peuvent être des moteurs puissants ou des entraves à la participation sunnite à l'insurrection.
Les dirigeants sunnites locaux peuvent conduire leurs communautés vers ou loin du militantisme.
Un autre facteur qui inquiète le gouvernement irakien est la proximité aux confins du territoire irakien de zones de combats accompagnés de zones de "non-droit" où il est facile de se procurer des armes et des munitions.
La guerre civile en Syrie est clairement la plus grande préoccupation à cet égard, et elle peut être considérée comme un facteur causal majeur dans l'intensification de l'insurrection en Irak depuis 2012.
Les zones frontalières entre l'Iran et l'Irak sont un sanctuaire idéal pour Al-Qaïda et les affiliés de l'État islamique opérant dans les districts de l'est de l'Irak comme Halabja, Khanaqin et Balad Ruz.
Il y a également à l'intérieur même de l'Irak des espaces qui échappent toujours à l'autorité du gouvernement. C'est le cas de la région située entre les rivières Tigre et Diyala (y compris la région de Hawija, les montagnes d'Hamrin et le désert de Jallam), une zone de terrains difficiles d'accès.
Les déserts occidentaux bordant la Syrie (provinces d'al-Anbar et de Ninive), et les étendues à la frontière Iran-Irak, au nord-est de Bagdad, sont particulièrement difficiles à pacifier. 
Ces trois facteurs - l'efficacité de l'armée irakienne, le soutien sunnite local pour l'insurrection et le contrôle des sanctuaires insurrectionnels - varieront considérablement selon les provinces et les districts d'Irak. En termes généraux, l'Irak peut être divisée en trois «micro-climats» en termes d'attractivité pour les activités des insurgés sunnites.
Dans la ville de Bagdad et dans la plupart des régions au sud de la capitale (totalisant 40 des 102 districts irakiens), les sunnites sont une minorité démographique. Les forces de sécurité sont dirigées par des Chiites et les régions sont assez éloignées des espaces (en Irak et en Syrie) où les insurgés sunnites sont encore actifs. Cela signifie qu'ils seraient forcés de monter des «attaques de longue portée» vers les régions chiites. En juin 2014, la progression de l'État islamique s'est arrêtée dès que les insurgés sunnites ont atteint la périphérie de Bagdad. Les grandes populations sunnites à Bagdad n'ont pas bougé pour soutenir l'Etat islamique.
La mobilisation rapide des miliciens chiites au sein des Hashed al-Sha'abi (forces populaires de mobilisation, ou PMF) a été une preuve forte de la stabilité ultime de la zone de domination Shiite dans cette région. 
Il existe également une zone de domination kurde soumise à une polarité ethnique (plutôt que sectaire) qui compte environ 36 des 102 districts irakiens. Bien que les Kurdes irakiens soient principalement sunnites (et incluent des adhérents au jihadisme), leurs partis politiques et leurs agences de renseignement maintiennent un contrôle étroit de leur zone de domination démographique. Une frontière dure - complète avec des fossés, des bermes, des clôtures et des points de contrôle - sépare une grande partie de la région du Kurdistan des zones majoritairement sunnite arabe. Par contre, là où le Kurdistan se fond dans des zones majoritairement sunnites arabes, la situation est encore précaire. Les attaques aériennes américaines ont stabilisé les Kurdes lorsque leur capitale, Erbil, a été attaqué en août 2014. Mais il est peu probable que l'État islamique aurait réussi à saisir des zones ajoritairement kurdes majoritairement du Kurdistan et la ligne de front ethnique n'a pratiquement jamais été franchie par les jihadistes.
A Bagdad, au Kurdistan et dans les régions majoritairement chiites, l'Etat islamique ou les insurgés sunnites ne peuvent finalement qu'envoyer de temps en temps des attaques kamikazes, souvent cruelles et sanglantes mais sans conséquences stratégiques.
La situation restera très dangereuse dans les régions sunnites où de nombreux insurgés sont toujours organisés en réseaux et cellules et n'attendent qu'un ordre pour surgir à l'improviste et lancer une attaque contre un point faible de la défense irakienne ou une cible stratégique.
Bleu, région arabe chiite - beige, région arabe sunnite, vert clair, région kurde et rose, région mixte (arabe, kurde, turkmène, yazidis) 

 

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