20/08/2017

Israël, l'Egypte et le Hamas coopèrent "indirectement" dans la lutte contre l'Etat islamique

Selon Al-Monitor, Israël, l'Egypte et le Hamas coopèrent "indirectement" dans la lutte contre l'Etat islamique 
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)  
Selon Al-Monitor, Israël, l'Égypte et le Hamas coopèrent indirectement dans la lutte contre les jihadistes de l'État islamique qui opèrent dans la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza. 
La publication rappelle que l'Egypte et le Hamas ont commencé à coopérer il y a un an. En exerçant une pression économique sur la bande de Gaza, Le Caire a forcé le Hamas à agir contre les groupes terroristes Salafistes basés dans la bande de Gaza et liés à l'Etat islamique. 
En juin de cette année, l'Égypte a accepté de fournir une assistance économique à la bande de Gaza, notamment en commençant à fournir du carburant diesel pour la seule centrale électrique du secteur, ainsi qu'à ouvrir le point de contrôle de Rafah à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. 
En réponse, le Hamas s'est engagé à lutter contre les militants de l'EI opérant dans la péninsule du Sinaï et qui menacent la sécurité de l'Égypte. Le Hamas s'est également engagé à renforcer la lutte contre les Salafistes dans la bande de Gaza
Le Hamas coopère également avec les services de sécurité égyptiens pour lutter contre la contrebande d'armes dans la région de Rafah. 
En outre, la direction du Hamas a accepté d'extrader de la bande de Gaza des salafistes égyptiens recherchés par les services spéciaux égyptiens.
L'auteur d'Al-Monitor, Shlomi Eldar, affirme que plusieurs de ces salafistes ont été transférés au Caire par des membres des services spéciaux israéliens. 
Rappelons que les groupes Salafistes affiliés à l'État islamique revendiquent régulièrement la responsabilité des attaques à la roquette contre le territoire israélien depuis la bande de Gaza. 
Le 17 août, un kamikaze s'est fait sauter au point de contrôle de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. Le Hamas a accusé les factions Salafistes associées à l'État islamique d'être responsables de cet attentat  et a déclaré que cet acte terroriste renforcerait les liens entre Gaza et l'Égypte.  
Jean René Belliard

 

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19:21 Publié dans Egypte, Etat Islamique, Gaza, Hamas, Israel | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

19/08/2017

La cellule jihadiste de Barcelone et Cambrils "démantelée", selon le ministre espagnol de l'Intérieur

La cellule jihadiste de Barcelone et Cambrils "démantelée", selon le ministre espagnol de l'Intérieur
La cellule d'une douzaine de terroristes, auteurs des attentats de Barcelone et Cambrils, est désormais "démantelée", a affirmé samedi 19 août le ministre espagnol de l'Intérieur, alors qu'un homme, Younès Abouyaaqoub, est toujours activement recherché par la police.
Notons au passage que cette annonce du ministère intérieur espagnol a déplu à Barcelone où la police catalane a rappelé que c'était elle qui dirigeait l'enquête.
Younès Abouyaaqoub
Le groupe a été "démantelé", a déclaré Juan Ignacio Zoido lors d'une conférence de presse. A ce stade, quatre suspects sont toujours en garde à vue, cinq ont été abattus à Cambrils et trois autres identifiés, dont Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans.. Les deux autres pourraient avoir péri dans l'explosion d'Alcanar.
"Nous pouvons presque dire que la cellule est totalement démantelée à Barcelone, puisque des personnes sont mortes, des personnes ont été arrêtées et que des identifications ont été rapidement réalisées et que d'autres recherches sont en cours dont nous ne pouvons pas parler en ce moment (...) nous pouvons dire que la cellule a été démantelée".
Les Mossos d'Esquadra, la police catalane, ont de leur côté expliqué qu'"une personne [faisait] toujours l'objet d'un avis de recherche", sans préciser s'il s'agissait ou non du conducteur de la camionnette de las Ramblas.
Opération policière chez un imam de Ripoll dont le corps pourrait avoir été découvert dans les ruines de la maison d'Alcanar
Interrogé sur l'opération policière chez une personne décrite comme un imam à Ripoll samedi à l'aube, il a refusé de confirmer que cette "neuvième perquisition" dans cette ville où vivaient plusieurs des suspects avait eu lieu chez un imam. Les enquêteurs pensent que les restes d'un second corps humain découverts dans les ruines de la maison qui a explosé à Alcanar pourraient être ceux de l'Imam de Ripoll disparu.  
Les terroristes de Cambrils identifiés
3 des 5 Marocains, abattus par la police après une attaque terroriste dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils dans le nord-est de l'Espagne, ont été formellement identifiés, a annoncé vendredi soir la police catalane en révélant leur identité.
Il s'agit de Moussa Oukabir, soit le petit frère de Driss Oukabir, l'homme arrêté jeudi soir à Ripoll, de Saïd Aallaa et de Mohamed Hychami. Respectivement âgés de 17, 18 et 24 ans, ils vivaient tous les trois à Ripoll, selon la police catalane.
Les terroristes identifiés sont :
- Younès Abouyaaqoub concentre tous les regards, car il n'a pas été retrouvé. Agé de 22 ans, il est Marocain, né à Mrirt. On ignore son degré d'implication.
- Moussa Oukabir, 17 ans, né à Ripoll mais Marocain, son voisin d'immeuble Mohamed Hychami, de 24 ans, lui aussi de Mrirt, et Said Aallaa, de 18 ans, né à Naour au Maroc, sont tous morts dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir lancé à toute allure une Audi A3 sur la promenade de la station balnéaire de Cambrils. La voiture s'est encastrée contre un véhicule de la police et un policier les a abattus.
La photo de Younès Abouyaaqoub se trouve en bas à droite. Les trois autres ont été tués. Moussa Oukabir est en haut à gauche. 
Quatre personnes sont en garde à vue: trois Marocains et un Espagnol.
Les détenus sont âgés de  21, 27, 28 et 34 ans.
Parmi eux figure Driss Oukabir, frère aîné de Moussa, arrêté jeudi. Un autre homme interpellé est un Espagnol originaire de l'enclave de Melilla en Afrique du Nord, un des principaux viviers de jihadistes en Espagne, comme la Catalogne, où le groupe semble s'être formé.
Marocains mais élevés en Catalogne
La plupart semblent être des habitants de longue date de la Catalogne et ne sont pas arrivés de loin pour commettre ces actions, même si l'Etat islamique a revendiqué les attentats.
500.000 Musulmans en Catalogne
La région d'Espagne où la communauté musulmane est la plus importante est la Catalogne, avec quelque 500.000 musulmans, sur 1,9 million fin 2016, selon l'Union des communautés islamiques d'Espagne.
Les arrestations en lien avec le terrorisme jihadiste y sont les plus nombreuses, avec Madrid... et les enclaves sous administration espagnole de Ceuta et Melilla au Maroc.
Aucun n'avait d'antécédents en matière terroriste
Aucun des interpellés et des terroristes abattus n'était connu des services de police pour des faits en lien avec le terrorisme, mais certains auraient des antécédents judiciaires pour des faits de délinquance commune
Des apprentis ?
Selon la police, le groupe auquel aurait appartenu les auteurs des attentats fabriquait à Alcanar un engin explosif et préparait "des attentats de plus grande envergure".
Une explosion accidentelle survenue dans leur atelier de fabrication de bombes à Alcanar semble avoir poussé les terroristes, faute de matériel, à commettre à Barcelone et Cambrils des attentats dans la précipitation, "qui n'étaient pas de l'ampleur qu'ils envisageaient", selon Josep Lluis Trapero.
Armés de couteaux
Les cinq suspects abattus à Cambrils portaient de fausses ceintures d'explosifs. Selon certains experts, cela peut être une manière de s'assurer une mort en martyrs, la police n'hésitant pas à abattre les personnes porteuses d'explosifs. Mais cela peut aussi être une technique pour gagner du temps face aux forces de l'ordre.
Ils avaient aussi dans leur voiture une hache et des couteaux, avec lesquels ils ont blessé une très jeune personne au visage avant d'être abattus.
Trois véhicules loués par les assaillants ont par ailleurs été récupérés par les forces de l'ordre et étaient vendredi après-midi en cours d'analyse. Les personnes chargées de la location font aussi l'objet d'une enquête policière.  
 
Polemique 
Espagne : Polémique sur l'absence de bornes anti-intrusion sur les Ramblas
L'absence de bornes anti-intrusion sur les Ramblas de Barcelone a généré un début de polémique en Espagne que la mairie juge hors de propos, deux jours après l'attentat meurtrier perpétré avec une camionnette sur cette avenue bondée.
"Il n'y a pas lieu de parler aujourd'hui de ce qui aurait pu être évité avec une borne posée sur les Ramblas", a dit la maire de la ville, Ada Colau, aux médias.
Depuis vendredi 18 août, réseaux sociaux et médias ont multiplié les articles sur cette absence, certains allant jusqu'à exiger la démission de la maire, qui aurait fait la sourde oreille aux recommandations de la police nationale.
"Les auteurs de l'attentat voulaient tuer et s'ils n'avaient pas pu entrer par les Ramblas, ils l'auraient fait par un autre endroit, nous ne pouvons pas emplir une ville comme Barcelone de barrières", a insisté la maire de la deuxième ville d'Espagne et la plus fréquentée par les touristes.
Surtout, la mairie a fait valoir que ce type de décisions étaient adoptées lors de réunions locales tripartites Etat-région-ville.
Le premier adjoint au maire, Gerardo Pisarello, avait écrit sur Twitter, dès le lendemain de l'attentat: "Que les choses soient claires. La mairie de Barcelone n'a jamais refusé de poser des bornes".
"Les mesures de sécurité antiterroriste sont déterminées par les responsables de l'Intérieur. La mairie collabore et applique ces instructions", a-t-il ajouté.
Le ministère espagnol de l'Intérieur avait bien recommandé aux villes de poser des bornes anti-intrusion dans les endroits les plus fréquentés, selon la mairie.
Mais le conseil local de sécurité - où sont représentés l'Etat, la région et la mairie - n'a pas souhaité ajouter des obstacles dans la zone des Ramblas, "parce qu'il y en avait déjà beaucoup - arbres, bancs, kiosques, lampadaires... - et en rajouter représentait un danger pour l'accès des véhicules d'urgence", a expliqué à l'AFP une porte-parole de la mairie.
Pour sa part le ministre de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido n'a pas voulu se laisser entraîner dans la polémique, soulignant que la police avait "recommandé" ce mobilier urbain et que la décision appartenait à "chaque mairie".
Dans un pays en niveau d'alerte antiterroriste 4 sur 5 depuis 2015, Barcelone avait cependant appliqué d'autres mesures telles que la pose de barrières ou le renforcement des contrôles pour des concerts ou des festivités.
Le gouvernement a demandé samedi l'adoption de mesures supplémentaires, notamment pour renforcer encore la sécurité dans les lieux de grande affluence. Madrid a notamment installé de nouvelles jardinières en béton dans plusieurs rues du centre.
 
Jean René Belliard

 

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18:46 Publié dans Alcanar, Barcelone, Cambrils, Espagne, Etat Islamique, Ripoll | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

16/08/2017

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji

Irak : 7 membres des forces de sécurité tués dans une attaque jihadiste à Baiji    
Sept membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués lors d'affrontements mercredi 16 août avec des jihadistes à Baïji, ville située au nord de Bagdad et reprise fin 2014 au groupe Etat islamique (EI), a indiqué le ministère de l'Intérieur.
"A cinq heures du matin, cinq membres de l'EI qui portaient des ceintures d'explosif se sont attaqués à des bâtiments des forces de sécurité" à Baiji, à 200 kilomètres au nord de Bagdad, a rapporté à l'AFP le maire de la ville Mohammed Mahmoud.
Des affrontements ont éclaté et ont duré trois heures, selon M. Mahmoud.
Ils se sont soldés par la mort de "sept membres des forces de sécurité", tandis que "six autres ont été blessés", a indiqué le brigadier général Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur.
"Cinq kamikazes qui tentaient de s'en prendre aux forces de sécurité" ont également été tués, a-t-il ajouté.
Baiji 
Grande ville pétrolière, Baïji se trouve dans la province de Salaheddine, où les forces gouvernementales sont parvenues à chasser l'EI de son chef-lieu Tikrit.
Comme Baïji, Tikrit avait été conquise en juin 2014 par l'EI lors de l'offensive fulgurante qui lui avait permis de s'emparer de vastes pans du territoire face à la débandade des troupes irakiennes.
Quelques mois plus tard, grâce au soutien de l'aviation de la coalition internationale menée par Washington, de tribus et de milices, les forces irakiennes ont commencé à reprendre du terrain à l'EI.
Le groupe extrémiste mène toutefois régulièrement des attaques dans des villes reprises par les autorités irakiennes.
Analyse
L'attaque de Baiji augure de ce qui va se produire au cours des prochains mois en Irak.
L'État islamique et d'autres groupes d'insurgés sunnites vont harceler les forces de sécurité partout où elles ne sont ni assez fortes ni politiquement suffisamment souples pour bénéficier du soutien de la population des régions sunnites dans leur lutte contre les insurgés.
Les attaques terroristes contre les forces de sécurité avaient déjà commencé à Mossoul alors que la ville n'était pas encore complètement libérée. 
Le groupe jihadiste a ainsi endeuillé le début de la fête religieuse musulmane de l'Eid en lançant une vague d'attentats-suicide et d'attentats à la voiture piégée dans l'est de Mossul à peine libéré, les 23 et 24 juin. Alors que les derniers jihadistes livraient leur dernier combat dans la vieille ville, 40 combattants de l'Etat islamique ont lancé, le 26 juin, un dans les districts de Tanak et de Yarmuk, situés à l'extrémité ouest de la ville de Mossoul, provoquant la panique au sein de la population qui venait à peine de rentrer dans leurs foyers à peine libérés.
Il n'est pas difficile de prévoir que les combattants de l'Etat islamique qui viennent de perdre une grande partie du territoire qu'ils avaient conquis en 2014, vont revenir aux tactiques du terrorisme et de l'insurrection qu'ils avaient déjà utilisées avant 2014.  
L'objectif de la campagne de terrorisme que devrait adopter l'Etat islamique sera de prouver à la population que les forces de sécurité sont impuissantes à protéger la population et en particulier les cadres dirigeants, les combattants tribaux sunnites et tous ceux qui participent de près ou de loin à l'exercice de l'autorité d'un Etat qui reste, malgré ses récents succès militaires, très faible. . Une partie de la population sunnite d'Irak est toujours sensible aux arguments présentés par les jihadistes, à savoir que la communauté sunnite est maltraitée en Irak. C'est d'ailleurs ce sentiment qui avait conduit une partie de la population sunnite à  soutenir de manière plus ou moins active l'offensive de l'État islamique contre les forces gouvernementales.
Un autre facteur qui pourrait relancer l'insurrection sunnite sous une forme différente est la méfiance, voire l'hostilité des Sunnites vis-à-vis des milices chiites qui ont participé au combat contre l'Etat islamique et ont pris pied dans des régions où elles ne sont pas les bienvenues.  Car il faut savoir que l'équilibre démographico-confessionnel dans chaque partie de l'Irak est un point de grande sensibilité. Dans certaines régions, les Sunnites sont dominants démographiquement et dirigent la gouvernance locale et la police; Dans d'autres, ils sont une minorité souvent maltraitée et humiliée depuis la chute de Saddam Hussein. Dans d'autres régions enfin, l'équilibre ethno-sectaire n'est pas clair ou changeant, favorisant une extrême radicalisation identitaire au sein du gouvernement local et des forces de sécurité. Les griefs locaux et les choix des leaders  peuvent être des moteurs puissants ou des entraves à la participation sunnite à l'insurrection.
Les dirigeants sunnites locaux peuvent conduire leurs communautés vers ou loin du militantisme.
Un autre facteur qui inquiète le gouvernement irakien est la proximité aux confins du territoire irakien de zones de combats accompagnés de zones de "non-droit" où il est facile de se procurer des armes et des munitions.
La guerre civile en Syrie est clairement la plus grande préoccupation à cet égard, et elle peut être considérée comme un facteur causal majeur dans l'intensification de l'insurrection en Irak depuis 2012.
Les zones frontalières entre l'Iran et l'Irak sont un sanctuaire idéal pour Al-Qaïda et les affiliés de l'État islamique opérant dans les districts de l'est de l'Irak comme Halabja, Khanaqin et Balad Ruz.
Il y a également à l'intérieur même de l'Irak des espaces qui échappent toujours à l'autorité du gouvernement. C'est le cas de la région située entre les rivières Tigre et Diyala (y compris la région de Hawija, les montagnes d'Hamrin et le désert de Jallam), une zone de terrains difficiles d'accès.
Les déserts occidentaux bordant la Syrie (provinces d'al-Anbar et de Ninive), et les étendues à la frontière Iran-Irak, au nord-est de Bagdad, sont particulièrement difficiles à pacifier. 
Ces trois facteurs - l'efficacité de l'armée irakienne, le soutien sunnite local pour l'insurrection et le contrôle des sanctuaires insurrectionnels - varieront considérablement selon les provinces et les districts d'Irak. En termes généraux, l'Irak peut être divisée en trois «micro-climats» en termes d'attractivité pour les activités des insurgés sunnites.
Dans la ville de Bagdad et dans la plupart des régions au sud de la capitale (totalisant 40 des 102 districts irakiens), les sunnites sont une minorité démographique. Les forces de sécurité sont dirigées par des Chiites et les régions sont assez éloignées des espaces (en Irak et en Syrie) où les insurgés sunnites sont encore actifs. Cela signifie qu'ils seraient forcés de monter des «attaques de longue portée» vers les régions chiites. En juin 2014, la progression de l'État islamique s'est arrêtée dès que les insurgés sunnites ont atteint la périphérie de Bagdad. Les grandes populations sunnites à Bagdad n'ont pas bougé pour soutenir l'Etat islamique.
La mobilisation rapide des miliciens chiites au sein des Hashed al-Sha'abi (forces populaires de mobilisation, ou PMF) a été une preuve forte de la stabilité ultime de la zone de domination Shiite dans cette région. 
Il existe également une zone de domination kurde soumise à une polarité ethnique (plutôt que sectaire) qui compte environ 36 des 102 districts irakiens. Bien que les Kurdes irakiens soient principalement sunnites (et incluent des adhérents au jihadisme), leurs partis politiques et leurs agences de renseignement maintiennent un contrôle étroit de leur zone de domination démographique. Une frontière dure - complète avec des fossés, des bermes, des clôtures et des points de contrôle - sépare une grande partie de la région du Kurdistan des zones majoritairement sunnite arabe. Par contre, là où le Kurdistan se fond dans des zones majoritairement sunnites arabes, la situation est encore précaire. Les attaques aériennes américaines ont stabilisé les Kurdes lorsque leur capitale, Erbil, a été attaqué en août 2014. Mais il est peu probable que l'État islamique aurait réussi à saisir des zones ajoritairement kurdes majoritairement du Kurdistan et la ligne de front ethnique n'a pratiquement jamais été franchie par les jihadistes.
A Bagdad, au Kurdistan et dans les régions majoritairement chiites, l'Etat islamique ou les insurgés sunnites ne peuvent finalement qu'envoyer de temps en temps des attaques kamikazes, souvent cruelles et sanglantes mais sans conséquences stratégiques.
La situation restera très dangereuse dans les régions sunnites où de nombreux insurgés sont toujours organisés en réseaux et cellules et n'attendent qu'un ordre pour surgir à l'improviste et lancer une attaque contre un point faible de la défense irakienne ou une cible stratégique.
Bleu, région arabe chiite - beige, région arabe sunnite, vert clair, région kurde et rose, région mixte (arabe, kurde, turkmène, yazidis) 

 

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